Premier mai

La librairie Nordest (Paris 10e) partage sa sélection du 1er mai, journée internationale des travailleurs.

  • De notre monde emporte

    Christian Astolfi

    • Le bruit du monde
    • 7 Avril 2022

    Du début des années 1970 à la fin des années 1980, Narval travaille aux Chantiers navals de La Seyne-sur-Mer. Ce temps restera celui de sa jeunesse et de la construction de son identité ouvrière. Quand se répand le bruit de la fermeture des Chantiers pour des raisons économiques, ses camarades et lui entrent en lutte, sans cesser de pratiquer leur métier avec la même application, tandis que l'amiante empoisonne lentement leur corps.
    Dans un subtil mélange de lyrisme et de sobriété, Christian Astolfi compose la chronique d'une existence qui traverse l'évolution politique et sociale de la France de l'époque, tout en révélant les désirs et les peines d'un homme habité par les rêves d'un père qui aura voué sa vie à ce monde emporté.

  • 10 CV ; dix chevaux-vapeur

    Ilya Ehrenbourg

    • Heros limite
    • 15 Mars 2019

    Dix chevaux-vapeur n'est pas seulement une attaque contre la déshumanisation du travail à la chaîne chez Citröen et l'exploitation du tiers-monde (plantations de caoutchouc), c'est une réflexion sur l'avènement de l'automobile, le règne de la vitesse imbécile. La voiture, écrit Ehrenbourg, « déchiquette la chair, aveugle les yeux, ronge les poumons, fait perdre la raison. Enfin, la voilà qui s'échappe par une porte pour entrer dans le monde. Sur l'heure, elle débarrasse son pseudo-propriétaire de l'archaïque repos. Le lilas se fane. (...) L'automobile, laconiquement, écrase les piétons. (...) On ne l'accuse de rien. Sa conscience est aussi pure que celle de M. Citroën. Elle n'accomplit que sa mission : elle est appelée à exterminer les hommes. »

  • L'établi

    Robert Linhart

    • Minuit
    • 1 Avril 1981

    L'Etabli, ce titre désigne d'abord les quelques centaines de militants intellectuels qui, à partir de 1967, s'embauchaient, " s'établissaient " dans les usines ou les docks. Celui qui parle ici a passé une année, comme 0. S. 2, dans l'usine Citroën de la porte de Choisy. Il raconte la chaîne, les méthodes de surveillance et de répression, il raconte aussi la résistance et la grève. Il raconte ce que c'est, pour un Français ou un immigré, d'être ouvrier dans une grande entreprise parisienne. Mais L'Etabli, c'est aussi la table de travail bricolée où un vieil ouvrier retouche les portières irrégulières ou bosselées avant qu'elles passent au montage. Ce double sens reflète le thème du livre, le rapport que les hommes entretiennent entre eux par l'intermédiaire des objets : ce que Marx appelait les rapports de production.

  • Le bateau-usine

    Kobayashi Takiji

    • Allia
    • 6 Février 2015

    Le Bateau-usine nous plonge en pleine mer d'Okhotsk, zone de conflit entre la Russie et le Japon. Nous sommes à bord d'un bateau de pêche, où le crabe, produit de luxe destiné à l'exportation, est conditionné en boîtes de conserve. Marins et ouvriers travaillent dans des conditions misérables et subissent la maltraitance du représentant de l'entreprise à la tête de l'usine. Un sentiment de révolte gronde. Un premier élan de contestation échoue, les meneurs sont arrêtés par l'armée. Mais un nouveau soulèvement se prépare.Ce récit bouleversant, directement inspiré de faits réels, provoque un puissant sentiment d'empathie avec ces hommes et leurs aspirations. L'oralité, le style incisif et le "regard caméra" adopté par le narrateur font de cette identification un appel à la révolte en soi.

  • à la ligne ; feuillets d'usine

    Joseph Ponthus

    • Folio
    • 13 Août 2020

    «Au fil des heures et des jours le besoin d'écrire s'incruste tenace comme une arête dans la gorge Non le glauque de l'usine Mais sa paradoxale beauté».

    Ouvrier intérimaire, Joseph embauche jour après jour dans les usines de poissons et les abattoirs bretons. Le bruit, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps s'accumulent inéluctablement comme le travail à la ligne. Ce qui le sauve, ce sont l'amour et les souvenirs de son autre vie, baignée de culture et de littérature.
    Par la magie d'une écriture drôle, coléreuse, fraternelle, l'existence ouvrière devient alors une odyssée où Ulysse combat des carcasses de boeuf et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes.

  • Travaux

    Georges Navel

    • Folio
    • 11 Décembre 1979

    Un des livres les plus beaux inspiré par la condition ouvrière.
    Travaux, paru au lendemain de la guerre, en 1945, est tout de suite devenu un classique. les critiques ont comparé georges navel à gorki, à panaït istrati, à eugène dabit, à charles-louis philippe. mais navel fait entendre une voix qui n'appartient qu'à lui. comme l'a écrit jean giono : " cette patiente recherche du bonheur qui est la nôtre, nous la voyons ici exprimée avec une bonne foi tranquille. ".

  • Les nuits d'été

    Thomas Flahaut

    • Editions de l'olivier
    • 27 Août 2020

    Thomas, Mehdi et Louise se connaissent depuis l'enfance.

    À cette époque, Les Verrières étaient un terrain de jeux inépuisable. Aujourd'hui, ils ont grandi, leur quartier s'est délabré et, le temps d'un été, l'usine devient le centre de leurs vies.

    L'usine, où leurs pères ont trimé pendant tant d'années et où Thomas et Mehdi viennent d'être engagés.

    L'usine, au centre de la thèse que Louise prépare sur les ouvriers frontaliers, entre France et Suisse.

    Ces enfants des classes populaires aspiraient à une vie meilleure. Ils se retrouvent dans un monde aseptisé plus violent encore que celui de leurs parents. Là, il n'y a plus d'ouvriers, mais des opérateurs, et les machines brillent d'une étrange beauté.

    Grande fresque sur la puissance et la fragilité de l'héritage social, Thomas Flahaut écrit le roman d'une génération, avec ses rêves, ses espoirs, ses désillusions.

  • Aux animaux la guerre

    Nicolas Mathieu

    • Actes sud
    • 1 Juillet 2021

    Une usine qui ferme dans les Vosges, tout le monde s'en fout. Une centaine de types qui se retrouvent sur le carreau, chômage, RSA, le petit dernier qui n'ira pas en colo cet été, un ou deux reportages sur France 3 Lorraine Champagne-Ardenne, et «basta». Sauf que les usines sont pleines de types n'ayant plus rien à perdre. Comme ces deux qui ont la mauvaise idée de kidnapper une fille sur les trottoirs de Strasbourg pour la revendre à deux caïds qui font la pluie et le beau temps entre Épinal et Nancy. Une fille, un Colt .45, la neige, à partir de là, tout s'enchaîne.

  • Tuta blu

    Tommaso Di Ciaula

    • Actes sud
    • 12 Mars 2014

    Ce livre n'est pas une étude, une enquête, ni l'exposé d'un intellectuel sur la réalité ouvrière. C'est un témoignage, celui de Tommaso Di Ciaula. Ouvrier lui-même, petit-fils de paysans, il vit et travaille près de Bari en Italie du Sud - mais là ou ici, n'est-ce pas la même histoire ? -, enfile tous les jours son bleu, fait ses huit heures, écrit le soir après l'usine, de toutes ses forces, avec la volonté de "donner la parole à des siècles de silence de la classe ouvrière".
    Dans Tuta Blu, Di Ciaula nous livre avec une franchise extraordinaire le quotidien de sa vie : la crasse de l'usine, les gestes du travail, ses rêves, un dimanche qui n'en finit pas, l'abrutissement, un "casse-couilles" de contremaître, l'ennui et la fatigue surtout - les ecchymoses, les plaies, les accidents du travail. Ce que son bleu résume, il le voit du côté du Sud. Un Sud campagnard déjà recroquevillé et meurtri, soumis aux lacérations industrielles, mais qui subsiste en lui, revit et l'assaille de souvenirs, d'une foule de sensations violentes et intimes.
    Tuta Blu est un livre "sudiste" et subversif, poétique et politique, violent et tendre, terriblement vrai.

  • Personne ne sort les fusils

    Sandra Lucbert

    • Points
    • 16 Septembre 2021

    De mai à juillet 2019 se tient le procès France Télécom-Orange.

    Sept dirigeants sont accusés d'avoir organisé la maltraitance de leurs salariés. Parfois jusqu'à la mort.

    On les interroge longuement, leur fait expliquer beaucoup.

    Rien à faire : ils ne voient pas le problème. Le P-DG a un seul regret : « Cette histoire de suicides, c'est terrible, ils ont gâché la fête. » Il y avait donc une fête ? Parlons-nous la même langue ?

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