Langue française

  • « C´est en tant que morts en sursis que nous existons désormais. » Infatigable pourfendeur de la bombe atomique, Günther Anders (1902-1992) qui préférait au titre de philosophe celui de « semeur de panique », a fait des catastrophes de son siècle le point de départ de ses réflexions. Il a analysé le décalage périlleux, provoqué par la société industrielle, entre nos compétences techniques et nos facultés d´imagination. Alors que la technique rend infinie notre capacité de nuisance, notre aptitude à appréhender les conséquences de nos actes s´amoindrit ostensiblement. En soulignant le caractère visionnaire de son oeuvre, Florent Bussy nous rappelle que la peur est un instrument de lucidité et d´adaptation au présent face à l´imminence de catastrophes planétaires.

  • Depuis les années 1930 jusqu'à nos jours, la société de consommation et son mythe de l'abondance se sont imposés partout dans le monde. À travers trois symboles de ce phénomène - les parcs d'attractions, les centres commerciaux et les sites de commerce en ligne -, Florent Bussy analyse la déconnexion entre multiplication exponentielle des marchandises et limites des ressources de la planète, entre offre et besoins, jouissance et satiété. Alors que le monde est au bord du naufrage écologique, cette folie consumériste rappelle la cécité de l'orchestre qui continuait à jouer alors que le Titanic s'apprêtait à sombrer.

  • Bien avant d'autres, William Morris, auteur des Nouvelles de nulle part (1890), est parti en guerre contre la civilisation moderne et le capitalisme, sources d'inégalités, d'anéantissement de la noblesse et de la créativité du travail artisanal, de la beauté des objets du quotidien, des milieux urbains et de la nature. Morris incrimine la culture de l'« ersatz », la production au moindre coût, qui est au coeur du capitalisme machiniste dès le XIXe siècle. Une vie sans beauté et sans créativité, dit-il, est une vie d'esclave. La majorité des ouvriers dans les usines y sont condamnés. Morris annonçait en outre le gaspillage provoqué par des productions de mauvaise qualité et le renouvellement constant et artificiel des besoins.
    William Morris a lutté toute sa vie contre cette civilisation inégalitaire et sans âme. D'abord du point de vue pratique, par son entreprise de fabrication d'objets utiles, solides et esthétiques - la William Morris and Co -, où il excellait lui-même dans la création de papiers peints, et qui fut à l'origine de l'Art nouveau. Ensuite comme conférencier de la Socialist League, en s'efforçant de gagner la « bataille culturelle » et de convaincre les ouvriers de lutter contre le capitalisme. Il apparaît comme un véritable précurseur de la décroissance, de la relocalisation de l'économie et de l'autonomie dans le travail. Son oeuvre montre, plusieurs décennies avant l'apparition de la société de consommation et la prise de conscience écologique, les impasses dans lesquelles nous sommes entraînés par le capitalisme... et les moyens d'en sortir.

  • Le pont

    Florent Bussy

    Gênes, Italie, 14 août 2018, un pont autoroutier s'écroule, entraînant dans sa chute des dizaines d'automobiles et faisant 43 morts, traumatisant une ville et choquant toute l'Italie et l'Europe. Comment cela at-il pu arriver ? L'auteur donne une existence aux acteurs de cette catastrophe qui doit être inscrite au registre de la tragédie antique.

    Quelques années seulement séparent la construction du pont de Gênes (1967) du célèbre film Main basse sur la ville (Francesco Rosi, 1961) qui pose la question des responsabilités des acteurs politiques et économiques de l'époque. Pouvait-on prévoir l'effondrement du pont cinquante ans plus tard ? Y aura-t-il un après-Gênes ? S'agit-il d'un effondrement qui en annonce d'autres ?

  • Comment le totalitarisme se distingue-t-il d'autres régimes marqués par la violence politique, tels les régimes despotiques, tyranniques ou autoritaires ? Existe-t-il une logique propre, ou des fondements propres, au totalitarisme ? Le totalitarisme est un événement inscrit dans l'histoire, par conséquent, son analyse relève le plus souvent d'études historiques ou politologiques, négligeant toutefois les principes qui l'animent. Tel n'est pas le cas de Florent Bussy qui propose - au moyen de la philosophie politique - une définition rigoureuse du phénomène totalitaire, permettant de montrer à la fois sa spécificité et son ancrage dans la modernité. Plus encore, si le totalitarisme est une pathologie de la démocratie, comme le conclut l'auteur, son analyse est aussi une interrogation à rebours sur les principes démocratiques.
    Avec des textes de Hannah Arendt et de George Orwell.

  • Les élections présidentielles de 2017 ont connu une fois de plus la victoire du « vote utile ». Depuis au moins 2002, ce vote domine largement les élections nationales. En réalité, le vote utile contribue à la domination sans partage du libéralisme, qui ne satisfait pas l'électorat et crée amertume et désillusion. Il convient donc de conduire la critique générale de la manière souterraine par laquelle s'est imposé un vote qui n'est pas conforme à ce qu'on peut espérer de la démocratie. C'est sur cette dernière qu'il faudra faire porter ensuite notre réflexion pour mettre en évidence les conditions possibles d'un renouveau démocratique, qui soit capable de répondre au désarroi et au désinvestissement politique des populations. Il en va en effet de l'avenir de notre société, qui est secouée par des crises multiples (économique, migratoire, écologique, etc.), dont celle de la politique n'est pas la moindre, à une époque où le fascisme renaît en Europe, en réponse à la violence sociale des réformes libérales, véritables destructions des protections collectives. Tout n'est pas perdu, parce qu'il existe en France comme ailleurs une aspiration démocratique forte, c'est-à-dire la volonté d'être acteur de son histoire et d'échapper au destin tracé d'avance que nous promettent les libéraux - la concurrence effrénée, les inégalités galopantes, la misère de masse au nom d'une conception dévoyée de la modernité et de la liberté.

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    1 autre édition :

  • Interrogeons-nous sur ce qui nous fait : la vie, la nature, la société, la réalité, le passé et tentons de devenir maîtres de notre destin pour que le XXI e siècle soit celui de l'avènement d'Homo ecologicus.
    Dans ce livre, l'auteur interroge ce qui nous fait : la vie, la nature, la société, la réalité, le passé. Et montre que les crises majeures qui nous menacent trouvent leur source dans les fantasmes qui nous dominent. Notre tâche est de nous penser nous-mêmes et de devenir les maîtres de notre destin. Le XXI e siècle peut-il être celui de l'avènement d'Homo ecologicus ? Quelles en sont les conditions et les obstacles ? Dans l'Antiquité, les Grecs parlaient d'hubris (démesure) pour condamner les aspirations à échapper aux limites de la condition humaine.
    L'homme devait, tout en ayant les dieux pour modèles, accepter sa condition imparfaite de mortel. Au contraire, la modernité postule que la nature se réduit à une matière première, dont la science doit permettre connaissance et la technique la maîtrise.
    Avec le libéralisme, la société doit relier de manière contractuelle des individus autonomes, sauf à empiéter sur leurs libertés. Les modernes que nous sommes sont animés par la croyance et l'espérance que rien n'est fixe et que notre action et notre puissance n'ont pas de limites. Pourtant, nous ne nous faisons pas nous-mêmes. La réalité dans laquelle nous vivons nous conditionne et nous limite, sans que cela implique la soumission à un ordre naturel et social immuable.
    Solitude et toute-puissance relèvent du fantasme, alors que le désir de liberté est ce qui nous caractérise de la manière la plus profonde et constitue un acquis majeur de la modernité. Quelles en sont les conditions et quels en sont les obstacles ? Dans une langue très accessible, cette philosophie de l'homme à l'époque de la crise écologique tente de présenter des pistes pour une réconciliation de l'humanité avec elle-même.

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  • L'utopie a accompagné la modernité. Elle présente un idéal collectif ; non pas toujours, comme on lui reproche souvent, à la manière d'un monde parfait, clos sur lui-même et inaccessible, mais comme un ensemble de principes ou de pratiques désirables, permettant de faire un pas de côté par rapport à la réalité et de se libérer, au moins partiellement et provisoirement, de ses insuffisances. Elle a souvent été ambivalente, en faisant entrer la lumière et l'espérance dans l'obscurité politique, mais en contribuant aussi à produire de nouvelles ténèbres. Ses liens avec les régimes totalitaires et les expériences de radicalité demandent ainsi à être interrogés. C'est ce que propose de faire ce livre, animé de la certitude que l'utopie ne se réduit pas à l'essence qu'on souhaite fréquemment lui voir revêtir, à savoir un discours et des pratiques maximalistes et irréalistes, qui préparent les voies de la terreur et des lendemains qui déchantent. Avec la volonté du libéralisme de se constituer comme réalité totale, l'utopie est plus que jamais nécessaire, en instaurant un écart entre l'existant et l'idéal. En s'appuyant à la fois sur les textes et les pratiques, ce livre montre que l'utopie constitue un lien que les hommes peuvent nouer, par l'espérance et la lutte, pour dépasser les désillusions du réel et ne pas s'accommoder du monde comme il va, mais le rendre plus humain.

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  • Alternatives Nouv.

    Alternatives

    Florent Bussy

    • Utopia
    • 14 Mai 2021
  • Nous sommes tous des « hommautos ». En l'utilisant tous les jours, en y passant des heures, la voiture est devenue un objet auquel on ne réfléchit plus, un objet tellement commun qu'il semble qu'il n'y ait rien à en dire. Elle fait partie de notre vie, l'envahit, la hante. Nous en respirons les gaz d'échappement, en expérimentons les risques, en espérons des plaisirs. Seuls ou accompagnés, nous y réfléchissons, y rêvassons, y écoutons les informations. ou nous nous transformons en conducteurs irascibles. Le propos n'est pas de porter un jugement moral sur l'automobile, ni seulement de dire qu'il est préférable de limiter son usage, de se déplacer à pied ou à vélo, même si cela nous fait redécouvrir des plaisirs oubliés : retrouver notre corps, sa temporalité, être à l'écoute de notre environnement naturel, urbain ou social. Il est ici question de suggérer un dialogue, afin de penser la voiture au lieu de la subir. En 41 petits récits, nous découvrons qu'elle n'est pas une question de choix personnel, mais un problème collectif, social. Sa place dans nos sociétés révèle en effet qu'elle est ritualisée avec une forte connotation symbolique. Cet ouvrage suscite une véritable prise de conscience et nous permet de poser un regard objectif sur la place de l'automobile dans notre société, et donc sur nous-mêmes.

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