Littérature traduite

  • Voici la traduction française de Paura (2014), où Dario Argento, maître de l'horreur transalpine, se raconte ! Une autobiographie superbement écrite, qui se lit comme un roman. Le cinéaste revient sur sa vie privée, sa rencontre avec un fantôme, ses parcours artistiques, ses débuts dans la critique de cinéma, ses rapports avec Sergio Leone, Bertolucci, ses préférences pour Lang, Hitchcock, La Nouvelle Vague. Surtout, il détaille sa plongée dans le cinéma de genre, notamment le giallo, dont il a renouvelé et intensifié les codes avec L 'Oiseau au plumage de cristal (1969), Les Frissons de l'angoisse (Profondo Rosso, 1975) et Suspiria (1977)... Le livre nous ouvre grandes les portes de l'atelier du maestro de la peur et nous fait accéder aux secrets les mieux gardés de son oeuvre.

  • En 1976, avec Je suis un autarcique, surgit un surdoué s'imposant très vite comme la figure dominante de sa génération.
    Nanni Moretti est un cinéaste exigeant aux positions morales et politiques fortes. Acteur et réalisateur de films où il incarne des doubles de soi, étudiant (Ecce Bombo), cinéaste (Sogni d'oro), professeur de lycée (Bianca), prêtre (La messe est finie), homme politique (Palombella rossa), père de famille (La Chambre du fils), psychanalyste (Habemus Papam), fils (Mia madre), il explore les angoisses existentielles de l'individu plongé dans une société privée de repères.
    Dans cet ouvrage illustré, Nanni Moretti revient sur toute sa production, apparaissant comme une figure essentielle du cinéma italien, artiste protéiforme, intellectuel vigilant et chef d'entreprise avisé.

  • Nous sommes à la fin des années soixante. Melvin van Peebles réunit 100.000 dollars (dont la moitié apportée par le showman Bing Crosby) et se lance dans la production de Sweet Sweetback's Baadasssss Song. Le film, avec sa figure de gigolo noir pourchassé par la police, devient une oeuvre populaire et engagée, divertissante et militante, un long métrage expérimental et un film de genre. Il occupe la première place au Box Office en 1971 et ouvre la voie des studios à des cinéastes comme Spike Lee, John Singleton ou les frères Hughes. Il est surtout à l'origine d'un courant populaire : la Blaxploitation (série de films de, avec et pour les noirs), dont Shaft, réalisé par Gordon Parks en 1971, donnera le véritable coup d'envoi. À la fois journal de bord, manifeste et pamphlet poétique, ce livre est un témoignage passionnant sur le cinéma, l'Amérique du début des années soixante-dix et le statut de la communauté noire. Il contient l'intégralité du script de tournage et la continuité dialoguée du film. Assorti de photos du film et du tournage, il est complété par des contributions de Thierry Jousse, Nicole Brenez, Jean- Baptiste Thoret et Serge Chauvin qui permettent de restituer le contexte artistique, politique et d'apprécier la place déterminante du film dans l'histoire du cinéma.

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  • Réalisateur expérimenté, Jacques Tourneur sut tirer des scénarios qui lui étaient confiés des mondes et des visions à part entière, quel que fût le genre abordé : le film d'aventures médiévales avec La Flèche et le Flambeau, le western avec Le Passage du Canyon, le film noir avec Nightfall ou le fantastique avec La Féline. Il n'a pu, en revanche, mettre en images ses propres histoires prometteuses pourtant, comme l'illustrent les quatre scénarios présentés ici par Jacques Manlay et rédigés en 1966 et 1967 entre la Californie et Paris.Trois d'entre eux (Satanique, La Grosse Sorcière sur un balai tordu, et Murmures dans des chambres lointaines), conçus à Hollywood, confirment son penchant pour le fantastique, les forces obscures et la nature trouble du réel. Le dernier, Lazare, est écrit en français ; ses rôles principaux étaient envisagés pour Bourvil et Louis de Funès ou Jean Gabin et Fernandel.
    À ces scripts s'ajoutent des aphorismes du cinéaste lui-même, dignes de ses mises en scène dépouillées, nuancées, poétiques à force de retenue et de profondeur.
    Cet ensemble, inédit, est complété, sous la forme d'un DVD, par l'unique entretien filmé avec Jacques Tourneur, réalisé à Bergerac par Jacques Manlay et Jean Ricaud en 1977, l'année même de la mort du cinéaste. Près de trente minutes de conversation au cours desquelles l'artiste évoque son parcours hollywoodien, sa prédilection pour le mystère et sa passion de la lumière au cinéma.

  • Masao Adachi est un artiste japonais majeur dont le trajet radical couvre toutes les dimensions de l'avant-garde (plastique, politique, théorique) et dont le travail permet au cinéma de dialoguer avec l'histoire collective. Ce livre présente un choix des textes de l'artiste pour qui le cinéma est aussi bien une pratique révolutionnaire de terrain qu'un champ d'expérimentations sans cesse relancées. Nicole Brenez et Go Hirasawa, qui ont établi le sommaire de cette anthologie exceptionnelle, sont internationalement reconnus, l'une comme spécialiste du cinéaste expérimental et de la contestation, l'autre comme historien du cinéma japonais.

  • Film exceptionnel, hors normes, Freaks (La Monstrueuse parade, 1932) compte parmi les plus grandes réalisations du cinéma mondial. Pour Patrick Brion, « aucun film n'a, avec autant de force que Freaks, décrit cette peur de l'anormalité qui touche aussi bien certains des protagonistes que les spectateurs eux-mêmes confrontés à une réalité dont personne ne peut nier l'existence. » L'histoire d'amour tragique du nain Hans pour la belle trapéziste Cleopatra est interprétée par des créatures vraiment victimes de déformations physiques (Johnny Eck, l'homme-tronc, Josephine Joseph, mi-homme mi-femme.). Or, beaucoup ignorent que ce film est l'adaptation d'une nouvelle de Clarence Aaron Robbins, publiée en 1923 sous le titre Les Éperons (Spurs), dont les éditions Rouge Profond proposent la première traduction en France. Boris Henry rappelle que l'écrivain a déjà inspiré à Browning Le Club des trois (1925) et procède à une comparaison passionnante entre le texte et le film, revenant sur les étapes d'écriture du long métrage dont le sujet a très vite entraîné des controverses au sein même de la M.G.M. Authentique miracle de production (grâce à Irving Thalberg), Freaks compte parmi les pièces maîtresses de la filmographie de Browning (qui venait d'adapter avec succès Dracula pour la Universal), enfant de la balle et homme de cirque avant de passer derrière les caméras. Boris Henry met également en perspective le film dans les influences qu'il a exercées et les filiations qu'il a engendrées, notamment chez David Cronenberg, David Lynch (avec Elephant Man, entre autres), Diane Arbus pour la photographie, Tim Burton ou les frères Farrelly pour leur conception peu politiquement correcte de l'infirmité. Il était temps de consacrer un livre à Freaks, chef-d'oeuvre du septième art, longtemps maudit avant de devenir une référence incontournable.

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