Natacha Polony

  • « Sommes-nous encore en démocratie ? Aujourd'hui, le fait même de poser la question est jugé indécent : les citoyens n'ont aucune raison de se plaindre, eux qui vivent librement, ne sont pas en dictature. Elle paraît même suspecte, comme si s'interroger sur l'état de notre modèle démocratique signifiait en imposer un autre, autoritaire. Voilà à quoi est réduit le débat en France ; la juste mesure est la chose au monde la moins bien partagée. 
    Face à la crise sanitaire et économique, notre vieille démocratie a certes tenu. Mais on ne mesure pas assez la défiance des peuples, comme si à aucun moment il ne fallait envisager qu'elle pût s'expliquer par le fait que ce serait la démocratie qui aurait joué contre eux. Dès lors que la révolte populaire, dont les Gilets jaunes ont constitué une première manifestation, a éclaté, nous ne pouvons ignorer la crise de la représentation que traverse notre pays ; et devons lancer une révolution raisonnable, pour faire tomber les nouvelles Bastille. » Natacha Polony  

  • Nous sommes la France

    Natacha Polony

    • Plon
    • 22 Octobre 2015

    Après les attentats de janvier 2015, 4 millions de Français ont défilé sous le slogan " Nous sommes la France ". Mais qui sont ce " nous " et cette France ? Il est essentiel d'affirmer ce qui nous rassemble, au-delà des diversités, à travers la France et la République, pour ne pas voir les fractures se creuser et les plaies s'infecter. " Plus rien ne sera comme avant. C'est ce qu'ont proclamé des politiques, des journalistes... Et puis, certains se sont employés à réinterpréter les événements en désignant les coupables et les complices, à contrôler les mots qu'il convenait de prononcer et ceux qu'il fallait bannir. Pourquoi une telle puissance de déni ? Parce qu'il s'agissait d'éviter à tout prix de poser la question cruciale : si 4 millions de Français ont pu descendre dans la rue, proclamant derrière le slogan "je suis Charlie" (réduit par la suite et jusqu'à l'absurde à l'expression simpliste d'une injonction à l'émotion) un immense "nous sommes la France", encore faut-il se demander qui est ce nous et ce qu'est la France. De ne pas poser cette question, nous nous condamnerons à voir se creuser les fractures et s'infecter les plaies. De ne pas proposer à tous les jeunes Français, d'où qu'ils viennent, l'adhésion à une identité nationale qui leur raconte autre chose qu'un vague catéchisme mâtiné de développement durable et de droits de l'homme pour habiller d'idéal le consumérisme et le spectacle, nous nous préparons le pire des cauchemars : un pays fragmenté, rongé par les haines et les sécessions. Alors, saisissons cette occasion que nous offre le drame et affirmons ce qui nous rassemble, au delà des diversités, à travers la France et la République. " Natacha Polony

  • La sélection des meilleures chroniques de Natacha Polony parues dans Le Figaro enfin disponible ! Une relecture des grandes questions et des débats qui ont marqué ces dernières années par une plume qui ne mâche pas ses mots !
    Ce livre présente une sélection des chroniques que Natacha Polony a publiées dans Le Figaro au fil des dernières années. Y sont traités les grandes questions qui ont fait l'actualité et les principaux débats qui ont marqué cette période : la crise économique, la politique, les questions de société...
    Une relecture des moments forts de notre histoire récente, vue et analysée avec la pertinence d'une essayiste de renom qui refuse le politiquement correct.

  • « Progrès », « laïcité », « travail », « identité » : autant de mots dévoyés après qu'ils sont passés dans le langage politique et médiatique.
    Natacha Polony les a traqués pour mieux montrer comment ce nouveau langage contribue au conditionnement de la pensée. Bien sûr, les mots et les rites démocratiques sont préservés, mais ils sont vidés de leur substance.
    Leur rendre leur sens est la condition pour refonder la démocratie, contre ceux qui prétendent qu'il n'y a « pas d'alternative », et pour former des individus autonomes, et non des rouages de la machine économique.
    Ce livre, sous forme de dictionnaire politique, entend nous donner les armes intellectuelles pour reconquérir la démocratie véritable et nous penser en hommes libres. Une reconquête collective et individuelle pour « changer la vie », parce que telle est l'ambition de tout projet politique.

  • C'est en 2007, au lendemain de l'élection présidentielle de Nicolas Sarkozy et de la nomination de Xavier Darcos au ministère de l'Education nationale, que s'est vraisemblablement close la querelle qui opposait depuis des années "pédagogistes" et "instructionnistes", ces tenants du savoir transmis par l'école républicaine. Le temps de la campagne et d'une ultime velléité de réintroduire l'autorité du maître et les méthodes rigoureuses d'enseignement, l'illusion se dissipait tout à fait : le train des réformes se poursuivait et s'amplifiait même. La reconfiguration de l'institution est engagée, mais qui veut l'admettre ? Le pire est de plus en plus sûr, nous sommes déjà dans l'école d'après l'école de la République, celle des gestionnaires : personnels peu qualifiés, chargé d'encadrement plutôt que d'enseignement, contenus minimaux et médiocres du "socle commun"... Le recours pour les familles est déjà les cours privés du soir, payants. Natacha Polony décrit le fonctionnement de l'école de demain, pour que nous prenions pleinement conscience de sa transformation totale. Il est encore temps de mettre en place des contre-feux. Paradoxalement, le modèle français pourrait avoir de beaux jours.

  • Après les années de militantisme flamboyant, après celle des « workings girls » triomphantes, puis l´émergence d´un féminisme des banlieues, l´époque est au « retour du macho », cherchant à retrouver sa fierté en affirmant d´hypothétiques « valeurs masculines ». L´image de la femme, quant à elle, oscille entre celle de victime forcément innocente et celle d´icône héroïque que les magazines féminins étalent entre les pages de publicité et les articles psy. Que s´est-il donc passé depuis le Deuxième sexe ?
    L´époque contemporaine, empêtrée dans sa crise identitaire, peine à penser l´égalité autrement que comme lutte ou au contraire effacement des différences. D´autant que les évolutions de la science et de la médecine d´un côté, du capitalisme de l´autre, ont radicalement modifié la donne. Les femmes, autrefois victimes de leur corps, maîtrisent à présent la procréation au point de pouvoir en évincer les hommes. La célébration actuelle de la maternité, que les femmes croient être leur revanche, les enferme en fait dans un rôle unique de mère, et esquisse un système de maternage généralisé où les individus sont plus que jamais soumis à la logique de consommation. L´émancipation rêvée par les femmes s´est abîmée en injonction à être une mère parfaite et toute-puissante et en libre choix de postuler à la Star Académie. Triste bilan.Il est urgent de renouer avec cette tradition française unique, celle d´un rapport entre hommes et femmes pacifié et complémentaire, humaniste en somme - c´est-à-dire fondé sur une haute idée de l´humanité et de son destin. Ce livre, à la fois état des lieux et plaidoyer est suivi d´annexes plus légères « pourquoi la solidarité féminine n´est-elle qu´un fantasme masculin ? ou programmatiques, (« ébauche d´un traité d´éducation des filles » et « éloge de la virilité »).

  • Il existe aujourd´hui une fracture grandissante dans la société française, encore peu visible mais très profonde : alors que l´époque vénère la jeunesse et ses « valeurs », toute une frange de la population pressent, sans oser le formuler, que les jeunes souffrent de lacunes graves. Les outils de transmission ont été détruits à tous les niveaux : école, langue, références morales et culturelles. Fait parmi d´autres, pour la première fois en 1999, un rapport officiel reconnaissait que plus de 15% des élèves entrent en sixième sans savoir lire. Mais la décrépitude du système scolaire n´est qu´un des aspects de cette crise qui touche de plus en plus les classes moyennes et les élites proclamées. Les conséquences seront bientôt visibles.
    /> Est-il réactionnaire de soulever ce problème, de tenter de comprendre ce qu´il révèle ? La question dépasse le clivage gauche/droite, auquel on superpose l´affrontement traditionnalistes-modernistes. D´un côté, un discours lénifiant, de l´autre, l´invocation incantatoire de l´autorité des maîtres et des « bonnes vieilles méthodes », sans la moindre réflexion sur les conditions de cette autorité et le contenu du savoir à transmettre.
    Pourtant, c´est le destin de la société entière qui est en jeu : d´un point de vue utilitariste, cette fracture hypothèque d´abord le tissu économique. Et puis, la conception française de la démocratie repose sur l´idée d´un peuple éclairé, seul garant contre la démagogie et la tyrannie. Mais dans une société qui cultive la haine du passé, et encourage les bons consommateurs à oublier le poids des traditions, qu´advient-il de la « culture commune » ? Par idéologie, par indifférence et par soumission au cours des choses, nous mettons l´avenir en danger.

  • L'atmosphère est lourde. Les phrases, les situations qui semblaient autrefois anodines deviennent des crimes. Nous sommes tous coupables, et les inquisiteurs nous guettent.

    Coupables d'avoir bu un verre, d'avoir blagué sur les femmes, de manger de la viande, d'avoir offensé une minorité quelconque. Coupables d'avoir été du côté des « dominants ». Chaque jour, un citoyen qui se croyait, non pas un héros, mais un type à peu près bien, se retrouve cloué au pilori, sommé d'expier ses crimes et de faire repentance. 


    Derrière cette traque aux dérapages et ces entreprises de rééducation, un mécanisme : la tyrannie de minorités qui instrumentalisent des combats essentiels, pour les transformer en croisade contre une supposée majorité, contre les « dominants ». Au nom du Bien, on modifie le vocabulaire, on nie le plaisir, on criminalise le désir, on réécrit l'histoire. Ces nouveaux bigots, qui détestent l'Homme tel qu'il est et le rêvent selon leurs diktats, sont les idiots utiles d'un néolibéralisme qui atomise les sociétés et fragilise les structures traditionnelles pour mieux imposer sa vision manichéenne du monde.

  • Jour après jour, le monde s'installe dans une société totalitaire de moins en moins démocratique et le champ de nos libertés individuelles se rétrécit sérieusement. Exemples à l'appui, le Comité Orwell a choisi de dénoncer les dérives de nos sociétés. Parce qu'il y a peu de chances qu'un candidat à la présidentielle de 2017 se saisisse de ces sujets, alors qu'ils sont les seuls qui vaillent, les seuls qui déterminent la capacité à agir - ou la totale impuissance - du futur Président. A Pékin, Moscou, Ankara ou Ryad, des oligarchies confisquent le pouvoir au nom du parti communiste, de la Sainte Russie, d'Allah. Cela, c'est l'image que la très grande majorité des médias occidentaux diffuse pour éviter de devoir balayer devant leurs portes. Car le même phénomène est à l'oeuvre en Occident, dans ce que l'on appelle encore les démocraties occidentales. George Orwell, imprégné des horreurs du nazisme et des dérives du communisme, avait dépeint, dans 1984, ce que pouvait devenir notre quotidien dans un monde régi par un totalitarisme absolu. A contrario, le seul rempart contre de telles dérives reposait sur l'idéal démocratique et ses quelques libertés fondamentales. Or, insensiblement, nos sociétés que l'on croyait démocratiques le sont de moins en moins. Nous basculons dans un totalitarisme mou. Quel est ce système ? C'est celui où, grâce à la technologie et au contrôle des flux financiers et commerciaux, quelques dizaines de multinationales, la plupart américaines, entendent organiser, orienter, régenter notre vie quotidienne. Pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur ? C'est effectivement ce que nous ont apporté ces nouvelles technologies : smartphone, Internet, nano technologies, progrès de la médecine... Le pire ? C'est le nivellement par le bas, la société du tweet, la surveillance, la captation de notre argent, la normalisation de nos goûts, l'uniformisation de nos besoins. Le pire, c'est aussi que cette dérive se fait souvent avec le consentement de ceux qui en sont victimes... sans s'en rendre compte. Le champ de nos libertés individuelles se rétrécit sérieusement et un jour, peut-être pas si lointain, nos fiches détaillées nourries des milliers de données récupérées par les multinationales, seront mises au service d'un système totalitaire de moins en moins soft.

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