Langue française

  • Le meilleur moyen d'éradiquer la mère parfaite, c'est de glandouiller. Le terme est important car il n'appelle à aucune espèce de réalisation, il est l'ennemi du mot concilier. Car si faire voeu d'inutilité est déjà courageux dans notre société, pour une mère, c'est la subversion absolue. Le jour où je refuse d'accompagner père et bébé à un déjeuner dominical pour traîner en pyjama toute la journée, je sens que je tiens quelque chose. "J'ai écrit ce texte pour frayer mon propre chemin parmi les discours dominants sur la maternité. J'ai aussi voulu témoigner de mes propres contradictions, de mon ambivalence dans le rapport à la norme, la tentation d'y céder. Face à ce moment de grande fragilité et d'?immense vulnérabilité, la société continue de vouloir produire des mères parfaites. Or la mère parfaite fait partie des Grands Projets Inutiles à dénoncer absolument. Il m'a paru important de me positionner clairement en tant que féministe parce que je veux donner un éclairage politique à mon expérience intime. J'ai voulu un texte court. Plus que jamais, j'avais envie de tranchant, d'aigu, et surtout pas d'une langue enrobante ou maternante." Amandine Dhée Un récit de vie féministe qui aborde le thème de la maternité sur un ton incisif et criant de vérité ! EXTRAIT L'employé de la mutuelle s'étonne que je ne connaisse pas la durée du congé auquel j'ai droit, comme si ma vie n'avait été qu'une longue préparation à la maternité. S'imagine-t-il que les femmes se retrouvent dans des grottes à la nuit tombée pour échanger ces informations ? Croit-il que ce soit naturel pour moi ? Il y a toujours un moment où on rappelle à une femme le sens profond de son existence : procréer. Toujours un ami, une tante, un dentiste pour lui rappeler qu'elle n'a pas encore d'enfant. Et la voilà sommée de se justifier. Soupçonnée de souffrir secrètement d'une carence de maternité ou de transférer son amour maternel sur un chat. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Amandine Dhée parle ici tout à la fois de « la joie de rencontrer son enfant » et de la façon de se cramponner à l'essentiel « une fois retombée sur [ses] pattes ». L'éveil politique, la création, « et surtout rester une femme brouillon ». Le livre, lui, est pleinement accompli. - Catherine Painset, La Voix du Nord Une échographie truculente des aléas de la maternité ! On n'a jamais autant adoré ces mères brouillons et imparfaites ! - La librairie des éditeurs associés à Paris Un livre qui pose un regard décapant, drôle et intelligent sur la grossesse, voilà qui ne se refuse pas, quel que soit son âge ! - Cathulu, Babelio À PROPOS DE L'AUTEUR Amandine Dhée est née en 1980 à Lille, faisant vraisemblablement la joie de son entourage. Elle étudie et ensuite fait un vrai travail. Elle partage ses mots à de nombreuses scènes ouvertes. Elle cherche les oreilles des autres en théâtre de rue. Elle constate avec effroi que l'envie de triturer les mots prend de plus en plus de place...

  • Dans À mains nues, Amandine Dhée explore la question du désir à la lumière du parcours d'une femme et de ses expériences sexuelles et affectives. Comment devenir soi-même dans une société où les discours tout faits et les modèles prêts à penser foisonnent ? La narratrice revisite toute sa vie, de l'enfance à l'âge adulte et se projette à l'âge de la vieillesse.
    La réflexion féministe apparaît à chacun de ces âges de la vie.
    Amandine Dhée poursuit ainsi la réflexion entamée en 2017 avec La femme brouillon sur la représentation des femmes dans l'imaginaire collectif et leur émancipation.
    À PROPOS DE L'AUTEURE
    Amandine Dhée est écrivaine et comédienne. L'émancipation, notre rapport à autrui et à notre environnement de vie sont les thèmes récurrents qui marquent son travail, distingué par le prix Hors Concours pour La femme brouillon en 2017.
    Son besoin d'exploration des formes l'amène régulièrement sur scène pour partager ses textes lors de lectures musicales ou encore pour y interpréter un rôle dans l'adaptation de ceux destinés
    au théâtre.

  • En imaginant ce qu'ont pu être certains épisodes de la vie d'Elisée Reclus (1830-1905), avant qu'il ne devienne l'auteur d'Histoire d'un ruisseau et Histoire d'une montagne, ce premier roman nous met dans les pas d'un personnage atypique et toujours d'une étonnante modernité.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Thomas Giraud est né en 1976 à Paris. Docteur en droit public, il vit et travaille à Nantes. Depuis le bel accueil réservé à son premier roman, Elisée, avant les ruisseaux et les montagnes, Thomas Giraud contribue à Remue.net, 303, La moitié du Fourbi ou encore le Yournal. Il a obtenu le Prix Climax avec La Ballade silencieuse de Jackson C. Frank et publié un troisième roman aux éditions La Contre Allée, Le Bruit des tuiles, paru le 21 août 2019.

  • Au centre de cette histoire, il y a le corps d'une femme, ses hantises et ses obsessions, & il y a la nature. C'est l'histoire d'une échappée belle, d' une femme qui quitte, presque du jour au lendemain, tout ce qui déterminait son identité sociale.
    Elle sort de stase et se met en mouvement. Son départ est d'abord une pulsion, une sorte de fuite vers l'avant qui tient du road movie, avec de longues traversées de paysages en voiture, en auto-stop, puis à pied.
    De la fuite et l'errance du départ, cette échappée va se transformer en nomadisme et en un voyage vers la réalisation de soi.
    À PROPOS DE L'AUTEURE
    Lou Darsan est nomade et écrivaine. Née en 1987, elle poursuit des études de Lettres modernes puis exerce le métier de libraire quelques années. Elle publie des chroniques littéraires dans plusieurs revues en ligne ainsi que sur son site personnel, Les feuilles volantes, où elle explore par ailleurs son rapport aux paysages réel et mental, à travers l'impression, l'évocation de l'image et la modification du regard.
    L'Arrachée belle est son premier roman.

  • Kiruna

    Maylis de Kerangal

    "J'ai cherché une mine comme on cherche un point de passage dans le sous-sol terrestre, un accès aux formes qui le structurent, aux matières qui le composent, aux mouvements qui l'animent, à ce qu'il recèle de trésors et de ténèbres, à ce qu'il suscite comme convoitise et précipite comme invention. Je l'ai cherchée comme on cherche la porte de cet espace inconnu sur quoi s'appuient nos existences, espace dont je ne sais s'il est vide ou plein, s'il est creusé d'alvéoles, de grottes ou de galeries, percé de tunnels ou aménagé de bunkers, s'il est habité, s'il est vivant."
    Maylis de Kerangal
    SUR LE MODE DES GRANDS REPORTAGES
    Dotée d'une carte blanche dans le cadre des résidences « Mineurs d'un autre monde », Maylis de Kerangal prend un vol à destination de Kiruna et nous emmène en Laponie suédoise. Sur le mode du reportage littéraire, elle nous invite à la découverte de l'une des plus grandes exploitations minières encore en activité.
    LA VILLE DE KIRUNA
    Kiruna est une ville de 18 154 habitants. Sa création en 1903 découle directement de la présence d'un gisement de fer issu du bouclier scandinave et reste encore aujourd'hui au fondement de l'économie de la cité.
    La société minière LKAB est créée en 1890 pour exploiter le gisement. 1,1 milliard de tonnes de minerai ont été extraits en 110 ans d'exploitation.
    En 2004 les résultats d'un diagnostic des sols révèlent que la ville menace de s'effondrer. Une opération débutée en 2009 vise à déplacer la ville minière de 5km...
    UNE APPROCHE KALÉIDOSCOPIQUE
    Nous suivons l'auteure dans son exploration des lieux au fil de chapitres courts, à travers lesquelles elle nous livre autant de points de vue que d'informations pour appréhender Kiruna dans ses multiples dimensions : historique, urbanistique, économique, politique, géographique et humaine.
    Mais surtout, au fil de ses recherches et de ses rencontres, se dresse le portrait sensible d'hommes et plus particulièrement de femmes qui ont marqué l'histoire des lieux, manifestant ainsi l'importance de leurs luttes pour obtenir considération, reconnaissance et autorité au sein de cette industrie minière.
    À PROPOS DE L'AUTEURE
    Née en 1967, Maylis de Kerangal a été éditrice pour les Éditions du Baron perché et a longtemps travaillé avec Pierre Marchand aux Guides Gallimard puis à la jeunesse. Elle est, aujourd'hui, notamment membre du collectif Inculte. L'oeuvre de Maylis de Kerangal, principalement publiée aux Éditions Verticales, a été primée à de nombreuses reprises.

  • L'Odeur de chlore est le récit d' une femme dont le corps grandit et évolue, année après année, dans cette piscine qu'elle fréquente assiduement et élaborée selon les standards de " l'homme parfait", Le Modulor.
    Au cours de brefs chapitres, cette femme dialogue avec l'eau, le Modulor, avec la réalité d'un corps qui n obéit pas au standard du projet de l'architecte.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Irma Pelatan a beaucoup nagé. Entre 4 et 18 ans, elle fréquente deux à trois soirs par semaine la piscine du site Le Corbusier, à Firminy, dans la Loire. Cette fréquentation fonde en elle un certain rapport au corps et un certain rapport au rythme.
    Depuis, partout, elle poursuit la grande poétique de l eau.

  • Quand l'invasion croissante des touristes prend la ville de Venise en otage. Dans une forme littéraire, ce texte raconte l'effet dévastateur des passages ininterrompus des grands paquebots dans la lagune de Venise et les sentiments qu'ils provoquent chez la plupart d'entre nous, les Vénitiens. Un texte qui met face à face le pouvoir et l'indignation, la politique et la résignation, avec la certitude que la seule et ultime ressource que l'on peut opposer à l'arrogance, à l'idiotie, à l'ignorance, c'est la force des sentiments. Le sentiment d'une époque, le sentiment de deux villes (Venise et Saint-Nazaire), le sentiment des valeurs et du bon sens. Et, ce n'est pas le moindre, le sentiment amoureux. Un court récit qui propose une réflexion sur le tourisme de masse et ses conséquences. EXTRAIT Il nous arrive souvent, lorsque que nous nous promenons, d'être surpris par les monstres qui impriment à cette heure-là leur ombre noire sur le paysage. Ils l'effacent, le paysage. C'est comme ça depuis des années. Souvent je les photographie, même si ensuite elles ont l'air d'être toutes pareilles, mes photos, car le rite absurde des croisières dans la lagune n'en finit plus et croît démesurément d'année en année - de par la dimension des bateaux, leur quantité, le nombre des passagers - et moi, je les prends en photo. Je pourrais faire un catalogue des horreurs, une quantité infinie, sous toutes les lumières possibles, par beau ou mauvais temps, à l'aube ou au crépuscule. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE [Roberto Ferrucci] raconte sa ville, Venise, avec l'attention d'un chroniqueur et la profondeur d'un narrateur. [...] Les paquebots qui défigurent le profil fragile de Venise deviennent pour la première fois les protagonistes d'un roman. - Francesca Visentin, Corriere del Veneto Cri de colère et d'angoisse, Venise est lagune est une méditation sensible sur un imaginaire maritime qui doit rester à l'échelle de l'homme. - Alain Nicolas, L'Humanité À PROPOS DES AUTEURS Roberto Ferrucci est né à Venise en 1960. Journaliste et écrivain, ses romans ont été primé en Italie à maintes reprises. Il est notamment l'auteur de Ça change quoi aux éditions du Seuil, préfacé par Antonio Tabucchi. Il a également publié pour la Meet (Maison des écrivains étrangers et des traducteurs) de Saint-Nazaire le roman Sentiments subversifs. Il est par ailleurs le traducteur italien de Jean-Philippe Toussaint et Patrick Deville. Jérôme Nicolas enseigne à l'université de Rome « La Sapienza », il a traduit romans et ouvrages de sciences humaines.

  • Et si l'Europe reconnaissait la propriété africaine des oeuvres d'art issues de la colonisation ? On avait beau jeu d'affirmer qu'elles avaient été achetées, car certains explorateurs ou certains représentants de l'Etat français (...) avaient sans doute troqué ces oeuvres contre peu d'argent, ou des babioles, ou des menaces. Aucune transaction inattaquable, certainement. Certes il était possible d'affirmer qu'en les volant on les avait sauvées mais c'était tout de même tordu. En trouvant l'audace d'intenter une procédure contre le Musée du quai Branly, à Paris, le roi de Bangoulap - un village du pays bamiléké, dans l'Est du Cameroun -, ne pouvait pas deviner que c'était en fait l'Europe libérale et carnassière qu'il allait complètement déshabiller. Une fiction inspirée de la spoliation des biens culturels africains pratiquée par les pays fondateurs de l'Union européenne durant les années de colonisation. L'auteur de ce court récit, Arno Bertina, renverse la vapeur avec un plaisir non dissimulé et communicatif ! EXTRAIT J'ai honte de ne pas le connaître encore quand lui l'a visité deux fois déjà. Il s'insurge poliment contre le montant de l'entrée - peut-être douze euros, peut-être quinze. Il est d'autant plus choqué que l'on y admire une sculpture du pays bamiléké. Payer pour voir les oeuvres de ses ancêtres ?! Il enchaîne en reconnaissant que les termites, ici, auraient condamné tous ces chefs-d'oeuvre. À brève échéance parfois. Mais je vais revenir à la remarque précédente : le ministère de la Culture aurait réussi un coup fumant s'il avait eu l'idée de ne faire payer l'entrée du musée du quai Branly qu'aux seuls Français, rendant gratuit l'accès aux collections pour toutes les autres nationalités, ou au moins aux Africains et aux Amérindiens, ainsi qu'aux pays d'Asie qui furent colonisés. L'idée plaît au fo, nous sourions tous les trois et nous passons à autre chose (la clé 3G qu'il a achetée au revendeur chinois ne fonctionne pas, il a besoin des lumières de Bob (Yves-Pascal, vous vous souvenez ?) pour l'installer). CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Si vous connaissez Arno Bertina, vous savez ce qui vous attend. Si vous ne l'avez pas encore découvert, une nouvelle page de votre vie de lecteur va se tourner. - Alain Nicolas, L'Humanité Un court récit, aussi plaisant à lire que stimulant et revigorant et qui apporte sa propre couleur à cette formidable petite collection, Fictions d'Europe, que la Contre allée a inaugurée avec ce titre. - Marc Ossorguine, La Cause Littéraire À PROPOS DE L'AUTEUR Né en 1975, Arno Bertina publie son premier roman, Le dehors ou la migration des truites, chez Actes Sud en 2001. Paraitront ensuite Appoggio (Actes Sud, 2003) et Anima motrix (Verticales, 2006), ces trois titres constituant une manière de triptyque. En marge, il va initier de nombreuses collaborations avec des photographes, ou au sein du collectif Inculte. Je suis une aventure, son dernier roman, est paru en 2012 chez Verticales.

  • Jeune adulte, aujourd'hui écrivaine, la narratrice s'interroge sur l'histoire qui l'a façonnée avec laquelle elle doit encore composer aujourd'hui. Elle se remémore les épisodes marquants de sa vie tout en questionnant ses choix les plus récents. Et puis ça fait bête d'être triste en maillot de bain pourrait bien être le parcours d'une émancipation à travers les âges et les usages. Une confrontation aux codes déterminés, inculqués pour le bien-être de chacun à l'école, dans la famille ou encore dans le monde du travail et qui, selon Amandine Dhée, s'avèrent ressembler davantage à des promesses désespérées et mensongères plutôt qu'à un réel cheminement épanouissant. Et ça commence à la naissance, premier chapitre, où déjà le regard des autres pèse : « Elle est laide, aurait dit ma grand-mère lorsque je suis venue au monde.» Le lecteur suit à la fois le parcours de la narratrice dans une histoire qu'elle souhaite faire sienne et sa réflexion à propos d'une écriture naissante, qui s'affirmeront simultanément. L'enfant devient l'adulte que la narratrice a choisi d'être. Souvent bref, les chapitres s'enchaînent avec la force évocatrice d'un Haïku. Quelques mots suffisent à Amandine Dhée pour installer le décor et la complexité des sentiments.
    À PROPOS DE L'AUTEURE
    Amandine Dhée est écrivaine et comédienne. L'émancipation, notre rapport à autrui et à notre environnement de vie sont les thèmes récurrents qui marquent son travail, distingué par le prix Hors Concours pour La femme brouillon en 2017. Son besoin d'exploration des formes l'amène régulièrement sur scène pour partager ses textes lors de lectures musicales ou encore pour y interpréter un rôle dans l'adaptation de ceux destinés au théâtre.

  • Histoire politique récente de l'Islande Sous forme de chroniques, Jérôme Skalski rend compte de la « Révolution des casseroles » en Islande. Suite au déclenchement de la crise financière internationale à l'automne 2008, l'Islande a choisi de tourner le dos à la « doctrine d'austérité » qui forme actuellement le lieu commun dominant des politiques de gestion de l'après-crise. Passée du statut de laboratoire de la finance triomphante à celui du symbole de sa déroute, l'île nordique fut tout d'abord l'objet d'un mouvement de protestations aux conséquences inattendues. La presse internationale s'enflamma. On parla bientôt d'une « Révolution des casseroles » pour décrire les événements qui s'y déroulèrent et qui aboutirent en quelques semaines à la démission de son gouvernement et à l'anticipation d'élections législatives. Première dans l'histoire islandaise, une gauche armée d'ambitions réformatrices radicales, sous la pression de la société civile, arrive au pouvoir. C'est sur la base de la description que la réflexion peut se développer, pas avant. [...] Il n'y a pas de « description » neutre. La description est un produit critique. J'ai volontairement dissocié l'élément subjectif de l'élément objectif. Cet écrit se veut percutant non par le commentaire, le contre-point, mais par la description elle-même et la saisie de sa dialectique interne. [...] J'ai tenté de suivre le procédé de Marx, dans le Capital. Les chroniques de Jérôme Skalski offrent une analyse précise de la révolution islandaise ! EXTRAIT Alors que la plupart des pays capitalistes « avancés » sont entrés dans la ronde de la contre-révolution mondiale néo-libérale avec un programme de démantèlement systématique des acquis du système d'économie mixte issus du compromis dit « keynésien » d'après guerre, programme qu'ils ont largement appliqué et qu'ils continuent d'appliquer, l'Islande, après la nationalisation de ses principales banques et la reprise en main des pivots de son secteur financier, semble sortir de sa crise avec un régime d'économie mixte à dominante sociale quelque peu anachronique du point de vue de cette contre-révolution mondiale. Mieux, car jusqu'à présent, c'est en tournant explicitement le dos aux recettes néo-libérales des institutions du capitalisme international qu'elle s'est relevée de ses cendres. Un contre-exemple, du point de vue de ces dernières, dont la Verte Eirin, sa quasi homonyme, renvoie le reflet inversé à la surface des eaux de l'océan atlantique. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Une succession de manifestations très sonores rythmées par des casseroles commence. Elles vont conduire à de nouvelles élections, qui portent au pouvoir une gauche rouge et verte, tandis que vingt-cinq citoyens sont élus pour rédiger une nouvelle Constitution. Comme les Français le firent lors de la Révolution, sauf que celle des Islandais est amendée sur Internet... - Christophe Goby, Le Monde diplomatique À PROPOS DE L'AUTEUR Jerôme Skalski est né en 1971 à Lens, dans le Pas-de-Calais -Pays noir. Fils d'une mère au foyer et d'un père professeur de mathématiques, frère d'un professeur agrégé de physique, il a vu les derniers chevalets du Bassin minier des environ de Lens. Il habite à Arras après un séjour de 17 ans à Lille, où il suivra des études de philosophie avec à la clé un mémoire de maitrise sur Marx. Ses études seront marquées par un engagement politique et syndical, bien que son militantisme politique remonte à ses 15 ans.

  • Le témoignage fascinant du célèbre juge de la lutte anti-mafia On meurt généralement parce qu'on est seul, ou parce qu'on est entré dans un jeu trop grand. On meurt souvent parce qu'on ne dispose pas des alliances nécessaires, ou parce qu'on est privé de soutien. En Sicile, la mafia frappe les serviteurs de l'État que l'État ne parvient pas à protéger. Giovanni Falcone Publié pour la première fois en 1991 et rapidement épuisé, cet entretien unique du juge Giovanni Falcone paraît quelques mois avant qu'il ne soit assassiné le 23 mai 1992. Témoignage exceptionnel de ce héros discret de l'Italie contemporaine, l'entretien constitue son testament spirituel. Une réédition essentielle car Falcone fut le premier à déchiffrer les modes de fonctionnement, les valeurs, les finalités et les codes de langage de Cosa Nostra. Une remarquable et magistrale leçon de sémantique mafieuse : « La mafia système de pouvoir, articulation du pouvoir, métaphore du pouvoir, et pathologie du pouvoir. La mafia système économique, depuis toujours insérée dans les activités illicites particulièrement fructueuses et susceptibles d'une exploitation méthodique. La mafia qui devient État dans les terres où l'État est tragiquement absent. La mafia qui, dans ce monde-là, apparaît comme un modèle plein d'avenir...» Découvrez le testament spirituel de Giovanni Falcone qui, encore aujourd'hui, en apprend beaucoup sur la Cosa Nostra ! EXTRAIT N'adhère pas qui veut à Cosa Nostra. Cette université du crime exige d'abord que l'on soit valeureux, capable d'accomplir des actions violentes, et donc de tuer. Mais ce n'est pas le plus important. savoir tuer est une condition nécessaire mais non suffisante. Bien d'autres conditions doivent être remplies. Si l'on appartient déjà à un milieu mafieux, que l'on a des parents hommes d'honneur, on bénéficie d'un sérieux coup de pouce au départ. Le repenti Salvatore Contorno rappelle que, parmi les qualités requises, il est indispensable d'être de sexe masculin, et de n'avoir enfin aucun membre de sa famille dans la magistrature ou les forces de l'ordre... CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Il y a un livre que quiconque s'occupant de la lutte anti-mafia devrait relire au moins une fois par an. [...] Un ouvrage qui ne fait pas son âge, tellement il est actuel et stimulant - Tano Grasso, président honoraire de la Fédération italienne de lutte contre l'extorsion Lire ou relire l'entretien historique que Giovanni Falcone accorda à Marcelle Padovani, un an avant sa mort, permet de comprendre les raisons de leur acharnement à le détruire. - Denis Demonpion, Le Nouvel Obs À PROPOS DES AUTEURS Giovanni Falcone est né à Palerme (Sicile) en 1939. Il s'engage, en 1979, dans le pool anti-mafia de Palerme et travaille sous la direction de Rocco Chinnici. Au côtés de son ami, le juge Paolo Borsellino, il ouvre en 1986 le premier « maxi-procès » contre la mafia dont l'issue formalisera pour la première fois en Italie « l'existence de l'association de malfaiteurs de type mafieux ». Marcelle Padovani est née en Corse. Licenciée en philosophie, diplômée de Sciences Po et docteur en sciences politiques, elle débute sa carrière de journaliste à l'Express, puis travaille au Nouvel Observateur et devient correspondante en Italie.

  • Les tribulations de deux auteures au caractère bien trempé, aux prises avec une commande d'écriture à quatre mains sur un quartier à l'histoire ouvrière en berne.
    On s'amuse des rendez-vous ritualisés qu'elles se fixent dans tous les cafés du coin pour y faire le point sur l'avancée de leurs investigations. Un comique de situation largement exploité dans leurs échanges à bâtons rompus autour d'une histoire en train de s'écrire, de personnages en mal de dramaturgie, ou encore de conflits d'égo...
    Les difficultés de l'exercice de la commande sont traitées au fil de dialogues doux amers vivifiants qui nous invitent dans l'envers du décor. Si la fiction s'inscrit ici dans une forme de réalité, c'est bien elle qui l'emporte, au final.
    Une adaptation est disponible gratuitement avec l'ouvrage, à télécharger sur le site internet de La Contre Allée à l'aide de mots clés inscrits au sein de l'ouvrage.
    Un ouvrage plein d'humour qui dévoile les coulisses d'une histoire en train de s'écrire sur la vie dans le Nord de la France !
    EXTRAIT
    - J'ai une de ces pressions... Et mes ancêtres besogneux qui n'ont toujours pas quitté mon bureau.
    - T'as des ancêtres ouvriers, toi ?
    - Quand t'es née dans le Nord, t'as forcément des ouvriers qui se raccrochent désespérément aux branches de ton arbre généalogique, un sandwich à l'omelette à la main.
    - Après tout, faut bien qu'on avance.
    - Ce qui compte c'est le résultat.
    - Pas d'omelette sans casser des oeufs !
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    Un texte qui fait souvent sourire, mais également un témoignage intéressant sur un quartier que peu au final connaissent, sauf ses habitants. On y retrouve l'atmosphère du Nord, celui d'aujourd'hui, mais aussi les témoignages du passé, les impressions de personnes qu'elles ont croisées et l'ensemble donne un petit livre très original, bourré d'humour. - Lectures et élucubrations de Liliba
    C'est un très bel exercice d'écriture sur le quotidien, ni historique, ni sociologique mais un regard subjectif pour mettre en lumière un quartier. - Le monde de Mirontaine
    À PROPOS DES AUTEURS
    Née en 1980 à Lille, Amandine Dhée fait vraisemblablement la joie de son entourage.
    Elle étudie et ensuite fait un vrai travail. Elle partage ses mots à de nombreuses scènes ouvertes.
    Elle cherche les oreilles des autres en théâtre de rue.
    Elle constate avec effroi que l'envie de triturer les mots prend de plus en plus de place...
    Carole Fives est une écrivaine-portraitiste-vidéaste- ancienne élève des Beaux-Arts- chroniqueuse d'art. Elle vit à Lille et partage son temps entre les arts plastiques et la littérature. Pour Quand nous serons heureux, elle a reçu le Prix Technikart 2009, présidé par Alain Mabanckou. Elle est artiste associée des résidences EN APARTÉ 2010, aux côtés de Amandine Dhée et Louise Bronx.

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