Francois Levesque

  • Neiges rouges

    François Lévesque

    • Alire
    • 18 Octobre 2018

    Soupçonnant un trafic de stupéfiants, le poste de la Sûreté du Québec de Nottaway dépêche Vincent Parent et son partenaire Antoine Lemay au domicile d'Anna Wabanonik, dont le dossier criminel est vierge. Mais à leur arrivée, l'Autochtone et Kanti, sa fille de quatorze ans, surprennent les policiers en s'enfuyant en raquettes à travers les forêts enneigées.
    À la suite d'une pénible poursuite - le froid est mordant et les agents sont mal chaussés -, le drame survient : sans l'ombre d'un geste menaçant de la part d'Anna, Lemay pointe une arme sur elle et l'abat. Horrifié, Parent, qui a remarqué que le revolver utilisé n'est pas le Glock de service de son collègue, exige des explications. « Écoute, Vincent. J'ai une femme, j'ai deux beaux p'tits gars... Y'est pas question qu'une guidoune vienne scraper ça », lance-t-il en redirigeant son arme vers Parent.
    Une semaine plus tard, Vincent Parent, qui a été plus rapide - et précis ! - que Lemay, se remet de ses blessures. Or, si l'enquête menée par le sergent-détective Jean-Pierre Vadeboncoeur, du Service de police de la Ville de Montréal, confirme qu'il a agi en situation de légitime défense, deux questions monopolisent son esprit : que signifient les dernières paroles de Lemay, et où diable, en plein hiver, a pu se réfugier la jeune Kanti, dont on a perdu la trace depuis la mort tragique de sa mère ?

  • Gabriel, la tête maintenue fermement dans le fond de la cuvette des toilettes de son école secondaire se demande s'il s'arrêtera de respirer, finalement. Comme sa mère, suicidée dix ans auparavant, comme son père, bien vivant mais pourtant éteint et inutile : mendiant mensuellement. Gabriel, en proie à une poursuite automobile aux bords de la route du Sud, se demande si Mathieu et ses sbires le traqueront jusque dans les bois enneigés pour le battre, avant qu'il ne finisse glacé, cassé. Puis, entre deux séances d'enfer scolaire, la vie, un fragment à la fois : les amitiés nouvelles, les livres grappillés à la bibliothèque, le cinéma et, à l'écran, Russell : beau. «Beau comme un homme dont on a envie qu'il nous étreigne avec sa force tranquille, avec sa charpente d'arbre dont on devine qu'il continuera de pousser droit et fort. Un gars comme ça.»

  • Une jeune femme née dans d'étranges circonstances doit se rendre avec sa mère sur les lieux de sa conception. Suite au décès de la grand-mère, les seules «survivantes» d'une secte qui a beaucoup fait parler d'elle à Rivière-aux-Hiboux et dont la plupart des membres sont morts plusieurs années auparavant dans un suicide collectif sont les héritiers de la maison où tout a commencé.

    En ces bois profonds est une descente infernale dans les méandres de la folie, de laquelle cette jeune narratrice cherchera à tout prix à trouver le sens. Ainsi se dévoileront les détails d'une histoire familiale où les croyances l'ont emporté sur la raison, ponctuée de la légende autochtone du lac Misiginebig et des aspirations messianique d'un certain Nicolas Jones, guérisseur patenté et gourou. Investie d'une quête, l'adolescente ne pourra que plonger elle aussi dans cette folie qui, après tout, coule dans son sang...


    François Lévesque poursuit la même recherche stylistique expérimentée dans En attendant Russell (jeux sur la répétition, phrases courtes et scindées, aux limites de la poésie), mais dans un récit des plus noirs, un thriller rural aux atmosphères inquiétantes et aux retournements sinistres, et qui se veut également une forme d'hommage à celles qu'il nomme ses «marraines gothiques»; Marie-Claire Blais et Anne Hébert. L'auteur prouve une fois de plus sa grande maîtrise de l'écriture des ambiances et de l'environnement dans un récit bien ficelé qui trace les minces lignes de la limite entre lucidité et démence.

  • Trois habitants d'une ville minière autrefois prospère sont enclavés dans la solitude, le silence et l'hypocrisie. Un quatrième, capable d'amour et de mémoire, fait malgré lui ressurgir les souvenirs douloureux du trépas d'un cinquième. Tous envahis par cette figure spectrale, ils sont la preuve que la disparition d'un nomme ne suffit pas à l'effacer des lieux qui l'ont vu être.

  • Sept ans après les sordides événements qui ont secoué la petite ville de Saint-Clovis, Francis, qui va bientôt avoir dix-sept ans, est de retour dans son patelin. Il a reçu son congé de l'institution psychiatrique où il a résidé tout ce temps, son pédopsychiatre considérant le jeune homme prêt à réintégrer la société... pourvu qu'il prenne religieu­sement sa médication quotidienne.
    Puisque sa mère est toujours hospitalisée, en proie à une interminable dépression, Francis demeu­rera chez sa tante Lucie, le temps de terminer sa cinquième secondaire. Il devra donc affronter, en plus des fantômes de son enfance meurtrie, ses anciens tortionnaires, dont la terrible Sophie Malo, devenue entre-temps la reine de la polyvalente.
    Mais Francis a changé : il n'est plus - ne sera jamais plus - le souffre-douleur de quiconque. Et il peut compter sur l'appui de Geneviève, qui lui a toujours gardé son amitié même si son père, le sergent détective Filiatreault, est persuadé que Francis s'en est tiré à trop bon compte à l'époque. Or, quand un premier étudiant est assassiné, puis un deuxième, les soupçons se portent aussitôt sur Francis... qui sait pertinemment que l'horreur ne fait que (re)commencer.

  • La noirceur

    François Lévesque

    • Alire
    • 27 Août 2015

    Divorcé depuis peu, Guillaume Kaminski se réjouit d'avoir la garde complète de Daphnée, sa fille de quinze ans. En vérité, il n'a pas eu à se battre pour arriver à ses fins puisque son ex, ne tenant pas à s'occuper d'elle, a choisi de partir à Bali pour une durée indéterminée - afin de se « ressourcer », a-t-elle fait croire à l'adolescente !
    Alors qu'il cherche une nouvelle demeure, Guillaume apprend la mort de son père, qui lui lègue sa maison. Si l'héritage tombe à point, Guillaume ne sait trop comment présenter la situation à Daphnée, car il a toujours affirmé qu'il était orphelin. De plus, la découverte de ce mensonge, ajoutée au déménagement qui la mènera loin de la ville et de sa meilleure amie Sophie, risque d'assombrir encore plus l'humeur de l'adolescente, qui le blâme déjà pour le départ de sa mère.
    Quand Daphnée découvre au grenier une mignonne chambre de petite fille, elle décide de se l'approprier tout en réclamant des explications à son père : ne lui avait-il pas raconté qu'il était enfant unique ? Ne pouvant plus s'esquiver, Guillaume décide de révéler à sa fille tous les secrets de son enfance. Mais les connaît-il vraiment tous ?

  • David, un adolescent dépressif qui a grandi dans une maison cossue de Westmount, vient de perdre ses parents, Mathieu et Judith, dans un accident de la route. Héritier d'une impo­sante fortune, il découvre par hasard qu'il a été adopté - sa mère biologique, Macha, de­meure à Sainte-Sybile, une petite ville mi­nière du nord du Québec.
    Sans but et sans attaches, n'ayant connu de l'amour parental que les cadeaux luxueux et l'argent à volonté, David décide de quitter le cocon doré de Westmount pour les grands espaces du Nord, où il espère goûter au plaisir d'avoir une vraie famille et, qui sait, trouver un sens à sa vie.
    Dès son arrivée à Sainte-Sybile, la rencontre d'Irène, une jeune et jolie voisine, donne espoir à David, mais ce que lui apprend sa mère sur les circonstances de sa naissance le ramène très vite à la case départ. Aux prises avec des rêves de plus en plus troublants, désta­bilisé par les étranges fugues de Macha, les histoires d'Irène sur les débuts tragiques de Sainte-Sybile et les morts violentes qui secouent la communauté - causées par un ours enragé, assurent les forces policières -, David tente de ne pas perdre pied. Or, il commence à croire sérieusement que... son retour était prévu depuis longtemps !

  • Il s'immobilisa. Non, il courait toujours. Il courait... il avait trébuché. Il se releva, un peu sonné. Les hautes herbes avaient amorti sa chute. Qu'est-ce que... Il approcha ses mains de son visage. De la boue ? Il eut comme une impression de déjà-vu. Il écarta ses mains et baissa les yeux. Quelque chose reposait à ses pieds.

    Il s'appelle Francis, il a huit ans ­ bientôt neuf ­ et, en compagnie de sa mère, il habite la petite municipalité de Saint-Clovis (trois mille neuf cents âmes et des poussières) où, de l'avis de tous, la vie n'est pas désagréable, même s'il ne s'y passe jamais rien d'extraordinaire.
    Pourtant, depuis le départ du père de Francis, sa mère fume beaucoup, prend des cachets et dort énormément ; alors le jeune garçon se réfugie au sous-sol pour regarder en boucle ses films d'horreur, pour lesquels il éprouve une véritable fascination. Francis tente ainsi d'oublier sa triste réalité, car cette année, à l'école, il est tout à coup devenu le souffre-douleur de la terrible Sophie, et... et pourquoi donc son père n'appelle-t-il jamais s'il a dû quitter la maison « en raison de son travail », comme sa mère le lui a expliqué ?
    Mais alors que l'automne colore le paysage de Saint-Clovis, la sérénité de ses habitants est mise à mal par la mort violente d'un enfant, puis par celle d'un deuxième. Pour Francis, il ne fait aucun doute que les monstres qui peuplent ses films d'épouvante ont décidé d'envahir la réalité...

  • Malacourt, septembre 1982. Deux fillettes se volatilisent sur une route de campagne près de la petite ville. La même nuit, Diane Chartier perd la vie dans l'incendie criminel de sa maison. Son fils Dominic, huit ans, est sauvé in extremis.    Malacourt, septembre 2012. Léanne Saint-Arnaud, onze ans, manque à l'appel depuis trois jours...   Pour Dominic Chartier, maintenant policier au SPVM, les circonstances des deux affaires sont trop similaires pour n'être dues qu'au hasard. Sur un coup de tête, il prend quelques jours de congé et décide de retourner à Malacourt, afin d'aider aux recherches.   Vincent Parent est l'enquêteur de la Sûreté du Québec chargé localement de l'affaire. Si l'arrivée d'un policier de Montréal - un « bleu » - a tout pour lui déplaire, il fait fi de son orgueil et accepte d'intégrer officieusement Chartier à son équipe d'enquête. Ainsi, il pourra le garder à l'oeil, car pour Parent les motifs véritables de Dominic semblent nébuleux.   Alors que les espoirs de retrouver vivante la petite Léanne diminuent d'heure en heure, la présence de Dominic sur les lieux de son enfance fait resurgir en lui des souvenirs qu'il croyait enfouis à jamais. Mais ces souvenirs ne sont peut-être qu'un vaste écran de fumée qui dissimule ce qui s'est réellement passé, cette fatale nuit de 1982...

  • Les personnages féminins sont rarement de mauvaise foi, et lorsqu'ils le sont, c'est toujours pour une bonne raison. Ce collectif de nouvelles, réunissant dix autrices et auteurs aux genres et aux voix variés, plonge dans la cruauté non négociée ou excusée des femmes.

    En explorant de manière audacieuse les différentes manifestations de la méchanceté (physique, psychologique, morale), les onze textes du recueil de nouvelles Cruelles mettent en scène d'odieuses amies, d'impitoyables mères et d'inquiétantes soeurs. Des femmes irrémédiablement cupides, perverses, et surtout, non-repentantes.

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