Julien Tourreille

  • Il y a dix ans, le fondateur de la Chaire Raoul-Dandurand, Charles-Philippe David, dirigeait avec Julien Tourreille un ouvrage collectif dressant un portrait du conserva­tisme aux États-Unis. Une décennie plus tard, force est de constater que les boulever­se­ments survenus au cours des dernières années sur la scène politique américaine - la crise économique et financière de 2008 ; la descente aux enfers de la présidence Bush ; l'élection historique, puis la réélection de Barack Obama ; la montée du Tea Party et les gains également historiques du Parti républicain au Congrès et au sein des gouvernements d'États ; et, finalement, l'élection fracassante de Donald Trump et son arrivée à la Maison-Blanche - ont contribué à transformer le mouvement conservateur. Maintenant et pour les années à venir, les répercussions sont importantes pour la gouvernance à Washington et au-delà des frontières américaines.

    Le besoin est donc né, pour les auteurs du présent ouvrage, de revisiter le portrait du conservatisme américain réalisé à l'époque. L'objectif de ce livre est de fournir au lecteur une compréhension globale de ce que constitue le conservatisme américain à l'ère Trump. Il décrit, à l'attention de quiconque s'intéresse à la politique américaine, comment le mouvement a été façonné, comment il continue à être remodelé, et quelle influence il peut avoir au sein de la plus puissante démocratie de la planète.

  • 2003. Les États-Unis envahissent l'Irak, à la recherche d'armes de destruction massive et au nom de la lutte contre le terrorisme. C'est sans l'accord de la communauté internationale, sans véritable plan de reconstruction et sur le fondement d'informations erronées que les GIs partent à l'assaut de l'État baassiste le 20 mars 2003. À peine trois semaines plus tard, le président américain annonce la fin des opérations militaires.
    Mais l'épopée glorieuse se transforme très vite en occupation ratée. Aux pillages spectaculaires des premiers jours succèdent l'épuration, la désolation, les attentats, les massacres et les guérillas interconfessionnelles.
    Comment expliquer cette guerre qu'a déclenchée la Maison-Blanche il y a maintenant cinq ans ? Quels intérêts le président Bush a-t-il servis en occupant un État que son père avait délibérément refusé d'envahir plus d'une décennie auparavant ? L'erreur qu'ont commise les décideurs en s'enlisant dans les sables de Mésopotamie est si désarmante qu'il est aujourd'hui difficile de croire véritablement au complot. L'explication est beaucoup plus simple, elle reflète les contradictions et la cacophonie du système décisionnel américain.

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