Sciences humaines & sociales

  • Ce livre propose une lecture philosophique du rêve. Il contient l'histoire détaillée et richement documentée des recherches qui ont été consacrées, tout au long du dernier demi-siècle, au "sommeil paradoxal" et au rêve.
    L'auteur met de l'ordre dans le foisonnement des hypothèses et des interprétations. Il présente les multiples directions amorcées, abandonnées puis reprises et repensées par les chercheurs. Jusqu'où s'étend le parallélisme entre le fonctionnement du cerveau et celui de la pensée ? Quelles pourraient être les fonctions du rêve dans l'individuation du cerveau ? Quel est le rôle des gènes dans les mécanismes oniriques ?
    L'ouvrage est préfacé par Michel Jouvet, membre de l'Institut (Académie des sciences), neurophysiologiste, fondateur de la physiologie contemporaine du sommeil et du rêve. Claude Debru est professeur de philosophie des sciences à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, correspondant de l'Académie des sciences et membre de l'Académie allemande des sciences de la nature Leopoldina.

  • Personnalité hors normes, à la fois philosophe et médecin, Georges Canguilhem (1904-1995) a communiqué à la pensée philosophique française un élan nouveau, par la puissance d'une réflexion menée au carrefour des pratiques humaines, des sciences, des techniques et de la médecine.
    Cet ouvrage commente certains aspects toujours actuels de son oeuvre : la rationalité du pathologique et la normativité humaine, la nature de l'histoire des sciences et celle de l'activité scientifique, les rapports entre science et non-science. Rédigé par un élève de Georges Canguilhem, ce livre est une contribution à sa mémoire et un appel à suivre sa voie.
    Claude Debru est professeur de philosophie des sciences à l'École normale supérieure.

  • Ce livre propose une réflexion dialoguée entre un philosophe des sciences et un psychanalyste. Il mêle des considérations théoriques - positions de philosophes sur le croire, évocation des sciences cognitives et des théories évolutionnistes - et les réflexions et constats d'un soignant. Sur ces deux registres, il propose un échange où s'expriment des différences et des complémentarités. La discussion n'est pas linéaire et ordonnée comme le serait un traité sur la croyance, elle procède par détours, points et contrepoints, à la recherche d'un accord et d'une consonance, à partir de discours aux tonalités différentes. Constatant que le croire est profondément enraciné dans le psychisme au point que le croyant peut s'identifier à ses propres croyances dans le fanatisme, les auteurs interrogent ce phénomène. Ils soulignent certaines limites de la pensée philosophique sur le croire, s'éloignent de l'érudition pour faire appel à leur propre expérience, rappelant la force du lien qui s'établit, au début de la vie, entre le jeune enfant et ceux qui l'entourent. Cette force est celle qui unit la croyance à son objet. Le lecteur est invité dans l'intimité d'un dialogue où deux penseurs se livrent de façon assez personnelle, se répondent, convoquent aussi de grands auteurs et le présent du monde, au fil d'un cheminement intellectuel inspiré et inspirant. Claude Debru est philosophe, professeur émérite de philosophie des sciences à l'École normale supérieure, membre de l'Académie des sciences. Frédéric-Pierre Isoz est psychanalyste. 

  • La publication presque simultanée de L'Ordre biologique d'André Lwoff (1969), de La Logique du vivant de François Jacob (1970), du Hasard et la nécessité de Jacques Monod (1970) et les débats qui s'ensuivirent, ont constitué un moment fort de la vie intellectuelle française. Comme il serait difficile aujourd'hui d'imaginer des échanges analogues, réunissant philosophes et scientifiques autour de questions aussi fondamentales que la nature de l'objectivité scientifique et l'explication des phénomènes vivants !
    Le contexte scientifique et culturel explique la genèse de ces trois ouvrages et les réactions qui suivirent leur publication. Dès 1971, un bel article de Georges Canguilhem en soulignait les convergences. Ce livre montre qu'ils sont le fruit des avancées rapides survenues dans la description moléculaire des organismes vivants. L'impact de ces découvertes est d'autant plus important en France que les transformations précédentes des sciences du vivant, l'essor de la génétique et de la synthèse moderne dans les années 1930 -nouvelle version de la théorie de l'évolution-, y étaient passés inaperçus.
    Ce recueil vise à rappeler, mais surtout à faire mieux comprendre, ce moment exemplaire des relations entre la science, notamment la science du vivant, et la philosophie.
    Avant-propos de Pierre Nora

  • Voici un état des lieux de la formation et de la recherche dans une discipline de sciences humaines, la philosophie, mais il aborde aussi des questions aussi décisives que la place de la philosophie dans la culture, les contenus et les méthodes de la philosophie, et au-delà de la discipline, les questions relatives aux pratiques nationales de la recherche. Il constitue à la fois un livre blanc des réformes en cours en Europe, et une contribution aux débats publics sur les questions universitaires fondamentales.

  • Au cours de ce symposium interdisciplinaire et interacadémique, des personnalités actives dans les divers domaines des sciences pures ou appliquées dialoguent avec des historiens et philosophes des sciences pour étudier les processus de la création et de la découverte scientifique et établir dans quelle mesure l'imagination et l'intuition y jouent un rôle. Les auteurs se demandent si les sciences de la nature et les techniques se développent selon des critères rationnels rigoureux, ou si et jusqu'à quel point des mouvements de spontanéité imprévisibles influencent le progrès scientifique. Que se passe-t-il lorsque le développement expérimental et la maturation des concepts théoriques conduisent à des idées nouvelles et parfois visionnaires, qui agissent en retour sur la pensée scientifique et l'inspirent ? Ces questions seront débattues à l'aide d'exemples historiques et contemporains, allant des sciences mathématiques aux sciences de la vie et à la technique.
    R. Balian, P. Bruno, P. Buser, M. Carrier, C. Debru, J. Dercourt, A. Fagot- Largeault, E. Ghys, M. Jeannerod, Y. Jeannin, J.-P. Kahane, A. Kleinert, E. Knobloch, P. Léna, Y. Meyer, W. Michaeli, B. Parthier, H.-J. Rheinberger, B. Saint-Sernin, G. Wolters.

  • Longtemps, scientifiques et philosophes ont parlé à l'unisson d'un seul et même temps. Le temps de l'homme était intégré dans le temps de la nature. La science moderne a considérablement modifié cette perspective. Elle évoque désormais un divorce possible du temps de la physique et du temps de la psychologie. Quelque chose a été rompu. Pierre Buser et Claude Debru reviennent, dans ce livre magistral, sur l'évolution de notre conception du temps, à travers les époques, mais aussi les disciplines. Alors que la physique d'aujourd'hui discute beaucoup de la réversibilité du temps, la psychologie et les neurosciences se tournent volontiers vers deux autres facettes : l'instant présent et la perception du futur immédiat, ce « sens du futur » qui peut être cerné avec une rigueur scientifique. Il n'est donc désormais plus question d'un temps unique. En créant son propre temps, l'homme a fini par en comprendre la singularité par rapport à un temps physique lui-même démultiplié et diversifié. Une réconciliation entre ces différents temps, de plus en plus antagonistes, est-elle encore à ce jour envisageable ?Pierre Buser est professeur émérite de neurosciences à l'université Pierre-et-Marie-Curie à Paris. Il est notamment l'auteur de Cerveau de soi, Cerveau de l'autre et de L'Inconscient aux mille visages. Claude Debru est professeur de philosophie des sciences à l'École normale supérieure. Tous deux appartiennent à l'Académie des sciences.

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