La guerre de l'attention, comment ne pas la perdre

Une guerre est menée contre notre attention et nous sommes en train de la perdre. Une guerre contre l'attention au monde, l'attention aux autres, l'attention à la vie. La Guerre de l'Attention, sorti ce 21 janvier 2022, vous propose de la gagner ! Vous trouverez aussi en fin d'ouvrage de nombreuses références ainsi qu'une bibliographie proposée par Yves Marry et Florent Souillot, les cofondateurs de l'association Lève les yeux !

  • C'est une guerre qui nous fait passer l'essentiel de notre temps devant un écran. Une guerre dont nous sommes à la fois les victimes et les agents quand nous réagissons sur Twitter, quand nous notons un chauffeur sur Uber, quand nous swipons sur Tinder... Une guerre qui fait de nombreux dommages, en premier lieu chez les plus jeunes :
    Obésité, troubles du sommeil et de la concentration, isolement... sans compter la mise en danger du lien social et du débat démocratique, et l'accélération de la catastrophe écologique. Une guerre que se livrent les plus grandes entreprises pour capter notre temps de cerveau.
    Cette guerre, c'est celle de l'attention.
    Au fondement de notre liberté et de notre bien-être, l'attention est une ressource rare et précieuse. Elle pourrait disparaître si son exploitation, immense gisement de profits, n'est pas limitée. Pour cela, les manuels de « bon usage » du numérique ne suffiront pas. Refusant les fausses promesses du « techno-solutionnisme vert », ce livre est une arme pour mener la reconquête collective de notre attention.
    Nourri par un travail de terrain, il propose une plongée dans les rouages de l'économie de l'attention ainsi que des propositions politiques concrètes. Ou comment faire de la déconnexion un pilier de la transition écologique à venir, au service d'une société conviviale et décroissante.

  • LQI, notre langue quotidienne informatisée

    Yann Diener

    • Belles lettres
    • 4 Février 2022

    « J'ai tenu ce journal au début des années 2020, quand on pouvait encore faire la différence entre la parole et la communication. Mais déjà, dans beaucoup de situations, on n'y voyait plus très clair. » Psychanalyste de métier, Yann Diener pioche dans le langage courant des mots et des expressions venus du jargon informatique, tels que « Pendant toute mon enfance j'ai fait l'interface entre mes parents » ; « Je suis déconnecté de ma famille » ; « Je dois me connecter mais je n'ai pas le code pour ouvrir ma session ». Autant de formules utilisées uniquement par des informaticiens il y a quelques années. Yann Diener tente de mesurer les conséquences individuelles et collectives de ce glissement de la parole vers le langage machine, lequel est fondé sur un codage binaire.
    Digicodes, codes de messageries, mots de passe, cryptogrammes : nous passons beaucoup de temps à « saisir » des codes. Et quand nous utilisons nos ordinateurs et nos téléphones, nous ne remarquons plus que nous faisons « tourner » des lignes de code.
    Cette enquête nous conduit au cas du mathématicien Alan Turing et à la machine utilisée par les nazis pour coder leurs communications militaires. L'auteur propose une hypothèse originale : nous vivons sous le régime d'un trauma nommé Enigma. Nous passons notre temps à répéter une opération de codage et de décodage que la lutte entre Turing et les cryptologistes allemands avait inaugurée - Turing en était sorti vainqueur en inventant l'ordinateur. Le fantôme d'Enigma vient ainsi hanter notre monde numérisé.
    En philologue de notre modernité, l'auteur montre les racines communes entre le vocabulaire théologique et la LQI, la langue quotidienne informatisée : au XVe siècle, il était question de « Dieu ordinateur du monde », au sens de Dieu mettant de l'ordre dans le monde. Dans LTI - La langue du IIIe Reich, Victor Klemperer montrait comment la mécanisation de la langue allemande avait permis de mécaniser la pensée et de banaliser des actes déshumanisés ; Yann Diener dévoile dans ce livre comment l'informatisation du langage rend notre pensée toujours plus binaire, ce qui participe de l'actuelle surenchère identitaire.

  • L'obsolescence de l'homme

    Günther Anders

    • Encyclopedie des nuisances
    • 10 Avril 2002

    " tout le monde est d'une certaine manière occupé et employé comme travailleur à domicile.
    Un travailleur à domicile d'un genre pourtant très particulier. car c'est en consommant la marchandise de masse - c'est-à-dire grâce à ses loisirs - qu'il accomplit sa tâche, qui consiste à se transformer lui-même en homme de masse. alors que le travailleur à domicile classique fabriquait des produits pour s'assurer un minimum de biens de consommation et de loisirs, celui d'aujourd'hui consomme au cours de ses loisirs un maximum de produits pour, ce faisant, collaborer à la production des hommes de masse.
    Le processus tourne même résolument au paradoxe puisque le travailleur à domicile, au lieu d'être rémunéré pour sa collaboration, doit au contraire lui-même la payer, c'est-à-dire payer les moyens de production dont l'usage fait de lui un homme de masse (l'appareil et, le cas échéant, dans de nombreux pays, les émissions elles-mêmes). il paie donc pour se vendre. sa propre servitude, celle-là même qu'il contribue à produire, il doit l'acquérir en l'achetant puisqu'elle est, elle aussi, devenue une marchandise.
    " " le monde comme fantôme et comme matrice ".

  • Pour une écologie de l'attention

    Yves Citton

    • Points
    • 7 Janvier 2021

    À contre-pied des lamentations courantes, cet essai propose une vision d'ensemble des questions que pose le déferlement d'images et d'informations qui condamnerait notre société à un déficit attentionnel pathologique. La sur-sollicitation de notre attention est un problème à mettre au coeur de nos analyses économiques, de nos réformes pédagogiques, de nos réflexions éthiques et de nos luttes politiques. Rien ne nous condamne toutefois à une dissipation abrutissante.

    Comment rediriger notre attention ? Faut-il apprendre à « gérer » nos ressources attentionnelles pour être plus « compétitif » ? Ou à nous rendre mieux attentionnés les uns envers les autres, ainsi qu'envers les défis environnementaux et sociaux qui menacent nos milieux existentiels ? Ce livre esquisse une écologie de l'attention porteuse d'alternatives à une suroccupation qui nous écrase.

  • La fabrique du crétin digital

    Michel Desmurget

    • Points
    • 1 Octobre 2020

    Les dangers des écrans : un scientifique nous alerte !

    Troubles du comportement, déficits intellectuels, problèmes de santé... : l'usage généralisé du numérique par les jeunes est lourde de conséquences. Première synthèse des études scientifiques sur le sujet, ce livre est celui d'un homme en colère. « Ce que nous faisons subir à nos enfants est inexcusable. Jamais sans doute, dans l'histoire de l'humanité, une telle expérience de décérébration n'avait été conduite à aussi grande échelle », estime Michel Desmurget. La conclusion est sans appel : attention écrans, poisons lents !

  • Apocalypse cognitive

    Gerald Bronner

    • Puf
    • 6 Janvier 2021

    La situation est inédite. Jamais, dans l'histoire de l'humanité, nous n'avons disposé d'autant d'informations et jamais nous n'avons eu autant de temps libre pour y puiser loisir et connaissance du monde. Nos prédécesseurs en avaient rêvé : la science et la technologie libéreraient l'humanité. Mais ce rêve risque désormais de tourner au cauchemar. Le déferlement d'informations a entraîné une concurrence généralisée de toutes les idées, une dérégulation du « marché cognitif » qui a une fâcheuse conséquence : capter, souvent pour le pire, le précieux trésor de notre attention. Nos esprits subissent l'envoûtement des écrans et s'abandonnent aux mille visages de la déraison.

    Victime d'un pillage en règle, notre esprit est au coeur d'un enjeu dont dépend notre avenir. Ce contexte inquiétant dévoile certaines des aspirations profondes de l'humanité. L'heure de la confrontation avec notre propre nature aurait-elle sonné ? De la façon dont nous réagirons dépendront les possibilités d'échapper à ce qu'il faut bien appeler une menace civilisationnelle.

    C'est le récit de cet enjeu historique que propose le nouveau livre événement de Gérald Bronner.

  • Depuis la fin des années 1990, une science du bonheur a fait son apparition : la psychologie positive. Elle s'attache à conférer une légitimité scientifique à une idée fort simple : le bonheur se construirait, s'enseignerait et s'apprendrait. Il suffirait donc de vouloir, et d'écouter les experts, pour devenir heureux. L'industrie du bonheur affirme ainsi pouvoir façonner les individus en créatures capables de faire obstruction aux sentiments négatifs, de tirer le meilleur parti d'elles-mêmes en contrôlant totalement leurs désirs improductifs et leurs pensées défaitistes.
    Mais n'aurions-nous pas affaire ici à une autre ruse destinée à nous convaincre, encore une fois, que la richesse et la pauvreté, le succès et l'échec, la santé et la maladie sont de notre seule responsabilité ; que les maux des individus importent infiniment plus que les problèmes sociaux ? Et si la dite science du bonheur visait à nous convertir à un modèle individualiste niant toute idée de société ?
    Se faisant autant archéologues d'un pseudo-savoir que sociologues, Edgar Cabanas et Eva Illouz reconstituent ici avec brio les origines de cette nouvelle « science » et explorent les implications d'un phénomène parmi les plus captivants et inquiétants de ce début de siècle.
    Un livre urgent, accessible et provocateur.

  • Nous ne pouvons plus le nier, il nous faut faire désormais face à la catastrophe climatique. N'est-il pas temps d'entrer en résistance contre les logiques de destruction massive, frénétique, de nos écosystèmes ? Dans ce "Petit manuel", revu et augmenté, sans chercher à apporter de réponses définitives, Cyril Dion propose de nombreuses pistes d'actions. Plus encore, il nous invite à renouer avec notre élan vital, à mener une existence où chaque chose que nous faisons, depuis notre métier, jusqu'aux tâches les plus quotidiennes, participe à construire le monde dans lequel nous voulons vivre. Nouvelle édition revue et augmentée.

  • Enseignants, intellectuels, soignants, parents, syndicalistes...
    Développent une critique de la numérisation de l'éducation, de la petite enfance à l'université.

  • La décroissance est plus que jamais nécessaire. Ces cinquante penseurs - dont les oeuvres très diverses se déploient sur les deux derniers siècles - nous aident à comprendre pourquoi, et nous donnent des pistes pour sortir de la mégamachine et construire une société centrée sur l'humain. Leurs réflexions, profondes, intemporelles et clairvoyantes, exposées ici de manière simple et didactique, remettent radicalement en cause les processus de destruction de l'environnement, le culte de la croissance, l'esprit de calcul, la foi dans les technologies, l'aliénation par la marchandise... Elles en appellent à une sagesse immémoriale : il n'y a de richesse que la vie.

  • Le Web affectif. ; une économie numérique des émotions

    ,

    • Ina
    • 13 Octobre 2017

    J'aime, je clique. Le web se résume-t-il à ça ? La joie, la peur, la tristesse, la colère mais aussi l'ennui sont un ensemble d'affects qui circulent sur les réseaux sociaux. Cette circulation est facilitée par le design des interfaces. C'est même une stratégie pour les principales plateformes numériques. Nos émotions sont provoquées, capturées, évaluées : mais quelle valeur les acteurs économiques du web accordent-ils à nos impulsions ? Quel bénéfice en tirent-ils ? L'émotion est-elle une monnaie à partir du moment où son échange permet d'enrichir nos expériences ? Ou bien suppose-t-elle une nouvelle forme de travail de milliards d'internautes ? En tant qu'usagers du web, comment ce travail affectif change nos manières de nous exprimer et de nous informer ? Au travers d'une analyse à la fois technique, socioéconomique et critique, cet ouvrage propose des éléments de réflexion pour saisir l'émergence d'une économie numérique des émotions.

    Sur commande

  • La France compte plus de cartes SIM en circulation que d'habitant·es, et demain, avec l'arrivée de la 5G, ce seront tous les objets du quotidien qui seront connectés. Les voitures seront autonomes. Les foyers communicants. Les villes « intelligentes ».

    Mais est-on vraiment sûr que l'utilisation tous azimuts d'ondes électromagnétiques ne présente aucun risque ? Absolument pas, répond Nicolas Bérard au terme d'une enquête sur l'envers de cette « révolution technologique ».

    Comment et par qui les normes, censées nous protéger, ont-elles été mises en place ? Quels liens entre opérateurs téléphoniques, médias et gouvernements ? Quels sont les effets de cette technologie sur la santé humaine et le vivant ?

    À l'aube du développement d'une nouvelle pollution de masse, ces questions ne sont jamais posées dans le débat public.

  • Face aux signaux alarmants de la crise environnementale globale - changement climatique, effondrement de la biodiversité, dégradation des sols, pollution généralisée, tensions sur l'énergie et les matières premières -, nous fondons nos espoirs sur les technologies « vertes » et le numérique.

    Plus consommatrices de ressources rares, plus difficiles à recycler, trop complexes, ces nouvelles technologies nous conduisent pourtant, à terme, dans l'impasse. Ce livre démonte les mirages des innovations high tech, et propose de questionner la course en avant technologique en développant les low tech, les « basses technologies », plus sobres et plus résilientes. Il ne s'agit pas de revenir à la bougie, mais d'explorer les voies possibles vers un système économique et industriel compatible avec les limites planétaires.

  • Après le succès d'Éloge du carburateur, qui mettait en évidence le rôle fondamental du travail manuel, Matthew B. Crawford s'interroge sur la fragmentation de notre vie mentale. Ombres errantes dans la caverne du virtuel, hédonistes abstraits fuyant les aspérités du monde, nous dérivons à la recherche d'un confort désincarné et d'une autonomie infantile qui nous mettent à la merci des exploiteurs de « temps de cerveau disponible ».
    Puisant chez Descartes, Locke, Kant, Heidegger, James ou Merleau-Ponty, le philosophe-mécanicien revisite les relations entre l'esprit et la chair, la perception et l'action, et voit dans les processus mentaux et la virtuosité des cuisiniers, des joueurs de hockey, des pilotes de course ou des facteurs d'orgue des écoles de sagesse, de maîtrise et d'épanouissement.
    Contre un individualisme sans individus authentiques et une prétendue liberté sans puissance d'agir, il plaide avec brio pour un nouvel engagement avec le réel qui prenne en compte le caractère « incarné » de notre existence et nous réconcilie avec le monde.

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