Jules Chauvet

  • « Déguster c'est comparer, c'est donc, à la base connaître. Pour connaître il faut multiplier ses investigations en observant, en notant ses impressions.
    Mais il faut savoir aussi que nos sens sont imparfaits, et que pour les rendre fidèles, la volonté, l'attention sont indispensables. Le temps aidant, car l'expérience est fort longue, la dégustation réfléchie procure au dégustateur, s'il porte en lui l'amour du Beau, du Vrai et du Vin, la joie profonde de pénétrer dans ce domaine où la nature se plait à concentrer son génie.» Jules Chauvet

  • « Voici le texte intégral d'une interview en automne 1981 par Hans Ulrich Kesselring, viticulteur éclairé de la Suisse alémanique, qui avait fait, comme beaucoup d'autres, ses premières armes d'oenologue auprès de Jules Chauvet, à la Chapelle de Guinchay.
    Monsieur Kesserling eut la délicate attention de m'envoyer en 1990, c'est à dire un an après la disparition de mon frère, les cassettes de l'enregistrement dont j'ignorais l'existence et qui constituent pour une souvenir irremplaçable. Irremplaçable aussi bien par leur contenu, qui a en maints endroits l'accent d'une confession, que par la voix humaine qu'elles restituent. L'éditeur et moi avons voulu que le lecteur puisse véritablement « entendre » le dialogue, nous avons veillé à ce que rien ne vienne altérer la spontanéité de l'entretien, que le vécu soit écrasant...C'est pourquoi nous n'avons rien rentranché des hésitations, des répétitions, des phrases inachevées, des maladresses d'expression. » Lucien Chauvet

  • Jules Chauvet, pédagogue, animé d'une grande force de conviction, est considéré aujourd'hui comme le père du mouvement des vins naturels. Il prodiguait inlassablement ses conseils à ses viticulteurs proches. Il était aidé dans sa connaisance du vin par un sens olfactif hors du commun, qui lui a inspiré des « notes de dégustations » impérissables que nous présentons ici sous la forme de cartes postales.
    La Collection Jules Chauvet s'adresse à tous, techniciens et non techniciens. Elle reflète l'homme et son travail ; son approche analytique, esthétique, humaniste du vin. Jules Chauvet étant une référence à l'étranger.

  • «Déguster c'est comparer, c'est donc, à la base connaître.
    Pour connaître il faut multiplier ses investigations en observant, en notant ses impressions.
    Mais il faut savoir aussi que nos sens sont imparfaits, et que pour les rendre fi dèles, la volonté, l'attention sont indispensables.
    Le temps aidant, car l'expérience est fort longue, la dégustation réfléchie procure au dégustateur, s'il porte en lui l'amour du Beau, du Vrai et du Vin, la joie profonde de pénétrer dans ce domaine où la nature se plaît à concentrer son génie.» Jules Chauvet

  • Jules Chauvet, enfant du Beaujolais, a été le premier oenologue de fait à introduire dans notre région la recherche fondamentale associée à l'expérimentation. De formation scientifique (Laboratoire de chimie biologie de l'université de Lyon), il dut interrompre ses études en 1942 à la mort de son père pour reprendre l'affaire familiale de négoce de vins. Mais, de cette date jusqu'à sa mort en juin 1989, il mena de front ses deux activités, son exploitation et la recherche oenologique. Très vite ses études s'orientent sur les mécanismes et les lois qui régissent la dégustation des vins. Il devint le meilleur spécialiste au monde et ses travaux furent repris par de grands chercheurs dans le monde. Chauvet entreprit ensuite une étude sur les levures aromatiques il montra la spécificité de la vinification beaujolaise avec ses conséquences sur la typicité de celles-ci, par ailleurs il expérimenta la vinification en rouge par macération carbonique. La rencontre avec Monsieur Bréchot, du Laboratoire des fermentations à l'Institut Pasteur, qui participa à ses travaux depuis 1960, orienta une partie des recherches sur les fermentations alcoolique et malolactique. Nous citerons la première identification des levures d'un moût de beaujolais au cours de sa fermentation. Il faudrait également citer tous ses travaux sur les métabolismes de l'acide malique.

    Cet homme, d'une grande modestie, d'une rigueur scientifique exemplaire, passionné du vin, a consacré toute sa vie avec de faibles moyens à la recherche oenologique. Il a aussi formé à sa discipline les jeunes stagiaires qui ont participé à ses travaux ainsi que de nombreuses personnalités du monde du vin: scientifiques, oenologues, techniciens, restaurateurs. Pour les oenologues, il fut toujours un conseiller disponible, éclairé; sa compétence n'avait d'égale que son affabilité.

    Roland IRRMANN. Congrès national des oenologues, Macon, 16 juin 1990

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