Langue française

  • "Depuis qu'il menait la plus grande partie de sa vie ici dans le Dessous, dans sa Chapelle, des rencontres, il en avait fait de tous les acabits. Mais ceux-là, c'était autre chose."
    La pluie de novembre fait déborder la Seine. Rien qui empêche Mikelangelo, admirable faussaire et grand peintre ignoré, d'achever le ciel de sa fresque: sa grande oeuvre accomplie trente mètres sous la colline de Passy et du Trocadéro.
    Mais hasard et destin mettent sur son chemin un gamin, Hakim, et cinq girls, Maalu, Nadira, Sila, Antoinette, Lovette, égarées dans le ventre de Paris. En route pour la mythique Youké, elles cherchent une tanière pour se protéger de la pluie, du froid et des faiseurs-de-putes.
    Voilà qui rappelle bien des choses à Mikelangelo. Voilà que soudain, dans son royaume labyrinthique du Dessous, il a une autre grande oeuvre à accomplir : offrir à ces errants une pincée de jours légers. Et, qui sait, peut-être même leur donner la force d'atteindre cette Youké de leurs rêves....

  • 1950. Borjomi, Géorgie.
    Pour quelques jours, Staline se retire au pays natal dans le palais décadent de feu le grand duc Mikhailovich. À la demande de la Vodieva, qui prétend l'avoir toujours aimé et ne lui avoir jamais menti, il y reçoit le jeune peintre prodige du réalisme socialiste, Danilov, concepteur d'un monument d'éternité à la gloire du Petit Père des Peuples.
    Dans le bureau ducal, un divan identique à celui de Freud à Londres. Même kilims sur la couche et aux murs. " Que Staline dorme sur le divan du charlatan viennois, j'en connais à qui ça plairait de l'apprendre ", dit Iossif Vissarionovitch.
    On a beau être dans l'âge de la grande usure des émotions, on a encore le goût du jeu.
    Voilà comment les choses vont se passer : pendant que Danilov subira les interrogatoires du redoutable général Vlassik, Staline s'installera sur le divan et la belle Vodieva prendra le fauteuil. Elle pratiquera la prétendue technique d'interprétation des rêves du charlatan tandis que lui se souviendra de ses histoires de nuit. L'enfance, sa mère, les femmes. Et surtout, le plus grand des pères menteurs : Lénine. Mais qui, mieux que Iossif Vissarionovitch Staline, saurait faire d'un mensonge une vérité et d'une vérité le mensonge ?
    " Camarade Danilov, dit-il, la vie est devenue meilleure et plus gaie, voilà l'éternité de Staline. "
    Danilov tremble devant celui qui sait tout et peut tout. Il tremblerait plus encore s'il savait ce qui l'attend.
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  • Berthe, vous pouvez douter de tout,  mais pas de cela. Vous portez l'amour  en peignant. La main qui tient votre pinceau  est celle de l'amour. Rien ne pourra se faire  de beau sans lui. Qu'importe si vous  ne savez pas où cela vous conduira, pour qui et comment. Cela viendra  et ce sera votre oeuvre.1945, à Paris. Paul Valéry, vieux solitaire indifférent  à la fureur des temps, doit en admettre l'horreur.  Cherchant la lumière, il rouvre le carnet hérité  dans sa jeunesse de Berthe Morisot, peintre du silence  et de l'absolu. Dans ses mots, il affronte l'exigence vitale  de beauté qui fut sa quête. Revient alors le souffle  de la vie, malgré tout.

  • Le roman historique d'une femme déguisée en homme, qui connut un destin héroïque et guerrier au service de la Pologne insurgée contre l'occupant russe. Née en 1839 à Colmar, elle fut élevée par son père, ex-soldat de l'armée de Napoléon. Préceptrice des enfants d'une comtesse polonaise, elle se trouva mêlé aux émeutes et devint célèbre sous le nom du lieutenant Michaël Ponury.


  • Empruntant avec brio au genre épistolaire du XVIIIe tout autant qu'au langage contemporain, entrelaçant époques et personnages, L'Almanach des vertiges questionne le sens et la fonction de la création artistique.

    PRAGUE, automne 1787.
    Casanova, parvenu au seuil de la vieillesse, éblouit les salons et commence l'édition de ses Mémoires. Au même instant, Mozart achève la création de Don Giovanni. Hanté par la mort et la désaffection des Viennois envers sa musique, il transforme l'opéra-bouffe en drame de la faute et de la rédemption. Casanova est ulcéré par cette vision noire du mythe de Don Juan.
    PRAGUE, automne 2006, année Mozart.
    Venue passer une semaine d'amour à Prague, Juliette est aussitôt délaissée par son nouvel amant, Franz. L'apaisement et la réconciliation avec elle-même lui viendront d'Angus, un curieux personnage qui semble si bien connaître les détails de l'affrontement entre Casanova et Mozart qu'on pourrait croire qu'il l'a vécu. L'anecdote de la rencontre de Casanova et Mozart a excité, depuis l'origine, l'imagination des historiens et des romanciers.

  • Tlapallán, quelque part en Amérique centrale, entre jungle et océan. Tlapallán - souvenez-vous -, dans la mythologie indienne, c'est le lieu où mourait Quetzalcoatl, le dieu-serpent à la peau blanche. Tlapallán, la ville où se joue aujourd'hui le destin de trois hommes et d'une femme. Il y a George-Luis Conors, un ingénieur anglais, travaillant sur les plates-formes pétrolières installées au large de la petite cité. Il y a Jesus Cruz, alias Julián Martinez, une étrange figure de poète subversif, recherché et pourchassé par la police politique de la junte militaire. Il y a Jean dit l'Albinos. À la recherche des racines profondes de son peuple, cet Indien à moitié clochard joue le rôle du bouffonshakespearien, celui qui dit la vérité. Mais il incarne aussi l'image révolutionnaire d'un Quetzalcoalt ressuscité. Enfin, il y a Josepha, la femme, une métisse, star du bordel local, et qui va servir de détonateur à toute l'histoire, provoquer haines et passions, espoirs et insurrections.


  • Pour nous faire sourire, nous hérisser et nous faire réfléchir, Michel Jeury et Jean-Daniel Baltassat proposent le fruit de leur enquête dans les archives de l'école.

    Un fils d'instituteur et un ancien instituteur, tous deux romanciers, se sont rencontrés un jour dans les Cévennes. Ils se sont raconté des histoires d'école, et ils ont évoqué cette morale d'autrefois, cette formidable morale laïque et civique qui a sauvé la République et pour ainsi dire construit la France où nous vivons.
    Dès son origine, l'école laïque et républicaine affiche fièrement sa volonté de former de " bons citoyens ". L'éducation civique y pourvoit avec parfois une intransigeance stupéfiante. Mais sait-on seulement ce qu'elle a été, et comment et à quel prix elle fut efficace ?
    Au fil des chapitres, Michel Jeury et Jean-Daniel Baltassat nous offrent un large choix d'extraits qui nous laisseront tantôt hilares, tantôt incrédules, et quelquefois, aussi, sauront nous émouvoir... Leur commentaire inspire toutefois une certitude : la morale est fille du temps.
    " Pourquoi les méchants sont-ils malheureux ? Et pourquoi l'homme bon est-il heureux ? " Si les " hussards " de la République ont échoué à nous convaincre qu'ils détenaient les réponses à ces questions, peut-être leurs errements nous aideront-ils à mieux imaginer ce que l'école, aujourd'hui, peut encore tenter pour former de " bons citoyens ".

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