Guillaume Carnino

  • Comment Louis Pasteur peut-il faire de la « science pure » tout en travaillant pour l'industrie ? Pourquoi invente-t-on un Galilée anticlérical sous le Second Empire ? Pourquoi l'Académie des sciences s'attribue-t-elle l'invention de la pisciculture, en réalité mise au point par deux modestes pêcheurs ? Comment la IIIe République réussit-elle à forger un nouveau consensus national et à stabiliser une société industrielle après un siècle de tourmente politique ?
    Aussi diverses soient-elles, ces questions ont partie liée avec l'émergence d'une force industrielle, philosophique et politique sans précédent : la science. Cette science, qui jadis était synonyme de savoir au sens générique du terme, recouvre désormais l'expérimentation et la mathématisation du réel, pour finalement désigner l'expression du vrai en toutes choses et investir l'intégralité du social. Parallèlement à la décision démocratique, la vérité scientifique devient peu à peu un mode de gouvernement des êtres et des choses à part entière, et marque l'avènement de la civilisation des experts. L'industrie, avec laquelle la science partage un schème fondateur - la reproductibilité -, trouve en elle le moteur à la fois matériel et idéologique de son progrès.
    Dans le sillage des intuitions de François Furet, Claude Nicolet ou Marcel Gauchet, l'ouvrage analyse le lien, si étroit en France, entre autorité de la science et idée républicaine.


  • " un petit garçon ne pleure pas ! " ; " une petite fille ne doit pas se salir ! " ; " oh, qu'il est costaud ! " ; " oh, qu'elle est mignonne ! " ; " c'est un séducteur, quel don juan ! " ; " c'est une séductrice, quelle salope ! ".
    souvent jugées innées, les différences entre hommes et femmes sont fabriquées par une société sexiste. en faisant un panorama des situations et domaines dans lesquels s'opère la construction sociale du masculin et du féminin (petite enfance, jeux, école, sexualité, famille, publicités, travail, etc. ), ce livre questionne les racines de la domination des hommes sur les femmes. il propose des pistes théoriques et militantes pour remettre radicalement en cause les fondements du sexisme et du patriarcat.


  • Alors que la révolution industrielle s'apprête à bouleverser tous les rapports sociaux, bris de machines, incendies et émeutes se multiplient dans les manufactures.
    Des artisans refusent de faire le deuil de leurs savoir-faire et de migrer vers les villes. Ils déclarent la guerre aux " machines préjudiciables à la communauté " qu'ils détruisent à coups de masse. Si les luddites anglais sont passés à la postérité, leurs homologues français briseurs de machines - " primitifs " selon les uns, " réactionnaires " selon les autres - ont été jetés aux oubliettes de l'histoire.
    Ce livre entend les réhabiliter et leur redonner une juste place dans une histoire du socialisme jalonnée de grandes batailles durant lesquelles ils se sont illustrés : de la Révolution française aux récentes résistances à la tyrannie technologique, en passant par les journées de juillet 1830, la révolution de 1848 ou encore les années 1980. Cette histoire méconnue du luddisme à la française nous révèle des mouvements souvent peu organisés et parfois spontanés, mais farouches défenseurs de l'égalité sociale et de la liberté quotidienne.
    Contrairement aux idées reçues, on arrête parfois le progrès...

  • L'histoire des techniques entre 1500 et 1800 est présentée dans une première partie par grandes zones géographiques (Europe, Afrique, Moyen-Orient, Asie, Amériques, Océanie, etc.), puis dans une seconde partie de façon thématique, afin d'insister sur les principales orientations de la recherche actuelle. Sont ainsi détaillés les liens entre les techniques et le pouvoir politique, l'agriculture, la religion, le genre, le corps, l'environnement, etc. L'objectif est de fournir un état de l'art tout en précisant les directions empruntées par la recherche en histoire moderne des techniques dans une perspective ouverte à l'échelle du monde, résolument comparatiste et soucieuse de regards croisés.

  • Dans Entwurf der algemeinen Technologie (1806), Johann Beckmann propose une science nouvelle, la technologie générale, qui classe les activités humaines par opérations. Maintes fois cité et jamais traduit, il fallait rendre disponible en français ce texte essentiel qui a ouvert la voie à une compréhension générale de l'action et à la philosophie des techniques. Tous ceux qui s'intéressent aux savoirs de l'action trouveront chez Beckmann la tentative la plus aboutie de formalisation du geste comme unité fondamentale de l'activité humaine.

    Avec le soutien des laboratoires ICT (EA 337), COSTECH (EA 2223), SPHERE (UMR 7219) et celui du Centre Alexandre-Koyré (UMR 8560).

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