Des personnages à la Raymond Carver, solitaires et fragiles, tendres et violents, repliés sur des secrets trop lourds pour eux et que la vie n'a pas précisément gâtés. Dans chacune des nouvelles de La Taille d'un ange, on sent que tout peut arriver, la violence surgir ou se métamorphoser. Dans cette précarité des sentiments, ce fil du rasoir des réactions humaines, rien n'est jamais joué. Et l'empathie profonde que ressent le lecteur confirme le talent si singulier de Patrice Juiff pour dépeindre les vies ordinaires, leur désarroi, le fil ténu et lumineux de leurs espoirs.
Depuis près de quatorze années, dont treize passées derrière les barreaux, Richard, ancienne star sportive, tente de comprendre ce qui l'a poussé à assassiner sa femme. Comment un type aussi banal que lui en est-il arrivé à commettre ce geste irréparable ?
À petits pas, Richard retrace les grandes étapes de son existence avant le drame. Son enfance sous la férule d'un père tyrannique. L'impuissance d'une mère soumise. Son adolescence vouée au sport et à la performance. Son mariage et la naissance de ses enfants. Sa mise à la retraite. Et le début de sa lente dégringolade, jusqu'au point de non-retour.
Sans réellement trouver de réponses satisfaisantes à ses questions, Richard va tenter de se reconstruire, de devenir un nouvel homme.
Une histoire d'amour et de deuil, et une plongée dans les affres de la célébrité.
Un matin, le père de Rémi meurt. Rémi est un garçon particulier. Il n'a pas tout à fait dix-huit ans ni toute sa tête. Une partie de ses neurones « ont été cramés par la fièvre quand il était petit ». Il a vécu dans une institution "pour gogols", juste le temps de rencontrer Emilie, une triso, la fille de ses pensées et de son coeur, avant que son père ne le ramène chez lui.
A la mort de son père, Rémi ne veut pas retourner chez les fous, ni vivre avec sa mère, laque"e s'est mise avec « Franck le connard. » Il préfère appeler Mamy, laque"e l'envoie dans la maison de Jo, le jardinier de sa maison de retraite. A l'issue de la crémation de son père, Rémi dérobe l'urne qui contient les cendres, et kidnappe Emilie. Mamy accepte de les emmener en voyage, pendant une petite semaine, au bord de la mer, là où Papa et Maman ont été heureux, pour disperser les cendres. Jours de bonheur, malgré la crainte d'être reconnus et arrêtés pour enlèvement, où Rémi se sent devenir un homme, couchant avec Emilie pour la première fois, ressentant l'amour de son père en dispersant ses cendres dans la mer.
Rémi est alors loin d'imaginer, tout comme le lecteur, que ses aventures sont loin d'être finies ...
Dans ce roman au style touchant, à la fois naïf et très drôle, Patrice Juiff nous entraîne dans un road movie sentimental, une quête humaine où les coeurs battent souvent la chamade. Une magnifique ode à la vie, loin de la normalité à la mode, où la beauté n'est pas toujours là où l'on croit. Un texte qui, par sa tonalité douce-amer, peut évoquer par moments Anna Gavalda et Mark Haddon (le Bizarre incident du chien pendant la nuit.)