Henri-paul rousseau, le siphonneur de la caisse de depot
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Henri-paul rousseau, le siphonneur de la caisse de depot

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Extrait Chapitre 1 Le Québec, une république de bananes Le matin du 29 février 2009, la Caisse de dépôt annonçait en conférence de presse le montant des pertes qu'elle avait subies l'année précédente, dans la foulée de la crise financière mondiale et de la débâcle du papier commercial adossé à des actifs. Quarante milliards de dollars! Quarante fois le coût de construction du stade olympique en 1976, une dépense jugée somptuaire et largement au-dessus des moyens du Québec en son temps. On imagine donc le trou qu'une telle somme pouvait représenter dans le bilan de la Caisse, surnommée familièrement, et avec ce brin d'affection qu'on a pour les vieilles choses auxquelles on tient, «le bas de laine des Québécois ». Un quart des actifs accumulés par la Caisse depuis ses débuts en 1965! Une perte colossale! Si le choc est rude et l'émotion grande sur le coup, la très habile campagne de communication - il faudrait plutôt parler de désinformation - mise en place pour camoufler des opérations douteuses et endormir les Québécois va rapidement y parvenir. Cette campagne, c'est celle de ceux qui ont intérêt à ce que l'affaire soit rapidement étouffée: la direction de la Caisse au moment des événements, le gouvernement de Jean Charest, ultimement responsable de la situation devant la population, et, tapis dans l'ombre mais tirant toutes les ficelles, ceux à qui avaient profité les manoeuvres de la Caisse au cours des années précédentes et qui comptaient bien pouvoir continuer à le faire par la suite. Car il faut comprendre qu'au delà des pertes directement attribuables à la crise financière, il y en a une autre partie, à ce jour inexpliquée, qui représente près de 30 % du total. Toutes les institutions financières comparables ont subi des pertes en 2008, mais aucune n'en a subi autant que la Caisse de dépôt et de placement du Québec. Président de la Caisse de 2002 à 2008, Henri-Paul Rousseau n'est plus à la barre au moment de l'annonce de ces pertes. Il a annoncé son intention de quitter ses fonctions au mois de juin précédent (2008), mais a accepté de demeurer conseiller auprès de la direction jusqu'au 31 août pour «permettre une transition ordonnée » (sic) à son successeur4. Au début de 2009, selon le communiqué émis au moment de son départ, il passera au service de Power Corporation et de sa filiale de services financiers à titre de vice-président du conseil d'administration de chacune des deux sociétés. Étonnamment, trois semaines avant que la nouvelle des pertes ne soit révélée, La Presse nous apprenait qu'Henri-Paul Rousseau avait «empoché une généreuse indemnité de départ » en quittant ses fonctions, en rajoutant: «Et contrairement à la pratique répandue, la somme lui a été versée même s'il a quitté son poste de plein gré. »

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Rayons : Entreprise, économie & droit > Sciences économiques

  • EAN

    9782894856314

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  • Poids

    653 Ko

  • Distributeur

    Numilog

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