Galaade

  • Le problème Spinoza

    Irvin D. Yalom

    • Galaade
    • 1 Avril 2012

    Amsterdam, 1656. Spinoza s'apprête à révolutionner le monde et à en payer le prix. Mais qui était donc ce philosophe excommunié par la communauté juive d'Amsterdam et banni de sa propre famille ?
    1940. Rosenberg confisque les archives du musée Spinoza et note dans son rapport : " pour l'examen du "problème Spinoza" ". Quelle fascination Spinoza exerce-t-il, trois siècles plus tard, sur l'officiel nazi Rosenberg ? Pourquoi ce dernier confisque-t-il la bibliothèque de Spinoza ? L'oeuvre du philosophe juif met-elle en péril les convictions antisémites de l'idéologue nazi ?

  • Et Nietzsche a pleuré

    Irvin D. Yalom

    • Galaade
    • 4 Février 2010

    Du simple abécédaire au marquage du trousseau, de la broderie blanche qui sublime coiffes et jupons aux exceptionnelles broderies embouties, les armoires de Provence témoignent de la grande variété des points de broderie utilisés pour embellir le quotidien et sublimer les vêtements.
    Louvrage présente un large éventail de ces travaux daiguilles qui témoignent dun savoir-faire sans reproche et vous invite à une redécouverte, pas à pas, des points qui ont personnalisé le patrimoine du textile provençal.
    Marquage du trousseau, broderie blanche, point de croix, broderie au tambour, sur tulle, au boutis, piqûres de Marseille,autant de techniques mises en application sur des châles dArlésienne, abat-jour, bavoir de naissance, linge de maison, coussinière


  • " Les sermons sur la vie et sur la mort, Julius les connaissait aussi bien que n'importe qui. Il était d'accord avec les stoïciens, pour qui "dès notre naissance, nous commençons à mourir", et avec Épicure, qui disait : "La mort n'est rien pour nous, car, quand nous sommes, la mort n'est pas là et, quand la mort est là, nous ne sommes plus.".
    Bien qu'il ait susurré ces mêmes paroles de consolation aux oreilles de mourants, jamais il n'avait envisagé qu'elles pussent le concerner lui. " Quand Julius Hertzfeld, célèbre psychothérapeute de San Francisco, apprend qu'il n'en a plus que pour quelques mois à vivre, que fait-il ? Il contacte l'un de ses anciens patients, l'arrogant Philip Slate, accro au sexe, grand échec de sa carrière, devenu depuis psychothérapeute. Au centre de cette relation : Schopenhauer.
    Cette plongée dans l'univers de la thérapie de groupe, menée de main de maître par Irvin Yalom nous fait voyager dans le temps, dans l'espace, mais surtout au plus profond de l'âme humaine.

  • Le jardin d'Epicure

    Irvin D. Yalom

    • Galaade
    • 1 Avril 2011

    " Deviens qui tu es. " " Je me souviens qu'à la fin de la séance vous ne vouliez pas lâcher ma main quand j'ai essayé de déguerpir de votre cabinet. Je vais vous dire une chose, je vous suis reconnaissante de ne pas avoir lancé d'ultimatum. Je vous aurais quitté. " Quand Amelia, SDF accro à l'héroïne et prostituée, choisit d'entamer une nouvelle et rencontre le docteur Yalom, qu'arrive-t-il ?

    À travers Amelia, James, Mark ou Alice, de récits en analyses mémorables, Irvin Yalom dévoile à chacun de nous comment affronter les défis d'une vie tout en savourant ce que chaque instant a de précieux. Alliant une fois encore l'art du conteur à celui du médecin, Irvin Yalom, auteur de best-sellers tels que Le Bourreau de l'amour ou Et Nietzsche a pleuré, nous offre un texte d'une grande générosité et d'une rare ferveur.

    Dans la lignée du Bourreau de l'amour, La Malédiction du chat hongrois ou Dans le secret des miroirs, Le Jardin d'Épicure est le fruit de toute une vie passée à explorer l'existence humaine.

  • Dans l'histoire de l'humanité, l'homme s'est toujours battu pour sa liberté.
    Pourtant, la liberté fait peur. Elle nous rend responsables de notre projet de vie, de nos choix et de nos actes. II arrive qu'alors nous ayons l'impression que le sol se dérobe sous nos pieds. Et, si nous devons mourir, si nous constituons notre propre monde, si chacun de nous est seul dans un univers indifférent, quel sens a la vie ? pourquoi vivons-nous ? comment vivre? La mort, la liberté, la solitude ou l'absence de sens sont autant d'enjeux auxquels chacun de nous s'est confronté un jour.
    Dans cet essai, Irvin Yalom convie Freud ou Spinoza, Tolsto , Sartre ou Camus, pour nous aider, entre philosophie, littérature et psychothérapie, à penser ces questions qui se trouvent au coeur de notre existence. Irvin Yalom, l'auteur du Bourreau de l'amour et d'Et Nietzsche a pleuré, nous livre ainsi ses secrets : ces " petits plus " qui constituent les ingrédients essentiels d'une thérapie réussie et qui changent tout.
    Thérapie existentielle ou apprendre à vivre.

  • Créatures d'un jour

    Irvin D. Yalom

    • Galaade
    • 1 Avril 2015

    Livre d'amour et de transmission traversé par des personnages inoubliables, Créatures d'un jour interroge, dans la lignée du Bourreau de l'amour ou d'Et Nietzsche a pleuré, ce qui reste à la fin d'une vie et explore les liens qui unissent celui qui souffre et celui qui le soigne.
    Février 2015 : Parution du Jardin d'Épicure au Livre de Poche (deuxième et troisième de couverture dédiées à la nouveauté Galaade et à la sortie du film La Thérapie du Bonheur) Salon du livre de Paris : marque-page Galaade / La Thérapie du Bonheur / Livre de Poche affiche du film La Thérapie du Bonheur disponible 20 mai 2015 : sortie en salles de Irvin Yalom. La Thérapie du Bonheur (Sophie Dulac Distribution : 100 copies / France ; 10 copies / Paris).

  • Avec La Malédiction du chat hongrois. Contes de psychothérapie, Irvin Yalom convoque une nouvelle fois tous ses talents de conteur pour explorer l'âme humaine, le lien entre patient et thérapeute et s'interroger sur le sens de la vie.
    La Malédiction du chat hongrois, c'est d'abord une galerie de portraits de femmes, auprès de qui le thérapeute a choisi de faire ce " voyage " thérapeutique.
    Six patients inoubliables, tels que Paula, la " courtisane de la mort " qui se bat contre le cancer, Irène, le talentueux chirurgien qui apprend à sortir sa colère, Magnolia, qui donne à Irvin Yalom le désir d'épancher ses propres tourments contre son ample poitrine, ou encore Momma, mère dominatrice et gardienne de l'inconscient du thérapeute. Six récits de la réalité à la fiction - et Irvin Yalom de laisser la place, dans la fin du livre, au Dr Lash de Mensonges sur le divan.
    La Malédiction du chat hongrois, c'est aussi l'occasion pour Irvin Yalom - qui n'a jamais eu peur, pour le meilleur et pour le pire, de s'impliquer auprès de ses patients - de se révéler comme jamais. Jusqu'au dernier chapitre, qui donne son titre à ce livre, et que Stephen King n'aurait pas renié, où l'on comprend pleinement que, si l'auteur aime qu'on lui raconte des histoires, comme il le dit souvent, il sait aussi les raconter, démontrant ses qualités de pédagogue, de médecin et d'écrivain.

  • Encore

    Hakan Günday

    • Galaade
    • 1 Août 2015

    Gazâ, neuf ans, vit avec Ahad, son père, sur les bords de la mer Égée. Ahad gagne sa vie en transportant des clandestins entre l'Est de la Turquie et la Grèce. En attendant qu'ils soient acheminés par bateau, il les parque chez lui, dans une cave : le « dépôt ». Et c'est Gazâ qui est chargé de s'en occuper. Gazâ grandit dans cet univers brutal. Il devient le tortionnaire des migrants du « dépôt », qui se transforme pour lui en un véritable terrain d'observation des dynamiques de domination. Mais cela, c'est avant qu'il ne soit rattrapé par le trauma, avant le sulfate de morphine. Avec Encore , on retrouve l'immense talent de conteur et l'insolence de ton au vitriol qu'Hakan Günday a révélé dans D'un extrême l'autre .

  • « Madame bailla longuement. On eût dit qu'elle était là depuis des siècles, assise sur ce fauteuil. Comme si c'était là son territoire. (Mieux encore, c'était son antre. Elle se protégeait avec cet endroit. Lui seul lui permettait de trouver une place dans la vie) Elle y avait passé toutes ses longues années. (Elle avait lavé sa jeunesse et peut-être des milliers de gens) Le Hammam était pour elle un deuxième monde. Elle y avait ouvert les yeux, elle s'y était confrontée à la vie. Il y a longtemps, très longtemps, à l'époque où y venaient des Grecques, des Arméniennes. (Ces femmes étaient comme des tableaux de la Renaissance. Nues et fortes. Leur peau avait la limpidité du marbre ; l'eau y glissait tout à fait) La famille de Madame tient ce hammam depuis trois générations. Madame a en charge les problèmes de la troisième génération ».

    « Ce grand bâtiment vieux de cinq siècles. Que n'a-t-il pas vu depuis toutes ces années ? Ils disent qu'il est monument historique ; ils ne peuvent pas le détruire (mais personne ne vient pour le côté historique) D'ailleurs, même s'ils le voulaient, je ne les laisserais pas le détruire ce hammam. Qu'il soit enterré avec moi, s'il doit être disparaître. [...].
    Ce qui se passe à l'intérieur ?
    Oui et alors ? S'ils ne venaient pas ici, ils iraient ailleurs. Mais ils trouveront toujours un endroit où aller. Qu'ils soient là où je puisse les voir, au moins ; pas trop loin ».

    Suat Bey, artiste raté, pénètre dans le hammam. Dans la tièdeur et la semi-pénombre, il rêvasse et passe sa vie en revue, ses échecs, son amertume, ses souvenirs et amours passés. Peu après entre Reha, réalisateur en vue dont le métier attire à lui les plus jeunes et les plus beaux garçons. Il est suivi par le comptable Muhsin qui, docilement, l'accompagne partout. Tous passent devant Esber, musicien polyglotte et érudit, qui aujourd'hui distribue les serviettes aux visiteurs et empoche les pourboires. Esber qui observe tout, remarque tout, et voit chaque jour défiler pères de famille, directeurs de banque, retraités respectables, fonctionnaires, médecins réputés, dentistes ou juristes venus eux aussi chercher quelques instants d'abandon et de liberté.
    À travers les rencontres fugaces, les mensonges que l'on se raconte et les souvenirs arrangés, c'est la manière dont une société s'impose au corps, aux affects et aux désirs que ces heures au hammam dessinent peu à peu.

    Ce roman de Murathan Mungan est une pépite ! Écrit au début des années 1980, c'est l'un des premiers textes en prose de l'auteur, il contient toutes les thématiques qui lui sont chères, notamment sur les minorités. C'est ainsi le premier texte de la période républicaine à aborder ouvertement l'homosexualité. Dans une langue sensuelle et poétique, Murathan Mungan dresse ici le portrait sensible d'une Turquie invisible, et poursuit la critique sociale de son pays à travers les relations affectives.

  • L'ultime humiliation

    Rhéa Galanaki

    • Galaade
    • 1 Septembre 2016

    UN ROMAN AMBITIEUX ET SAISISSANT SUR LE DESTIN DE LA GRÈCE CONTEMPORAINE.

    Deux femmes à la retraite, une prof de lettres avec des dons de prophétesse et une prof d'arts plastiques abandonnée par son mari et remplie d'amour pour son fils Oreste, cohabitent dans un « foyer », résidence sociale située dans un quartier défavorisé du centre d'Athènes.
    Elles ont pris la décision de vivre ensemble en plein coeur de la capitale et ont décidé de profiter pleinement de leur nouvelle vie, sous un nouveau prénom : Tirésia, en référence au devin antique ayant averti oedipe des maux qui le menaçaient, et Nymphe, par allusion aux divinités des ondes et des forêts dans la mythologie grecque.
    Mais le changement de vie des deux vieilles dames ne se réduit pas à cette métamorphose identitaire. Apprenant que le gouvernement grec s'apprête à fermer les foyers sociaux du pays ? mesure qui risque de les conduire de nouveau à l'asile ?, Tirésia et Nymphe décident de participer elles aussi à la grande manifestation organisée à Athènes contre le deuxième mémorandum imposé par la « Troïka », le 12 février 2012.
    Elles projettent ainsi d'échapper à la vigilance de leur entourage : Danaé, une assistante sociale qui vient souvent leur rendre visite en compagnie de sa fille, Sonia ; Catherine, leur femme à tout faire originaire d'un petit village de Crète, qui est folle d'inquiétude pour l'avenir de son fils, Takis ; Yasmine, une femme de ménage égyptienne, souvent accompagnée de son petit garçon, Ismaël ; le « patriarche », un médecin à la retraite, de mèche avec un politicien véreux qui n'est autre que l'ex-mari de Nymphe.
    Contre toute attente, les deux vieilles dames réussissent à prendre le large. Commence alors pour elles une extraordinaire odyssée dans une Athènes en pleine guerre où elles retrouvent opposés, dans un face-à-face vertigineux, Takis, le fils de Catherine, qui a rejoint les rangs des néo-nazis de l'Aube dorée, et l'anarchiste Oreste, qui proteste contre les mesures mises en oeuvre par les créanciers de la « Troïka » présidant désormais à la destinée du pays.
    Au terme d'un voyage initiatique pendant lequel, après avoir perdu leur chemin, les deux vieilles dames auront été réduites à l'état de mendiantes et de sans-abris, Tirésia et Nymphe retrouveront leurs pénates et apprendront qu'« il n'y a pas d'autre antidote à la peur que l'amour ».
     

  • À la différence des histoires du rock écrites jusque-là, le dernier ouvrage de Greil Marcus ne rend pas hommage aux hits, icônes et événements marquants. Nombreux seront ceux qui diront : « mais ce sont les mauvaises chansons ! » Et pourtant, de Buddy Holly aux Beatles en passant par Joy Division, les plus grands sont tous là. Au travers d'une sélection inattendue, Marcus choisit de renouveler l'histoire du genre et de reconsidérer les canons en identifiant dix chansons qui pourraient bien contenir toute l'histoire du rock.

    Quand il s'agit d'évoquer le rock, les références ne manquent pas, loin s'en faut, et les légendes s'écharpent sans merci pour la première place au panthéon du genre, qu'il s'agisse d'Elvis Presley, de Mick Jagger ou encore de Jimi Hendrix.

    Avec ce nouvel essai, Greil Marcus prend le lecteur par surprise : oubliés les incontournables, et place aux Flamin' Groovies', à Cyndi Lauper et autres Teddy Bears, dans une sélection de dix chansons accompagnées, pour la plupart, de leurs reprises. L'histoire du rock s'en trouve entièrement revisitée. Selon Marcus, l'histoire traditionnelle est très loin de la vérité, pure invention si bien disséminée de par le monde que les gens ont fini par y croire. Au contraire, l'essence du rock se niche partout et nulle part, et c'est à partir de ce postulat que Marcus enquête. Son exploration du genre s'autorise alors des digressions fabuleuses dans un monde d'associations libres où l'assemblage devient la clé de voûte d'un édifice aussi novateur que grisant : Amy Winehouse côtoie The Drifters accompagnés de Ben E. King, et une bataille soul fait rage dans laquelle Beyoncé perd des plumes face à Etta James.

    Avec son style sans pareil, Greil Marcus balaie les standards, et le lecteur s'abandonne, non sans émerveillement, à sa vision et au constat qui en découle : le rock survole les frontières, insuffle son âme partout où on l'accueille. Esprit pur, il se meut librement dans l'histoire, car ce qui lui importe n'est pas tant la chanson que la façon dont on la ressent, et dont on s'en empare.
     

  • Hammam Balkania

    Vladislav Bajac

    • Galaade
    • 17 Novembre 2016

    Au XVIe siècle, la vie de deux brillants acteurs de l'Empire ottoman sous le règne de Soliman le Magnifique : le grand vizir Bajica Sokolovic, alias Mehmed Pacha Sokullu, et Josèphe, alias Sinan Mimar, le plus grand architecte de l'Empire. Tous deux chrétiens d'origine, le premier serbe, le deuxième grec, arrachés à leurs familles au nom du fameux « impôt du sang » consistant à prélever un enfant mâle aux familles non musulmanes pour alimenter l'armée des janissaires. Ces deux hommes, grâce à leurs talents exceptionnels, vont s'élever, chacun à sa manière, au sommet du pouvoir.

    Peut-on devenir un autre sans trahir ses origines ? Leur histoire nous est racontée, aujourd'hui, par un narrateur omniscient qui examine la question de l'identité tout en évoquant l'Empire ottoman avec son ami Orhan Pamuk, et en se remémorant des gens qu'il a connu : Allen Ginsberg, Alexander Genis, James Laflin, David Homel, Leonard Cohen et tant d'autres.

    Entrecroisant essai, autobiographie, recherche et journalisme Hammam Balkania tisse, d'Est en Ouest et à travers les siècles, un récit ample et inoubliable.
     

  • Julien

    Gore Vidal

    • Galaade
    • 1 Mars 2006

    Gore Vidal fait revivre pour nous l'exceptionnel destin de Julien l'Apostat, cet empereur élevé dans la religion chrétienne, mais très tôt attiré par l'hellénisme, qui tenta de restaurer le paganisme au quatrième siècle de notre ère.

  • Avant le VIe siècle, il y a les Anciens seulement - sans Modernes. Puis, et jusqu'au XVIe siècle, le jeu se fait à deux : les Modernes face aux Anciens. En effet, l'invention du Moyen Age confirme le couple Anciens-Modernes. Mais la découverte du Nouveau Monde provoque l'apparition d'un nouveau terme qui bouscule tout : le Sauvage. L'ordre colonial une fois établi, le couple des Anciens et des Modernes perdure jusqu'au moment où commence le temps des grandes querelles. Des Anciens aux Modernes, des Modernes aux Sauvages, des Sauvages aux Anciens, François Hartog s'interroge sur les espaces d'entre-deux, les discordances et les interactions entre les trois termes. Aux réflexions qu'il a menées sur l'altérité et la frontière, dans l'optique d'une histoire culturelle du monde antique, et aux travaux qu'il a publiés sur l'écriture de l'histoire tant ancienne que moderne, il ajoute aujourd'hui une nouvelle question : celle des usages et des appropriations modernes de l'Antiquité. Après une vue cavalière, qui nous mène de la Grèce ancienne jusqu'au XVIIIe siècle, en nous arrêtant sur la découverte du Nouveau Monde, nous arrivons à la dernière Querelle des Anciens et des Modernes, au moment de la Révolution française. De là, nous suivrons un Moderne chez les Anciens : J. J. Winckelmann ; puis un Ancien chez les Modernes : Plutarque. Quittant alors les figures singulières, François Hartog retient les notions telles que démocratie, cité, liberté, individu, mais aussi Europe, qui, venues de l'Antiquité, ont été reprises, investies, voire ruminées par les Modernes.

  • « Des murs, des murs, jusqu'au tombeau... », écrit James Noël, trois ans après le terrible séisme qui a frappé Haïti. « La terre qui a tremblé et qui a atteint l'épicentre de la mort le 12 janvier en Haïti ne doit pas nous faire oublier les murs », tous les murs de par le monde.

    La Migration des murs est un pamphlet poétique. Un work in progress, dont James Noël nous a donné un premier aperçu dans une édition expérimentale en collaboration avec Fanette Mellier à la Villa Médicis.

    Ce texte d'intervention et d'engagement, que James Noël a commencé à le rédiger en mémoire des ravages provoqués par le séisme de 2010, est très vite devenu une invitation universelle à faire table rase de tous les murs qui font ruines du monde.

    « Aux yeux des étoiles, les murs et les gratte-ciel sont des géants au pied d'argile. [...] Pour elles, le monde est plat et sans hauteur dans son asphalte, donc ne constitue pas une preuve solide, indéboulonnable dans l'univers. »  

  • Après près de cinquante ans d'occupation, le quotidien est toujours le même et « tout est possible dans notre région volatile », dit Raja Shehadeh.
    Ces journaux d'occupation nous plongent dans cette vis de tous les jours qui, depuis 1967 et jusqu'à aujourd'hui, disent l'enfermement, les difficultés, les multiples demandes de reconnaissance de l'État palestinien, la nostalgie et le désespoir.
    Dans Palestine. Journaux d'occupation, Raja Shehadeh, qui écrit son journal depuis 1967, nous raconte à nouveau son pays, la Palestine, mais sous une forme différente de Naguère en Palestine (Prix Orwell 2008) et 2037. Le grand bouleversement. Une Palestine qu'il aime et dont il se souvient, et sur laquelle il ne cesse de s'interroger, avec calme mais non résigné.

  • Amis depuis la plus tendre enfance, Annie, Jake, et Mason ont un lien spécial, exceptionnellement profond, fait de désir, mais également d'attirance et de jalousie. Le soir du mariage d'Annie et Mason, les parents d'Annie meurent dans un accident de voiture. Or, sa mère vient de donner naissance à une petite fille. Les trois amis décident d'élever ensemble le nourrisson, Opal. Mais leurs liens intimes, toujours sur le fil du triangle amoureux, se complexifient encore et s'approchent dangereusement de la ligne à ne pas franchir. Une nuit fatidique, les trois amis passent le pas. Les conséquences sont terribles.

    « Quelle est la pire chose que tu aies faite aujourd'hui? » Chaque jour, Annie et Mason s'interrogent, un jeu de plus pour ce couple qui parie sur tout. Cela peut être des broutilles, mais aussi une faute grave, quelque chose d'inavouable, d'impardonnable. Le suspens reste entier, il nous faudra attendre la fin du roman pour en comprendre la portée.

    La pire chose que j'ai faite est une brillante exploration du secret, des actes cachés et des désirs. Quelle est la pire chose que tu aies faite ? Quelles sont les limites de l'amour? Qu'est-ce qui ne peut être pardonné? Quelle responsabilité avons-nous vis-à-vis de ceux que nous aimons ?

    Comme Annie, son personnage principal, artiste qui fait des collages avec des objets naturels, de la peinture et du papier, Hegi compose ce roman par la superposition d'images, de bribes d'informations, de points de vue et de temps. Une composition qui, tout en finesse, suggère habilement combien le passé affecte le présent. La pire chose que j'ai faite est un roman hanté qui rappelle les oeuvres de Joyce Carol Oates et de Don DeLillo, et l'oeuvre d'un écrivain à l'apogée de sa maturité.

  • " Quand j'ai écrit Je n'écris plus, je me tapais une petite déprime après le décès de ma grand-mère. Le monde devenait trop lourd et me rendait impuissante. Pour m'en défendre, je devais comprendre, le mettre à plat : alors j'ai saisi mes tampons. " (Fabienne Yvert) Écrit (et composé) les deux pieds dans le quotidien, entre difficultés matérielles (comment créer quand on a à peine de quoi manger ?) et coup de blues existentiel (comment vivre quand tout fout le camp ?), Je n'écris plus est un livre capable de vous faire passer du rire aux larmes en deux coups de tampons.
    Avec ce quasi samizdat, croisement improbable entre tract, haïku et autofiction sans concession, Fabienne Yvert vise le réel par le petit bout de la lorgnette avec le lance-pierres du dérisoire. et elle vise juste ! En capturant le temps qui passe, entre le particulier et le général, le vain et l'utile, le ridicule et le poétique, elle atteint l'universel.

  • « Le 30 septembre 1967, quand les Doors se produisent au Family Dog, à Denver, "Light My Fire" est déjà en tête des hit-parades partout dans le pays.
    Ce soir-là il y avait fort à parier que tous les spectateurs présents dans la salle avaient déjà entendu la chose au moins quatre ou cinq cents fois. Cela faisait plus d'un an que les Doors la jouaient en public. Ils la jouaient alors qu'ils n'étaient encore que d'illustres inconnus ; ils la jouaient ignorant alors que la célébrité du groupe, plus de quarante ans après le décès du chanteur, ce dernier ayant été bien plus longtemps mort que vivant, serait telle que son nom ferait toujours vibrer une corde sensible. Ce ne serait pas la corde de la nostalgie.
    Ce serait un vent de liberté, de promesses qu'il restait encore à tenir, de promesses qui dans la vie étaient fatalement déçues, et qui dans les chansons étaient immanquablement tenues. » - Greil Marcus Les Doors ? Juste un délire psychédélique ou une voix qui a marqué l'histoire du rock ? Pour Greil Marcus, le groupe de Jim Morrison est à la fois l'un et l'autre. Alors qu'on entend les chansons des Doors plus aujourd'hui qu'au moment de leurs sorties, Greil Marcus ressuscite une époque : celle de la fin des Sixties quand l'affaire Manson planait au-dessus des icônes de Hollywood, des musiciens de rock et de la faune de leurs courtisans, « comme un Vietnam survenu à Los Angeles ». Auteur de Dead Elvis ou Like a Rolling Stone, Greil Marcus nous fait cette fois redécouvrir les meilleurs morceaux des Doors, ceux que l'on pensait connaître et qui nous donnent le frisson tant ils sont « féroces, implacables, ravageurs, et par-dessus tout grandioses ».
    Avec The Doors. Une vie à l'écoute de cinq années d'enfer, Greil Marcus signe un de ses meilleurs livres.

  • Hôtel Arcadia

    Sunny Singh

    • Galaade
    • 21 Janvier 2016

    Dans un hôtel de luxe, l'Hôtel Arcadia, Sam, photographe de guerre et Abhi, le directeur, se retrouvent otages d'un groupe terroriste pendant soixante-sept heures.
     Sam, qui couvre depuis de nombreuses années les conflits à travers le monde est passée maître dans l'art de photographier les morts, la mort. C'est au retour d'une de ses missions qu'elle fait halte dans cet hôtel international pour un repos luxueux de quelques jours, une enclave silencieuse dans laquelle tenter d'oublier les cris et la terreur.
     Abhi, peu enclin à suivre la tradition familiale, se forgeant une vie à l'abri des conflits militaires dans lesquels se distinguent son père et son frère, est devenu gérant de cet hôtel. Loin de la réussite à laquelle il se croyait promis, il croupit et a renoncé à ses ambitions.
     Entre ces deux êtres qui ne se sont jamais rencontrés, se tisse, au fil de ces deux jours et deux nuits, par téléphone et écrans interposés, une relation de confiance qui va leur permettre de ne pas céder à la terreur ambiante. Deux témoins pris dans une tourmente qu'ils n'ont pas créée, contraints par le danger, la mort qui rôde et l'impuissance, à faire face aux blessures de l'enfance, aux humiliations, à l'aspiration à l'amour et à la reconnaissance, à la solitude, au deuil. Un lien qui va permettre, le sentiment d'impuissance surmonté, de sauver un enfant, Billy.
     La narration, sous-tendue par l'urgence, suit le décompte des heures qui s'écoulent de la prise de l'hôtel jusqu'aux petites lueurs du jour précédant l'assaut attendu des forces de police. Un véritable Piège de cristal 2.0 où, en prise directe, en suspens, le lecteur otage assiste à la folie meurtrière du monde. Un récit haletant, un thriller parfaitement maîtrisé qui aborde en filigrane des thématiques profondes qui résonnent particulièrement avec notre époque contemporaine. À travers les contradictions inhérentes au personnage de Sam, une photographe qui porte l'actualité d'un conflit à l'attention des autres, tout en créant de l'art de ses souffrances, Sunny Singh investigue en profondeur le rapport entre image et réalité.

  • « Une plongée d'envergure dans les eaux profondes de la culture et de la psyché américaines menée par le plus savant et précieux des guides. » - Serge Kaganski, Les Inrockuptibles, octobre 2007 « L'Amérique est un lieu autant qu'une histoire, où se mêlent enthousiasme et soupçon, crime et délivrance, lynchages collectifs et fuites ; ses plus grands testaments sont faits de présages et d'avertissements, d'allusions bibliques qui perdent toutes leurs certitudes au contact de l'air américain. [.] L'histoire de l'Amérique telle qu'on la raconte depuis le début repose sur l'invention de soi et sur le sentiment national. » - Greil Marcus Au lendemain du 11 septembre 2001, le New York Times titrait sa Une : « Les États-Unis attaqués ». Il avait compris combien, plus qu'ailleurs, l'Amérique pouvait être mise en péril à travers ses symboles. La nation américaine : une invention qui pouvait être détruite comme elle avait été construite.


    C'est un essai sur l'Amérique qu'écrit ici Greil Marcus, une Amérique édifiée sur l'idée d'un pacte avec elle-même en suivant le vieux modèle du peuple élu et de son alliance avec Dieu. Des grands textes fondateurs de la nation américaine tels que le sermon de Winthrop, les discours de Lincoln ou de Martin Luther King Jr, jusqu'à Philip Roth ou Dos Passos, David Lynch ou encore le groupe rock des années 70-80 Pere Ubu, Greil Marcus nous fait revivre le pacte américain, cette promesse impossible à tenir, dans son glissement du politique à la littérature, au cinéma ou à la musique.

  • Mister fox

    Helen Oyeyemi

    • Galaade
    • 1 Janvier 2013

    Tous les contes de fées se terminent par un mariage - en tout cas ceux qui ne se compliquent pas en cours de route...

    Auteur à succès dans le Manhattan des années 1930, Mr Fox ne peut s'empêcher de décapiter ses héroïnes. Jusqu'au jour où sa muse, Mary, qui désapprouve le sort qu'il réserve aux femmes, prend vie. Faisant irruption dans son existence, elle le met au défi de revoir ses certitudes et l'entraîne dans une folle course-poursuite. S'incarnant tour à tour sous les traits de Mr Lustucru, de Blue et Brown, Mme de Silentio ou Yelena, à travers les époques et les lieux, l'un et l'autre mettent leurs rêves de vie à deux à l'épreuve, examinent l'amour et sa violence, et les multiples facettes d'un même récit.
     

  • Bob Dylan by Greil Marcus

    Greil Marcus

    • Galaade
    • 1 Octobre 2013

    « J'ai aperçu ce type, dont je n'avais pas bien saisi le nom, alors je suis allé vers lui. Il était en train d'essayer d'allumer une cigarette, il y avait du vent, ses mains tremblaient ; il ne prêtait attention à rien d'autre que l'allumette. Ma stupéfaction était telle, que ma bouche s'est ouverte : "Vous avez été formidable", ai-je dit. "J'ai été nul à chier", a-t-il rétorqué sans même lever la tête. » Au cours de l'été 1963, un jeune type à l'allure débraillée arrive, guitare à la main, il est invité à partager la scène de Joan Baez lors d'un concert dans un champ du New Jersey. Greil Marcus, alors âgé de 18 ans, découvre Bob Dylan : « J'étais sidéré. J'étais décontenancé. Ce type avait débarqué sur la scène de quelqu'un d'autre et, même si à priori rien ne semblait le distinguer du reste du public, il y avait dans son comportement quelque chose qui vous mettait au défi de le définir, de le cataloguer et de l'ignorer, et c'était impossible. » Véritable coup de foudre pour Marcus qui devient un fan de Dylan et, par là même, un écrivain, dont le chanteur sera, pendant près d'un demi-siècle, l'un des sujets privilégiés. jusqu'à ce livre : Bob Dylan by Greil Marcus.

    On y trouve des réactions à chaud et de longs retours en arrière en quête d'histoires inconnues, mais avant tout une volonté de s'inscrire dans la conversation qui a toujours entouré l'oeuvre de Dylan, sa conversation avec son public, ses chansons, les chansons des autres, et lui-même. Convoquant John F. Kennedy et Brigitte Bardot, Charlie Chaplin et Blind Willie McTell, Tom Paine et la « cinquième fille de la douzième nuit », Georgia Sam et Martin Luther King, Bill Clinton ou Barack Obama, Bob Dylan by Greil Marcus est un livre unique sur Bob Dylan mais c'est aussi une magnifique histoire de l'Amérique.

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