Anglaid
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À propos

Préface Dans le monde d'aujourd'hui, la langue anglaise est aussi omniprésente que le ciel, le soleil, les étoiles et la lune. Pour certains, elle est encore plus grande que toutes ces splendeurs. Plus omniprésente, certes. S'il n'est pas rare de passer une semaine sans voir le soleil, est-il possible d'être où que ce soit sur la planète Terre sans entendre un mot d'anglais? Pour la plupart des gens, cet état de fait constitue la normalité. Je vais tout de suite vous surprendre en citant un écrivain de langue anglaise: «L'homme raisonnable s'adapte au monde; l'homme déraisonnable s'obstine à essayer d'adapter le monde à lui-même. Tout progrès dépend donc de l'homme déraisonnable», disait l'Irlandais George Bernard Shaw. Me présenté-je comme un homme déraisonnable ou ai-je le maléfique dessein de me servir du génie anglais pour bouleverser le bel équilibre anglo-états-unien du globe? Vous remarquerez que je confonds Irlandais et génie anglais pour des raisons qui relèvent de l'anglocentrisme. J'y reviendrai plus tard dans cet ouvrage. Vous aurez déjà compris que je ne suis pas du genre à tout tenir pour acquis, même pas la prédominance de l'anglais. D'ailleurs, j'ai souvent l'impression d'être le dernier des sceptiques. Heureusement, je ne suis pas seul. Si les Français singent les États-Uniens en répétant comme de pauvres perroquets le mot «Américains» pour désigner les États-Uniens comme le font aussi les germanophones ou les néerlandophones en disant «Amerikaner» ou «Amerikaan», les hispanophones utilisent régulièrement le mot «Estadounses» ou encore l'expression «Gringos». Il va sans dire que les hispanophones et les rares francophones qui utilisent le mot «états-uniens» font figure d'exceptions. Il reste que le fait qu'un peuple s'approprie le nom du continent pour se désigner est un exemple intolérable d'impérialisme! Lorsque les États-Uniens utilisent le mot «Américains», c'est comme si ce peuple faisait abstraction des cent millions de Mexicains et des cent quatre-vingts millions de Brésiliens. Il existe plus de 6 600 langues sur la terre, et des dizaines d'entre elles meurent chaque année. Les linguistes prévoient que, dans cinquante ans, il n'en restera plus que 10$. Il serait surprenant que l'anglais fasse partie de ces langues disparues. Il n'empêche que c'est d'une langue prédominante, mais maintenant morte, que je tire ma prochaine citation: «Quia nomilor leo», parce que je m'appelle lion. On pourrait dire que les «Américains» se sont approprié le continent et comme l'appétit vient en mangeant, ils veulent s'approprier le monde. Je ne fais pas référence à leur puissance militaire. On le sait: les États-Unis ont été les grands gagnants de la Seconde Guerre mondiale, mais ils se sont cassé la gueule au Vietnam et en Irak. De toute façon, l'ancienne colonie anglaise mène depuis belle lurette une guerre plus subtile et plus efficace, soit celle de la domination culturelle. Déjà en 1938, William Hays, le président de l'association des plus importants producteurs et distributeurs du cinéma hollywoodien, disait: «La marchandise suit le film; partout où entre le film américain, nous vendons davantage de produits américains.» Et quand cette domination culturelle est achevée, personne n'est surpris de voir les «Américains» chanter We are the World de Michael Jackson et de Lionel Richie. Ces derniers avaient de bonnes intentions; ils voulaient recueillir de l'argent pour venir en aide aux Éthiopiens terrassés par une famine, mais il n'en reste pas moins que ce We are the World chanté par une vingtaine de chanteurs et chanteuses états-uniens est un immense cri impérialiste. Maintenant que je le dis, cela paraît peut-être évident, mais à cette époque, en 1985, personne n'a bronché. Comme disait Dostoïevski: «La tyrannie est une habitude».

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Rayons : Sciences humaines & sociales > Sciences humaines & sociales

  • EAN

    9782894856765

  • Disponibilité

    Disponible

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  • Poids

    2 300 Ko

  • Distributeur

    Numilog

  • Support principal

    ebook (ePub)

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