Éditions Nota bene

  • Après avoir vécu son enfance à Québec où elle a amorcé son oeuvre, Marie-Claire Blais a habité quelques lieux qui ont eu une énorme importance dans son écriture. Après Québec, il y eut Montréal, Cape Cod, Paris puis, jusqu'à maintenant, Key West, en Floride.

  • L'objet de cet essai porte sur les témoignages de personnes qui ont vécu l'horreur des camps nazis et qui en sont revenues. Celles et ceux qui en reviennent peinent à se définir comme des survivants : ce sont des spectres, des revenants, hantés par le souvenir des morts qu'ils ont laissés derrière eux.

  • Peut-on encore parler du roman français au singulier aujourd´hui ? Une recherche attentive sur les esthétiques principales ou singulières du roman dit de l´extrême contemporain permet de constater qu´aucune école ou aucun groupe ne domine l´univers romanesque, et qu´aucun mouvement n´impose profondément sa marque sur la scène littéraire. Cela ne signifie pas pour autant qu´il ne reste que des oeuvres disparates et qu´il soit impossible d´organiser une cohérence en arrêtant des corpus.
    Dans de tels cas, c´est moins chercher du côté d´un projet romanesque bien circonscrit que du côté de certaines pratiques transversales. Dans cet ouvrage collectif, le point de départ ne consiste pas à se demander si le roman conserve une pertinence en tant que témoin privilégié de la littérature aujourd´hui - cela semble relever de l´évidence -, mais plutôt à identifier ce qui lui confère cette légitimité.

    Cet ouvrage vise aussi à appréhender la notion de contemporanéité à partir de la littérature, du roman. Plus globalement, sans tenter d´offrir un vaste panorama du roman français d´aujourd´hui, son objectif consiste à mieux saisir la pertinence du roman grâce à un ensemble d´études conçues à partir d´axes précis (les idées, le réel, le jeu, le soi) sur les possibles du roman, qu´il adopte une forme fragmentée ou théâtralisée, qu´il préconise un savant collage ou un métadiscours narrativisé, qu´il puise abondamment dans l´autobiographie ou l´essai. Le postulat au fondement de cet ouvrage défend l'idée qu´il existe des romans français importants ou singuliers à notre époque et que nous devons les découvrir et mieux les comprendre.

  • Écrire, publier, parler de son oeuvre, tout cela comporte parfois des risques qu'écrivains et intellectuels acceptent d'assumer. Ces risques sont-ils les mêmes pour les femmes et pour les hommes ? Et s'ils sont différents, en quoi le sont-ils ? Pour les femmes qui écrivent, quels thèmes, quelles figures donnent corps à l'idée du risque ?

  • Monsieur Rhésus réfléchit aux illusions des hommes, aux grands systèmes des idées monomanes ou collectives, aux religions, aux politiques sur l'épaissie brochette des calendriers. L'humanité préfère encore croire à des mondes réellement possibles sans accidents. Sans évènements donc. Mais, corps mous ou élastiques, les êtres humains sont foncièrement lourds et faillibles. Alors où mettre exactement sa bombe artisanale sans se faire fracasser la boîte crânienne ?

  • Ceci est mon corps relate l'éducation sentimentale d'un jeune garçon homosexuel issu d'un milieu socioéconomique défavorisé de l'Est ontarien. Le texte traverse les frontières de genre (littéraire et sexuel), d'orientation sexuelle, de langue, de race et de classe en proposant d'analyser la décomposition d'une famille et la recomposition d'une autre, la chosen family queer qui permettra au personnage de s'épanouir de manière saine et authentique. Maniant les théories queer et le genderfuck, abordant la honte, la dépression, la maladie, la solitude et le sexe compulsif, Michael V. Smith crée, avec Ceci est mon corps, une oeuvre complexe, écrite dans une langue accessible permettant à un vaste lectorat d'entrer en relation avec son histoire, racontée sans fard, afin d'y trouver quelque chose comme une forme queer d'humanité, construite à partir de la vulnérabilité la plus totale.

    « Je me suis souvent promis, au fil des ans, de tempérer mon ardeur pour le sexe en public, le sexe anonyme, les petites vites, le sexe ailleurs que dans un lit, mais à mesure que passaient les semaines solitaires, ma détermination finissait par chanceler. J'avais l'impression que tout le monde sauf moi avait percé le code secret gay puisque j'étais incapable de convaincre qui que ce soit de me fréquenter. Le sexe en public me permettait de trouver un réconfort physique et d'oublier les soirées en solitaire. »

  • J'entends par consumation un acte excédant les exigences du bon sens, exigences auxquelles se plie l'individu qui voudrait seulement - quelle humilité ! - l'accroissement des richesses et du pouvoir. Dans le domaine de la connaissance, la consumation désigne une activité spirituelle irrécupérable en ce qu'elle ne se solde pas par une nouvelle ligne au CV ou une promotion pour penseur patenté. Elle se distingue de la consommation culturelle et protège de son infirmité érudite : le trouble anxieux de qui se goinfre de toutes les grosses Lettres de l'humanisme et peine à les métaboliser. La consumation est irréductible aux conditions du marketing intellectuel visant à la maximisation du rendement, principe dont découle le fameux et malheureux impératif publish or perish. On remarque ces dernières années une prolifération d'appellations conceptuelles branchées qui témoignent de cette marchandisation du savoir. Le consumérisme académique assigne la pensée littéraire à la résolution - supposée « effective » - de problèmes.

  • L'établissement de cet inventaire descriptif vise d'abord à mettre en valeur la bibliothèque de Réjean Ducharme. L'accès à cette extraordinaire collection (plus de 1 800 titres, dont 175 disques) devrait également infléchir les études consacrées à l'oeuvre. C'est du moins dans cet état d'esprit que nous avons élaboré cet outil de recherche qui propose une sorte de portrait de l'atelier de travail de Réjean Ducharme.

    La structure de l'inventaire rend compte de son « dispositif intellectuel ». Chaque livre s'est vu attribuer une cote alphanumérique, qui correspond à son emplacement précis dans le bureau de Ducharme, dans la bibliothèque de chevet ou encore dans diverses étagères de sa maison de la rue Quesnel, la dernière qu'il aura habitée. Le premier livre de la bibliothèque porte donc la cote A1.1.

  • La position d'Adorno à l'égard du cinéma a souvent été assimilée à un rejet total, motivé par une conception élitiste, voire bourgeoise, qui refuse de considérer pertinente la participation du septième art à l'effort d'émancipation humaine. Premier livre en langue française portant spécifiquement sur le cinéma chez Adorno, le présent essai s'efforce plutôt de montrer que la pensée adornienne nous incite à trouver un intéressant juste milieu entre deux positions également excessives : le mépris catégorique de la culture populaire, qui ferme les yeux sur ses facettes les plus fécondes, et le regard ébahi et rampant porté sur cette culture, qui nourrissait les esprits à l'époque d'Adorno et alimente aujourd'hui les travaux d'un nombre croissant de philosophes, d'écrivains et de chercheurs.

  • Voix unique dans le paysage théâtral de notre époque, l'écriture de Carole Fréchette s'inscrit dans ce qu'il convient d'appeler un « théâtre de la comparution » par lequel les personnages ont la responsabilité de se mettre à nu devant nous, de nous prendre à témoin, de nous interpeller. À même une parole imprégnée de sensations à fleur de peau et d'incisifs questionnements, la dramaturge québécoise n'a eu de cesse d'explorer la difficulté d'être chez ses contemporains aux prises avec leurs désirs et leurs contradictions dans leur recherche d'une vie à la fois plus lucide et plus juste. Amorcée en 1989, cette oeuvre compte aujourd'hui une quinzaine de pièces, distinguées par des prix prestigieux et une réception critique élogieuse à la suite d'un grand nombre de productions tant au sein de la francophonie qu'ailleurs dans le monde en pas moins de dix-sept langues.
    Pourtant, la dramaturgie de Carole Fréchette n'avait encore jamais fait l'objet d'une analyse fouillée sous forme de livre. Le présent ouvrage comble cette lacune en rassemblant des textes de seize chercheurs provenant des deux côtés de l'Atlantique. Ces spécialistes ont répondu à l'invitation de réfléchir sur l'oeuvre qui constitue l'imaginaire original de la dramaturge en tant que « théâtre sur le qui-vive ». À ces études et ces essais s'ajoutent une préface de l'écrivaine Madeleine Monette, un texte introspectif de Carole Fréchette elle-même et une ample bibliothéâtrographie de son oeuvre. Une telle initiative éditoriale permet enfin de (re)découvrir dans toute leur amplitude les spécificités poétiques et civiques d'une dramaturgie au féminin à nulle autre pareille.
    Avec des textes de : Hélène Beauchamp, Marion Boudier, Karine Cellard, Denise Cliche, Gilbert David, Francis Ducharme, Louise H. Forsyth, Carole Fréchette, Hervé Guay, Marie-Aude Hemmerlé, Sylvain Lavoie, Barbara Métais-Chastanier, Madeleine Monette, Nicole Nolette, Stéphanie Nutting, Pascal Riendeau, Lucie Robert, Jean-Philippe Roy et Sara Thibault.

  • Désormais, les corridors moisis s'emplissent d'échos, les lumières vacillent le long des balustrades et les passions commencent à butiner dans les alvéoles ankylosés du temple. On entend des pleurs. Mais sous le plafond ombrageux, il y a aussi d'étranges rires. Et des rêves. Et de la barbarie. Quelque part, quelque chose vient de se briser. Quelque chose de lourd et de fragile, un globe de verre peut-être ; et une autre présence, libre, clandestine, remplit maintenant l'atmosphère. Le charme maléfique est rompu. C'est une insurrection. Une guerre des mondes. Sans le moindre bruit, une vague ultra-terrestre envahit la forteresse de pierre, monte à l'assaut des escaliers glacés et, chargée d'une intarissable moquerie, se précipite vers d'autres ouvertures béantes, vers d'autres déserts de solitude, tel un nuage inquiétant, magnifique, incontestable, uniquement soucieux de faire trembler la chair et de restituer au pouls les battements d'une vie nouvelle.



    Un excellent essai sur la pensée et sur la littérature.



    Filippo Palumbo est l'auteur de Saga gnostica : Hubert Aquin et le patriote errant (2012). Il enseigne la philosophie au Cégep Édouard-Montpetit à Longueuil.

  • Ce livre est un exercice de lecture, presque de style. Le
    jeu consiste, à la manière des critiques de la Révolution tranquille, à
    inventer (et donc à réinventer) une tradition littéraire.
    D'où son titre qui semble emprunté à la critique littéraire des années
    1960, alors que le Québec semblait passer d'un âge à un autre, enfin
    sorti de la Grande Noirceur pour entrer dans son Âge d'or. Parler
    d'irréalité à propos de la littérature des années supposément sombres
    de 1860 à 1930 n'a donc rien de neuf ou d'étonnant. Depuis quelques
    décennies déjà, on juge cette littérature livresque et idéologique,
    grandiloquente et sentimentale, comme si elle exprimait les origines
    un peu névrotiques de la condition québécoise.
    Mais dans cette mythologie de la contrefaçon, inconsciente et
    ténébreuse, quelle place faire à des poètes comme Alfred Garneau,
    Eudore Évanturel, Albert Lozeau, Jean-Aubert Loranger ou encore
    Alfred DesRochers ? Voilà des écrivains qui n'ont rien d'irréalistes.
    Au contraire, ils passaient leur temps penchés sur la vie sensible, à
    détailler son intrication infinie, à méditer ses paysages, à s'y
    reconnaître et à s'y perdre. L'idée voulant que cette littérature d'un
    autre temps soit indifférente à la nature ou même impuissante devant
    ses forces inhospitalières ne tient plus la route, dès qu'on découvre
    cette écriture ouverte au monde comme il va, dans son intensité
    concrète et fuyante, sans l'idéaliser bêtement, sans en faire un support
    moral ou patriotique.
    Et c'est ici que le titre prend un autre sens : l'âge de l'irréalité, c'est
    aussi l'âge où le monde devient fascinant pour lui-même, à cause de
    son irréalité justement, de sa présence improbable, qui le donne
    comme une chose étrange et belle.

  • S'il est une notion dans l'air du temps, c'est bien celle de responsabilité. Aujourd'hui, tout doit être responsable, de la conduite automobile au chocolat que nous savourons, en passant par les pratiques des puissantes entreprises ou les économies investies en vue de la retraite. Mais paradoxalement, la responsabilité semble en même temps s'effriter et devenir plus diffuse que jamais, en raison de la complexification de nos sociétés et de la diminution significative de notre déférence envers l'autorité.
    Ce paradoxe plaide en faveur d'un réexamen des approches traditionnelles de la responsabilité, à la lumière des pratiques actuelles. Il s'agit donc, ultimement, de répondre à la question qui anime cet ouvrage collectif : quels lendemains pour la responsabilité ? On ne peut y répondre sans un élargissement de la perspective dans laquelle nous envisageons la notion de responsabilité, pour l'inscrire dans des approches résolument multidisciplinaires et ancrées dans la pratique. C'est à un tel exercice prospectif, à la fois exigeant et essentiel, que se sont livré les neuf chercheurs dont les réflexions sont ici réunies.

  • Destiné aux enseignants et enseignantes du français - en formation ou en exercice -, aux parents d'élèves et à toute personne intéressée par la situation particulière du français au Québec, cet ouvrage vise notamment à répondre aux questions suivantes : Comment tenir compte de l'insécurité linguistique en classe de français ? Comment enseigner le français québécois parlé ? Comment enseigner l'orthographe lexicale ? Comment décoder les dictionnaires ? Où se trouve l'orthographe moderne dans les dictionnaires ? Où se trouve la grammaire (moderne) dans les dictionnaires ? Comment enseigner la variation linguistique grâce au dictionnaire ? Quelles compétences de communication culturelles faut-il développer en classe de français ? Qu'est-ce que la politique linguistique au Québec ?
    Les auteurs et auteures de ce collectif sont des spécialistes des différents domaines abordés. Ils présentent leur sujet clairement et simplement de façon à établir un dialogue entre linguistes et responsables de l'enseignement du français au Québec.
    Cet ouvrage rend hommage à Hélène Cajolet-Laganière, linguiste, professeure retraitée de l'Université de Sherbrooke et chercheuse, qui, tout au long de sa carrière, a toujours eu à coeur de faire circuler les connaissances et d'outiller les Québécois et les Québécoises pour qu'ils soient en maîtrise de leur langue.

  • SOMMAIRE
    «Présentation», Stéphane Inkel
    «Introduction. Cartographie des lieux dans l'oeuvre de Victor-Lévy Beaulieu», Myriam Vien
    «Le vidangeur et le traducteur : avenues de Satan Belhumeur», Kevin Lambert
    «L'écriture inhabitable dans Don Quichotte de la démanche. Entre fascination et errance», Lucille Ryckebusch
    «Morial-mort, ou l'esthétique de la décomposition dans Race de monde», Myriam Vien
    LA TABLE DE POMMIER
    «Présentation», Kevin Lambert
    «Promis juré craché», Shawn Cotton
    RECENSIONS
    «Trop loin de Mark Twain», Michel Nareau
    «Une excroissance de l'oeuvre : l'Histoire du jeune garçon de la nation dite des lots-renversés qui marchait dessus ses mains, et autres racontars, de Victor-Lévy Beaulieu», Pierre-Luc Landry
    «La rencontre des géants», Michel Rioux
    NOTICES BIOBIBLIOGRAPHIQUES

  • Les différents textes rassemblés dans ce recueil abordent, aussi bien dans une perspective critique, l'incidence des récits narrés à la deuxième personne sur l'extrême contemporain que, dans une perspective pratique (réflexive, philosophique), les mécanismes d'écriture spécifiques à cette forme de narration. Le but est d'amorcer les réflexions sur l'écriture au tu, sur la portée de cette instance narrative sur le temps du récit, les jeux esthétiques, les effets de lecture et la conception du sujet.

  • Le langage est le miroir de l'homme. Cette affirmation est acceptée par la plupart, sans contestation. Pourtant, elle prête à interprétation selon la définition donnée au mot « langage ». Réduit-on le mot « langage » à un système de communication ? Si oui, le langage n'est pas le miroir de l'homme, mais celui des animaux en général qui, tous, ont développé des modes de communication leur permettant d'entrer en relation tant avec leurs congénères qu'avec leur environnement. Pour que le langage soit l'expression de l'homme en tant qu'homme, il doit devenir un lieu de manifestation et donc, de création. Cette appropriation du langage comme lieu épiphanique exige, elle également, apprentissage et enseignement. Or, l'école actuelle, à com-mencer par l'université, refuse d'accorder de la place à un tel apprentissage. Pourquoi ? Y aurait-il moyen de redresser la situation ? C'est à ces questions que répond le présent essai.

  • Longtemps considéré comme une version édulcorée et tardive du courant européen, le romantisme canadien fait ici l'objet d'une réévaluation complète. C'est un regard neuf, nourri par les récentes avancées de l'histoire littéraire et culturelle, qui est porté sur ce mouvement traditionnellement réduit à sa seule dimension esthétique, mais dont les impacts bouleversent tout l'ordre sociopolitique de la première moitié du XIXe siècle.
    Étroitement associé à l'« éveil des nationalités » qui bat son plein dans les grandes nations anglaise, allemande, française, américaine, tout comme dans les nations périphériques italienne, polonaise, irlandaise, le romantisme joue à cette époque un rôle capital dans l'émergence des identités et des littérature
    nationales. Dans les oeuvres de ces premiers intellectuels engagés, empruntant la double posture romantique d'hommes de lettres et d'hommes d'État, se découvrent des thématiques et une rhétorique indéniablement modernes, que la critique a trop souvent négligées. Remettant également en question plusieurs idées reçues sur les années 1860, perçues à tort comme le véritable point d'ancrage du mouvement et qui en ont forgé une image conservatrice et passéiste, ce réexamen montre qu'un premier romantisme, libéral et pleinement ancré dans l'actualité, a bel et bien été importé et adapté au Canada dès les années 1830-1840.

  • - « Je parle à voix basse, je parle lentement. Je parle sans effort mais je ménage mes efforts, me disant que l'oeuvre de Thomas Bernhard le requiert, car quand on la lit longtemps, on finit par avoir peur de s'essouffler, de mourir asphyxié avant d'avoir pu vider son sac. On ressent, comme l'auteur, l'urgence de dénoncer les travers du monde, les scandales de la vie. L'urgence vindicative de Bernhard avait des spécificités biographiques : il a connu la Seconde Guerre mondiale enfant dans une Autriche qu'il détestait, a aimé la musique avec passion, voyagé beaucoup avant de se cloîtrer dans sa ferme, à Ohlsdorf. Cet homme-là a passé sa vie à chercher à respirer, à retrouver son souffle - au sens propre comme au sens figuré -, d'où son style si particulier qui coule comme une rivière, en un déploiement de phrases qui n'en finissent pas, se séparent en ruisseaux ou s'enroulent sur elles-mêmes tels des serpents de mer. Et cette rivière charrie inlassablement ses déchets : la petitesse des esprits, le système éducatif et politique, les bourgeois, la maladie, la mort... C'est pourquoi lire Bernhard ne peut que se faire avec lenteur ; en parler, que dans un souffle. Le souffle de Bernhard lui-même. »
    C'est ainsi que Simon Harel ouvre cet essai intimiste sur Thomas Bernhard. Au lecteur d'y entrer.

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