Michel chartrand : les dires d'un homme de parole
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Michel chartrand : les dires d'un homme de parole

À propos

Préface   Un anarchiste Michel Chartrand est un anarchiste. J'en compte deux ou trois parmi mes amis et je m'entends fort bien avec eux, en tout cas mieux qu'avec ceux qui, infiniment logiques, ou plutôt indéfiniment tels, ne peuvent souffrir ce genre de types et disent les dédaigner, probablement en grande partie parce qu'ils n'aiment pas être jugés. L'histoire de Chartrand est celle d'un long conflit non seulement avec les ennemis jurés des causes qui ont toujours été les siennes - syndicalisme, socialisme, nationalisme, indépendantisme -, mais avec des syndicalistes, des socialistes, des nationalistes, des indépendantistes... Ses foudres, parfois, sont à peine moins redoutables pour les seconds que pour les premiers. Ne déclare-t-il pas qu'il lui arrive de s'«ennuyer de Duplessis»? C'est une façon pour lui de s'en prendre non seulement aux suppôts des causes qu'il hait, mais à des représentants des causes qu'il aime... Il est très abondant en ces aménités. Ce sont ses paradoxes à lui. Car il est tout autant dans son rôle lorsqu'il retourne en effet sa force contre une aile (droite?...) de son propre camp. Il n'avait pas de pareilles «gentillesses» envers l'extrême-gauche, remarquez, voire envers l'aile suspecte de celle-ci. Dans les années soixante-dix, n'invitait-il pas «tous les contestataires, tous les protestataires, tous les révolutionnaires» à entrer à pleine porte au Conseil central des syndicats nationaux de Montréal, dont il était le président? Cela faisait une vaste ouverture par où s'engouffrèrent des éléments divers, dont quelques individus aux physionomies étranges et pleines de mystère... Le persifleur qu'était Michel n'agressait pas cette espèce d'extrême-droite d'extrême-gauche. Probablement estimait-il qu'à gauche, on ne peut être que dans la droite ligne... À ses yeux, semble-t-il, cet extrémisme, même faux, ne pouvait qu'être vrai. Je n'ai jamais été d'extrême-gauche et suis plutôt raisonnable, plutôt logique et globalement assez réaliste. Je m'étonne donc qu'il m'ait à peu près épargné depuis que je le connais, c'est-à-dire depuis fort longtemps. Le pire qu'il m'ait dit, un jour, à propos de je ne me rappelle plus quoi, c'est que j'étais «rendu à droite de Marchand»! Mais, vu qu'il me clamait ça et que j'étais tout de même son ami, j'ai conclu qu'il ne me considérait pas comme complètement perdu. Bref, il ne pensait pas ce qu'il criait. Qu'il m'ait conservé sa faveur, au fait, ne me surprend pas. C'est un trait de Michel: son amitié est solide et c'est peut-être le seul domaine où il ne soit pas un anarchiste. Ses amitiés sont très constantes et généreuses. Il est vrai que ses inimitiés sont tout aussi impérissables et tout aussi magnifiques. Il y a ceci d'assez spécial chez les unes et chez les autres: elles remontent loin et durent un siècle. Cela tient à deux raisons: Chartrand, du point de vue d'un certain absolu conforme à sa nature, juge les gens presque tout de suite et il n'en démord plus.

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Rayons : Sciences humaines & sociales > Sciences politiques & Politique

  • EAN

    9782894855416

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  • Poids

    832 Ko

  • Distributeur

    Numilog

  • Support principal

    ebook (ePub)

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