Antoine Mouton

  • Dans Cho^mage monstre, son précédent texte paru à La Contre Allée en 2017, Antoine Mouton s' interrogeait sur la façon dont on pouvait « habiter » un corps que l' on a longtemps pre^te´ a` un emploi, un corps et une langue que l' on a trop longtemps de´serte´s.
    Poser proble`me s' inscrit dans la continuite´ de cette réflexion. On y retrouve ce questionnement à propos de la difficulté d' ê tre et d' exister en-dehors des injonctions multiples et normatives du quotidien.
    Une journée faite de toutes les questions Il fallait une forme et une langue inventives pour nous convier au doute, au questionnement qui aident à réinterroger notre quotidien.
    Le recueil se présente comme une journée et une nuit aux côtés du poète. À suivre le folio, qui donne aussi l' unité à l' ensemble, on remarque que le temps passe.
    L' écriture procède par associations d' idées, par glissement sémantique et cherche un retour au sens propre des expressions langagières parfois figées, ou bien encore à redonner aux mots quotidiens une densité que l' usage leur fait perdre.

  • Et si le roman changeait tandis qu'on ne le lit pas ? Voilà qui n'arrange pas les affaires du metteur en scène polonais qui doit l'adapter pour les planches. Les répétitions parisiennes sont catastrophiques. Tout le monde le sait : sa femme, le directeur du théâtre, l'assistante norvégienne, le scénographe hongrois... Ce ne sont pas les oeufs durs dont ses poches débordent qui empêcheront le fiasco.

    1 autre édition :

  • Un couple de psychanalystes se rend compte qu'un même patient les fréquente tous deux. Comme il vient de disparaître, ils mènent l'enquête et découvrent un manuscrit intitulé Imitation de la vie.
    Le manuscrit retrace l'histoire d'Émir Sulter. Il vit à Setrou, une ville de banlieue parisienne où il gère, avec Ingrid Égala et quelques cinéphiles passionnés, un cinéma dédié aux films expérimentaux, le Mekas Palace, nommé ainsi en hommage à Jonas Mekas, l'un des plus célèbres représentants du cinéma underground.
    Ingrid et Émir sont des amoureux de la radicalité. Ce qu'ils préfèrent par-dessus tout, c'est montrer des films que personne n'a jamais vus. Ils font tout pour que leur cinéma vive, parce que ce lieu est devenu toute leur vie.
    /> Si Ingrid a vraiment changé, renonçant aux films qu'elle voulait réaliser pour s'occuper exclusivement du cinéma, Émir est davantage tiraillé entre ses restes d'enfance et son aspiration à devenir adulte, tel un gamin qui aurait mis un costume d'homme d'affaires.
    Deux autres femmes gravitent autour de lui : sa femme et sa mère, avec lesquelles il vit. Il s'est marié il y a quelques années par inadvertance avec Mélissa, qui insistait. Quant à sa mère, elle « fait des cuirs », employant un mot pour un autre, jetant de la confusion tout autour d'elle dès qu'elle ouvre la bouche.
    Volontiers comique, Imitation de la vie se veut le roman de la désillusion de devenir adulte, quand on s'aperçoit que l'adulte est celui qui feint encore mieux que les autres.

  • Antoine Mouton a écrit ce livre durant la résidence qu'il a effectuée d'avril à juillet 2010 au Centre poétique de Rochefort-sur-Loire. L'ouvrage est né d'un voyage en train qu'a effectué l'auteur, durant lequel il a pris en rafale, testant un nouvel appareil photo, pas moins de 2000 clichés (1998 précisément). Il n'avait en tête durant ce trajet qu'une seule pensée concrète : « Où vont ceux qui s'en vont ? » Cette question est devenue une obsession, autour de laquelle les textes se sont réunis.

    Réflexion sur le temps, l'amour, la mort, ce livre a pris corps dans le dialogue mené avec tous ceux qui un jour furent présents pour l'auteur, puis ne le furent plus. Est ainsi suggérée l'idée que tous les départs en appellent d'autres, que chaque événement à sa suite en entraîne un autre. Les photographies de l'auteur impulsent un mouvement permanent, tandis que sont convoqués des dessins de ses proches (Marie-Hélène Mouton, Patricia Yagüe).

    Mélange de récits, de contes et de poèmes, le livre utilise fragments et collages, développant une logique méditative plus que narrative. Ce sont des histoires très différentes qui au final n'en racontent qu'une.

    L'écriture d'Antoine Mouton procède ici par cercles concentriques : le lecteur se laisse mener peu à peu, jusqu'à atteindre le coeur d'une émotion pure.

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  • « On allait d'une ville à l'autre on baissait les sièges de la voiture pour dormir dedans tu demandais toujours ça ne t'ennuie pas qu'on ne soit pas à l'hôtel qu'on n'ait pas de maison et je savais que je devais répondre non quoiqu'il arrive sinon vous m'auriez maudit papa et toi vous m'auriez détesté » Un trio composé d'un père, d'une mère et de leur fils a pour seul domicile une voiture roulant vers le Nord. Destination im-probable qui voit bientôt le road-movie tourner au drame, raconté par l'enfant qui s'adresse à sa mère : le monologue du fils dès lors se fait hypnotique pour progressivement se muer, au fil de ce récit d'une rare intensité, en une incantation fervente et douloureuse.

  • Le récit d'une désaliénation progressive.

    Chômage monstre questionne la difficulté de quitter un travail, de s'arracher à ce qui nous retient, puis de celle, ensuite, d'habiter un corps qu'on a longtemps prêté à un emploi. Pendant que les corps travaillent, les esprits et les idées chôment. Que retrouve-t-on dans un corps et une langue qu'on a trop longtemps désertés ?

    Redevenir vivant c'est-à-dire chaotique et précis comme une aiguille dans le néant.
    D'une forme d'aliénation à la tentative de se réapproprier son existence, l'auteur pointe la place normative que prend le travail dans nos vies en cinq séquences qui ressemblent tour à tour à des fables ou à des essais où se conjuguent sens et sonorités, idées et rythme.

    La forme poétique se prête alors de façon naturelle aux interrogations que soulèvent Chômage monstre.

  • Orientées vers la notion d'identité, de façon à apporter des réponses aux questions d'appartenance.
    L'ouvrage est en couleur, abondamment illustré, et aborde les facettes de cette identité ; cinq parties :
    -les mots clés, comme Austérité, Bible ou Liberté de conscience -les principes et convictions, comme Divorce, Sacrements ou Laïcité -l'histoire et les institutions, comme L'Edit de Nantes, Dreyfus ou la Cimade -les lieux, comme l'Alsace, La Rochelle ou les Etats-Unis -les hommes, comme Calvin, Jean-Jacques Rousseau ou Abraham Lincoln..
    Le protestantisme étonne. confession chrétienne multiforme, il regroupe des individus souvent très engagés dans leur église et leur société, tout en ayant souvent du mal à parler de leurs spécificités, tant ils ont privilégié leurs actions, sans se préoccuper souvent de leur héritage, ou de leurs racines.
    Le questionnement identitaire actuel n'épargne pas cette communauté active mais relativement peu nombreuse ( 1200 000 en 2010) et dispersée, car une partie de sa place, ou de sa survie, dépend du regard que pose sur eux leurs contemporains, comme leurs enfants.

  • Les Chevals morts est une course. Une course verbale contre les erreurs, physique contre tout ce qui détourne et sépare de l'amour. C'est aussi un hymne à la folie d'être deux et une partition contre toutes les négligences.
    L' écriture d'Antoine Mouton, aussi haletante que sonnante, nous donne à entendre un récit qui trébuche et traque les dissonances du langage et de l'existence.

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