Aedon

  • Autobiographie de Little Nemo

    Pierre Pigot

    • Aedon
    • 17 Novembre 2020

    Il y a longtemps que Little Nemo in Slumberland occupe, en ouverture de toute histoire de la bande dessinée qui se respecte, la place de chef-d´oeuvre des incunables du neuvième art. Car c´est bien de cela qu´il s´agit, lorsqu´on feuillette n´importe quelle anthologie de Little Nemo, même avec son format papier journal réduit de moitié : le choc, les retrouvailles, l´éblouissement, d´une pure splendeur graphique. La lanterne magique de Little Nemo agit sur deux tableaux : elle emprunte aux fêtes foraines les miroirs déformants, les décors improbables, les frissons captivants de l´illusion à laquelle on se laisse prendre.

  • Créée par les Anglais Alan Moore et Dave Gibbons au mitan des années 1980, WATCHMEN est un jalon dans l'Histoire des super-héros. De par ses complexités narratives, la cruauté qui hante ses pages ou son jeu permanent avec le genre super-héroïque, WATCHMEN a parfois pu occulter d'autres chefs-d'oeuvre. Cette croyance nous oblige à reformuler la question :
    Qu'est-ce qui fait que WATCHMEN, plutôt que d'être la meilleure histoire de super-héros de tous les temps, est une remise à zéro des compteurs de la discipline et donne le la pour tous les romans graphiques qui suivront ? Afin de donner réponse à cette interrogation, Aurélien Lemant se demande ce qu'est une bande dessinée, à quoi peuvent servir les super-héros des deux côtés de la page imprimée, ce que ferait bien Dieu s'il débarquait sur cette Terre, et quel rôle politique le lecteur doit-il jouer en plein coeur de tout ça ?

  • Ce livre est consacré à Fable de Venise, le septième album de la série Corto Maltese, imaginé par Hugo Pratt en 1977. Pourquoi ce récit et pas un autre ? Pourquoi pas l'emblématique La Ballade de la Mer Salée ? À vrai dire, chaque histoire mériterait une étude approfondie, tant l'oeuvre de Pratt est riche et passionnante. Or, Fable de Venise en est comme le concentré.

    Le récit d'aventures y laisse encore plus de place qu'auparavant à la rêverie et à la poésie, s'immergeant dans une Venise onirique et ésotérique, habitée par les signes et traversée par les énigmes. Miroir tendu vers l'intimité de Pratt (qui y passa son enfance), La Sérénissime apparaît non seulement comme le lieu de l'illusion et des faux-semblants, mais fonctionne également comme un révélateur de notre Histoire collective. Pour la comprendre, il faut tenter de lire entre les cases.

  • Inventé en 1940, Robin n'a cessé d'illuminer, depuis sa création, les aventures du sombre Batman et, plus largement, du « genre super-héroïque ». Alors qu'il fête cette année ses 80 ans d'existence, il est temps de se pencher sur cette grande figure de l'éternelle jeunesse qui, au fil de son évolution, a présenté différents visages de l'enfance, tout à la fois jeune sidekick en proie à la peur de l'abandon ou adolescent en pleine rébellion.
    Ce présent ouvrage se dédie donc tout spécialement à son parcours dans les comics, ainsi qu'à celui de ses compères qui permirent aux jeunes lecteurs d'épauler symboliquement leurs héros de prédilection. Sous leur regard, c'est tout un portrait en creux qui est esquissé :
    Celui de justiciers aux multiples facettes, tout à la fois mentors, amis et grands enfants euxmêmes.
    Car, loin d'être de simples faire-valoir, Robin, et consorts sont la preuve indéniable de cette part enfantine que les super-héros continuent d'entretenir en eux. Et en nous.

  • Rendu célèbre grâce à La Dolce Vita, film le plus mondialement connu dans lequel il ait jamais joué, Marcello Mastroianni est devenu aux yeux du monde entier l'incarnation du latin lover.
    Cette identification abusive de l'acteur à l'archétype du séducteur italien élégant et nonchalant ne laisse pas d'étonner au regard du reste de sa filmographie, qui s'emploie à mettre en pièces cette image de latin lover mise au jour par le film de Fellini, que ce soit sur le mode dramatique (Le Bel Antonio, La Notte) ou dans la pure tradition de la comédie de moeurs à l'italienne (Divorce à l'italienne, Hier, aujourd'hui et demain). De l'immédiat après Dolce vita aux rôles de la fin de carrière, les réalisateurs, d'Antonioni à Mikhalkov en passant par De Sica et Fellini lui-même, ne cesseront de proposer à Mastroianni des rôles de mâle mis en déroute par les femmes, de séducteur veule, d'impuissant, qui parodient le mythe du latin lover et signent l'érosion de la masculinité italienne de l'après-guerre.
    Cette démystification permanente à laquelle se prêtera avec malice l'acteur, quitte à s'enlaidir le plus possible, donne à sa filmographie des airs de miroir déformant. Qui dit miroir déformant dit aussi jeux de miroirs. La filmographie de Mastroianni est truffée de clins d'oeils plus ou moins explicites aux rôles du passé, et ce notamment à la fin de sa carrière. Tout en s'attachant à cerner la persona de Marcello et ce qui fait la quintessence du jeu de cette icône que son éthique de la légèreté et de la distanciation ont rendus irrésistible, Marcello Mastroianni, le latin lover au miroir déformant de sa filmographie s'emploie à explorer une filmographie ludique, foisonnante mais cohérente de mâle mis à mal, cachée derrière l'écran de fumée de la cigarette du latin lover.

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  • On ne compte plus les scènes d'anthologie au cinéma qui sont des courses-poursuites. Depuis le muet, elles constituent le clou du spectacle dans un film, propre à déclencher des avalanches de rires et des frissons en cascade. Art des images en mouvement, le cinéma est destiné à retranscrire l'intensité des gestes et la trajectoire des corps. Inscrit dans le temps, travaillé par l'idée du rythme, il a vocation à saisir la vitesse, ses phases d'accélération et de décélération.
    Mais pas seulement. Les courses-poursuites fascinent parce qu'elles racontent quelque chose de plus. Ce livre tente d'en faire le récit. A l'écran, ce ne sont plus seulement les êtres ou les véhicules qui sont poussés au-delà de leurs capacités, mais aussi les images et ce qu'elles reflètent de notre condition. En ne cessant de dépasser les limites, les courses-poursuites nous plongent dans le grand bain révélateur de notre réalité.
    Elles nous dévoilent le monde en le traversant à toute allure. Et tracent ainsi un itinéraire possible du cinéma, de notre histoire et de nos existences.

  • « Pourquoi me paraît-il nécessaire de faire la différence entre néo-noir érotique et thriller érotique ? Ou plutôt, comment en suis-je arriver à penser qu'il est nécessaire de définir à partir de critères drastiques le thriller érotique ? Tout simplement car si on se passe de cette rigueur, il est impossible de dégager le thriller érotique du néo-noir et du mélodrame et donc d'appréhender son impact socio-culturel et son historicité. Delphine Letort écrit, toujours dans l'article mentionné plus haut, que le thriller érotique, avec ses références aux films noirs des années 40 qui sont «placés sous les signes du pastiche de style», «ne plaide pas en faveur d'une culture innovante dans la mesure où les conventions du film noir sont réinvesties sans êtres considérées.» Cette affirmation émet un jugement de valeur sur le thriller érotique qui serait une sorte de sous-genre sans véritable valeur intrinsèque, une pâle copie du film noir auquel il n'arrive pas à la hauteur et, surtout, qui serait en comparaison symboliquement et culturellement moins intéressant. Les critiques, journalistes et universitaires semblent avoir trouvé jusque dans le film d'horreur, le slasher ou même la rom-com un intérêt, mais très peu au thriller érotique qui reste une sorte de vilain petit canard, de péché coupable des années 80 et 90 sur lequel on ne se penche pas en partant du présupposé qu'il n'y a pas grand chose à en tirer. »

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  • Edgard p. jacobs Nouv.

  • John mctiernan - cinema total Nouv.

    John mctiernan - cinema total

    • Aedon
    • 11 Mars 2021
    À paraître
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