Vanloo

  • Le Pressentiment

    Emmanuel Bove

    • Vanloo
    • 1 Février 2016

    Paris, 1931. Charles Benesteau, avocat, a tout quitté pour s'installer seul dans un modeste appartement de la rue Vanves, dans un quartier populaire. En totale rupture avec le monde bourgeois, Charles Benesteau veut avoir une vie simple, parmi des gens simples. Une nuit, l'un de ses voisins est arrêté pour violence conjugale après avoir envoyé sa femme à l'hôpital. Charles Benesteau recueille leur fille adolescente Juliette pour ne pas la laisser seule. Loin de passer inaperçu dans le quartier, il attire sur lui le mépris et les commérages.

  • Benoit - Benoit, prénom dérivé du verbe latin benedicere : louer dieu - est un jeune homme mystique. Depuis le lycée il a un rapport privilégié avec dieu. Il vit dans un appartement de la rue d'Endoume à Marseille au 6e étage. Il sort très peu. Il passe le plus clair de son temps à écrire sur ses cahiers ce que disent les voix qu'il entend. En ce début d'été une fuite dans son appartement inonde peu à peu les étages en dessous. On a beau couper l'arrivée d'eau, les taches s'agrandissent. Rien ne peut les arrêter. Le plombier convoqué n'y comprend rien. Il se passe quelque chose. Et Benoit pour en découvrir le mystère écoute les voix avec encore plus d'attention. Arno Calleja a composé là un roman tout à la fois de la solitude et de l'amitié. On entre dans la parole des gens, elle est, jusque dans ses maladresses, la seule clé qui nous donne accès à eux. Arno Calleja ne décrit pas, ne raconte pas, il fait exister des êtres vrais, complexes et fragiles, lacunaires aussi.

  • Grotte

    Amélie Lucas-Gary

    • Vanloo
    • 30 Septembre 2020

    Le gardien d'une grotte préhistorique raconte sa vie extravagante. Alors que tout le monde désormais va visiter la réplique, la grotte authentique n'est plus visitée que par des personnalités triées sur le volet. Reclus sur sa colline, le monde entier afflue vers lui. On y verra le président et sa femme, des jumeaux, une star de la radio, un terroriste, un extra-terrestre, un sourcier, un peintre rupestre etc. L'oubli dans lequel sombre peu à peu la véritable Grotte, le fait s'interroger sur le double qui remplace la réalité, la gémellité, la subtile distinction du vrai et du faux. Il y a du Swift dans le récit d'Amélie Lucas-Gary : en ce lieu inventé (ainsi nomme-t-on la découverte d'une grotte préhistorique), se construit une satire aussi mordante que celle du maître anglais. Dans ce « trou dans la roche » se crée et s'oublie le monde. On y plonge une personnalité, en ressort un être révélé et mis à nu. C'est drôle et métaphysique à la fois.

  • Un titre simple

    Arno Calleja

    • Vanloo
    • 1 Août 2019

    Journal sans date ni repère, Un titre simple laisse l'impression d'un parcours tragique et essentiel. Des textes explorent des lieux : des rêves, des souvenirs, des espoirs, des anecdotes ; ce sont des lieux par lesquels passe l'écriture ; des lieux de corps, d'esprit, de nature, de résistance. Et l'homme revient sans cesse, pris dans la tragédie de faire naître et mourir aussitôt par le seul et unique acte d'écrire.
    Les textes sont tissés d'actions impensables et de discours aberrants le trivial s'engage sur les chemins du fantastique, par déraillements successifs de la pensée au cours de véritables fabliaux ultramodernes où philosophie burlesque et prédictions funestes trafiquent de concert l'aiguillage entier du cerveau même.

  • Perpétuelle félicité

    Florence Andoka

    • Vanloo
    • 24 Octobre 2020

    Voici Agathe, Lucie et Marie devenues saintes. Leurs corps martyrisés de ne s'être pas assez donnés ou de s'être trop donnés. Trois hagiographies à la façon Légende dorée de Jacques de Voragine. Il est question de corps découpés, la voie de la sainteté. Lorsque l'homme écrit corps de la femme il veut dire sexe. La femme n'a pas de corps, c'est un sexe. En décidant quel usage elle veut en faire, elle s'invente un corps. C 'est ainsi qu'elle accède au martyr. Florence Andoka dit ces trois passions charnelles et incarnées. On y trouve le désir dont les hommes se voudraient l'exclusif objet. Hélas ! De ces femmes libres on fit des saintes après les avoir détruites. Des questions qui s'écrivent encore au présent.

  • Chrome

    Guillaume Dorvillé

    • Vanloo
    • 24 Octobre 2020

    Guillaume Dorvillé écrit des poèmes en séries de 50. Ce sont des poèmes qui pensent à des poèmes de Richard Brautigan, Charles Bukowski, Raymond Carver ou autres. Ce sont des poèmes qui n'ont rien de poétisant. Ils ne parlent pas d'âme, de fleurs, de lacs, et rarement d'amour. Ils partent en rafales. Les idées s'enchainent. Ça joue des coudes. Les poèmes font avec la vie d'aujourd'hui : des souvenirs de dessins animés, des personnages à éviter, des choses à rire et des choses à boire. Ils jouent aussi avec les mots. Ils parlent à tout le monde puisque tout le monde joue avec les mots, même les bébés. Et des impressions. Et des répliques qui ne sont pas les siennes mais celles d'un film. Et qu'on répète. Les poèmes de Guillaume Dorvillé sont les phrases qu'on aurait bien aimé dire, et celles qu'on aurait dû taire. Avec la chose langage il fait des poèmes sans poéticité, des choses à dire donc.

  • Chroniques d une branleuse

    Anne David

    • Vanloo
    • 2 Février 2015

    Anne David est une branleuse parce qu'elle est au chômage. Nous n'attendrons d'elle ni grandes phrases ni régularité. Dans la perspective de nos feuilletons c'est un lourd handicap ; c'est pourquoi nous lui ouvrons une page, qu'elle remplira à sa guise, tout comme s'il s'agissait d'un blog en un peu moins bien.

    Issue de la génération numérique, pas celle qui baigne dedans mais celle qui le découvre sur le tard, elle pense être geek car elle joue à des jeux. La brièveté de ses réflexions tient donc plus au temps de lecture qu'on vous accorde sur facebook qu'à une quelconque pensée trop courte.

    Elle vit dans le chômage, un coup-ci, un coup-là, c'est dire qu'elle n'a pas le temps de chômer, car chaque période d'inactivité est consacrée à la rédaction de nombreuses lettres de demandes, de démarches administratives et de comptage des dernières pièces dans sa poche. Tout le monde connait ça, non ? Entre toutes ces exaspérantes occupations, elle trouvera le temps de nous faire partager son quotidien, et les cruelles réflexions que vous inspire cette mise au ban de la société, ce petit fonctionnement pervers de notre petit monde occidental où on vous détruit gentiment mais patiemment toute estime de soi et où seuls les mégalos, les égocentriques et les salauds arrivent à s'en sortir, jusqu'à n'être bientôt plus que les seuls à avoir droit de cité. Les chroniques d'une branleuse, c'est, dans l'hypocrisie générale, une bulle d'air pour un cerveau encore honnête avant de se faire totalement détruire.

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  • Imaginez que vous êtes né dans une petite ville de province, genre une zone commerciale et quelques maisons autour ; vous vous faisiez tellement chier en étant gamin que vous engueuler avec votre grande soeur était une chouette distraction et plus tard, ado, éviter les coups de carabine du vieux facho du coin était encore plus excitant que sniffer de la colle.
    Ou pas besoin d'imaginer, vous l'avez vécu, vous avez grandi là, alors vous comprenez au plus profond de vous ce cri du coeur qui est le titre Un peu plus ample un peu moins moche.
    De toutes ces saynètes Grégoire Damon tire l'irrépressible envie de s'enfuir pour survivre. On meurt très sûrement de la laideur. Et puis zut ! il y a plein de choses dans ce « pas ample », ils sont drôles, débiles, méchants, ils sont ce qui nous fait, nous donne cette sensibilité à la bêtise des poules, cette fierté à mater les seins de la bouchère comme première, et ultime, expérience érotique.
    Ce qui est moche nous hante, on n'en sort jamais, on se le garde, les bras ballants, dépités, car c'est encore notre art et notre faculté de juger.

  • Célébration

    Jérôme Bertin

    • Vanloo
    • 1 Novembre 2017

    Le dernier roman de Jérôme Bertin se passe tout entier dans un HP. Il s'appelle Célébration parce que, en tant que poète, il serait temps que Jérôme Bertin célèbre la beauté du monde ou au moins qu'il mette un peu d'enthousiasme à s'extasier sur les fleurs qui poussent entre les pavés. Voilà pourquoi nous avons mis une fleur sur la couverture de son livre.
    Cela part d'une TS, ça finit en HP. Presque un parcours initiatique, et pourtant on le dirait déjà mainte fois répété. Sur le chemin : l'obèse infirmière cruelle, le psychiatre dépressif, les autres malades. Le chemin de croix des asociaux, des futurs SDF, l'enfer vu du dedans...
    Célébration, c'est un conte. Débité crument. Une langue qui cisaille. C'est un bout de vie tout simplement déballé avec tout ce qu'elle a saisi au passage, la violence, la tendresse, la peur, la détresse. Comment cette vie qui laisse tout son jus dans l'écriture émerge à nouveau au fil des rencontres, des journées qui passent dans l'ennui, l'atmosphère médicamenteuse de l'HP, la lutte contre soi... Célébration, avec toute l'ironie que renferme le terme, c'est peut-être bien ça : une renaissance.

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  • Cas soc'

    Jérôme Bertin

    • Vanloo
    • 15 Octobre 2018

    Cas Soc' c'est l'errance éternelle du marginal, pauvre parmi les pauvres, crasseux parmi les crasseux, empathique de la misère d'autrui car il est la misère incarnée. Jusque-là, le corps, avec ses besoins, ses excès, sa désordonnée puissance et son invincible fragilité permettait à Bertin de mener sa barque sans couler dans le fleuve de merde. Passé la quarantaine, les corps ne peuvent plus grand-chose. Surtout pas de se croire invincible. Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable disait Romain Gary, lui aussi cherchait comment survivre encore à la vie. Jérôme Bertin poursuit sa vieillesse en poursuivant les vieilles, pas pour les rattraper (c'est plutôt elles qui le rattrapent...) mais pour voir comment ça fait, comment ça sera, l'au-delà du ciel...
    L'écriture de Bertin est de plus en plus riche et limpide, au fil des romans il se forge un style fait de précision et de fulgurances. Le rythme y est à la fois doux et effréné, l'enchainement des épisodes et des rencontres est comme un désir de satiété jamais achevé.

  • Barnabas

    Aldo Qureshi

    • Vanloo
    • 16 Octobre 2018

    Les 98 poèmes de Barnabas font écho aux 105 poèmes de Made in Eden (éditions Atelier de l'agneau, 2018), voyage à travers le territoire intime, sous l'entité microcosmique d'un immeuble, où chaque appartement pouvait être un poème, chaque pièce une excavation dans l'espace du corps poétique, chaque habitant une part d'un seul individu, un repli de lui-même, un revers de l'entendement à exhiber ou à cacher, c'est selon.

    L'oeuvre d'Aldo Quereshi se construit en strates de recueil en recueil. Il n'y a pas de temps au poème, chacun étant l'immédiateté grouillante. Les corps se chosifient, leur usage est intempestif. l'espace du poème est celui de la circulation entre les corps, stratégie d'évitement, et, dans l'espace créé (souvent avec ironie) exhumer ce qui n'est pas d'usage, ce qui ne sert à personne, la langue peut-être, dans son attente, sa tromperie, sa vérité surgissant du hasard.

    Une conscience, toujours la même ou différente, on ne sait, se heurte à « quelque chose du quotidien ». Interrogation, confrontation, réflexion, qu'importe, c'est le langage qui compte, et sa rencontre avec une forme de réel, peut-être celle qu'il crée d'ailleurs, qui l'émiette. L'impression d'ensemble est de voir dans un miroir brisé.

  • Call-center

    Florence Andoka

    • Vanloo
    • 1 Mars 2019

    Call-center est un long et unique poème de souffle et de soupirs mélangés. Poème du sexe et de la jouissance. Poème du peine à jouir surtout, de l'interdit du sexe dans ce petit univers Call-center (travail où même les pauses pipi sont chronométrées), du beau monde de l'entreprise, du joli monde tout court où jouir est mal, où le plaisir n'existe pas s'il n'est au service de... d'un vague dieu social et monétaire sans doute, ode à gagner du fric et à entrer en mécanique, comme si l'individu devait à toute force être un rouage d'une immense et démiurgique machine. La langue jouit, restreinte et compressée, éclatant de fureur au milieu du Call-center, abattue et pendante, la langue bave après s'être esclaffée, vibrante encore dans sa petite mort scandaleuse ici-bas.

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  • Villa Air-Bel

    Bruno Leydet

    • Vanloo
    • 1 Septembre 2015

    Marseille, été 1940. Giuseppe n'en peut plus. Giuseppe est aux abois. Poursuivi par les nervis de Mario Mangravitti, soupçonné par la police pétainiste, trahi par son meilleur ami. Que va-t-il devenir dans cette ville métamorphosée en « territoire de proies terrorisées » ? Il se présente au Comité de Secours qu'a créé l'Américain Varian Fry. Oui, mais que faire quand on s'appelle Giuseppe Balbo et qu'on est comédien d'opérette marseillaise ? Artiste, Giuseppe ? Pas sûr. Intellectuel ? Encore moins. Peu de chance donc de faire partie de ceux que le Comité aide à quitter l'Europe. Pourtant, il parviendra à trouver asile dans la fameuse Villa Air-Bel, où résident certains des artistes les plus marquants de l'époque, André Breton en tête. Scènes comiques et choc culturel garantis. Confronté malgré lui aux personnalités de l'avant-garde culturelle, à leurs jeux insolites, à leurs débats jusqu'à pas d'heure, Giuseppe finira par trouver sa place auprès d'eux.et même par y rencontrer l'amour !

  • Poils d'ivresse est un ping-pong poétique qui commence par l'admiration de la lune - on fait de la poésie tout de même! - et se poursuit par un flirt des plus érotiques entre les deux auteurs. L'écriture est d'abord un jeu entre deux esprits et puis cela devient un jeu sensuel, un jeu sensuel du sens... Puis apparaît la faille, le jaune. Le jaune de la lune qui repeint tout en jaune, qui remplace tous les mots pas le mot « lune ». Ce jaune qui dégouline comme une douche dorée, ce jaune de l'étoile jaune, ce jaune nauséabond, et comment comment puis-je parler de la lune après cette semaine de défilé néo-nazi ? (p.35) Le poème se tord, il n'ignore rien du monde, le poème fait sa fête, la dernière, celle où on danse sur les ruines, juste avant sa mort.

  • Alexandre Marius Jacob accoste sur l'île du Salut le 13 janvier 1906. Après avoir fait rire la France entière lors de son procès, l'illégaliste va vivre 26 années d'enfer au bagne de Cayenne. Ce livre en est le récit.
    La guillotine sèche, c'est le surnom de l'île. Les forçats y meurent comme des mouches : mauvais traitements, malnutrition, maladies. Attila fera vingt tentatives d'évasion. Sa peine en sera chaque fois allongée.
    On en suit l'une des plus horribles : celle où le passeur abat ses clients pour leur dérober l'argent qu'ils cachent sur eux. Pour cela il devra découper leur cadavre. Marius en réchappera de justesse !
    Après cet épisode dramatique, son ami Blaise Cendrars réussira enfin à le faire évader, s'ensuivra la fuite à travers l'Amazonie, la lutte contre les bandeirantes et les esclavagistes, la découverte des Indiens. La liberté retrouvée est l'occasion d'une explosion de vie. Mais il est repris. À sa libération, c'est un vieillard, mais il n'aura jamais renoncé.

  • Ga

    Khalid El Morabethi

    • Vanloo
    • 1 Mars 2019

    GA se conduit comme une automobile. Il faut savoir conduire. Il faut savoir où on va. Vers la dernière phrase. La plus importante du livre. Qui ne dit rien si on n'a pas suivi le manuel d'utilisation. Le manuel d'utilisation de la langue de GA. Qui s'apprend par coeur en conduisant GA. Ce n'est pas mystérieux. C'est juste qu'on ne sait pas. Après avoir obtenu son permis tout est plus simple. Il n'y a même plus besoin de le dire. On conduit GA de plein de façons différentes.

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  • Jours de manif à L.A.

    Suf Marenda

    • Vanloo
    • 22 Mars 2020

    Jours de manifs à L.A. s'inscrit dans la pure tradition de la poésie de voyage, de Ronsard à Du Bellay, de Cendrars à Segalen.
    La découverte avec des yeux réels d'un lieu lointain mais mythique, c'est-à-dire faisant corps avec votre l'imaginaire. Si c'est pas un lieu mythique, pas la peine d'y aller.
    L'auteur est le naïf. Il va voir des expos, prend des taxis, tourne dans Los Angeles, va chez les gens, analyse leurs bibliothèques, terrifiant ! ici rien n'est fait pour lui. Il devient anthropologue d'une violence jusqu'alors de lui inconnue.
    Puis il devient politologue de l'humain très humain : à L.A. Il faudrait changer quelque chose, en France on ferait quelques manifs, mais à L.A. Avec qui peut-on manifester ?
    Tout le monde s'en fout ! Le Français pose alors LA question : Mais comment peut-on être Los Angelais ?
    Ce qu'il voit n'est donc pas ce qu'il aurait voulu voir. Et c'est tant mieux. Il prend des accents ou de la musique pour des mots ! Il prend des sons de là-bas et les balbutie en mots :
    ça devient la langue étrange de l'ailleurs !
    Une façon de retrouver les valeurs du voyage, quand l'altérité (qu'on croit pourtant connaitre) vous bouleverse et remet en cause votre vision du monde.

  • Suite logique

    Hugo Pernet

    • Vanloo
    • 1 Mars 2019

    La parole d'Hugo Pernet est rare. Elle est brève aussi. Elle presse du quotidien ce qui est hors de question. Ce qui s'oublie, avant d'avoir pu le formuler. Le passage du concret au poétique. Le concret répété, résistant donc. Résistant au lavage et gardant ses couleurs (son frontal obséquieux), et pose la question au poète : si je vis bien, je ne peux être poète. Le poète y répond sans ambages : si je le suis je le suis (poète). Voilà pourquoi la parole est rare : entre le quotidien et elle, il y a ironie tautologique : le présent se redit puis s'oublie, la parole indélébile est unique.

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  • Du repentir

    Michel de Montaigne

    • Vanloo
    • 1 Mars 2019

    Essais livre III chapitre 2 "Du repentir".

    "Les autres forment l'homme ; je le recite et en represente un particulier bien mal formé, et lequel, si j'avoy à façonner de nouveau, je ferois vrayement bien autre qu'il n'est. Mes-huy c'est fait. Or les traits de ma peinture ne forvoyent point, quoi qu'ils se changent et diversifient. Le monde n'est qu'une branloire perenne. Toutes choses y branlent sans cesse : la terre, les rochers du Caucase, les pyramides d'Ægypte, et du branle public et du leur. La constance mesme n'est autre chose qu'un branle plus languissant."

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  • Outre-flaques

    Simon Brown

    • Vanloo
    • 1 Mars 2018

    Outre-flaques est un livre qui explore une certaine matérialité poétique, une matérialité très américaine. Celle que connait Simon Brown, transitoire et dévorée, hors les villes et hors les steppes.

    Voici comment il définit l'idée d'outre-flaque : « L'outre-flaque est contradiction : elle contient et rejette du même coup. Ne pouvant posséder, elle refuse la possession, brasse la matière (que nous sommes) : syntaxes, végétaux, cousines, cousins. » La poésie d'Outre-flaques est celle d'une syntaxe qui trop-embrasse mal-étreint, elle a des trous dans les bras d'où les mots s'échappent et manquent, cette syntaxe-là est un tube de dentifrice qu'on écrase, ne reste que la matière blanche sur un sol jamais assez propre.

  • Depuis le milieu des années 70 les chantiers navals n'en finissent plus de mourir. De repreneurs en crises économiques, c'est l'histoire de toute l'industrialisation française que Fabienne Sartori retrace. Ces chantiers navals là ; elle ne précise jamais lesquels, car ce n'est pas une monographie qu'elle écrit, mais une histoire générale, celle de la disparition programmée de l'identité ouvrière.

    La forme, c'est les nouvelles, rarement aussi bien nommées : à la fois des "petites histoires" et des "brèves" de journaliste.

    On a donc un récit fragmenté : tantôt le père parle et évoque ce qu'est le travail de menuisier, tantôt on évoque la vie des enfants d'ouvriers, ceux qui n'iront pas au chantier, ou de ceux qui sont poussés vers le chômage ; et puis s'enchaîne le récit des errances, entre ANPE et Pôle Emploi, et petit à petit, cette histoire principale : la fin de l'identité ouvrière et la captation d'un héritage culturel par d'autres classes de la population, qui vient visiter la mémoire des autres au cours d'incessantes randonnées touristiques.

    Dans un monde où les vies deviennent des objets de tourisme, où toute culture est marchandable finalement, Fabienne Sartori porte la parole de l'ouvrier, en mêlant son propre passé avec son savoir universitaire. Reprendre le discours sur sa propre histoire c'est combattre ce colonialisme de l'intérieur, la condescendance de la bourgeoisie sous toutes ses formes : paternaliste, financière ou bobo qui prétend toujours apporter la civilisation à ceux qu'elle spolie.

  • 30 tours de stade

    Philippe Hauer

    • Vanloo
    • 11 Juin 2015

    Ces chroniques sportives, ce sont : des récits de matchs plus vibrants qu'à la radio, une description des maillots des joueurs plus pointue que dans Vogue, le sexe des joueurs, leur âge, leur tour de taille, les faux rebelles, les vrais résistants...

    À la manière d'un journaliste de l'Équipe qui serait tombé dans la marmite, Philippe Hauer commente le sport au jour le jour et se moque allégrement de cette authentique passion, qu'il a jusqu'au bout des doigts, et dont il sait pourtant qu'elle le fait complice d'une grand messe du mensonge passionné.

    Spectateur empathique et lucide, ce livre compose une critique sociale : une analyse fine des peurs, des préjugés, et de la méfiance qui animent notre société. Les pages se tournent comme on rentre dans une maison bien rangée : ici remis à leur place, le poids de la famille, le racisme, l'homophobie, la misogynie, le mépris des trop gros, des trop petits, la haine de l'autre en général sont soigneusement décortiqués. Philippe Hauer n'a pas la vision frigide d'un observateur détaché. Il jette un regard amoureux sur les gens avec ce qu'ils ont de vil, avec ce qu'ils ont de grand.

    Le sport est le plus grand spectacle, celui que la société se donne à elle-même, à grande échelle ; c'est même devenu l'unique véhicule des valeurs sociales, voilà pourquoi on peut en rire : le sport est le miroir de nos rêves et le révélateur de nos êtres.

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  • De quoi rêve une strip-teaseuse au chômage ? D'argent ? Mais Denise en a ! Une pleine valise de billets piquée à un client. Ce qui l'oblige à s'enfuir et recommencer sa vie ailleurs.

    Gilles Del Pappas et Anne-Marie Thomazeau vont alors lui tricoter une aventure au goût de sable et de sel : direction l'Afrique pour un remake du Salaire de la peur !

    Dans le Sahara occidental, se joue une partie de l'histoire de l'Afrique autour d'un antique Grimoire : certains voudraient le laisser fermé à tout jamais, d'autres veulent en découvrir les secrets.

    Une guerre mystérieuse et sanglante a lieu sur les pistes que va emprunter Denise. Elle verra des créatures émerger des dunes, certaines ennemies, d'autres qu'il lui faudra apprivoiser, comme ce grand baroudeur roux qui ressemble furieusement à un renard.

    De quoi rêve une strip-teaseuse en rupture de ban ? A vous de voir.

  • Maria Quèè

    Bernard Madonna

    • Vanloo
    • 1 Février 2018

    Maria du Sel, dit Maria Quèè. Quand on lui pose une question, elle vous en pose une autre. Gracieuse et légère : Quèè ? Regard d'incompréhension totale, oeil vide, élégance grotesque de la bêtise. Et pourtant.

    Dans ce deuxième opus de la série Faraman, Bernard Madonna nous plonge dans le rapt étrange et délirant de la pauvre Maria. Parfaite victime de la perversion des hommes, elle est celle qui se laisse faire. La prisonnière à qui, peu à peu, on arrache toute humanité. Et pourtant.

    Du fond de sa stupeur hébétée elle est la seule à être lucide sur l'inspecteur Hublot. La seule à le comprendre. Et ce lien ténu qui s'est créé entre eux est le seul qui la raccroche à la vie. Encore faut-il que l'inspecteur Hublot arrive à temps pour la sauver.

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