Lettmotif

  • Une histoire du cinéma français se présente comme une série d'ouvrages, classés par décennies successives (des années 30 à nos jours) pour offrir au lecteur un panorama complet du cinéma français. Pour chaque année sont mis en avant les films majeurs, un grand réalisateur, une actrice et un acteur ainsi qu'un grand dossier thématique abordant pour le cinéma les questions essentielles de la période. À travers ces analyses, et la mise en perspective des oeuvres et des artistes dans un contexte historique, social, politique et même technique, ce livre se veut le récit pertinent et à l'occasion, impertinent ! de l'histoire, riche mais encore trop méconnue, de notre cinéma. // TOME 1 // De l'avènement du parlant à l'effondrement de la seconde guerre mondiale, les années 30 représentent, à plus d'un titre, un véritable âge d'or du cinéma français. A la suite de la révolution technique liée à l'arrivée du parlant qui révolutionne totalement l'approche du septième art, la décennie est marquée par des événements historiques aussi importants que la crise de 1929 et le Front populaire. Avec, d'un côté, le souvenir encore prégnant de la Grande Guerre et, de l'autre, la peur d'un nouveau conflit, se dessine un cinéma français en pleine mutation, entre insouciance et gravité, entre idéalisme et réalisme, jusqu'à la naissance d'un courant déterminant pour le cinéma mondial, le réalisme poétique. Durant les années 30, de grands maîtres (René Clair, Jacques Feyder, Jean Renoir, Julien Duvivier, Marcel Carné) réalisent des chefs-d'oeuvre encore mondialement reconnus, A nous la liberté !, La Kermesse héroïque, La Grande Illusion, Pépé le Moko, Hôtel du Nord ; de grands acteurs et actrices sont élevés au rang de monstres sacrés (Jean Gabin, Louis Jouvet, Michel Simon, Raimu mais aussi Arletty ou Michèle Morgan) sans oublier l'apport inestimable de grands seconds rôles qui font toute la verve de l'époque. Mais ce n'est pas tout : ''Une histoire du cinéma français'' rend justice à d'autres oeuvres passionnantes mais méconnues, qui revivent ici en vrais coups de coeur. Ce livre rend également hommage à des acteurs et à des actrices, en grande partie oubliés, comme Albert Préjean, Mireille Balin ou Corinne Luchaire. Le casting est somptueux, le programme des films formidable et parfois étonnant, le lecteur n'a plus qu'à se laisser porter, comme dans un film, à la rencontre du cinéma français des années 30.

  • Quand on pense au cinéma noir américain des années Obama il nous vient tout de suite à l'esprit des titres comme La Couleur des sentiments, Le Majordome, Selma, Django Unchained ou 12 Years a Slave tous sortis entre 2009 et 2016. Beaucoup de films évoquant l'histoire des Afro-Américains en somme (l'esclavage, le racisme, la ségrégation, la lutte pour les droits civiques). Faut-il y voir une simple coïncidence ou une véritable tendance ? Comment en effet ne pas imaginer que l'élection d'un Noir à la tête d'une nation travaillée depuis toujours par la question raciale n'a pas eu un effet sur la production de films ? Ne parle-t-on pas d'ailleurs communément d'un "cinéma reaganien" pour évoquer la production hollywoodienne des années 80 (Rocky, Rambo, Top Gun...) - synonyme de blockbusters musclés, manichéens et conservateurs - alors pourquoi ne pas parler d'un "cinéma obamanien" ? En explorant les grandes tendances de la période, ce livre tentera ainsi de comprendre comment le cinéma noir de ces dernières années a été influencé thématiquement, voire idéologiquement, par la présidence de Barack Obama.

  • Du Beau Serge à Bellamy en passant par Que la bête meure et La Cérémonie,  Claude Chabrol, c'est plus de cinquante ans de cinéma. Un cinéaste connu et reconnu également pour sa malice, son intelligence et son impertinence. Chabrol avait son franc-parler et il ne s'est jamais privé de donner son avis quand on le lui demandait ! Dans Comme disait Claude Chabrol, ce sont plus de 250 citations, réparties tout au long de sa carrière, qui ont été soigneusement compilées. Tout l'esprit farceur de Chabrol restitué dans un petit ouvrage essentiel. Tout y passe : le cinéma bien sûr, mais aussi la connerie, la bourgeoisie, les femmes, la politique, la religion, la vie en général. Ce grand moraliste de Chabrol fait feu de tout bois, y compris sur lui-même. Un regard unique et une lecture aussi intelligente qu'amusante qui s'avère salutaire et d'utilité publique. À lire et à relire !

  • Je me souviens. Je me souviens de quoi ? Ah oui, je me souviens que l'éditeur de ce présent ouvrage m'a demandé d'écrire un petit texte de présentation. Sachant que l'éditeur n'est autre que le jeune frère de l'auteur (onze ans de différence), l'auteur se souvient de pas mal de trucs, dont celui-ci : Quand l'éditeur avait cinq ans, j'en avais donc seize. Je me souviens que j'organisais des compétitions de pénos. Chacun à son tour dans les buts. Le premier qui arrive à dix. Mon truc, c'était de mener genre 7-0. Puis de le laisser me remonter, voir me dépasser. Donc à 8/7 pour lui, je repasse devant... 9/8... balle de match... Et finalement il gagne ! Il ne s'est jamais rendu compte de rien, et je n'ai jamais osé lui avouer la vérité. Je sais ce texte va être un choc. En même temps, on s'en fout un peu, puisque les «Je me souviens» parlent de cinéma. Par exemple, souvenirs de ''Delicatessen'', l'histoire passionnante d'un boucher dont le lit grince. ''La Cité des enfants perdus'', où l'on apprend qu'il est sain de laisser les enfants roter après avoir mangé du cervelas. ''Alien, resurrection'', drame oedipien, ''Amélie Poulain'', l'histoire d'un nain de jardin qui mange des framboises au bout de ses doigts, si je me souviens bien. Encore que. Bref, plus de 500 « Je me souviens » plus sérieux que ceux-ci. Encore que...

  • Réalisateur culte et pourtant méconnu, Jean Eustache n'a eu de cesse, dans la douzaine de films réalisés au long de sa courte carrière, de brouiller les pistes, de mélanger les genres et les idées, de cultiver l'ambiguité entre la vérité et les apparences. En jouant ainsi sur les idées de vrai et de faux, Eustache peut ainsi redéfinir les genres cinématographiques, rétablir la vérité sur l'époque et la société dans laquelle il vit et, en toute confiance, laisser seule sa mise en scène, faire surgir la vérité.

  • Montrée, évoquée ou simplement suggérée, l'homosexualité à l'écran ne laisse jamais indifférent parce qu'elle exacerbe nos contradictions et ce que nous croyons être. En contournant les postulats, en revendiquant le droit à la différence, elle renvoie à l'idée de liberté totale. Elle fragilise nos certitudes et les préceptes de nos sociétés hétérosexuelles. Alors comment, dans ces conditions, parler d'homosexualité au cinéma sans risquer de provoquer ses pourfendeurs ou d'offenser ses défenseurs ? Quinze auteurs vont tenter de répondre dans cet ouvrage inédit. (Extrait de l'éditorial)

  • Connu surtout pour ses westerns à l'italienne baroques, drôles et violents, Navajo Joe, Django, Le Mercenaire, Le Grand Silence ou Companeros, Sergio Corbucci est aussi un réalisateur dont l'ample filmographie comporte plus de soixante longs-métrages. Du néoréalisme de l'après-guerre aux mélodrames des années cinquante, de l'âge d'or du cinéma de genre (western, gothique, peplum) aux grandes heures de la comédie (son genre de prédilection) jusqu'aux années difficiles, soixante-dix et quatre-vingt, il traverse quatre décennies de cinéma italien, en épousant tous les mouvements, parfois précurseur, toujours animé par la passion de filmer. Romain jusqu'au bout des ongles, personnalité attachante, ''L'autre Sergio'' a peu suscité l'intérêt de la critique. Cet ouvrage est le premier à parcourir l'ensemble de sa carrière, une ouvre riche et excitante à découvrir sous toutes ses facettes.

  • Spike Lee, l'enfant terrible du cinéma afro-américain, est depuis ses débuts en 1986 autant connu pour l'originalité de son cinéma que pour ses coups d'éclats médiatiques. Baptisé ''le Noir le plus en colère d'Amérique'' à l'occasion de la sortie de Malcolm X (1992), il n'a eu de cesse tout au long de sa carrière d'entretenir la polémique. Avec des oeuvres engagées comme Do the Right Thing, Jungle Fever, The Very Black Show ou BlacKkKlansman, mais aussi des films moins controversés tels He Got Game, La 25e heure ou Inside Man, il aura marqué de son passage la grande histoire du 7e Art. Et pourtant, à ce jour, aucune monographie française évoquant l'ensemble de son oeuvre n'est parue en libraire. Ce livre a ainsi pour but de corriger cet oubli en revenant sur toute l'oeuvre du cinéaste pour lui redonner la place qui lui revient au centre de l'historiographie du cinéma américain, avec la secrète intention de rappeler aux plus jeunes combien son rôle de pionnier fut décisif dans l'émergence d un cinéma noir américain.

  • Réalisateur célébré ou décrié, Andrzej Zulawski n'a jamais laissé personne indifférent. Alors qu'il revient aujourd'hui au cinéma, après quinze années loin des plateaux, il est enfin temps de s'intéresser à un cinéaste qui, à l'instar de certains de ses compatriotes, comme Polanski ou Skolimowski, n'a pas fini de chercher, d'expérimenter. D'étonner. Temps de se pencher sur une uvre forte, dérangeante, excessive. Immédiatement reconnaissable. Sur treize films, traversés par des thèmes récurrents, des obsessions communes. La vision d'un cinéaste intransigeant qui, en convoquant tous les arts, tous les sens, tente de s'approcher au plus près du mystère. De la vérité.

  • Scénariste star (les séries À la Maison-Blanche (The West Wing) et The Newsroom, les films Des hommes d'honneur et The Social Network), dramaturge à succès et depuis peu réalisateur (Le Grand Jeu en 2017 et Les Sept de Chicago en cette fin d'année 2020), Aaron Sorkin collectionne les honneurs et les récompenses. Ses qualités de dialoguiste sont aujourd'hui majoritairement reconnues - «sans doute le meilleur de notre époque» selon Damon Lindelof, co-créateur de Lost, de The Leftovers et de Watchmen -, chacune de ses oeuvres nourrit le débat. Ses deux premières séries, Sports Night et À la Maison-Blanche, ont participé à la constitution de l'âge d'or télévisuel des années 2000. Pourtant, certains de ses propos (sur les femmes, sur Internet...) et de ses comportements (auprès de ses équipes de scénaristes) ont jadis suscité la controverse. Aaron Sorkin est un personnage public, un auteur très bien établi dans le paysage hollywoodien. Ce livre, le premier en français qui lui est consacré, se veut à la fois une biographie et une analyse de son style, volubile, omniscient, inspiré par les comédies américaines des années 30 et 40. Depuis William Shakespeare jusqu'aux films de Frank Capra, ses influences sont multiples et transversales. Tentons de les cerner en compagnie de Jed Bartlet, de Mark Zuckerberg, de Mackenzie McHale et de Molly Bloom.

  • Louis de Funès, Pierre Richard, Coluche, Jean-Paul Belmondo, le Splendid, les Charlots... Ils ont tous été une ou plusieurs fois les vedettes des comédies cultes de Claude Zidi. Champion ultime du box-office, considéré comme le spécialiste de la comédie à la française, Zidi fît ses premières armes dans un cinéma burlesque totalement débridé (Les Bidasses en folie, L'Aile ou la cuisse, Les Sous-Doués...) pour ensuite bifurquer vers des comédies plus sociétales et de genre à partir des Ripoux, première comédie de l'Histoire à avoir remporté trois César (dont ceux du meilleur réalisateur et du meilleur film). Inconnu du grand public et ignoré par les cinéphiles, cet ouvrage réhabilite l'oeuvre riche et déjantée de Claude Zidi, en analysant les différentes thématiques et les motifs récurrents qui font de son oeuvre, contre toute attente, un cinéma d'auteur. Une interview exclusive de Claude Zidi vient également nourrir ces pages pour nous aider à percer son mystère... (nombreux photogrammes des films)

  • Le travail de recherche porte sur les filmographies riches et mystérieuses de deux cinéastes russes : Andrei Tarkovski et Andrei Zviaguintsev. Au moyen de l'analyse des figures sonores, confrontée avec les théories philosophiques et cinématographiques, les principales problématiques du temps au cinéma sont soulevées. L'objectif étant d'éclairer le concept ambivalent de la révélation du temps, il a fallu desceller les correspondances entre les films des cinéastes. L'étude approfondie des figures sonores permet de montrer le cheminement de la représentation du temps. En partant du reflet fidèle de l'écoulement du temps, les cinéastes présentent néanmoins une vision subjective de la durée. Ils confèrent à l'instant, l'unique unité absolue du temps, la puissance de réunir toutes les simultanéités temporelles. L'instant présent devient un dialogue permanent et ambivalent entre le passé réel et le futur virtuel. L'instant a donc rapport avec le réel autant qu'avec l'imaginaire. Mais il est toujours au coeur de la quête du temps absolu et vrai. Une forte aspiration à une réalité intemporelle, à un temps éternel s'observe chez les cinéastes russes. La représentation de ce temps absolu ne s'opère que sous forme d'une révélation spontanée et vraie.

  • L'oeuvre d'Henri-Georges Clouzot, de L'Assassin habite au 21 (1942) à La Prisonnière (1968), est connue et reconnue. Mais qu'en est-il de son oeuvre fantôme, des scénarios originaux qu'il a écrits mais non tournés, l'un notamment avec Jean-Paul Sartre, des adaptations, telle que Chambre obscure d'après Vladimir Nabokov, de L'Enfer arrêté après quelques jours de tournage, ou encore des remakes qu'elle a suscités ?

  • Dès la naissance du cinématographe, l'extraterrestre s'impose comme un sujet d'inspiration propice à la découverte de créatures étranges et à l'exploration de contrées exotiques lointaines. Lorsque Georges Méliès réalise en 1902 Le Voyage dans la Lune, mettant en scène les «Sélénites», des aliens loufoques, il rencontre un succès immédiat. Sans le savoir, le cinéaste magicien vient de s'improviser précurseur d'un genre qui, cent quinze ans plus tard, étonne et émerveille toujours. Grand ou petit, hostile ou amical, humanoïde ou polymorphe, réalisé en animatronique ou en images de synthèse, parfois à l'aspect humain, le visiteur de l'espace est devenu une figure incontournable du septième art. Capable de s'adapter à tous les genres filmiques et également à toutes les époques, il surprend et intrigue constamment. Porteur de message universel, ou monstre sans âme à la conquête du monde, il agit comme un formidable révélateur sociétal et individuel. L'extraterrestre met en avant les comportements de l'homme quand il se confronte au « différent » et dévoile en même temps les sentiments intimes et les peurs profondes qui sommeillent en chacun de nous.

  • Donald Trump a été élu, à la surprise générale, président des Etats-Unis. La plupart des commentateurs, qui n'avaient pas prévu cette victoire, expliquent que le milliardaire a été plébiscité par la partie la plus raciste de l'Amérique. Toutefois, cette explication n'est-elle pas réductrice ? Affirmer cela, c'est incontestablement se conforter dans une vision un peu simpliste de la politique et des problèmes socio-économiques d'une grande partie du peuple américain. L'objectif de cet ouvrage est donc de retracer le parcours de la famille Trump aux Etats-Unis avant de revenir sur l'engagement politique du sulfureux magnat de l'immobilier et, ensuite, de constater son influence sur le cinéma américain actuel. Quel est, au final, le programme politique que Donald Trump a proposé à ses électeurs ? Pourquoi la plupart des stars d'Hollywood se sont rassemblées contre la candidature de l'ancien animateur de téléréalité ? Enfin, en répondant à ces questions, nous allons aussi analyser certains films, proches idéologiquement du populisme mis en avant par Donald Trump, qui ont accompagné son arrivée inattendue à la Maison-Blanche. Toutes ces pistes permettent de fixer les grandes lignes d'un cinéma que l'on peut qualifier de trumpien , celui qui va envahir nos écrans durant les quatre prochaines années...

  • Tout Chabrol

    Laurent Bourdon

    Tout Chabrol ? Plus qu'une promesse, un défi ! Il faut dire qu'en plus de 50 ans de carrière, l'homme n'a pas chômé : cinquante-sept films bien sûr, mais aussi vingt-quatre téléfilms, deux mises en scène de théâtre, des prestations comme acteur, sans oublier tous les articles écrits précédemment pour les Cahiers du cinéma. Et dire qu'en chemin, le bonhomme a abandonné des projets... Tout Chabrol, fidèle à son titre, présente tout cela dans un livre-promenade, joyeux et documenté. Un travail méthodique qui étudie chaque oeuvre, la replace dans le contexte de l'époque, les repères biographiques et la réception critique - parfois mordante - de chacune d'elle. Tout Chabrol restitue surtout l'essentiel : la personnalité de cet homme hors-normes. Plus de 3.500 citations, de Chabrol mais aussi de ses proches, dressent le portrait de l'homme du Beau Serge et de La Cérémonie, vif, brillant et facilement sarcastique. Un homme attachant et attaché à ses techniciens fidèles, ses acteurs fétiches et à sa famille avec lesquels il aimait tant travailler. Tout Chabrol, toute une vie !

  • Mel Gibson est passé du statut de superstar, dans les années quatre-vingt-dix, à celui de pestiféré à Hollywood après le controversé ''La Passion du Christ'' et ses multiples déboires personnels. Les spectateurs lui ont aussi souvent tourné le dos, alors qu'il était l'un des acteurs préférés du public après des succès comme les films ''L'Arme fatale'' ou ''Signes''. Désormais, citer son nom suscite aussitôt le débat, certains voyant en lui un artiste tourmenté passionnant alors que, pour d'autres, il est un dangereux antisémite. Mais, au final, qui est réellement Mel Gibson ? Pourquoi sa carrière a-t-elle failli s'arrêter après son film sur le calvaire de Jésus-Christ ? Le parcours personnel de Mel Gibson est incroyable, car ce fervent catholique a imité, d'une certaine manière, le parcours christique (succès, Passion, résurrection). Nous allons donc, dans cet ouvrage, analyser sa très célèbre filmographie comme acteur avant de nous attarder plus longuement sur ses longs-métrages comme cinéaste. Tout cela permet de montrer la grande cohérence, thématique et esthétique, de son oeuvre, de ''Mad Max'' (1979) à ''Tu ne tueras point'' (2016).

  • Au milieu des années 1970, l'apparition des magnétoscopes change radicalement la manière de consommer le cinéma, les spectateurs pouvant désormais louer sans aucun contrôle préalable des films que les salles ne projettent pas. Les éditeurs de cassettes vidéo remplissent alors les catalogues d'oeuvres souvent inédites, parfois pornographiques, violentes ou interdites qui échappent à tout contrôle pour le plus grand plaisir des amateurs de Bis. Au Royaume-Uni, les pouvoirs publics sont alertés par certaines associations familiales qui ne comprennent pas que des enfants puissent voir librement des films honteux et dégradants. Pour contrer la diffusion d'oeuvres jugées particulièrement dangereuses pour la jeunesse, la police anglaise organise et multiplie des saisies médiatisées dans les vidéoclubs en vertu de la loi de 1959 réprimant l'obscénité. À la demande de la principale association des vendeurs et loueurs de vidéos de Grande-Bretagne qui souhaite éviter que ses membres ne fassent l'objet de poursuites judiciaires, les autorités finissent par publier en 1983 une liste infamante de 72 titres stigmatisés sous la dénomination de Video Nasties. [...] (Christophe Triollet).

  • Docteur en études cinématographiques, spécialiste du cinéma américain, Damien Ziegler poursuit une oeuvre d'essayiste consacrée plus particulièrement au thème de la représentation du paysage dans l'art. Ce Dictionnaire Terrence Malick est son troisième ouvrage, après La Nuit du chasseur, une esthétique cinématographique, et La Représentation du paysage au cinéma. Il collabore habituellement aux revues Cinémaction et Éclipses. Le présent dictionnaire explore l'oeuvre du réalisateur-philosophe Terrence Malick à travers la présentation et l'analyse de l'ensemble de ses oeuvres, ses thèmes de prédilection, ses collaborateurs (acteurs, directeurs de la photographie, compositeurs, monteurs, producteurs), ainsi que les artistes et auteurs qui constituent pour lui une source majeure d'inspiration. Il vise à éclairer sous toutes ses facettes le questionnement mené par Malick depuis le début de son oeuvre sur la place de l'homme dans l'univers, les liens entre nature et culture, ainsi que l'amour sous toutes ses formes.

  • Ma chère soeur, Voilà que j'ai passé une nuit bien blanche sans parvenir à trouver le sommeil. [...] Et figure-toi qu'au coeur de cette agitation nocturne, j'ai pensé à toi et à t'écrire, comme cela m'arrive assez souvent, mais cette fois, je ne diffère pas. Je songeais à nos vies si différentes, à toutes les deux, je songeais aussi à ce livre que tu n'écris pas et à ce que tu m'avais dit l'autre jour, comme quoi tu avais peur d'être méchante si tu l'écrivais. Et aussi à ta répugnance à écrire sans masque, sans l'alibi d'une intrigue. Il faut débloquer, ouvrir les vannes, vomir d'abord, et plus ce sera féroce, mieux ce sera. [...] C'est très important pour moi que tu arrives à écrire, je ne m'en remets pas, quand j'y pense, que tu n écrives pas. Écris, sois généreuse, donne, donne aux autres ton histoire ou ta version de l histoire, arrête de te couper les ailes au bas de chaque page, n'espère pas que ce soit parfait tout de suite, pense d'abord à sortir le gros, et surtout sois méchante, sois féroce : les bons écrivains c'est ça leur marque distinctive, la férocité, ce qui fait qu'on a de la jouissance à les lire. La férocité, c'est ce qu'il y a de mieux en littérature crois-moi, et personne ne pourra t'en vouloir de ça, qui s'appelle aussi talent. Allez, go, promets-moi ! Ta soeurette qui t'aime,CHRISTINE //////// Cette lettre, j'ai cru longtemps l'avoir perdue, car je la pensais écrite comme les autres sur ce papier jaune canari ligné que Christine utilisait pour son courrier. J'ai le chic pour perdre, voire passer par erreur ma plus belle lettre d'amour dans un destructeur de documents ; celle-là, j'y pensais souvent et craignais de l'avoir jetée par erreur avec d'autres vieux papiers, mais j'ai fini par la trouver, écrite sur un gros papier blanc, alors que j'avais largement commencé ce travail de mémoire. Enfin. Il m'a semblé évident de citer des passages, en préface, de cette supplique sororale de sept pages, qui n'a fait que m'encourager dans la ligne qui s'était imposée à moi dès le début : écrire sans frein sur ma soeur disparue, sa vie, son oeuvre, mais aussi son enfance, notre enfance dépareillée, mon indifférence, mon ignorance d'elle, notre impuissance à s'entraider, à s'aimer peut-être. Et pourtant. Relisant cette lettre, je vois que j'ai suivi tes conseils, petite soeur, je n'ai pas écrit de roman, juste des carnets de voyage et mon journal intime, mais aussi sur ta vie, la nôtre, le plus librement possible ; j'ai fait de mon mieux avec ma paresse naturelle, mon égoïste vanité, mon imbécile aptitude au bonheur, tellement protectrice, dont tu étais, je crois, privée, ce qui t'a permis d'aller où tu voulais, sans filet, au hasard des bonnes et mauvaises rencontres, à la force de ta détermination. [...] Il était temps, donc, de te dédier ce livre... MICHELE PASCAL ///// Préface de Bertrand Tavernier ///// Cahier photos couleur de 12 pages ///// Inclut 2 scénarios inédits complets de Christine Pascal : La Dernière à y croire et Working Class Hero.

  • Hollywood a toujours accordé une place importante à la production de films historiques. D'Autant en emporte le vent de Victor Fleming à Ben-Hur de William Wyler, ces oeuvres ont marqué durablement l'imaginaire des spectateurs. Toutefois, progressivement, le film historique hollywoodien a pris un nouveau tournant, en même temps que les Cultural Studies s'imposaient dans les universités. Dorénavant, l'ambition de l'oevre historique serait de réparer une vision falsifiée du passé car entièrement centrée sur celle du groupe dominant (blanc, masculin, hétérosexuel...). Une proposition intéressante mais ces films historiques du XXIe siècle, estampillés Cultural Studies et dérivés, ne seraient-ils pas au final aussi caricaturaux et faussés que ceux du siècle précédent? Plus grave, ils pourraient très bien symboliser les dérives communautaires qui gangrènent actuellement la société américaine... L'auteur a effectué de nombreuses interviews de réalisateurs (José Padilha, David Mackenzie, Andrew Dominik, John Sayles), scénaristes (Lee Hall, Jeffrey Caine) et producteur (T.G. Herrington) pour enrichir son travail d'analyse des films historiques hollywoodiens contemporains.

  • Incroyable ! Sidérant ! Époustouflant ! Poussé par le triomphe du tome 1, cet étourdissant volume propose 4.000 nouvelles répliques. De quoi «réchauffer en hiver, rafraîchir en été, stimuler les lymphatiques et calmer les névropathes» (Comment réussir quand on est con et pleurnichard). 4.000 ? Où cela s'arrêtera-t-il ? Des sources innombrables, reflets du cinoche et du septième art : films cultes, comédies fracassantes, oeuvres oubliées, productions obscures... Un tour du monde incroyable à la rencontre de près de 3.000 films. Tout est passé par le petit tamis pour récolter des pépites. Drôles, étourdissantes, pertinentes, profondes, sensées, ébouriffantes... Elles sont venues, elles sont (presque) toutes là, à ce deuxième rendez-vous des 4.000. Une sélection de premier choix, apte à combler les palais les plus gourmands. De surprises en étonnements, ça fuse de partout et ça ne laisse jamais indifférent. Des répliques toujours admirablement rangées sous forme de dictionnaire. De A (comme Abruti) à Z (comme Zoom). Pour éviter au lecteur de s'égarer. Car on peut se perdre dans un nectar. 4.000, ça frôle le grandiose ; l'ivresse des montagnes, la volupté des grands espaces que l'on foule mètre après mètre. On se délecte, on se gargarise et on reste pantois. Et comme dirait James Bond lui-même, «Per ora et per il momento che vera. Jouissons du moment et du moment qui le suit» (L'Homme au pistolet d'or). Ah, ce tome 2, c'est du brutal !

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