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  • Depuis plus de quinze ans, la brochure Pour un municipalisme libertaire est l'un des textes les plus diffusés de l'Atelier de création libertaire. Pour nous, la raison en est simple ? : un certain nombre de libertaires - ainsi que des personnes s'intéressant à un engagement conséquent dans une politique du quotidien - trouvent dans les propos de Murray Bookchin des idées leur permettant d'avoir, non pas une réponse, mais quelques pistes pour bousculer les a priori.
    D'un côté, celui qui déclare la démocratie morte ou, pour le moins, très ankylosée, et, de l'autre, celui qui affirme n'y avoir plus d'espace dans nos villes, dans nos quartiers, pour une politique libertaire du quotidien... Murray Bookchin (14 janvier 1921-30 juillet 2006), militant et essayiste américain, est considéré comme l'un des plus importants penseurs de la nouvelle gauche aux Etats-Unis. Fondateur du concept d'écologie sociale, il a influencé non seulement les milieux écologistes et libertaires nord-américains, mais aussi européens et dans d'autres régions du monde, comme les Kurdes de la région du Rojava en ce début de XXIe siècle.
    Postface de John P. Clark : "De la théorie à la pratique : des assemblées communales et autres institutions horizontales et démocratiques".

  • La domination qu'exercent les riches sur les pauvres, les hommes sur les femmes, les vieux sur les jeunes, se prolonge dans la domination que les sociétés fondées sur la hiérarchie exercent sur leur environnement. Et de même que ces relations de domination aliènent les personnes - c'est-à-dire détruisent ou réduisent leur potentialité humaine - , de même ces sociétés hiérarchiques détruisent la nature. Mener une politique écologique appelle donc une mutation des rapports politiques au sein de la société : « protéger la nature » suppose l'émancipation sociale.

  • Dans ce recueil de textes pionniers (1965-70) qui ont fait sa renommée, Murray Bookchin conjugue sa vision anarchiste et écologiste avec les possibilités prometteuses d'une société d'abondance. Une abondance envisagée non pas sous la forme d'un accès illimité à des biens de consommation pléthoriques, mais bien une par laquelle l'être humain a amplement les moyens de satisfaire ses besoins fondamentaux pour se consacrer à l'assouvissement de ses désirs réels.

    S'attelant à esquisser les contours d'une telle société, Bookchin appelle à dépasser l'économie politique marxiste, enracinée dans une ère de pénurie matérielle et soumise aux logiques de la rareté économique. Si les avancées technologiques du XXe siècle ont grandement accru la production, cela s'est fait au profit d'intérêts corporatifs et aux dépens des besoins humains et de la soutenabilité écologique. Et si l'émancipation pouvait jadis sembler passer par un certain productivisme sous l'égide de structures autoritaires, aujourd'hui les outils nécessaires à une auto-organisation de la société ont largement été développés et, combinés avec la perspective écologique, ils ont grandement modifié le paysage révolutionnaire. Les sociétés postindustrielles ont en effet le potentiel de se muer en des sociétés d'abondance favorisant l'accomplissement des potentialités sociales et culturelles latentes dans les écotechnologies. Avant-gardiste, Bookchin défendait en ce sens les énergies renouvelables et des institutions décentralisées.

    Lire Bookchin, c'est renouer avec une verve utopique rafraîchissante, qui rappelle avec force que d'autres voies sont envisageables pour le devenir de nos sociétés. "Au-delà de la rareté" est également une lecture incontournable pour comprendre les origines théoriques de l'écologie sociale, concept que cet intellectuel étatsunien a raffiné tout au long de sa vie de militant.

  • « De nos jours, la politique se résume à une course aux mandats électoraux, où des partis hiérarchisés et bureaucratiques se battent à grands coups de programmes de «justice sociale» ineptes qu'ils brandissent à chaque campagne pour capter un «électorat» quelconque. Une fois aux affaires, leurs programmes dégénèrent en autant de «compromis». À cet égard, la plupart des partis verts d'Europe n'ont été que marginalement différents des partis parlementaires traditionnels. Les partis socialistes, quels que soient les noms qu'ils se sont donnés, ne se sont pas non plus montrés bien différents de leurs adversaires capitalistes. Ainsi, la déprimante indifférence de l'opinion publique européenne et américaine - son caractère «apolitique» - est bien compréhensible : ne s'attendant pas à ce que leur bulletin ait beaucoup d'effet, les gens qui votent se tournent généralement vers les partis bien établis car, en tant que centres de pouvoir, ces derniers semblent en mesure de produire des semblants d'avancées dans des domaines concrets. Quitte à voter, raisonne-t-on, pourquoi gaspiller son bulletin pour une organisation marginale alors qu'elle présente toutes les caractéristiques des organisations d'envergure et que, si jamais elle rencontre le succès, elle finira elle aussi par se corrompre ? » Pendant plus de quarante ans, Murray Bookchin a imaginé une politique de gauche qui s'appuierait sur des assemblées populaires et répondrait ainsi aux aspirations démocratiques de la population. Son travail a influencé un large éventail de penseurs politiques et de mouvements sociaux.
    Avec un avant-propos de l'autrice des Dépossédés, Ursula K. Le Guin, La Révolution à venir rassemble pour la première fois les essais de Bookchin sur la liberté et la démocratie directe, offrant une vision politique audacieuse qui vient alimenter la discussion à un moment où la question du renouveau de la démocratie est de plus en plus débattue.

    À paraître
  • La civilisation industrielle est en train de détruire la Terre ; le nier, c'est subir la domination d'une idéologie dont l'ambition est d'annihiler le vivant ou de le réduire en esclavage. Ce recueil de textes porte sur le changement de stratégie et de tactiques qui doit se produire si nous voulons construire une résistance efficace. Il y est question d'interposer nos corps et nos existences entre le système industriel et toute vie sur la planète. Il y est question de contre-attaque.

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