Seuil

  • L'Homme sans qualités est le fruit d'une entreprise qui s'étend sur plus de vingt ans. Les premières ébauches de l'oeuvre dans laquelle Musil investira toute son énergie à partir des années 30, datent des années 20. Cette entreprise s'arrêtera en 1942, avec sa mort brutale, à l'âge de 62 ans.
    Seules les deux premières parties du roman ont été alors publiées, la partie posthume le sera ultérieurement, avec des fortunes diverses.
    Dans ce roman, construit autour de deux intrigues - la condamnation à mort de Christian Moosbrugger, un criminel dont l'histoire déchaîne les passions, et la préparation du jubilé de l'Empereur François-Joseph - Musil a composé le tableau d'une époque dont Vienne a été le théâtre, voire le laboratoire.
    Les personnages musiliens participent à une expérience qu'ils vivent sur un mode tantôt héroïque, tantôt dérisoire, parfois inquiétant. Ulrich, le personnage principal, est le seul qui en interrompe le cours pour en observer les potentialités et les effets. Il se met en congé de la vie au prix d'un pari qui le prive de ses qualités, c'est-à-dire des attributs qu'on prête à une personne à commencer par un moi propre -, et qui définissent son identité individuelle et sociale. Ce pari le voue d'abord à l'indifférence Ulrich est l'homme du possible, mais il le conduit aussi à un détachement propice à une expérience dont le sentiment constitue le centre problématique. La rencontre avec sa soeur Agathe, après deux parties essentiellement marquées par une aventure intellectuelle, s'ouvre sur une dimension éthique et esthétique qui figure un autre état, et qui brise l'indifférence. Cette partie du roman - la partie posthume - célèbre les noces de l'intellect et du sentiment.

  • L'Homme sans qualités est le fruit d'une entreprise qui s'étend sur plus de vingt ans. Les premières ébauches de l'oeuvre dans laquelle Musil investira toute son énergie à partir des années 30, datent des années 20. Cette
    entreprise s'arrêtera en 1942, avec sa mort brutale, à l'âge de 62 ans.
    Seules les deux premières parties du roman ont été alors publiées, la partie posthume le sera ultérieurement, avec des fortunes diverses.
    Dans ce roman, construit autour de deux intrigues - la condamnation à mort de Christian Moosbrugger, un criminel dont l'histoire déchaîne les passions, et la préparation du jubilé de l'Empereur François-Joseph - Musil a composé le tableau d'une époque dont Vienne a été le théâtre, voire le laboratoire.
    Les personnages musiliens participent à une expérience qu'ils vivent sur un mode tantôt héroïque, tantôt dérisoire, parfois inquiétant. Ulrich, le personnage principal, est le seul qui en interrompe le cours pour en observer les potentialités et les effets. Il se met en congé de la vie au prix d'un pari qui le prive de ses qualités, c'est-à-dire des attributs qu'on prête à une personne à commencer par un moi propre -, et qui définissent son identité individuelle et sociale. Ce pari le voue d'abord à l'indifférence Ulrich est l'homme du
    possible, mais il le conduit aussi à un détachement propice à une expérience dont le sentiment constitue le centre problématique. La rencontre avec sa soeur Agathe, après deux parties essentiellement marquées par une aventure intellectuelle, s'ouvre sur une dimension éthique et esthétique qui figure un autre état, et qui brise l'indifférence. Cette partie du roman - la partie posthume - célèbre les noces de l'intellect et du sentiment.

    1 autre édition :

  • Job est l'histoire d'un " homme simple ", Mendel Singer, un modeste maître d'école juif qui transmet sa connaissance des Écritures à de jeunes garçons dans un village de Volhynie, province de l'empire des tsars limitrophe de la Galicie austro-hongroise. L'époque : les toutes premières décennies du XXe siècle. Job raconte un destin à la fois singulier et exemplaire : l'histoire de la famille Singer abandonnant l'univers misérable de sa bourgade russe pour émigrer à New York, est celle de l'émigration juive du début du XXe siècle. Ce roman est aussi une variation littéraire sur le mythe biblique de Job : le destin tragique des enfants et de la femme de Mendel Singer met en scène un homme profondément religieux, accablé par son Dieu pour une faute difficile à identifier. À moins que cette faute ne soit l'abandon du plus jeune fils, un enfant épileptique dont viendra finalement le salut.Pourquoi une nouvelle traduction ? Celle publiée en 1965 sous le titre Le Poids de la grâce (Calmann-Lévy, et Livre de Poche), a vieilli du point de vue stylistique : le texte de J. Roth y est gauchi par l'abus de tournures précieuses, de périphrases explicatives et d'inexactitudes. La nouvelle traduction, dont le titre reprend fidèlement celui de l'original allemand publié en 1930, (roman qui a enfin valu à JR la reconnaissance des critiques et des lecteurs), rend justice à la sobriété, au rythme et à la mélodie de l'écriture de l'auteur. Elle traduit avec justesse l'univers des bourgades juives d'Europe centrale et orientale dans un langage accessible au lecteur ignorant des réalités du monde juif de l'Est.

  • Publié pour la première fois en 1929 en Allemagne, Gauche et droite mérite d'être considéré comme l'aboutissement de la première manière romanesque de joseph Roth, qui privilégiait alors l'observation minutieuse de la société allemande et autrichienne contemporaine.
    Tout à la fois incisif et foisonnant, le roman fait s'entrecroiser les destins de deux " frères ennemis ", Paul et Theodor Bernheim, qui incarnent chacun une facette de l'Allemagne de Weimar, et celui d'un émigré russe juif, Nikolas Brandeis. Des personnages déstabilisés par l'expérience traumatique de la Grande Guerre, désespérément en quête de repères éthiques, sociaux ou politiques, tiraillés entre inquiétude existentielle et volonté de puissance.
    Avec en toile de fond un Berlin effervescent, dominé par le capital, la spéculation, le commerce, l'industrie, la finance, la presse, le cinéma, le cabaret, une métropole qui assiste sans grande émotion à la radicalisation d'un nationalisme xénophobe et à la montée du fascisme. Dix ans après la première publication de Gauche et droite, l'écrivain Hermann Kesten qualifiait encore ce livre de " roman politique berlinois d'une grande actualité, dans la lignée de Stendhal, Maupassant et Heinrich Mann ".

  • Peut-on encore courir les demoiselles de moyenne vertu passé un certain âgeoe Il semble bien que oui... à condition d'être riche, et de pouvoir résister aux tentations de la jalousie. A-t-on le droit de festoyer lourdement quand on a depuis longtemps dépassé l'âge de raisonoe Peut-être, si on ne craint ni le tourment des remords, ni les cauchemars qui vous hantent à perpétuité... Et si par malheur la vanité s'en mêle, gare aux jeunes gens mal intentionnés! Trois récits ironiques et tendres, dans lesquels Italo Svevo poursuit son incessante réflexion sur la mature humaine.

    Sur commande
  • Il est peu de pages sur la peinture de cézanne (sur la peinture tout court, peut-être) plus denses et plus justes que cet ensemble de lettres et fragments de lettres adressées par rilke à sa femme, le sculpteur clara westhoff, entre le 3 juin et le 4 novembre 1907, autour de la première rétrospective parisienne du peintre d'aix.

    Rien d'étonnant à cela. au moment oú rilke devait faire accepter à clara que chacun d'entre eux menât son combat de son côté, le plus grand exemple de cézanne, encore plus radicalement enfermé dans son travail que rodin, leur maître à tous deux, venait à point légitimer ce choix. plus profondément, en ce moment de sa vie oú le poète commencer à s'affermir, en cette année de 1907 dont l'été lui avait donné nombre de poèmes nouveaux, rilke pouvait voir dans les tableaux de cézanne le modèle le plus admirable de ces " choses d'art " objectives et " miraculeusement absorbées en elles-mêmes " auxquelles il tendait lui-même ; lui, le poète le plus exposé à voir, comme son narcisse, sa substance se diluer stérilement dans l'air.

    Ce volume constitue la traduction intégrale de l'édition préparée à insel verlag par h. w. petzet en 1983, à partir de celle réalisée sur le voeu et du vivant de clara rilke en 1952.

  • ÿþLes récits qui composent la première partie de ce volume s'ancrent dans les difficultés matérielles et morales d'une vie prise dans les tourments de l'histoire, en Russie au lendemain de la Révolution, à Paris où les émigrés russes sont condamnés à l'exil (certains récits - Indices terrestres, Le Chinois, Ta mort et Assurance sur la vie - évoquent la période passée en France). Ils traitent de sujets aussi divers et universels que la nature du sentiment amoureux, la place de l'individu face à l'Histoire, le sentiment maternel, les difficultés du quotidien.Les essais - la seconde partie du volume - sont une somme d'analyses personnelles sur d'autres écrivains, poètes et artistes (Pasternak, Mandelstam, Rilke, Gontcharova) ainsi qu'une puissante réflexion sur l'acte d'écrire (L'Art à la lumière de la conscience).Ce volume révèle encore le style novateur, singulier - fait de laconisme et de densité - d'un des plus grands écrivains russes du XXe siècle.

  • Marina tsvetaeva (1892-1941) est l'un des plus grands écrivains de langue russe du xxe siècle.
    En france, oú pourtant elle a vécu quatorze ans (de 1925 à 1939), et dont elle a pratiqué remarquablement la langue, au point de s'en servir pour écrire certaines de ses oeuvres, elle reste encore mal connue. plusieurs de ses textes ont été traduits, mais le plus souvent dans des éditions isolées et confidentielles. le moment est venu de donner au lecteur français un ensemble ordonné des écrits de tsvetaeva, ses oeuvres restituées dans leur continuité, annotées et présentées dans des traductions nouvelles.
    Ce tome est consacré à la prose autobiographique. tsvetaeva se tourne vers de mode d'écriture une fois partie en émigration : elle veut faire vivre le passé et l'ailleurs, ressusciter les morts à travers leur évocation affectueuse et lyrique. les textes, écrits et publiés par fragments, retrouvent ici leur cohérence, accomplissant ainsi le projet créateur de tsvetaeva : produire un récit subjectif des trente premières années de son existence.

  • Joseph Roth tenait tout particulièrement aux deux essais ici réunis.
    Inventaire poétique et lucide d'un univers que l'écrivain savait menacé, celui des bourgades juives d'Europe centrale et orientale, Juifs en errance analyse les raisons de sa lente désagrégation : la pauvreté qui pousse les habitants du shtetl à l'exode, la tentation de l'assimilation, le rêve sioniste. En véritable passeur de culture, le juif assimilé Roth, porte un regard bienveillant sur ces juifs à l'idiome étrange, vêtus de caftans, que l'on croise dans certains quartiers de Vienne, de Berlin ou de Paris.
    D'une toute autre nature, et par son sujet et par sa langue, qui semble celle d'un prophète des temps modernes, L'Antéchrist est lui aussi une profession de foi humaniste et une interrogation inquiète sur le devenir de l'Europe. Dans cet étrange réquisitoire contre les phénomènes de l'âge technique, on peut lire l'angoisse profonde d'un intellectuel épris de cosmopolitisme qui voit son monde sombrer dans l'exacerbation des nationalismes et le chaos infernal des dictatures.

  • " Je n'aime que les affaires privées.
    Ce sont les seules qui m'intéressent. [...] La vie privée des hommes, l'humain pur et simple, sont bien plus importants, plus grands, plus tragiques que toute votre vie publique ", déclare le héros d'un roman de Joseph Roth. L' " humain pur et simple ", voilà sans conteste ce que l'auteur est parvenu à saisir dans les nouvelles rassemblées ici, peut-être plus encore que dans ses romans. Avec une tendresse qui n'exclut pas une ironie parfois mordante, il se penche sur des destinées obscures et solitaires afin d'en faire surgir toute la richesse et le tragique - comment ne pas penser, dans ces pages, au Flaubert d'Un coeur simple, tant admiré de Roth ? Sous des dehors ordinaires, les personnages des nouvelles sont capables des passions les plus insensées, tel ce chef de gare autrichien qui sacrifie une existence tranquille et bourgeoise à son amour pour une comtesse russe.
    Il y a là des originaux comme le comte Morstin du " Buste de l'empereur ", qui ne se résout pas à admettre la chute de l'empire austro-hongrois et continue de vénérer François-Joseph Ier, ou encore Nissen Piczenik, l'humble juif ukrainien, que sa passion pour le corail mène à sa perte. Il y a aussi des victimes, innocentes marionnettes engluées dans leurs illusions, leur recherche d'un amour sincère, leur rêve d'absolu : Mizzi Schinagl dans " Un élève exemplaire ", Fini dans " Le miroir aveugle ", l'héroïne de " Barbara ", le jeune diplomate du " Triomphe de la beauté ".
    L'écriture élégante et nerveuse, le sens inouï de la concision narrative qui caractérisent aussi bien ses romans que ses nouvelles font de Joseph Roth l'un des prosateurs les plus singuliers et les plus attachants de la première moitié de notre siècle.

  • Ce livre, composé à partir d'articles, de portraits et entretiens, de rencontres avec des écrivains, vise à dessiner une histoire du roman anglais de ce siècle tel qu'il apparaît à travers vingt ans de traductions. Chemin faisant, des questions ont surgi : quelles oeuvres classiques sont encore publiées en France ? Quels ouvrages délaissés redécouverts ? Et quels auteurs récents sont-ils traduits et appréciés, tandis que d'autres, portés aux nues dans leur pays d'origine, sont négligés dans le nôtre ?

    Dans ce livre, écrit avec l'aisance que donnent des affinités et des passions longuement cultivées, tous les horizons se rejoignent : des grands modernes du début du siècle, quand l'Angleterre occupait encore une position centrale, à V. S. Naipaul ou Salman Rushdie aujourd'hui.

  • Loin d'où?

    Claudio Magris

    En exil, c'est-à-dire loin, mais loin d'où ? Fin connaisseur de la littérature autrichienne et de la tradition juive-orientale, Claudio Magris montre comment l'ouvre de Roth prend sa source dans la douleur d'une double perte : celle de l'Empire, celle du shtetl natal. Voyant se déchirer sous ses yeux cette symbiose judéo-allemande dont il était issu, Roth analyse avec acuité la montée de l'antisémitisme et du nazisme. Il dénonce aussi les dérives du communisme et la tyrannie exercée sur l'individu par un Occident axé sur le progrès technique, la réussite et le profit. Claudio Magris explore l'ouvre de Roth en l'insérant dans un plus vaste courant d'inspiration juive-orientale, celui de Cholem Aleichem et d'Isaac Bashevis Singer, entre autres, et trouve une imité dans la représentation, sous des formes multiples, du malaise de l'homme moderne emporté par les fureurs de l'Histoire, en mie fuite sans fin, à travers un monde qui n'a plus ni centre ni sens.

  • L'Adalgisa, la Connaissance de la douleur et l'Affreux Pastis de la rue des Merles sont l'oeuvre proprement romanesque de Gadda. Les deux premiers ont été écrits simultanément - la Connaissance sur le fond d'une image des Préalpes lombardes, tandis que l'Adalgisa explore le monde de la ville. C'est donc, ici, une sorte d'épopée milanaise au premier quart de ce siècle.



    Plus que jamais chez Gadda, la satire et la dérision portent la narration : le célèbre dynamisme économique de la métropole du Nord se retourne en portraits de banquiers frauduleux et d'entrepreneurs naïfs en détresse ; les ingénieurs digèrent plus qu'ils n'étudient, ou construisent des ponts qui s'écroulent ; l'aristocratie locale s'incarne dans une vieille harpie à la Goya, la bourgeoisie dans l'obsession de la descendance mâle - et les femmes y sont en proie à une libido difficilement contrôlée en direction de quelques sympathiques marlous qui, eux, préfèrent les servantes venues tout droit de la campagne.



    Mais on trouvera aussi bien ici les portraits d'une merveilleuse tendresse et, en particulier, celui d'Adalgisa, qui, après des débuts plus éclatants pour les yeux que pour l'ouïe dans la Traviata, se retrouvera veuve inconsolable époussetant les tombes du cimetière Monumental.



    Et puis, encore, comme toujours chez Gadda, des descriptions superbes où le regard réaliste s'élève jusqu'à la création d'un grand peintre.



    Traduit de l'italien par Jean-Paul Manganaro.

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