Textuel

  • Prolongeant ses travaux sur la répression, Vanessa Codaccioni analyse et dénonce les ressorts de « la société de vigilance ». Surveillance massive, appel à la délation, légitimation de la répression : une nouvelle servitude volontaire est insidieusement imposée aux citoyens qui deviennent des acteurs incontournables de cette dynamique sécuritaire.

  • Convaincue que le séisme que nous venons de traverser est l'occasion pour l'humanité de se réinventer, Monique Chemillier Gendreau, dans une démonstration implacable, élabore les fondements d'une société radicalement différente. Un pari fou? Non nous dit-elle, « l'utopie n'est pas le rêve impossible d'imaginations débridées » et elle le prouve avec une saisissante clarté.
    Parce que la situation est telle que toute reprise sur les mêmes bases conduirait à d'autres crises sans doute plus violentes, Monique Chemillier-Gendreau nous alerte sur l'impérieuse nécessité d'inventer un monde différent. C'est à l'échelle de l'humanité qu'il faut le penser. Elle propose et décrit ici les principes et institutions qui permettront à la société mondiale une conversion complète. Parmi ces dix principes qui méritent tous d'être connus et débattus, notons l'idée d'une Déclaration universelle des responsabilités humaines, sociales et environnementales « parce qu'il n'y a pas de droits pour les uns sans obligations pour les autres » ; ou encore celui qui consiste à remplacer la compétition par l'entraide, « les activités concourant au bien commun relèveraient de la protection de l'intérêt général. » Enfin, actant l'échec des Nations Unies, elle ébauche la création d'une nouvelle organisation politique universelle qui mettrait en oeuvre un nouveau pacte mondial dont les objectifs seraient : la paix, la sauvegarde de la nature et la garantie des droits sociaux universels.
    Ce texte est un jalon vers un Conseil mondial de la Résistance. Il reste aux citoyens du monde à s'en emparer pour approfondir ce qui est esquissé dans ces pages.

  • Mobilisations contre les violences faites aux femmes avec les #me too et #balancetonport, débat sur l'écriture inclusive.... : la question du droit des femmes est au au coeur de l'actualité. Cet ouvrage dresse un panorama des acquis des droits des femmes dans la vie sociale et politique : la travail salarié, la répartition des tâches domestiques, la lutte contre les violences, l'IVG. Il dénonce aussi les nombreuses résistances à l'antisexisme. Un cri d'alerte sur la fragilité des « acquis » des droits des femmes.

  • Maud Simonet met ici en question les différentes formes de travail gratuit, présentant un éclairage critique sur les frontières entre bénévolat, volontariat et salariat. Une illustration brillante du brouillage croissant entre contrainte et consentement au travail montrant comment les injonctions politiques contemporaines à l'engagement citoyen constituent la "face civique" du néolibéralisme.    

  • Le territoire, lieu de réinvention du politique. À l'heure du conflit sur l'occupation de Notre-dame-des-Landes, voici une vaste enquête de terrain qui vient combler un manque : expliquer les enjeux des luttes de résistances aux « grands projets inutiles et imposés » comme le projet de centre d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure ou la construction d'une ligne de TGV Lyon-Turrin...  En plus des gros plans consacrés à chacune des luttes, cet ouvrage souligne combien celles-ci convergent vers un mouvement commun de politisation du territoire. Ce texte à l'ambition pluridisciplinaire croise le point de vue d'un sociologue, d'un urbaniste, d'un économiste et d'un géographe.

  • Pour combattre le néolibéralisme, un populisme de gauche est-il possible ? La question est posée avec insistance après le Brexit et l'élection de Donald Trump. Mais les électeurs d'extrême droite ne sont pas des victimes dont il faudrait écouter la souffrance. On ne convertira pas leur ressentiment en révolte. Pour la gauche, il n'est pas de bon populisme. Mieux vaut s'adresser à ceux qui refusent de céder aux sirènes du fascisme : les abstentionnistes.
    La sociologie électorale débouche ici sur la théorie politique. Avant de construire un peuple, il faut construire une gauche.

  • Une analyse édifiante de la croisade réactionnaire et anti-démocratique menée par l'église catholique contre les évolutions contemporaines liées au genre et à la sexualité. Les deux chercheurs italiens révèlent la stratégie transnationale menée par le Vatican de Rome à Paris et décortiquent l'argumentaire idéologique « anti-genre » porté par les Manifs pour tous.

  • La nouvelle préface des «Nouveaux prolétaires» aborde la question des travailleurs indépendants et du phénomène de l'uberisation qui fait tant débat aujourd'hui. Quels liens entre ces indépendants exclus du cadre protecteur du droit du travail et la classe ouvrière décrite par Marx ? Quel potentiel d'organisation collective et de résistance ? Un texte important à l'heure du bicentenaire de la naissance de Marx.

  • Dé-faire la pensée d'Alain Finkielkraut, auteur de « La défaite de la pensée» est le pari réussi de Frédéric Debomy. Il livre ici l'analyse rigoureuse d'une pensée fondée sur le rejet de l'Autre et démonte la posture semi-savante de l'un des intellectuels contemporains les plus médiatisés et les plus polémiques. Un texte crucial dans ce contexte général d'abaissement du débat intellectuel.

  • « La fin du sida » : l'objectif apparait utopique, au vu des multiples défis posés par cette épidémie mondiale. Il est pourtant, en 2017, au coeur des discussions et des réflexions de la santé publique, des militants associatifs, des médecins et des chercheurs à l'échelle internationale. La rhétorique de la fin de l'épidémie illustre les évolutions sociales, politiques et médicales majeures qu'a connu le domaine du VIH depuis une vingtaine d'années. À l'heure où l'histoire de la lutte contre le sida fait l'objet d'un intérêt croissant - on pense aux films Dallas Buyers Club, The Normal Heart, ou plus récemment 120 battements par minutes - l'objet de cet ouvrage est d'éclairer les tensions sociales et politiques au coeur de la période récente. Il s'agit d'embrasser dans la même analyse des dimensions hétérogènes mais indissociables des enjeux contemporains du VIH/sida, autour de quelques questions majeure.

  • La trajectoire d'une famille, aux confins de la petite histoire et de la grande. Dans ce récit intime qui s'étend de 1930 à 2010, Audrey Célestine retrace la vie des membres de sa famille sur trois générations, des Antilles à l'Algérie en passant par le nord de la France. Les parcours de ces personnages dont les vies sont bousculées par la colonisation ou l'empire se font les témoins d'un contexte historique, politique et sociologique. En plus de nous embarquer dans ce dédale de routes passionnant, l'écriture personnelle d'Audrey Célestine, sociologue, vient incarner les problématiques de l'identité, de la racialisation et de l'expérience du racisme.

  • La défaite dans les urnes ne fera que confirmer la déroute idéologique : c'est aujourd'hui encore une gauche complexée qui échoue à contrer la droite décomplexée. La gauche gouvernementale chasse en effet sur les terres d'une droite qui braconne elle-même depuis des années sur celles de l'extrême droite. Or le « réalisme » de gauche n'est pas plus efficace que la « démagogie » de droite : ces stratégies qui se veulent pragmatiques sont vouées à l'échec. D'ailleurs la « gauche de gauche » n'en bénéficie pas pour autant dans la bataille électorale.
    Mais Éric Fassin de ne se contente pas d'une critique sans concession de la dérive droitière de la gauche de gouvernement. Il s'interroge sur comment réussir à renverser l'hégémonie idéologique qu'elle représente.
    Gauche : l'avenir d'une désillusion esquisse des pistes, à partir de la comparaison avec les États-Unis, et en recourant à l'exemple du « mariage pour tous », pour penser des stratégies visant à « reprendre la main » sur d'autres thèmes : immigration, économie. C'est récuser l'alternative entre questions « sociales » et « sociétales », classes populaires et minorités, pour repenser la question du populisme depuis la gauche.

  • Karl Marx retrouve une actualité avec la grande crise du capitalisme en ce début du XXIe siècle et l'apparition de mouvements d'indignés un peu partout sur la planète. Ce livre met alors à disposition d'un large public de courts textes de Marx, en les éclairant à la lumière des événements contemporains.
    Il permet, ce faisant, de découvrir un Marx souvent inédit, loin des lectures traditionnelles et dogmatiques : sur l'analyse du capitalisme et des classes sociales, sur l'histoire, sur les questions de l'individu, de l'écologie et de la démocratie, notamment. Lire Marx autrement aujourd'hui, c'est contribuer à repenser radicalement la critique sociale et l'émancipation pour le XXIe siècle.
    Philippe Corcuff développe ainsi un point de vue hérétique, qui bousculera tant les églises « anti-marxistes » que « marxistes ». Ce qui le conduit à récuser toute sacralisation de Marx, en pointant aussi ses contradictions, ses hésitations, voire même ses préjugés.

  • «Laïcité, radicalisation, incivilités, communautarisme, Je suis Charlie.» Philippe Blanchet livre ici une édifiante dénonciation des contenus implicites dissimulés dans ces mots et expressions piégés par nos politiques, sous couvert de la défense d'une certaine vision de la « République ». Une analyse cruciale pour s'armer face à la propagande et à l'endoctrinement véhiculés par ces mots détournés.

  • Récit d'une immersion totale dans le quotidien de nouveaux militants, vierges de toute expérience politique, qui transforment les places en nouveaux lieux de résistance. À l'heure où le rejet des professionnels de la politique ne s'est jamais exprimé aussi clairement, il est nécessaire d'écouter la parole de ces jeunes représentants de la force critique de demain. 

  • Depuis le 8 novembre 2016, les « angry white men » ont leur président.

    Désireux de satisfaire « les hommes blancs en colère », Trump a placé au coeur de son projet le rétablissement d'une masculinité - blanche - hégémonique. C'est donc sous le prisme du genre que Marie-Cécile Naves propose une lecture aussi originale que convaincante de la politique intérieure et extérieure et de la communication du 45e président des États-Unis.
    Par contraste avec Obama, qu'il qualifie de « faible », Trump se met en scène en chef autoritaire en cultivant son impulsivité et sa misogynie.
    Il vise un illusoire retour à l'âge d'or de la domination mondiale des Etats-Unis en jouant sur les peurs identitaires et la nostalgie.
    Dans un contexte où les droits des femmes sont ouvertement attaqués pour défendre un patriarcat qui se sent menacé, Marie-Cécile Naves pose cette intéressante question : le féminisme peut-il prendre la tête de l'opposition à Trump ?

  • Prendre au sérieux la question écologiste conduit à renouveler radicalement notre philosophie politique. La critique sociale s'en trouve redéfinie, la modernité technologique déconstruite. Pas moins. Car c'est à une véritable révolution culturelle dans la façon de concevoir l'avenir de nos cités humaines qu'invite ici Fabrice Flipo. Avec trois figures centrales dans cet effort de reconstruction philosophique : Jean-Paul Sartre, Jean Baudrillard et Ivan Illich.

  • Et si le roman noir constituait une entrée éclairante dans les dérèglements existentiels et sociaux contemporains ? C'est l'hypothèse de Philippe Corcuff qui voit dans le polar l'une des expressions principales d'une critique sociale radicale et d'interrogations sur le sens de nos vies. Le sociologue et philosophe prouve à nouveau sa grande originalité en faisant de la littérature populaire un lieu essentiel de ressourcement éthique. Une contribution décalée, proche de nos préoccupations ordinaires, à la question du sens individuel et collectif des existences humaines dans nos sociétés en crise.

    Sur commande
  • Quand un modeste policier enquête sur les riches et les démasque. Telle est la vision réjouissante que propose le sociologue Lilian Mathieu de la célèbre série télé américaine des années 70 ­ 80. Il démontre comment l'inégalité sociale, culturelle et financière définit les rapports entre le lieutenant à l'imper fripé et les meurtriers de la haute société californienne. Une analyse jubilatoire pour un revival nourri aux ressources des sciences sociales.

  • Philippe Corcuff lance ici un appel à la vigilance pour résister aux tendances les plus régressives de l'air du temps. Il nous alerte quant au sombre écho des années 1930 qui résonne dans l'humeur idéologique actuelle. La montée d'un " postfascisme " républicanisé - le Front national de Marine Le Pen - se développe sur le terreau intellectuel d'un néoconservatisme xénophobe, sexiste, homophobe et nationaliste.
    Terreau doté de deux pôles : celui d'Alain Soral, référence intellectuelle de Dieudonné, avec ses tendances antisémites, et celui d'Eric Zemmour aux dérapages islamophobes. Cela intervient dans un contexte où la tyrannie du " politiquement incorrect " (Alain Finkielkraut, Elisabeth Lévy, etc.) crée de nouvelles porosités et où les gauches se trouvent désarmées par des brouillages intellectuels (de Jean-Claude Michéa aux défenseurs du repli national).

  • La victoire de François Hollande est-elle le signe d'un épanouissement des idées de gauche en France ? Non, répond Philippe Corcuff. Paradoxalement, la gauche aurait gagné à un moment de décomposition avancée sur le plan intellectuel. Malheureusement semblent aujourd'hui dominer à gauche des stéréotypes, des préjugés, une pensée technocratique étroite et parfois même un anti-intellectualisme. Bref les gauches (la gauche de gouvernement comme la gauche de la gauche) circulent souvent intellectuellement sur des rails rouillés.
    C'est une rupture dans l'histoire de la gauche française que pointe l'auteur : des Lumières du XVIIIe siècle aux grandes figures contemporaines comme Sartre, Foucault et Bourdieu, les gauches se sont nourries d'interrogations critiques exigeantes et de perspectives alternatives imaginatives.

    Avec des outils empruntés à la philosophie et aux sciences sociales, Philippe Corcuff décrypte les impensés et les automatismes des ces gauches intellectuellement molles : économisme, productivisme, nationalisme, étatisme, professionnalisation politique, caricatures républicardes et laïcardes, conspirationnisme, essentialisme...
    Un pamphlet sous forme de mise en garde et d'appel à retrouver les chemins de l'alliance entre la gauche et le travail intellectuel. Un livre destiné aux citoyens critiques soucieux de quitter les chemins de la paresse intellectuelle.

    Sur commande
  • Un ouvrier, un homme ordinaire, Philippe Poutou, entre en campagne présidentielle et se heurte au mépris social. Il découvre l'oligarchie des professionnels de la politique et la condescendance de classe de ceux qui dominent la politique institutionnelle.

    Premier obstacle : l'obtention des parrainages d'au moins 500 élus locaux. Or les deux grands partis (UMP/PS) font pression sur les maires afin que de nouveaux candidats ne puissent pas se présenter. Deuxième obstacle, plus insidieux: au cours de ses passages dans les médias (comme lors de l'émission " On n'est pas couchés " de Laurent Ruquier sur France 2), on lui fait constamment sentir qu'il n'est pas à sa place. Dans une démocratie, un ouvrier n'aurait donc pas le droit de se présenter à l'élection présidentielle ?

    Un court récit à la première personne qui part de l'expérience singulière des premiers pas dans l'arène présidentielle de quelqu'un dont tout le monde semble dire qu'il ne devrait pas être là et qui débouche sur la dénonciation d'un système fermé.

    Sur commande
  • Michel Foucault est devenu une référence centrale de la philosophie politique en général et d'une bonne partie de la gauche en particulier. Ses concepts, ses analyses, sa stature intellectuelle, son modèle militant, sont souvent revendiqués. Son oeuvre est cependant passée par différentes phases et son attitude politique fut loin d'être stable.
    Ce livre offre une introduction accessible au sens politique changeant de la production du philosophe, le point d'orgue en étant ses célèbres et énigmatiques analyses sur le néolibéralisme.
    Trois grands axes de réflexions sont proposés ici :
    - la trajectoire sociale du penseur : comment et dans quelles conditions peut-on parler d'un sens politique du travail d'un philosophe comme Foucault.
    - le contenu politique de l'ensemble de son oeuvre, avant et après 1968.
    - le contexte intellectuel dans lequel il s'insère et intervient, en retraçant ses élaborations intellectuelles (depuis la fin des années 1970 jusqu'à sa mort prématurée).
    En effet, sans ces trois dimensions, il s'avère impossible de comprendre ce que peut enseigner Foucault à la gauche en général et ce qui se rapporte à l'analyse du néolibéralisme en particulier.
    Sont également analysées les faiblesses de la pensée de la gauche que Foucault a toujours diagnostiquées avec justesse même si l'on ne partage pas toutes les solutions qu'il a proposées.

empty