L'humeur musicale

La librairie L'humeur vagabonde dans le 18e ne se console pas de ne plus pouvoir assister à des concerts ou à des festivals de musique. Dans l'attente de les retrouver, les libraires vous invitent à quelques moments de musique... sous forme de lectures !

  • Pendant 1976 et 1977, le punk a rassemblé des stylistes originaires de banlieue, des victimes de Bowie, des adolescents fugueurs, des radicaux endurcis des années 60, des gays hommes et femmes, des artistes, des poupées de discothèque, des criminels, des drogués, des prostituées de toutes les confessions, des hooligans, des intellectuels, des obsédés du gros beat, des parias de toutes les classes sociales. Ce n'étaient pas seulement les groupes en eux-mêmes : le pouvoir qu'ils avaient venait de leur public. Le punk ne reproduisait pas les modes dominantes des beaufs : le sexe hérétique et la politique du genre étaient les clefs de son impact original. Soudain, vous n'aviez plus à rester seul. Vous vous immergiez. Vous preniez du bon temps en passant un mauvais moment. Vous étiez plein de poison. Vous attaquiez la génération de la Seconde Guerre mondiale : tout ce qu'ils ne pouvaient pas exprimer, vous le leur jetiez au visage, la lèvre supérieure bien raide laissant place à un regard vide et un geste violent. " Donnez-nous la Troisième Guerre mondiale que nous puissions revivre. " C'étaient des trucs durs, qui disaient à l'Angleterre ce qu'elle ne voulait pas entendre. Le punk exigeait une implication que beaucoup de fans de la pop et autres obsédés n'étaient pas prêts à assumer ; et, en vérité, les dangers d'une telle esthétique sombre commencèrent à s'exprimer en nombres de morts, en dépendance aux drogues, en cynisme - un nuage noir qui en a hanté beaucoup depuis. Il y avait cet horrible élan vers la destruction tête la première, conscient de lui-même : " vous pouvez toujours dire ", chantaient les San Francisco Sleepers, " si vous allez en enfer ".
    JON SAVAGE

  • Libre réflexion sur l'influence de Bertolt Brecht dans l'oeuvre de Nina Hagen, ce texte hybride aborde deux grandes figures populaires de la culture allemande par un prisme inhabituel, par les marges, et dresse un portrait de la diva punk comme nous ne l'avons jamais perçue.
    Connaissons-nous vraiment Nina Hagen?? Dans l'imaginaire collectif, la chanteuse punk est réduite au statut d'artiste déjantée adepte des provocations en tout genre. Il faut dire que la dame s'en amuse.
    Lilian Auzas s'est efforcé de gratter le vernis bariolé pour découvrir la femme cachée en-dessous. Après de longues recherches et une série d'entretiens avec l'artiste, il nous livre un portrait de Nina Hagen comme nous ne l'avons jamais perçue. D'une sensibilité rare et d'une impressionnante culture, la chanteuse se révèle adepte et interprète de Bertolt Brecht... Étonnant ? Pas tant que ça. Le présent ouvrage vous aidera à reconsidérer votre perception de Nina Hagen et à pénétrer son univers polymorphe en empruntant des chemins de traverse.

  • Une réflexion sur le mythe de la rock star et un formidable abrégé de l'histoire du rock et de ses héros, à travers une impressionnante galerie de portraits.

  • « Il n'y a pas de hasard ou il n'y a que des hasards », comme disait Rimbaud, et c'est dans un vide-greniers à Saint-Lunaire que François Morel a trouvé un vieil exemplaire défraîchi de La Cancalaise. Dans cette revue, endommagée par le temps, étaient reproduites une douzaine de chansons d'un poète et marin breton, Yves-Marie Le Guilvinec. Intrigué par l'originalité, la singularité de ce qu'il lisait, François Morel, avec l'aide de Gérard Mordillat, a voulu enquêter sur l'auteur oublié de ces textes et établir sa biographie.

    Yves-Marie Le Guilvinec, né en 1870 à Trigavou, pêcheur sur les grands bancs de Terre-Neuve, cadet d'une famille nombreuse, est mort en mer en 1900. Il vécut sans autre horizon que la pêche à la morue et disparut au moment où la gloire lui tendait les bras.

    La biographie d'Yves-Marie Le Guilvinec complétée par l'intégrale du texte de ses chansons est accompagnée de plusieurs lettres émouvantes à sa mère et d'une étude sur sa mort que nous devons à l'amabilité du Dr Patrick Pelloux, ainsi que de portraits par Ernest Pignon-Ernest.

  • Musicien aveugle, clochard céleste de la première heure prenant l'apparence d'un viking, Louis Thomas Hardin (1916-1999), dit « Moondog », est une figure musicale singulière et majeure. Son premier public sera celui de la rue et son succès grandissant l'amènera à se produire dans le quartier des clubs de jazz, devanant ainsi le « Viking de la 6ème Avenue ». Trop écrite pour être assimilée simplement au jazz, trop complexe pour considérées comme de la pop, la musique de Moondog s'est épanouie avec des géants comme Charlie Parker ou Charles Mingus et a inspiré une diversité d'artistes allant de Bob Dylan à T om Waits. Amaury Cornut, passionné et admirateur de ce personnage unique, décrypte pour nous le trajet, l'univers et la discographie de ce musicien hors normes.

  • Depuis son premier disque publié en 1975, Pascal Comelade a tracé un parcours musical unique en France. Cet enfant de la frénésie rock des années 60 et 70 a déployé une oeuvre profuse incluant de nombreuses collaborations avec notamment Richard Pinhas, P.J.
    Harvey ou Robert Wyatt. Ses compositions évoquent, suivant les époques et les mélanges, La Monte Young, MC5, Erik Satie, Captain Beefheart, Ennio Morricone, Suicide, etc. Ses thèmes instrumentaux ont aussi accompagné de nombreux films, ballets, et travaux de plasticiens - de Bob Wilson à Miquel Barcelo. Du folklore à l'underground, de la pataphysique au riff, de la musique répétitive aux instruments- jouets, voici une autre histoire, personnelle, comme un plat combiné toujours recomposé, de la musique de l'après-guerre à aujourd'hui.

  • Radiohead : ok computer

    Michel Delville

    • Densite
    • 3 Septembre 2015

    OK Computer s'est imposé comme un des points culminants de la culture musicale des années 1990. C'est aussi l'album qui fait entrer Radiohead dans le cercle très restreint des musiciens dont on a souligné la capacité de réaliser la synthèse créative de leur époque, celui qui leur a permis d'accéder au statut enviable de groupe « exigeant » adulé par un large public. Avec ce groupe qui a fait de l'expérimentation sonore une de ses marques les plus distinctives, établir la discogonie de OK Computer c'est avant tout s'attarder sur la matière sonore non pas en tant que fin en soi mais dans la perspective d'une analyse des relations étroites qu'elle entretient avec le contenu musical et thématique du disque.
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  • Livre culte d'auteur culte ! Du projet ambitieux d'écrire l'histoire secrète du XXe siècle, Greil Marcus a donné naissance à une encyclopédie de la subversion et de la révolte, un livre inclassable où l'on croise les Sex Pistols, Guy Debord, le mouvement Dada ou encore les gnostiques du Moyen Âge. Selon son auteur, un fil invisible relierait tous les mouvements artistiques, littéraires et musicaux dont le point commun serait le refus des conventions. Un ouvrage érudit, fouillé, stimulant, radical et complètement fou où se dessine au fil des pages une généalogie des révoltés. Intellectuel pop devenu historien des marges et des avant-gardes, Greil Marcus signe ici un livre unique en son genre, devenu un classique des rayons essais tant historiques que sociaux, musicaux et artistiques.

  • Dévotion

    Patti Smith

    C'est une histoire d'obsession qui anime Patti Smith. Une obsession créatrice, que l'on retrouve sous différentes formes dans cet ouvrage très personnel. De passage à Paris, l'artiste observe tout et absorbe tout. À la manière d'un journal intime, elle retranscrit ses impressions qui viendront nourrir « Dévotion », la nouvelle qui compose le coeur du livre et lui donne son titre. C'est en quittant la capitale à bord d'un train que l'inspiration la saisit. L'histoire d'une jeune fille et de son obsession pour le patin à glace; celle d'un homme à l'intelligence cruelle, obnubilé par sa quête d'objets précieux. L'oeuf au plat parfaitement rond du café de Flore où elle a pris son petit déjeuner la veille se transforme alors en étang gelé. L'esprit libre de Simone Weil dont elle a recherché la tombe quelques jours plus tôt se réincarne dans l'énigmatique personnage d'Eugenia. Dans ce conte poétique et glaçant, Patti Smith revisite le Faust de Goethe au féminin. Enfin, l'auteur achève son voyage en se rendant dans la maison familiale d'Albert Camus, où elle est autorisée à parcourir le manuscrit inachevé du Premier Homme, la rapprochant un instant de l'un de ses grands modèles. Un aperçu émouvant de son processus d'écriture mais aussi une réflexion sur ce qui la pousse à écrire, encore et toujours.

  • Glaneurs de rêves

    Patti Smith

    Patti Smith nous livre des instantanés de son enfance et de sa jeunesse sous forme de poèmes et de courts textes en prose agrémenté de quelques photos. De la jeune fille collectionneuse de billes à l'incorrigible rêveuse, elle nous invite à retrouver les sensations de l'enfance, le goût des mots et de l'imagination. Et le lecteur d'assister à la naissance de cette artiste protéiforme.
    Un récit autobiographique aux images foisonnantes et empreint d'une douce poésie.

  • Requiem pour un keupon

    Rémi Pépin

    Les 9, 10 et 11 novembre 1989, le groupe Bérurier Noir se sabordait en public en remplissant trois Olympia, mettant un terme à une épopée non moins incendiaire : la saga du rock alternatif en France.

    Dans la foulée de la première vague punk, à la toute fin des années 1970 c'est toute une génération qui tente au travers de réseaux d'autoproduction, de concerts sauvages, d'alliances de circonstances avec la mouvance autonome ou les squatters des quartiers déshérités, de construire une contre-culture vivante et radicale basée sur un rock violent et en rupture avec le modèle dominant.

    Rémi Pépin évoque de nombreux groupes comme Bérurier Noir, les Wampas, la Mano Negra, les Satellites, les VRP, les Garçons bouchers ou Pigalle mais aussi des cinéastes dont F.J. Ossang ou encore des auteurs dont David Dufresne ou Virginie Despentes. Ainsi, comme toutes les belles histoires, celle-ci est ponctuée de bruit et de fureur, d'espoirs et d'echecs, de loyauté et de règlements de compte. L'effondrement du bloc communiste et le triomphe de l'ultralibéralisme marqueront sa fin.

  • Janis Joplin

    Nathalie Yot

    Janis Joplin a été la première chanteuse blanche à chanter comme une Noire. La première femme du rock à se comporter comme un homme, dans un milieu faussement égalitaire et ?nalement toujours très macho - le San Francisco hippie de la ?n des années  1960 n'était pas aussi libéré du patriarcat qu'on a bien voulu nous le faire croire. La première à mourir d'une overdose. Alcoolique, droguée, bisexuelle, grande gueule, écorchée vive, elle a vécu à cent à l'heure, en chantant comme si sa vie en dépendait. Car, justement, sa vie en dépendait. Nathalie Yot nous raconte, dans sa langue poétique, le parcours éblouissant et tragique de cette icône du rock, disparue il y a tout juste cinquante ans, le 4 octobre 1970 : « Elle fut le symbole d'une liberté propre à son temps, parce qu'elle ne trichait pas, une liberté sans bornes, qu'on regarde de nos jours avec un sourire en coin, dédaigneux de cette époque laboratoire où l'on explorait tout. Ils ont été plusieurs à vivre et à mourir de ça, la vie à fond, sans retenue. »

  • La fin des années 1970 est difficile pour Leonard Cohen. Deuil de sa mère, séparation d'avec la mère de ses enfants, approche de la cinquantaine. Il opère alors un retour au judaïsme et explore sa relation à l'Éternel, tout en se méfiant de toute religion qui prétendrait à l'exclusivité.

    L'écriture des psaumes l'amène à « renoncer à sa petite volonté » pour entrer dans un dessein plus grand, beaucoup plus grand, qui permet une réunification de l'être en réparant ce qui a été brisé. Il se sauve ainsi du désespoir, et souhaite que ses psaumes en fassent autant pour ses lecteurs.

    Les psaumes contemporains de Book of Mercy (Livre de la Miséricorde) chantent la plainte humaine et passionnée d'un homme à son Créateur. Ancrés au coeur du monde moderne, ces poèmes résonnent avec une tradition de dévotion plus ancienne, biblique notamment.

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