Didier Gallot

  • Depuis près de trois décennies, nous assistons à une reprise en main de la justice par le pouvoir. La création du Parquet national financier (PNF) le 6 décembre 2013 en constitue l'ultime étape. En regroupant à Paris toutes les affaires politico financières sous l'autorité d'un seul procureur, nommé par le président de la République, l'Élysée tient désormais tout en main. Dans un essai historiquement et solidement étayé, l'ancien juge d'instruction Didier Gallot, fort de son expérience de magistrat et de sa formation d'historien, se livre à une démonstration de ce qu'il considère comme un "assassinat judiciaire et médiatique" de François Fillon.



  • Le président de la République dispose en matière de grâce de pouvoirs discrétionnaires supérieurs à ceux dont bénéficiaient les monarques sous l'Ancien Régime. Il peut, sans avoir à s'en expliquer, sans même que sa décision soit rendue publique, faire pencher dans un sens ou dans l'autre la balance de la justice, effacer une peine, de quelque nature qu'elle soit. Depuis 1981, cette pratique a pris une ampleur encore inconnue, permettant de libérer des milliers de détenus, mais aussi de régler un certain nombre de situations personnelles, qu'il s'agisse de l'incarcération de la jeune milliardaire Christina von Opel ou des amendes impayées d'Harlem Désir, sans oublier le sort de Luc Tangorre, de Knobelspiess, du frère de Jack Lang et de quelques membres du Parti socialiste en difficulté. Juge d'instruction aux Sables-d'Olonne, auteur chez Albin Michel des Fossoyeurs de la justice et des Fossoyeurs de la police, Didier Gallot a entrepris d'explorer cette étonnante dérive, d'en comprendre les origines et d'en décoder les filières. Une enquête inédite au coeur des plus obscures manipulations politico-judiciaires.

  • Georges Simenon s'est toujours insurgé contre l'épithète d'intellectuel qui lui était accolée. Il ne voulait être qu'un romancier et refusait la notion même de littérature engagée. Il entendait se borner à transcrire ce qu'il ressentait. Il se situait par rapport à Balzac en rappelant que si celui-ci avait dépeint « l'homme habillé », lui ne se consacrait qu'à « l'homme nu ». Or la lecture de son oeuvre romanesque - romans durs, romans exotiques et Maigret - met en évidence que l'univers des personnages de Simenon ne doit rien au hasard. Ils se déplacent dans un monde et un État bien déterminés. L'écrivain a lui-même exposé avec précision dans Le passage de la ligne (1958) sa conception des rapports entre les individus et la société. D'un côté de la ligne se trouve la « surclasse » qui évolue de palace en palace, se partage le véritable pouvoir et les richesses du monde. Elle est hédoniste, affranchie de tous horaires, de toutes règles juridiques, et est courtisée sans pudeur par les hommes politiques. De l'autre côté de la ligne nous rencontrons, sur un vaste damier, le « troupeau », qui comprend aussi bien les grands industriels que les simples journaliers. Il est encadré par les juges et les policiers et soigné par les médecins qui constituent un monde à part. Les truands et ceux qui partent aux colonies échappent au troupeau. Le lien entre les différents mondes est assuré par les avocats. Dans cette comédie sociale et humaine, Simenon est allé au-delà de ce qu'il avouait. Formidable capteur d'impressions, il se révèle non seulement le témoin de l'homme et le romancier de l'humilité mais aussi un observateur privilégié et irremplaçable de son époque et de la société des années 1930-1970.

  • Georges Simenon s'est toujours insurgé contre l'épithète d'intellectuel qui lui était accolée. Il ne voulait être qu'un romancier et refusait la notion même de littérature engagée. Il entendait se borner à transcrire ce qu'il ressentait. Il se situait par rapport à Balzac en rappelant que si celui-ci avait dépeint « l'homme habillé », lui ne se consacrait qu'à « l'homme nu ». Or la lecture de son oeuvre romanesque - romans durs, romans exotiques et Maigret - met en évidence que l'univers des personnages de Simenon ne doit rien au hasard. Ils se déplacent dans un monde et un État bien déterminés. L'écrivain a lui-même exposé avec précision dans Le passage de la ligne (1958) sa conception des rapports entre les individus et la société. D'un côté de la ligne se trouve la « surclasse » qui évolue de palace en palace, se partage le véritable pouvoir et les richesses du monde. Elle est hédoniste, affranchie de tous horaires, de toutes règles juridiques, et est courtisée sans pudeur par les hommes politiques. De l'autre côté de la ligne nous rencontrons, sur un vaste damier, le « troupeau », qui comprend aussi bien les grands industriels que les simples journaliers. Il est encadré par les juges et les policiers et soigné par les médecins qui constituent un monde à part. Les truands et ceux qui partent aux colonies échappent au troupeau. Le lien entre les différents mondes est assuré par les avocats. Dans cette comédie sociale et humaine, Simenon est allé au-delà de ce qu'il avouait. Formidable capteur d'impressions, il se révèle non seulement le témoin de l'homme et le romancier de l'humilité mais aussi un observateur privilégié et irremplaçable de son époque et de la société des années 1930-1970.

  • Quelle est, de nos jours, la clientèle des tribunaux correctionnels ? Ni les voleurs, ni les corrompus, ni les racketteurs de banlieue, ni les artificiers corses, mais le citoyen automobiliste. Le contentieux de la circulation qui représente déjà un bon tiers de l'activité répressive des tribunaux correctionnels est en passe de remplacer les vols comme fonds de commerce des juges. Pourquoi mettre dans le même panier que des chauffards et des alcooliques invétérés les trente millions d'automobilistes ordinaires ? Didier Gallot et Jean de Maillard, tous deux magistrats, répondent au fil d'un réquisitoire solidement argumenté. Ils démontrent comment un État affaibli a besoin de faire croire aux citoyens que, par leur comportement, ils menacent la société française. Jugés politiquement incorrects, les automobilistes sont devenus les nouveaux boucs émissaires. Didier Gallot et Jean de Maillard se dressent contre ce nouvel ordre moral et ses excès répressifs. Tout régime qui sombre, expliquent-ils, a besoin de promouvoir des règles d'autant plus redoutables que leur sagesse paraît discutable.

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