Philippe Madral

  • «  Si les hommes étaient plus aimants, ces prétendues sorcières n'existeraient pas. Ces malheureuses, que leurs époux battent, parfois jusqu'à la mort, n'est-il pas juste qu'elles cherchent à s'en défendre  ? C'est la condition dans laquelle notre société tient les femmes qui provoque de telles aberrations criminelles.  »
     
    1678. Tandis que Louis XIV mène grand train à Saint-Germain et Versailles, Paris est frappé par les meurtres les plus abominables et la rumeur enfle  : des empoisonneuses oeuvrant pour le diable auraient infesté la ville.
    Lorsque le scandale gagne la cour, le roi ordonne à La Reynie, lieutenant général de police, de démanteler les officines et de punir les sorcières. À mesure qu'il enquête, ce dernier comprend que le roi est victime d'un complot. Mais surtout, il découvre que derrière ces actes diaboliques se cache une plus grande violence encore, subie par les femmes. Maintenues toute leur vie sous l'autorité d'un père, d'un frère ou d'un mari, ont-elles d'autre choix que le crime pour conquérir leur liberté  ?
    Dans cette enquête sulfureuse, Philippe Madral nous plonge au coeur d'une société en pleine mutation et revisite sous un jour complètement nouveau la célèbre affaire des Poisons, avec un souffle romanesque exceptionnel.
     
     

  • Laurent et Lorraine s'aiment ou se déchirent tous les soirs à minuit sept. En cinq scènes loufoques et aburdes, tragiques et comiques, habillages et déshabillages vont bon train, au propre comme au figuré.

  • Chef des services secrets de la curie romaine, Francesco Stranieri a mis son intelligence redoutable et son goût immodéré pour l'action au service de son ami de jeunesse, Innocent III. L'espion du pape est connu et craint de toutes les cours européennes.
    En 1207, Innocent III, préoccupé par les troubles qui agitent le Sud de la France, décide de dépêcher son émissaire spécial en pays cathare, où la révolte gronde. Sa mission, aussi délicate que périlleuse : tout faire pour éviter le déclenchement d'une croisade entre chrétiens.
    Stranieri débarque incognito dans le comté de Toulouse en compagnie de son acolyte frère Yong, un jeune Chinois muet, expert en arts martiaux et en explosifs. Travesti tantôt en moine, tantôt en troubadour, tantôt en marchand, l'espion du pape parvient à s'introduire à la fois dans le camp des hérétiques et dans celui des catholiques les plus enragés. Réussira-t-il à endiguer le flot des passions humaines qui menace de submerger l'une des régions les plus douces d'Europe ?
    Décryptage subtil des enjeux politiques et religieux, rebondissements permanents et humour forment le cocktail détonant de ce grand roman d'espionnage.

  • Jeune peintre aux débuts éclatants et à la virtuosité technique incontestée, Johann Gelder est déçu. Les critiques et le public boudent son talent. Décidé à se venger, il met sur pied la plus grande mystification artistique du siècle. Installé en France sur la côte d'Azur, il exécute quatre fausses toiles de Vermeer, le célèbre maître hollandais du XVIIe siècle, les fait authentifier par les plus grands experts internationaux et en vend trois pour des sommes astronomiques au prestigieux musée Boymans de Rotterdam. La quatrième, il la cédera par défi au maréchal Goering, en échange de vingt toiles authentiques ! Fabuleusement riche, menant une vie de prince, Gelder trouve dans son travail de faussaire un écho à sa sensibilité trouble et à sa magnifique et complexe histoire d'amour avec Saskia, fille du plus grand expert hollandais. Et le jour vient où Johann Gelder se met à souffrir de la méconnaissance de son génie... Librement inspiré de l'affaire Van Meegeren, ce roman de Philippe Madral nous fait pénétrer la psychologie d'un des plus grands faussaires de tous les temps. Il nous dévoile les secrets de la fabrication des faux et brosse un portrait sans indulgence du milieu des marchands d'art, des critiques et des experts.

  • Inspirée librement du personnage de Louis Jouvet et d'un épisode de sa vie, L'odyssée du crocodile nous fait pénétrer dans les coulisses du théâtre, nous révèle les passions vécues derrière le masque du comédien. Le crocodile, c'est le surnom affectueux que ses amis donnent à Laurent Guérin, la cinquantaine, star de cinéma, metteur en scène et comédien de théâtre, parvenu au faîte de la renommée internationale lorsqu'éclate la Seconde Guerre mondiale. Pour échapper aux pressions qu'exercent sur lui les Allemands et le gouvernement de Vichy, et pour arracher sa maîtresse, Béatrice Valmont, aux assiduités amoureuses d'un célèbre cinéaste autrichien, le Crocodile va se lancer dans une odyssée peu banale. En 1941, il entraîne toute sa troupe dans un long périple en Amérique du Sud, exil riche en rebondissements tragiques ou cocasses, et qui durera presque cinq ans... Roman d'une aventure personnelle, portrait d'une star exceptionnelle, L'odyssée du crocodile dépeint aussi la saga de comédiens confrontés à des événements historiques, où Molière et Marivaux devraient paraître bien légers. La planète flambe autour d'eux mais le théâtre passe avant tout...

  • Je me présente : Sébastien Bonnace. La quarantaine. Métier : entrepreneur de pompes funèbres. En clair, rien pour faciliter les contacts quand on vient de perdre la femme de sa vie dans un stupide accident. Veuf, timide et inconsolable, je ne voyais pas bien, dans ces conditions, comment, ni pourquoi, refaire ma vie sentimentale. Car, le pire, c'est que, depuis la tombe, ma chère épouse Gaby ne cesse de m'inviter à secouer mon inertie. Ce qu'il te faudrait, Sébastien, c'est une femme. Alors, malgré tout, j'ai fini par me lancer. Tout ce qui est humainement possible de faire pour tenter ma chance, je l'ai fait. Depuis les petites annonces du Chasseur français jusqu'à celles de Libération, sans oublier bien sûr Le Nouvel Observateur, ni de m'inscrire dans une agence matrimoniale. Six mois de rencontres, aussi imprévues que variées, ça vous change la vie d'un homme. Parce que, à moins d'être un cas absolument désespéré, vous êtes bien obligé d'apprendre les premiers rudiments de l'art de séduire ! Et je dois avouer que, sans les conseils de Gaby, je ne serais jamais arrivé à rien de très sérieux. En tout cas, jusqu'au jour où j'ai croisé le regard de la veuve blonde. Elle était le portrait craché de Katharine Hepburn. C'est vous dire si elle m'intimidait...

  • J'avais le coeur à l'explose, tellement je bandais pour elle. J'avais beau me dire : calcule un peu, je ne pouvais plus penser qu'à ça. Du matin au soir, J'hallucinais ! Ça me plaisait trop et, en même temps, j'avais les jetons, parce que je savais depuis longtemps que les histoires d'amour, comme dit Rita Mitsouko, ça finit toujours mal, en général. Alors, pour me calmer, je me répétais que je n'aurais pas deux vies, et que, pour une fois que j'avais un sentiment, je n'allais tout de même pas me mettre à chausser du deux. C'est comme ça que j'ai décidé de faire vibrer mes tôles. Séverine et Odile. À peine dix-huit ans, la rage au ventre et un désir fou d'aimer, d'être aimées. Un formidable appétit de vivre, malgré la galère, les foyers, les bandes, la déglingue. Et toujours la violence, mais aussi la tendresse, l'humour, la volonté de s'en sortir. Au terme d'un parcours haletant, elles iront au bout d'elles-mêmes et basculeront, chacune vers son destin.

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