L'echappee

  • En 1945, George Orwell écrit La Ferme des animaux, une fable dans laquelle les animaux chassent leurs maîtres humains et instaurent dans leur ferme un nouveau régime politique qui tourne vite à la dictature.
    Entre les lignes, on comprend qu'il s'agit d'une charge contre le stalinisme.
    À l'aube de la guerre froide, cette critique de l'URSS sonne tellement juste que la CIA décide, en 1951, de la transposer en bande dessinée dans le cadre de ses opérations de propagande anticommuniste. Elle sera diffusée partout sur la planète, et prioritairement dans les pays du Tiers Monde, devenus l'enjeu des luttes entre grandes puissances. Et notamment en langue créole, version que nous avons traduite pour l'édition de ce document exceptionnel pour la première fois republié.
    Bien que cette BD démontre la puissance et l'originalité de la propagande américaine, elle reste extrêmement fidèle à l'oeuvre originale, de sorte que son contenu subversif finit par annuler sa visée contre-révolutionnaire.
    Car la leçon à tirer de La Ferme des animaux est que pour faire triompher une révolution, le peuple doit se débarrasser de ceux qui prétendent en prendre la direction.

  • 1931, Scottsboro, Alabama : neuf jeunes chômeurs noirs sont injustement accusés d'avoir violé deux femmes blanches à bord d'un train de marchandises. Arrêtés et condamnés en quatre jours, huit d'entre eux risquent la chaise électrique.
    La bataille juridique pour leur défense, l'une des plus célèbres de toute l'histoire américaine, durera plusieurs années. Organisées en partie par l'appareil communiste américain et international, les mobilisations en soutien aux accusés furent nombreuses, tant aux Etats-Unis - dans un pays encore largement en proie aux inégalités raciales - que dans le reste du monde, y compris en France.
    Ce recueil de 118 linogravures offre un point de vue inédit sur une affaire dont le souvenir est resté très vivace outre-Atlantique. Cet épisode y est inscrit dans le temps long de l'histoire de l'esclavage et de ses conséquences, et le combat en faveur des « Neuf de Scottsboro » transformé en une lutte plus large pour la construction d'une société communiste. C'est un document rare sur la lutte des classes et les combats pour l'égalité raciale dans l'Amérique des années trente tout autant qu'une oeuvre graphique exceptionnelle.
    Réalisées à Seattle en 1935, ces gravures, dédiées au Secours rouge international, n'ont pas été publiées à l'époque. Retrouvées il y a une quinzaine d'années seulement, elles ont été éditées aux États-Unis pour la première fois en 2002.

  • Ce que nous nommons encore élevage se trouve aujourd'hui pris entre deux feux. D'un côté, le souci légitime de l'impact écologique et sanitaire de la production industrielle de viande et de produits d'origine animale rejoint le refus de maltraiter - voire tuer - les animaux. De cela émerge une remise en cause profonde du geste d'élevage. Est-ce là un progrès pour notre humanité ou un nouveau stade de l'« administration du désastre » ?
    De l'autre côté, les éleveurs sont dépossédés de leur métier par des procédures toujours plus rigides et intrusives : puçage RFID des ovins et caprins, chantage aux primes agricoles, bureaucratisation croissante, reproduction artificielle... Décriés d'une part, ils sont administrés de l'autre - en attendant que disparaisse la possibilité même d'élever des animaux autrement qu'en les concentrant dans de gigantesques usines.
    Ces menaces qui pèsent sur l'élevage sont un des symptômes de la soumission toujours plus grande de toutes et tous à la société industrielle. Le monde se referme alors que la liberté s'efface devant le contrôle systématique : au fond, ce que nous faisons subir aux animaux, nous nous l'infligeons également à nous-mêmes.
    Éleveurs et chercheurs qui les accompagnent dans leurs luttes, toutes et tous expliquent dans ce livre pourquoi l'élevage doit être préservé afin que nos vies restent authentiquement humaines.

  • Les contre histoires sans paroles que regroupe ce livre ont été créées par quatre célèbres artistes de la première moitié du XXe siècle.
    Ces gravures, d'une rare intensité, reflètent le climat politique et social de l'époque : la Grande Dépression, les injustices sociales, les luttes de la classe ouvrière, la guerre et la peur des armes de destruction massive. Ce testament de leur rôle de " témoins graphiques " montre la fécondité du rapport de l'art et de la politique dans ces moments de fièvre de l'histoire. Une longue introduction décrit les techniques et les outils qu'ils utilisaient et retrace le parcours de ces graveurs rebelles.

  • C'est en 1900, à Thaon-les-Vosges, que Clémentine Delait, suite à un pari avec un client du troquet qu'elle tient d'une main de fer, se laisse pousser l'admirable barbe qu'elle rase chaque jour depuis sa puberté. Ce fut un succès, un triomphe, on vint de tous les environs pour l'admirer. Mme Delait la conservera jusqu'à son dernier souffle, la cajolant et la brossant chaque jour.
    Appréciée de tous pour sa gentillesse et sa douceur, courtisée mais toujours fidèle à son mari qu'elle aima toute sa vie, pêcheuse de brochets gigantesques, redoutée des lions qu'elle osa défier, forte comme un Hercule, redresseuse de torts dans le petit monde des ivrognes... Clémentine Delait fut un personnage, et quel personnage !
    Voici l'histoire véritable, unique et exemplaire de la plus célèbre femme à barbe de France, écrite d'après les souvenirs et confidences recueillis auprès des plus avisés de ses compatriotes par François Caradec (1924-2008), écrivain et biographe de Lautréamont, Jarry et Allais, membre de l'Oulipo et pataphysicien, et Jean Nohain (1900-1981), touche-à-tout de talent, célèbre parolier et homme de radio et de télévision.

  • Qui n'a jamais eu de tract entre les mains ? Diffi cile d'imaginer que ce modeste bout de papier, tout juste bon à être jeté, fut pendant longtemps une arme capable de provoquer des séismes politiques.
    Depuis qu'il existe sous la forme de libelle, de mazarinade ou de pamphlet, son pouvoir de nuisance n'est plus à démontrer.
    Si l'affi che couvre les murs, le tract occupe la rue où il circule facilement de main en main. Grâce à son petit format et à son impact visuel, il devient à l'approche du XXe siècle un outil essentiel pour mener des actions politiques et militaires. Information, contre-information, désinformation, guerre psychologique, propagande électorale et manifeste, la bataille du tract se joue sur tous les fronts.
    Pourtant, le rôle de cette « littérature de rue » reste encore largement sous-estimé voire méconnu. À travers l'étude de centaines de documents, souvent inédits, Agit-tract nous fait découvrir autrement un siècle de batailles idéologiques.
    De l'affaire Dreyfus à Mai 68, en passant par la Grande Guerre, le Front populaire, la Seconde Guerre mondiale, la guerre d'Indochine ou encore celle d'Algérie, le tract fut un moyen de diffuser des vérités souvent crues et affranchies de toute censure.
    S'il comble jusque dans les années 1970 les vides d'une information sous contrôle, le tract abreuve aussi d'illustrations une société dans laquelle les images étaient rares. Or, à l'instar de l'affi che, le tract fut un important support de créations graphiques. Pour appâter, convaincre ou informer, les mots ne suffi sent pas, il faut aussi des idées et de bons visuels. Toutes les techniques sont mobilisées pour amadouer l'homme de la rue : bandes dessinées, caricatures, photomontages, illustrations à la plume, au fusain ou à la gouache, rien n'est trop bien pour l'intox, rien n'est trop beau pour triompher.

  • « Je n'avais jamais vu ça avant, même pas soupçonné que ça puisse exister, une telle énergie, un tel manifeste expressionniste et en même temps une telle fête, un tel carnaval politique », s'enthousiasme Roland Cros après son premier concert de Bérurier noir, groupe dont il devient alors le photographe. De 1986 à 1991, il immortalise toute la scène punk française : Ludwig von 88, Parabellum, Washington Dead Cats, les Thugs, les Wampas, les Endimanchés, Pigalle, les Dileurs, les Cadavres... Il se balade partout, est sur scène, dans la salle, en coulisse, dans les loges et aussi dans les camions, sur la route, en studio... Pour la plupart inédites, les photos réunies dans ce livre font revivre le mouvement dit du rock alternatif qui charriait dans le sillage de ses performances, de ses hymnes, de son folklore, toute une horde d'utopistes, de clowns et de poètes, toute une jeunesse révoltée bien décidée à mettre un joyeux bordel.

  • Voici le recueil tant attendu du meilleur des grinçantes aventures d'une bande de décroissants, publiées tous les mois dans le journal La Décroissance. Une bonne claque donnée à la société de consommation qui aliène et détruit nature, beauté, liberté... mais aussi à ceux qui la critiquent, souvent pris dans des contradictions férocement moquées ici. De superbes dessins tout aussi mordants complètent cet ouvrage qui devrait faire date !

  • Lutte des signes et combat politique se mêlent.
    L'imagerie de la gauche et de l'extrême gauche occupe aujourd'hui bien plus l'espace public et notre imaginaire que celle des droites. L'image serait-elle par essence émancipatrice ? La droite utilise-t-elle d'autres moyens pour convaincre et mobiliser ? Ce livre montre que sa propagande graphique n'a pourtant jamais cessé. Elle a même été souvent surprenante et explosive ! Campagnes de soutien au général Boulanger, activisme désespéré de l'OAS, multiplication des affiches sous Pétain, tribulations poujadistes, virtuosité visuelle du gaullisme à la Libération, qui sombre dans les pommes de la chiraquie 50 ans plus tard, Front national producteur d'images en tout genre, impact graphique des identitaires aujourd'hui...
    Ce livre raconte l'histoire visuelle de la droite et de l'extrême droite en France depuis 1880. Analyser la production graphique et confronter les thématiques de ces courants politiques permet de saisir leur idéologie et de comprendre leur histoire. Quels symboles utilisent-ils ? Quelles valeurs défendent-ils ? Qu'en est-il du racisme et de la xénophobie ? Existe-t-il toujours une imagerie antisémite ? Comment sont représentés la gauche, les femmes, les jeunes ? Laissons parler les petits papiers, en sachant qu'une bonne image ne s'oublie jamais !

  • DE NOMBREUX LECTEURS le guettent chaque semaine, et s'en réjouissent à l'avance comme on se réjouit d'un bon tour façon Robin des bois, d'un coup de patte qui met dans le mille, d'une injustice réparée : depuis plus de trente ans, dans le Canard enchaîné, le dessinateur Cardon exécute d'un trait les puissants et les faux-culs du jour, d'une manière qui n'appartient qu'à lui : il les dessine de dos.
    Leurs bobines, a-t-il décidé un jour, je les ai assez vues ! Du coup il se contente de leurs épaules, d'une nuque, d'un profil à peine esquissé mais qui suffisent largement, maîtrise du trait oblige, à les reconnaître.
    Et hop ! D'un coup de plume, les voilà dégonflés comme baudruches, voilà mis à nu le ridicule de leurs postures et l'enflure de leurs mots. Cardon traite en effet ce retournement drôlatique d'une façon très singulière, qui mêle poésie féroce, esthétique sans complaisance et brutalité intellectuelle. Sous sa plume défilent ici toute une ribambelle de jean-foutre, politiciens (Giscard, Mitterrand, Raffarin, Chirac, Sarkozy, etc.), pédégés suffisants, nationalistes corses, barbus islamistes, etc. Un album vengeur et méchant.

  • C'était à Belleville, quartier parisien mythique, haut lieu de l'agitation populaire au XIXe siècle, que bien des artisans, ouvriers, et même petits bourgeois de la rive droite venaient fêter leurs noces.
    Outre les guinguettes et les bals, de nombreux divertissements s'offraient alors aux promeneurs. La densité des cafés y était exceptionnelle. Aux grands bars d'un luxe tapageur, situés aux carrefours, s'opposaient les simples estaminets, établissements plus modestes fréquentés essentiellement par des habitués. Cet héritage a laissé des traces, et le vieux Belleville se distingue encore aujourd'hui par le nombre et la vitalité de ses cafés.
    Fruit d'un long travail d'observation, d'entretiens avec clients, patrons et serveurs, de conversations informelles et de lecture de témoignages, romans, ouvrages savants, etc., ce livre nous plonge au coeur de ces lieux de détente, de brassage mais aussi de réconfort véritables refuges pour les plus démunis ou pour d'anciens habitants nostalgiques de la vie du quartier. Textes et photos restituent une ambiance, donnent à voir la scène que constitue le café et éclairent les personnages qui l'animent.
    Et si nulle part on ne peut mieux observer la situation d'un quartier et de ses habitants que dans ses bistrots, voici un portrait sensible du Belleville d'hier et d'aujourd'hui.

  • Dans l'entre-deux Mai, 68 et 81, six artistes (Henri Cueco, Lucien Fleury, Jean-Claude Latil, Michel Parré, Gérard Tisserand et Christian Zeimert - ce dernier partira au bout d'un an) fondent une coopérative au sein de laquelle ils vont produire une peinture politique et fi gurative dirigée contre la « Nouvelle société » pompidolienne où triomphe la société de consommation.
    Contestant la fi gure romantique de l'artiste solitaire, ces peintres créent un art collectif, inscrit dans le quotidien et facilement accessible, qu'ils exposent dans des lieux non dédiés à l'art et à la culture. Ainsi, ils préfèrent louer leurs oeuvres afi n de les soustraire au marché et de pouvoir se tenir à distance des institutions.
    Tiraillés entre le Parti communiste, où on les soupçonne de gauchisme, et les mouvances gauchistes, qui les suspectent de stalinisme, les Malassis, qui doivent à un quartier de Bagnolet où ils ont un atelier le nom avec lequel ils jouent malicieusement, optent pour une peinture monumentale, sarcastique et virulente.
    Soucieux de se dissocier d'un art de propagande de type réaliste socialiste, ils mènent, par d'immenses cycles encombrants et perturbants, une réfl exion critique sur les structures politiques, sociales, économiques et industrielles, dont les dérives sont dénoncées et le naufrage annoncé. Des peintres toxiques en quelque sorte, comme ils se sont qualifi és eux-mêmes.

  • L'histoire du peuple cubain se lit à travers ses images. Depuis plus d'un siècle, de l'époque de la domination espagnole à nos jours, les affiches jouent un rôle central dans la diffusion des idées et de la culture du pays. Cuba Gráfica présente les chefs d'oeuvres d'un patrimoine graphique resté jusqu'alors difficile d'accès.
    L'incroyable richesse de ces documents, résultats d'expérimentations originales a eu du mal à dépasser les frontières du pays et à se détacher de l'étiquette politique à laquelle on associe Cuba. En explorant les collections des institutions, des musées et des particuliers, on découvre que le graphisme cubain brille bien au-delà des années 1960 et 1970, âge d'or de l'affiche politique et culturelle. Ses racines nous plongent dans le style Art Nouveau du début des années 1900 avant d'engager une lente évolution marquée par l'influence américaine. Le style cubain en tant que tel émerge avec l'arrivée de la sérigraphie dans les années 1940. Cette technique d'impression manuelle ne quittera plus l'île, jusqu'à devenir un savoir faire et une tradition nationale revendiqués.
    Après la Révolution et l'exceptionnelle production de ces années d'effervescence, les affichistes cubains obtiennent une renommée internationale.
    L'effondrement du bloc communiste plonge l'île dans un marasme économique profond. La période spéciale, comme l'appelle les Cubains, est une traversée du désert pour le pays et. pour le petit monde du graphisme.
    Alors que l'on pensait l'art de l'affiche disparu, une nouvelle génération de graphistes émerge dans les années 1990.
    Encore méconnue, elle exerce dans une conjoncture économique et politique difficile, sans moyen de s'ouvrir au monde.
    Elle renoue pourtant avec cette tradition singulière qui a vu trop de ses protagonistes quitter le pays.
    Cet ouvrage est le fruit d'une collaboration avec les meilleurs spécialistes cubains. Conçu et coordonné par Régis Léger, il est le résultat de quatre années de liens forts tissés avec les graphistes de toutes générations. Affiches et témoignages ont été récoltés minutieusement, non sans difficulté, afin d'offrir aux lecteurs la vision la mieux documentée et la plus complète d'un art au coeur d'un pays à la culture en constante ébullition.

  • Printemps 1905 : Limoges Lutte des ouvriers de la chaussure et de la porcelaine (industries principales de la ville).
    Élément déclencheur de la grève : demande de renvoi d'un contremaître harceleur.
    Barricade, bris de vitres, voitures incendiées, pillage d'armureries, attaque de la prison, attentat à la dynamite contre les symboles religieux.
    Fusillade. Mort d'un jeune peintre sur porcelaine, Camille Vardelle, 19 ans.
    Focus : travail féminin et harcèlement.
    Mars 1906 : Courrières, département du Nord Travailleurs de la mine. Grève dure et longue après une catastrophe responsable de la mort de 1101 personnes.
    60 000 grévistes, 30 000 hommes de troupe. Mort d'un capitaine de dragons lynché par la foule.
    Focus : portrait de Benoît Broutchoux, syndicaliste.
    Avril 1906 : Fressenneville, près d'Abbeville, Picardie Grève émeutière des serruriers, maison patronale incendiée dès le premier jour de grève.
    élément déclencheur : renvoi d'un ouvrier syndicaliste.
    Lock-out patronal.
    2 000 hommes de troupe occupent Fressenneville et les villages environnants.
    Focus : usage de l'incendie dans les grèves de cette période.
    Mars 1907 : Nantes Grève des dockers. Demande d'augmentation de salaire des charbonniers.
    Élément déclencheur : non respect d'une pause déjeuner.
    1 500 grévistes. Affrontements avec la gendarmerie font d'emblée un mort.
    Solidarité des dockers de tous les ports de France avec les grévistes. Violents affrontements avec les « jaunes ».
    Focus : les soupes populaires pendant les grèves.
    Mai-juin 1907 : Révolte des viticulteurs du midi (Gard, Hérault, Pyrénées Orientales, Aude) Lutte contre la pratique de la fraude (sucrage et mouillage du vin) rendue responsable de la surproduction et de la mévente des vins du midi, ruine de nombreux petits propriétaires, grande misère des journaliers.
    Des manifestations de plusieurs centaines de milliers de personnes à Béziers, Narbonne, Perpignan, Montpellier. Démission des élus, grève de l'impôt.
    Envoi de 33 000 hommes de troupe. Fusillade à Narbonne : 7 manifestants tués. Mutinerie d'un régiment d'infanterie.
    Focus : recours à l'armée pour la répression des grèves.
    Juillet-août 1907 : Raon l'Étape (Vosges) Chaussonniers, fabricants d'articles de feutre. 50 % des effectifs de l'usine (2 000 salariés) est féminin.
    Élément déclencheur : demande de réintégration d'ouvriers licenciés et contestation du règlement.
    Forte solidarité régionale.
    Manifestation réprimée par la troupe : 3 morts.
    Focus : Gabriele Petit, féministe qui joua un rôle important dans ce conflit.
    Février-avril 1910 : Le Chambon-Feugerolles (près de Saint Étienne), Loire Métallurgistes, boulonniers. Grève longue et dure, plus de 100 jours.
    Élément déclencheur : demande de réintégration d'un ouvrier licencié.
    Saccage d'usines et de demeures patronale, agressions contre les « jaunes », sabotage, attaque de la prison, incendie de la mairie le soir des élections municipales, barricades, dynamitage des maisons de « jaunes ».
    Focus : portrait de Jean-Marie Tyr, anarchiste, acteur important du conflit.
    Oc tobre 1910 : ensemble du territoire Grève des cheminots pour la thune (les 100 sous ou cinq francs par jour).
    Sabotages, dures bagarres entre grévistes et non grévistes, réquisition militaire de 15 000 cheminots sur ordre d'Aristide Bruant, répression très violente exercée par l'armée. 1 000 cheminots révoqués.
    Focus : le sabotage dans les grèves.
    Fèvrier-mars 1911 : Champagne Révolte contre les grands négociants qui se fournissent en vin dans l'Aube et même plus loin. Baisse des prix du raisin, ruine des petits viticulteurs.
    Mise à sac des caves des grands négociants, incendie de leurs demeures, arrachage des pieds de vigne.
    Occupation militaire de la région. Affrontement avec la troupe.
    Focus : portrait de Dubois, petit propriétaire,

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