Sedef Ecer

  • Hülya a quitté Istanbul à 16 ans et s'est installée à Paris. Elle s'est inventée peu à peu une vie ordinaire et a coupé tout lien avec sa mère : une actrice adulée, le « Trésor national » du cinéma turc. Le putsch raté de juillet 2016 l'oblige à se souvenir : d'une enfance passée sur les plateaux, de la diva flamboyante qu'était sa mère, de la disparition de son père, de cette Turquie laïque qui n'est plus, ces années d'insouciance fracassées par trois coups d'Etat.
    Malgré les années passées, l'absence, sa mère n'a pas changé : elle continue à vivre dans son rêve, pour ses rôles, pour sa gloire.
    Elle prépare le dernier spectacle de sa vie : son enterrement somptueux au Théâtre de la ville d'Istanbul. Elle charge sa fille d'écrire un discours. Hülya hésite puis se décide : elle écrira l'histoire de cette mère qui l'a si peu été, cette femme soleil et démon. Elle cherchera la vérité.
    Un premier texte d'une force romanesque inouïe qui mêle l'histoire turque, une passion amoureuse bouleversante et un hommage à la fiction, au cinéma.

  • Lady First : Dans un pays imaginaire situé dans l'ancienne Mésopotamie, alors qu'une résistance s'organise dans les rues, on attend le discours du président qui reste introuvable : on se contente donc de la First Lady. Mais la situation se dégrade et elle ne songe plus qu'à partir en sauvant ses richesses. Autour d'elle ne restent que ses fidèles conseillers et une jeune journaliste.

    E-passeur.com : Dans un futur pas très loin, la totalité des richesses est répartie sur 1 % de la population. Les 99 % restants sont devenus des réfugiés qui errent en fonction des conflits et des catastrophes écologiques. Il ne reste plus d'États, plus que des frontières. Les objets connectés ont pris la place des humains. L'extinction de l'espèce humaine est prévue d'ici trois générations.

  • Dilcha et Bilo ont quitté leur campagne pour s'installer sur la colline des anges et des djinns, près de la grande ville. Empoisonné par les rejets de l'usine toute proche, le quartier se transforme peu à peu en bidonville. Vingt ans plus tard, au pied d'une nouvelle usine tout aussi toxique, Tamar et Azad sont bercés de rêves par la « Sultane du périph », icône d'une télévision populiste. Dans leur quartier menacé de destruction à tout instant, les deux jeunes s'accrochent à l'espoir de partir à leur tour. Et partent.
    Sedef Ecer écrit l'exil, l'identité déracinée. Histoires, temps, espaces parallèles, À la périphérie fait alterner action et récit pour livrer une parole nue, chargée d'émotion et d'humour.
    « La beauté de la pièce tient à cette détermination naïve qui pousse les deux jeunes gens à préserver l'espoir malgré la dureté de l'épreuve. La violence n'est pas évacuée et la dénonciation est sans ambiguïté. Mais les personnages conservent une sorte de distance fataliste, et l'utilisation de la métaphore éloigne la pièce d'un réalisme sordide pour lui insuffler la grâce d'un conte oriental. » Gilles Boulan.

    À la périphérie a obtenu le Prix d'écriture théâtrale de Guérande en 2011.

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  • Ruptures

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    • Lansman
    • 30 Octobre 2020

    Eparpillés dans l'espace mais pourtant étrangement reliés, six couples se retrouvent, le temps d'une journée, à l'endroit de la rupture. Comme poussés par un vent de folie, mais animés par une grande lucidité, ils vont remettre en question leurs visions du monde. En contrepoint, un mystérieux treizième personnage, sorti de nulle part, tend à prouver que le pire n'est pas toujours certain. A travers l'exploration des ressorts des relations intimes, cette pièce creuse la sempiternelle question du devenir collectif et de l'engagement personnel face à la déroute du monde. Ça commence et ça se termine comme une comédie musicale hollywoodienne. Mais entre les deux, le destin des douze personnages bascule.

  • Dans la multitude de clichés qui jalonnent le paysage des relations entre la Turquie et le monde francophone, l'un d'entre eux au moins croise l'univers du théâtre, le lieu pour y voir : le nazar boncugu, que l'on accroche un peu partout, et qui protège du mauvais oeil et des flatteries. Le bazar, c'est ainsi donc que certains francophones appellent parfois le théâtre, au moins dans le sens où nous l'entendons : un lieu d'échanges et de foisonnement, où des artistes portent un regard sur le monde qui les environne. Il en va donc ainsi du théâtre turc. Un théâtre qui n'a pas renoncé à sa tradition, celle du théâtre d'ombres, du conte ou du théâtre en rond. Un théâtre riche de nombreuses saveurs, arménienne, juive, kurde, chypriote, balkanique, et française, bien entendu. Un théâtre moderne, récent et donc neuf, parfois d'introspection individuelle, mais bien plus souvent en lien tout à fait étroit avec les luttes sociales et politiques qui ont construit la Turquie d'aujourd'hui.

    Dominique Dolmieu, metteur en scène et directeur artistique de la Maison d'Europe et d'Orient, a codirigé de précédents ouvrages anthologiques sur les Balkans et le Caucase, et a participé à différents projets sur les dramaturgies européennes, sous la direction de Michel Corvin, ou en partenariat avec la Maison Antoine-Vitez et la Convention théâtrale européenne.
    Zeynep Su Kasapoglu est metteuse en scène et actrice ; elle rédige actuellement une thèse de doctorat intitulée « Le croisement des cultures à travers le théâtre populaire turc », sous la direction de Georges Banu.
    Sedef Ecer pratique plusieurs formes d'écriture. Journaliste, romancière, traductrice, scénariste et auteure dramatique, elle écrit en français et en turc. Comédienne et metteuse en scène enfin, elle a grandi sur les plateaux de théâtre et de cinéma et continue de travailler en France et en Turquie.

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