Blandine Kriegel

  • Longtemps, Spinoza a été considéré comme marginal, archaïque, et même " médiéval ". Sa philosophie est, en effet, étrangère à la voie moderne principale portée par Descartes, Kant, Hegel, celle de la philosophie du sujet et de l'esprit qui a exalté le " j

  • À l'heure où, partout dans le monde, les peuples se tournent vers la république démocratique, mais à l'heure aussi où l'Europe hésite à bâtir une république commune, que sait-on véritablement de l'histoire de la république européenne ?
    Est-elle issue, comme l'affirment nombre d'historiens anglais, des cités antiques et médiévales ? Est-elle née, comme le voudrait un préjugé francocentrique tenace, de la Révolution française de 1789 ?
    En contournant ces deux généalogies, trop longue ou trop courte, la philosophe Blandine Kriegel retrace ici une histoire originale et inédite de la république moderne. Celle-ci naît en effet de la rencontre inattendue des traditions des républiques de cité et de celle du droit politique moderne de l'État qui permet à l'insurrection des Pays-Bas néerlandais de vaincre le despotisme impérial de Philippe II. Mieux, tous les États-nations européens, au premier rang desquels la France et l'Angleterre, contribuent à sa victoire. Mieux encore, le droit politique neuf de cette première république d'État qui s'affiche dans les discours de Guillaume d'Orange, véritable « Prince moderne », comme dans les Déclarations d'indépendance des Provinces-Unies, est rédigé par des Français, protestants et « politiques ». L'épilogue de cette histoire culmine avec le « Grand Dessein » d'Henri IV et de Sully de construire une république européenne... devant laquelle nous trébucherons encore.
    La république moderne, une idée européenne ? Ou quand le retour sur le passé peut permettre de frayer la voie à l'avenir.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Qu'est-ce que la citoyenneté? Comment peut-on intégrer de nouveaux arrivants dans une société qui a ses règles? Peut-on aliéner sa souveraineté dans une confédération plus large comme l'Europe?... Professeur de philosophie politique, l'auteur nous livre ses réflexions, qui reposent sur des conceptions philosophiques de la politique, de la citoyenneté, de l'Etat, ébranlant nos certitudes.

  • Malgré la confusion, largement entretenue, entre le subjectivisme, les droits de l'homme et l'école du droit naturel, nous voudrions suggérer une distinction. Loin de former un ensemble homogène, l'école du droit naturel est divisée... Fondamentalement, la discorde réside dans la reconnaissance ou le rejet de la loi naturelle. Toute l'école reconnaît le droit naturel, mais toute l'école n'accepte pas la loi naturelle.

  • Etat ou société civile ? République ou Empire ? Le progrès par le social ou par le droit ? Les droits de l'Homme ou la loi des Etats ? « Nature est un doux guide » ou « Devenir maître et possesseur de la nature » ? Les querelles françaises les plus actuelles sont aussi les plus anciennes, et elles n'ont pas fini d'animer notre opinion publique. En répondant aux interrogations sans concession du journaliste Alexis Lacroix, la philosophe Blandine Kriegel, faisant retour sur son propre parcours, tâche d'éclairer la généalogie de ces querelles et de clarifier ses principales réponses. Au début des temps modernes, émerge dans la construction de l'Etat souverain, l'idée de République. Pourtant, malgré ses triomphes déjà anciens, la République connaît plusieurs dérives impériales et semble incertaine de sa durée et de ses concepts. N'existe-t-il pas « un reste impérial » au coeur de la souveraineté ? Comment interpréter les conflits de l'histoire du droit qui rappochent ou écartent la République moderne du droit ancien ? Comment expliquer que le droit soit devenu le parent pauvre du social, alors que la recherche de la justice est une grande cause nationale, sinon par un approfondissement des conflits philosophiques qui séparent les deux grandes voies de la modernité dans leur rapport à la Révolution ? Les idées peuvent avoir un droit de suite en politique. Blandine Kriegel les associe librement à l'histoire récente, en montrant comment sa génération s'est efforcée, dans l'immédiate après-guerre, jusqu'en 1968, de procéder à ses risques et périls, à une nouvelle invention de la liberté.

  • HISTOIREL'homme ne vit pas que de pain. C'est ce qu'ont enfin compris, après cinquante années de suprématie de l'histoire économique et sociale, les historiens. L'histoire politique revient au premier plan. Chacun redécouvre l'importance de la philosophie politique et des sciences administratives et juridiques pour comprendre les règles et les écarts du développement politique occidental.Quelle est la nature du pouvoir moderne : a-t-il emprunté au droit romain, à l'Empire allemand ? Et comment contrôler la croissance de l'Etat ? A ces questions redevenues essentielles, Blandine Barret-Kriegel répond en examinant le processus d'élaboration du pouvoir. Elle explique comment l'Etat administratif l'a emporté sur l'Etat de justice et ce que notre citoyenneté démocratique actuelle doit à l'Ancien Régime.Brillant et incisif, les Chemins de l'Etat renoue avec la grande tradition de l'Ecole française d'histoire politique et permet de saisir l'origine et les structures de notre Etat-providence.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Il n'y a pas si longtemps, la philosophie est passée de l'autre côté du miroir et, réduite à un reflet, sa voix s'est évanouie. On n'entendait plus les philosophes. Chacun, rangé sous son clocher, cultivait son jardin : science, histoire ou politique, selon l'humeur des gens et des jours. Qui donc a chassé l'écho de la parole philosophique, sinon le pouvoir ? Pouvoir de la science, pouvoir de l'histoire, pouvoir du pouvoir. Mais, comme l'explique Jean-Toussaint Desanti dans ces entretiens conduits par ses anciens étudiants, Blandine Barret-Kriegel et Pascal Lainé, il y a pouvoir là où s'installent le silence et la barbarie. Il y a silence et barbarie là où sont assignés, discrètement, en des citadelles retranchées, les spécialistes. Tout devient difficile et étranger, et tout nous condamne à l'enfermement, quand le savoir se partage en appropriations privées. Vienne alors la philosophie du voyage, qui brise les frontières et démasque les secrets pour révéler à tous les usages de fabrication, rendre la parole confisquée, et mettre fin à la terreur des discours. Le temps revient où la voix - qu'on disait muette - d'un philosophe comme Desanti, se fait entendre.

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