Les livres se racontent

Vos libraires vous proposent une sélection de livres... sur l'histoire du livre !

  • Lorsqu'il avait besoin d'expliquer pourquoi le livre était à peu près immuable, en tant que codex, cette forme qui a remplacé le rouleau par un appareillage subtil et efficace de pages protégées par une couverture, Umberto Eco expliquait que le livre était tout comme la fourchette : indépassable. Irremplaçable. Pérenne.
    Notre vieux livre empégué, surligné, corné, refuse décidément de céder le pas devant les injonctions du temps ou des techno-devins obnubilés par l'emprise de l'informatique. Et, de fait, le livre est lui-même le fruit d'un assemblage hautement précis d'une grande variété de technologies extrêmement précises : encres nées de mé- langes de plusieurs métaux lourds, fabrication des papiers évolutive dans le temps, règles de mise en page centenaires, méthodes d'im- position variées, comme les presses dont se servent les imprimeurs, etc.
    L'opuscule que nous vous proposons aujourd'hui, petit dernier de l'innombrable troupe des ouvrages qui se publient depuis la fin du premier millénaire, n'est ni un dictionnaire, ni une encyclopédie, pas plus qu'un lexique, non plus qu'un compendium, un guide, un traité ou un manuel ; il a été pensé comme une joyeuse collection de mots, de figures et de notions qui se lisent dans le désordre pour découvrir ou se souvenir de ce qui fait de la civilisation humaine une exception dans toute la galaxie.

  • Qualifié à sa mort, en 2014, de « grand fauve de l'édition », Jean- Jacques Pauvert, l'éditeur de Sade et d'Histoire d'O, est souvent réduit à un franc-tireur sulfureux. Cette image est un cliché. D'abord parce que Pauvert ne s'est jamais limité à la littérature érotique, construisant un catalogue original et d'une qualité rare. Ensuite parce qu'il n'a jamais cessé de ferrailler contre la censure pour le grand bien de tous. Et qu'enfin, éditeur à vingt ans, il restera plutôt, avec quelques autres, l'incarnation de l'éditeur indépendant.
    Surréalisme, 'pataphysique, dadaïsme, Cobra, situationnisme, rien de ce qui contestait ne lui était étranger. Il fut donc l'éditeur de la célèbre revue Bizarre et d'écrivains hors normes tels que Raymond Roussel et Boris Vian. Il fut proche d'André Breton, de Georges Bataille mais aussi de Jean Paulhan, puis plus tard de Guy Debord. Avec Jean- François Revel, il lança la mémorable collection « Libertés ». Et en mai 68, avec Siné, il publia l'explosif journal L'Enragé. Enfin, il rencontra le succès avec Albertine Sarrazin et Jean Carrière. Ce qui ne l'empêcha pas de perdre non seulement son indépendance, mais aussi sa maison et même... son nom.
    À partir de précieux fonds d'archives publics et privés et d'échanges avec les grands acteurs de la geste pauvertienne, l'auteure éclaire sous son vrai jour l'itinéraire plein de panache d'un éditeur au nonconformisme assumé, devenu sur le tard écrivain érudit. Itinéraire qui est aussi celui d'un provocateur-né, plongé dans un monde éditorial, politique et littéraire alors particulièrement effervescent qui nous est dépeint au fil des pages de ce livre passionnant.

  • Nos richesses

    Kaouther Adimi

    En 1935, Edmond Charlot a vingt ans et rêve de créer une librairie-maison d'édition à Alger. Il imagine un espace dédié à la littérature, l'amitié et la Méditerranée. Albert Camus lui offre son premier texte, Jean Giono un nom : Les Vraies Richesses. En 2017, Ryad, étudiant parisien, est recruté pour fermer la librairie algéroise sous le regard vigilant d'Abdallah, le dernier gardien des lieux.

  • Échaudé par un précédent malheureux - une première version de son roman a disparu dans l'incendie de sa maison -, Arthur Bramhall pense protéger son nouveau manuscrit en l'enfouissant soigneusement au pied d'un arbre, au coeur de la forêt. Déterrant cet objet qui semble si précieux pour l'homme, un ours se plonge dans sa lecture... et flaire immédiatement le succès. Le livre sous le bras, il s'en va à New York, où les éditeurs les plus prestigieux vont se battre pour publier l'oeuvre de cet écrivain si singulier - un peu bourru certes, mais tellement charismatique ! Le roman s'installe bientôt en tête des meilleurs ventes : combien de temps durera la mystification ? Satire des milieux littéraires et médiatiques, cette fable animalière enlevée et hilarante est tout bonnement irrésistible !

  • Frédéric Léger, correcteur pour une boîte d'édition spécialisée dans les ouvrages défendant un libéralisme sauvage, se trouve filé, puis passé à tabac, par deux types patibulaires qui veulent récupérer un jeu d'épreuves lui ayant été confié... Un vrai polar politique, égayé par un humour irrésistible, qui rappelle qu'aucun écrit n'est complètement innocent.

  • Aaliya Saleh, 72 ans, les cheveux bleus, a toujours refusé les carcans imposés par la société libanaise. Cette femme irrévérencieuse et un brin obsessionnelle traduit en arabe les oeuvres de ses romanciers préférés : Kafka, Pessoa ou Nabokov. À la fois refuge et « plaisir aveugle », la littérature est l'air qu'elle respire. Cheminant dans les rues, Aaliya se souvient ; de l'odeur de sa librairie, des conversations avec son amie Hannah, de ses lectures à la lueur de la bougie tandis que la guerre faisait rage, de la ville en feu, de l'imprévisibilité de Beyrouth.

  • La cité des mots

    Alberto Manguel

    Face à la question de la montée de l'intolérance dans nos sociétés, Alberto Manguel, dressant de fascinants parallèles entre les réalités individuelles et politiques du monde contemporain et celles que prennent en charge le mythe, la légende et le récit, propose de prêter attention à ce qu'ont à nous dire les visionnaires - poètes, romanciers, essayistes ou cinéastes -, forts du commerce de longue date qu'ils entretiennent avec l'énigme du coeur humain.

  • Dans le dessein de dépasser, pour cicatriser une très profonde blessure, la douloureuse expérience qui fut la sienne lorsqu'il lui fallut, en 2016, pour d'absurdes raisons administratives, quitter la France, où il vivait depuis quinze ans, et remballer sa bibliothèque constituée des 35 000 volumes qui furent les compagnons de son existence et qu'il s'était, toute sa vie, employé à amasser patiemment, ardemment  et amoureusement, Alberto Manguel propose ici un  voyage émotionnel où il re-parcourt son histoire personnelle, revisite les pays où il a résidé, et évoque ses nombreux déménagements, lesquels furent toujours liés à la recherche d'un endroit où enfin héberger ses livres, sans lesquels il lui est impossible de travailler... et sans doute même de vivre.

  • Qu'elle soit constituée de quelques livres ou de volumes par milliers, qu'elle obéisse à une classifi cation rigoureuse ou aléatoire, que les livres qui la composent soient alignés sur des étagères ou rangés dans des cartons, qu'est-ce qu'une bibliothèque, sinon l'éternelle compagne de tout lecteur - son rêve le plus cher ?
    Après Une histoire de la lecture, Alberto Manguel offre un essai au propos formidablement complémentaire, d'où il ressort que construire une bibliothèque, privée ou publique, n'est rien de moins qu'une mise à l'épreuve d'ordre philosophique dont l'avènement annoncé de la bibliothèque électronique ne saurait réduire la portée.
    Voyage au coeur de nos livres et histoire de leurs demeures, La Bibliothèque, la nuit nous rappelle à quel point les livres, réinventant sans fi n la «bibliothèque» qui les accueille, sont seuls maîtres de la lumière dans laquelle ils nous apparaissent - ces livres qui en savent décidément sur nous bien davantage que nous sur eux.

  • Célébration heureuse de la plus civilisée des passions humaines, cette histoire écrite du côté du plaisir et de la gourmandise est un livre savant qui se lit comme un roman d'aventures.
    Parti à la recherche des raisons qui ont fait aimer le livre, alberto manguel propose un étonnant récit de voyage à travers le temps et l'espace, dont chaque étape lui est occasion de détours, de visites, de réflexions profondes et d'anecdotes réjouissantes.
    Passionnante, jubilatoire, cette histoire de la lecture, traduite en plus de vingt-cinq langues, a reçu en france le prix médicis essai 1998.

  • La grande traversée

    Shion Miura

    Majimé, jeune employé d'une maison d'édition, se voit confier la réalisation d'un nouveau dictionnaire du japonais, un projet titanesque baptisé "La Grande traversée". L'un des premiers termes sur lesquels il est amené à travailler n'est autre que le mot "amour". Mais comment définir ce dont on n'a pas fait l'expérience ? À vingt-sept ans, aussi maladroit avec les gens qu'il est habile avec les mots, Majimé n'a jamais eu de petite amie. Quand il rencontre la petite-fille de sa logeuse, il tombe immédiatement sous le charme. Aidé par ses nouveaux collègues, il va tout faire pour vaincre sa timidité et lui faire part de ses sentiments, tout en ne perdant jamais de vue sa mission première : éditer le plus grand dictionnaire de tous les temps. Amour, gastronomie et lexicographie : tels sont les ingrédients de ce roman léger et attachant, couronné du Prix des libraires au Japon.

  • Huit histoires vraies de «livres perdus» - égarés dans des circonstances parfois dramatiques, ou détruits pour des raisons qui vont de la censure à l'insatisfaction maniaque de leur auteur - que Giorgio Van Straten, tel un détective amoureux, tente de ressusciter à partir des traces qu'ils ont laissées.

  • Sanctuaire ovni niché dans la campagne anglaise, dirigée par d'excentriques érudits, La Bibliothèque des Refusés accueille TOUS les manuscrits retoqués par les éditeurs. Mais entre l'agaçante nouvelle bibliothécaire, une actrice grimée en étudiante fouinant des idées de films, des cambrioleurs un peu gogos et le défilé des aspirants écrivains, la mission n'est pas de tout repos ! Loufoque, profondément léger et délicieusement british : cette comédie originale est une insolente déclaration d'amour (et d'humour) à la littérature - en tout genre. Une merveille.

  • Natalie et son petit frère Alphonse adorent les histoires. Celles que leur racontent mamie, papa, maman... sans compter celles qu'ils inventent. Natalie n'a qu'une hâte : savoir lire toute seule ! Mais lorsqu'elle reçoit son premier livre de lecture, les choses s'avèrent plus difficiles que prévu. Les lettres et les mots se mélangent et ressemblent à des brindilles ou à des pates d'oiseau. Et le livre en question n'est même pas intéressant ! Et si Natalie n'aimait plus lire ?

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  • Rue de l'Odéon

    Monnier Adrienne

    Adrienne Monnier était comme un jardinier, et dans la serre de la rue de l'Odéon où s'épanouissaient, s'échangeaient, se dispersaient ou se formaient les idées en toute liberté, en toute hostilité, en toute promiscuité, en toute complexité, souriante, émue et véhémente, elle parlait de ce qu'elle aimait : la littérature." Jacques Prévert évoquait ainsi la fondatrice de « La Maison des amis des livres ». Inaugurée en 1915 au 7, rue de l'Odéon, cette librairie devient très vite le rendez-vous du Tout-Paris littéraire. Louis Aragon, Walter Benjamin, André Gide, Nathalie Sarraute, André Breton s'y croisent lors de lectures, expositions ou soirées musicales. Foyer de la vie culturelle de l'entre-deux guerres, dont la renommée franchira les frontières françaises avec la traduction en 1929 de l'Ulysse de Joyce, édité par Adrienne Monnier, ce lieu mythique est indissociable de la personnalité qui l'habite et l'anime. Autoportrait d'une femme de passion et d'idées, subtile évocation de l'incroyable atmosphère d'émulation qu'elle sut créer autour d'elle, ce livre de référence est avant tout un hommage à la littérature.

  • Collection dirigée par Jean-Claude Zylberstein.
    La formule a été imprimée sur plus de 20 millions d'ouvrages. 10/18, Grands détectives, Domaine étranger, Pavillons, Texto... Jean-Claude Zylberstein a créé ou dirigé ces collections devenues incontournables avec toujours la même idée : exhumer des auteurs que nul ne se souciait de traduire ou de rééditer. Jim Harrison, Dashiell Hammett, Robert van Gulik, Somerset Maugham, Evelyn Waugh, Primo Levi, Winston Churchill, John Fante et beaucoup d'autres grands auteurs étrangers sont devenus des classiques grâce au travail de ce lecteur au goût si sûr.

    Enfant juif caché pendant la guerre, c'est dans le grenier de ses protecteurs que naît sa passion de la lecture. Il fait ses débuts dans la presse comme critique de jazz pour Jazz magazine et Le Nouvel Observateur. Puis il entre dans l'édition en rassemblant les oeuvres complètes de Jean Paulhan et devient directeur de collection grâce à Bernard de Fallois. Esthète à la curiosité insatiable, il exerce ensuite ses talents de dénicheur chez Christian Bourgois, Champ libre, Robert Laffont, La Découverte, Tallandier, Les Belles Lettres... Entre-temps, il est devenu l'un des plus grands avocats en droit d'auteur, défendant Salman Rushdie, Françoise Sagan, Ingrid Betancourt ou Daft Punk, et de nombreux éditeurs.

    Avocat, critique de jazz, éditeur, Jean-Claude Zylberstein n'a jamais voulu sacrifier l'une de ces vies, promenant son élégance amusée des couloirs du Palais aux coulisses de l'édition. Ses souvenirs nous font traverser un demi-siècle de vie culturelle et éditoriale et, au-delà, dessinent une bibliothèque idéale. Le trésor d'un chasseur de pépites littéraires.

  • L'arrivée de l'e-book marque un tournant dans l'histoire du livre. Pourtant, l'abandon de certaines méthodes au profit de nouvelles technologies fait partie intégrante de son évolution depuis l'Égypte antique. Dans ces temps cruciaux pour l'avenir du livre, cet ouvrage nous en raconte l'histoire depuis ses origines.
    Des inscriptions sur les grottes aux premiers écrits sur papyrus, des rouleaux aux premiers codex reliés de l'époque romaine, des manuscrits précieux et coûteux à la création de caractères mobiles et à l'invention de l'imprimerie industrielle, du livre imprimé à l'e-book... Cette étonnante histoire mondiale du livre s'appuie sur 100 ouvrages emblématiques qui explorent des domaines aussi variés que la religion, la science, le crime, le voyage ou la mode. Des exemples classiques, comme la Bible à 42 lignes de Gutenberg ou l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, côtoient des ouvrages moins connus qui ont cependant marqué l'histoire de la production des livres, ou choisis en raison de leur contenu ou de leur influence.
    Superbement illustré de reproductions d'objets et d'ouvrages provenant des plus riches collections mondiales, ce livre offre un fascinant voyage à travers 5 000 ans d'histoire et témoigne de l'ardeur des hommes à transmettre leurs idées et leurs connaissances.
       

  • Un beau jour d'octobre 1949, la new-yorkaise Helene Hanff écrit à la librairie Marks & Co., au 84, Charing Cross Road à Londres. Passionnée, un peu fauchée, extravagante, Miss Hanff réclame au libraire Frank Doel des livres pour assouvir son insatiable soif de découvertes. Très vite, leurs échanges laissent place aux confidences et à une relation unique...
    L'histoire vraie, émouvante et inoubliable de deux êtres que rapproche l'amour des lettres.

  • éloge de la lecture

    Michèle Petit

    À l'origine de cet ouvrage, il y a des voix de lecteurs et de lectrices, d'origines culturelles et de milieux sociaux différents et, en contrepoint, des souvenirs de lectures transcrits par des écrivains.
    Tous racontent les biais insolites par lesquels les livres leur ont permis d'apprivoiser leurs peurs, de construire et de réparer leur monde intérieur, de trouver des réponses aux questions qui les hantent, d'apprendre ce que d'autres ont trouvé comme solutions à la difficulté d'être sur Terre.
    Comme Jorge Semprun qui retrouve espoir dans un texte de Gide, après qu'on l'eut congédié en se moquant de son accent de jeune Espagnol, débarqué à Paris : « La boulangère du Boulevard Saint-Michel me chassait de la communauté. André Gide m'y réintégrait subrepticement. Dans la lumière de cette prose qui m'était offerte, je franchissais clandestinement les frontières d'une terre d'asile probable. » . Car, pour Michèle Petit, lire, c'est aussi un moyen de résister aux processus d'exclusion ou d'oppression, pour reconquérir une position de sujet au lieu de n'être qu'objet du discours des autres. En conjuguant sciences sociales et psychanalyse, l'auteur nous livre ici l'analyse de toutes ces expériences singulières où la lecture joue un rôle primordial dans la découverte et la construction de soi, comme dans l'ouverture sur d'autres cercles d'appartenance.

  • « Ainsi, Monsieur, vous voulez travailler dans le livre ? » (Gaston Gallimard à J.-J. Pauvert, 1941) Jean-Jacques Pauvert est mort le samedi 27 septembre 2014. Il était l'un des derniers éditeurs « à l'ancienne » et incarnait le combat contre la censure. Sa carrière est tumultueuse. Sa vie, aussi mouvementée que romanesque. Ami des surréalistes (il fut le dernier éditeur d'André Breton), éditeur du marquis de Sade (dont il fut le premier à publier les oeuvres au grand jour et sous son nom), d'Histoire d'O, de Boris Vian, mais aussi d'autres grands auteurs du xxe siècle, compagnon de Régine Deforges, l'homme séduisait autant par son érudition que par son irrévérence.
    Il avait écrit ses Mémoires (La Traversée du livre), inachevés car ils s'arrêtaient en 1968. Il était plus que temps de rendre hommage à ce libertin peu ordinaire et plein de panache.
    L'auteur de cette biographie intellectuelle, Emmanuel Pierrat, a été son avocat pendant les vingt dernières années de sa vie, période durant laquelle il l'a interrogé, amicalement, à propos de son parcours. Il a la chance de défendre les enfants et la veuve de Jean-Jacques Pauvert. Il a rencontré plus de soixante témoins - d'Antoine Gallimard à Annie Lebrun -, et a consulté les archives personnelles de Jean-Jacques Pauvert, sa bibliothèque. Il fait revivre Pauvert jeune éditeur, coursier pour la Résistance ; l'« affaire Sade » - où il est défendu par l'immense avocat Maurice Garçon - ; les surréalistes de la seconde période ; l'aventure d'Histoire d'O ; la rencontre avec Régine Deforges ; la concurrence de Tchou, Losfeld, Martineau, Balland ou Bourgois ; les multiples faillites et les rebondissements d'une vie tout entière vouée au livre et à la liberté.

  • Monsieur Ratichaud est un écrivain chevronné. Expérimenté, ayant eu belle presse, Monsieur Ratichaud se consacre tout entier à son art : la littérature. Mais quand il rencontre son nouvel éditeur, technocrate borné à ses chiffres et à ses statistiques sur tableaux Excel plus qu'au développement de ses humanités, c'est le début de la fin des aspirations de l'auteur.

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  • La présente étude dissèque le dispositif de contrôle que la direction de la Librairie exerça sur les imprimeurs et les libraires (1814-1848) : enquêtes de moralité préalables à l'obtention d'un brevet, serments de loyauté, rapports des inspecteurs, traque des imprimeries clandestines, sanctions pénales.

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  • Lire sous l'Occupation

    Jacques Cantier

    • Cnrs
    • 10 Janvier 2019

    Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la « faim de lecture » propre à la période de l'Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l'orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l'intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s'évader hors d'un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Stratégies et pratiques des éditeurs, querelles autour du patrimoine littéraire, réorganisation corporative de la chaîne du livre, listes d'interdictions et spoliations de l'occupant, écrivains partagés entre collaboration, accommodement, évitement, insoumission : Jacques Cantier signe la première histoire totale du livre et de la lecture entre 1939 et 1945, des politiques de censure mises en oeuvre par Vichy à l'ébullition culturelle de la Libération.
    Archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d'initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l'esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral...

  • José Corti : un être rare, inconnu ou presque du grand public. Mais un modèle : l'éditeur qui n'a jamais publié ce qu'il n'aimait pas. Et il n'aimait que l'écriture la plus haute, la création la plus aiguë, la littérature la plus noble (Gérard Guillot, Le Figaro). Quand on écrira l'histoire de José Corti qui, à sa manière si différente de celle de Gaston Gallimard, de Bernard Grasset, de Robert Gallimard ou de Robert Denoël, restera dans la littérature, on notera sans doute ce délicieux anachronisme d'un grand raffiné qui a voulu maintenir sa passion des livres hors des circuits dévastateurs de l'argent-roi (Jean-Marie Rouant, Le Quotidien). Toute la démarche de José Corti est une célébration de la lecture. Il la servit par les poèmes et les récits sur lesquels il apposa son label " Rien de commun il la servit par des textes d'analyses qui sont de véritables sésames des grandes oeuvres. Hostile non seulement à tout ce que Gracq avait dénoncé dans son pamphlet La Littérature à l'estomac, mais à toutes les techniques de mercantilisation et de vulgarisation du livre, il apparaissait, dans le milieu éditorial parisien, comme une sorte de dernier des Mohicans (Jacques de Decker, Le Soir).

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