Corti

  • Rien pour demain, rien pour hier, tout pour aujourd'hui disaient les dadaïstes, devise qui est à l'image même de notre rapport moderne au temps, celui que la culture a édifié au long des bouleversements du monde, guerres, révolutions industrielles et sociales, découvertes et inventions - de l'astronomie à la photographie, de l'organisation du travail à la télévision. Ce livre dessine en la suggérant l'évolution de la manière dont nous pensons le cours des choses au travers de récits articulés les uns aux autres mêlant figures réelles et de fiction, où se croisent l'astronome John Herschel, une grève chez Renault, une vendeuse de nouveautés, un poète mort dans les tranchées, le Capitaine Crochet, une New-yorkaise des années 50, la dernière Impératrice de Chine, l'histoire de la photographie, Marinetti ou Claude Monet. Un parcours qui va des cycles toujours recommencés du monde, giration des astres, ronde de la vie humaine, à une vision unidirectionnelle dont l'accélération constante nous a mené au visage du temps que nous connaissons aujourd'hui, celui d'un jour permanent de l'événement et d'une suprématie inédite de l'instant.
    Non pas suite, mais volet symétrique du Monde horizontal, Rien pour demain en reprend et prolonge la trame narrative faite de fragments et d'associations, enchaînement de textes et d'intertextes au service d'un sens qui nous parle de l'évolution de notre rapport au monde et auquel c'est le récepteur qui donne sa signification.

  • Ce texte, qui mêle fiction et faits réels, entrelace petites et grandes destinées prises dans les mouvements invisibles du monde. S'y croisent un préhistorien amateur, des ogres, des mineurs rescapés, des figures bibliques, August Sander et Christophe Colomb, Léonard de Vinci, un lettré, une jeune émigrante, un chauffeur de bus, des essais nucléaires, Jackson Pollock ou Diane Arbus.
    Fonctionnant par fragments et associations, Le Monde horizontal dessine en la suggérant l'évolution de notre rapport au monde, de la verticalité des astres et des dieux du début des temps à l'horizontalité indéfiniment répétée de la civilisation qui nous entoure. Au bout de ce parcours, dont le lecteur est aussi le traducteur, reste la figure de l'homme, sa place dans le monde, les multiples visages de sa détresse.
    Au fond il s'agit d'une chronique au sens qu'en donne Walter Benjamin : une narration faite d'une superposition de couches minces et transparentes, qui se passe d'explication, et à laquelle le récepteur donne sa signification.

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