Langue française

  • La publication presque simultanée de L'Ordre biologique d'André Lwoff (1969), de La Logique du vivant de François Jacob (1970), du Hasard et la nécessité de Jacques Monod (1970) et les débats qui s'ensuivirent, ont constitué un moment fort de la vie intellectuelle française. Comme il serait difficile aujourd'hui d'imaginer des échanges analogues, réunissant philosophes et scientifiques autour de questions aussi fondamentales que la nature de l'objectivité scientifique et l'explication des phénomènes vivants !
    Le contexte scientifique et culturel explique la genèse de ces trois ouvrages et les réactions qui suivirent leur publication. Dès 1971, un bel article de Georges Canguilhem en soulignait les convergences. Ce livre montre qu'ils sont le fruit des avancées rapides survenues dans la description moléculaire des organismes vivants. L'impact de ces découvertes est d'autant plus important en France que les transformations précédentes des sciences du vivant, l'essor de la génétique et de la synthèse moderne dans les années 1930 -nouvelle version de la théorie de l'évolution-, y étaient passés inaperçus.
    Ce recueil vise à rappeler, mais surtout à faire mieux comprendre, ce moment exemplaire des relations entre la science, notamment la science du vivant, et la philosophie.
    Avant-propos de Pierre Nora

  • Ce volume s'ouvre avec des pages inédites du Journal d'Alain sur la littérature. Elles permettent d'entrer immédiatement au coeur d'une oeuvre qui mêle étroitement philosophie et littérature, tant par ses thèmes que par sa forme, ainsi que le montrent les textes ensuite réunis.
    Ayant pour ambition de «changer la philosophie en littérature et, au rebours, la littérature en philosophie», Alain pense la littérature et l'écriture, philosophe à partir de romans, de poèmes (Balzac, Stendhal, Valéry), et fait de sa propre écriture philosophique un travail littéraire, s'attachant au «style». Sa postérité témoigne également de ce lien: comme professeur de philosophie, comme écrivain et journaliste (on lui doit 3 498 Propos quotidiens de 1906 à 1914), il a influencé toute la pensée et l'écriture entre les deux guerres et au-delà - de Georges Canguilhem ou Simone Weil à Jean Prévost ou Julien Gracq.

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