FeniXX réédition numérique (Le Félin)

  • « Qui sont les Touaregs ? Les réponses avancées prudemment renvoient toutes à ce personnage énigmatique juché sur son chameau, le visage dissimulé sous un voile bleu, nomade naviguant en homme libre sur le grand désert qui nous entraîne à lui seul vers les fantasmes les plus exotiques. Mystère, noblesse, pureté, liberté : tous les ingrédients sont réunis dans ce tableau idyllique pour peupler les rêves des citadins sédentaires aux horizons toujours trop étroits, trop familiers. Ce mythe a imprégné toute une littérature qui émerge dès le Moyen Âge. Depuis les indépendances africaines au début des années soixante, les tribus touaregs sont divisées et réparties dans cinq États. Devenus citoyens de nations pluriethniques, les éleveurs nomades vivent en majorité au Niger et au Mali. Mais les deux dernières sécheresses sont venues bouleverser leurs traditions de manière parfois irréversible. C'est au Niger que j'ai choisi de mener mon enquête. En premier lieu dans l'Azawagh, où la culture touareg est la mieux préservée et défendue ; c'est l'une des régions les plus déshéritées et le berceau de la contestation face au pouvoir central. Ensuite, au nord, dans le massif de l'Aïr, où les Touaregs partagent un mode de vie original et où perdurent les caravanes. L'objectif de cette enquête est de jeter un éclairage sur la vie quotidienne et les traditions d'un peuple qui vit le traumatisme d'une transition vers le modèle dominant des sédentaires. » Sylvie Ramir

  • Dépasser la confrontation entre les inconditionnels de l'actuelle construction européenne et les défenseurs de l'État-Nation, tel est l'objectif majeur de cet ouvrage qui renouvelle profondément les approches classiques de la réflexion sur l'Europe contemporaine. L'alternative « pour ou contre l'Europe », peu productive, doit être remplacée de toute urgence par l'incontournable interrogation : « L'Europe pour quoi faire ? » De cette réponse dépend, à l'orée du XXIe siècle, la crédibilité du projet d'Union européenne, qui ne peut se poursuivre sans une réorientation radicale. Une mise à jour - une mise au jour - qui suscite de nombreuses questions. La méthode utilisée depuis la Seconde Guerre mondiale conduit-elle véritablement à l'unification politique de l'Europe ? Celle-ci peut-elle se passer de l'implication des peuples ? Le déficit démocratique institutionnel et la place dominante accordée à la dimension économique ne menacent-ils pas cette unification ? Quel rôle les États et l'Europe peuvent-ils et doivent-ils jouer dans le contexte de la mondialisation ? À tous ces questionnements, Yves Salesse apporte des réponses indispensables et des mises en perspectives nouvelles, appuyées par les rappels historiques, institutionnels et juridiques nécessaires à la compréhension, trop souvent confuse, des débats en cours. Enfin il expose de nombreuses propositions concernant l'Europe sociale, le rôle des services publics, la monnaie unique ou les évolutions institutionnelles au centre des discussions actuelles.

  • La biographie très vivante d'un des grands caricaturistes du 19e siècle, mort à 45 ans atteint de folie, qui fit trembler censeurs et gouvernants et à travers lui toute une époque qui défile, des dernières années du second Empire au début de la IIIe République.

  • Le Passé d'une illusion : essai sur l'idée communiste au XXe siècle, paru en 1995, a été accueilli par un concert d'éloges qui a rendu inaudibles les objections critiques qui lui étaient adressées, et étouffé la discussion théorique, historique et politique que François Furet a sans doute souhaitée. Pourtant, la qualité même de cet essai n'en rend que plus urgent un débat approfondi, rigoureux si possible, vigoureux si nécessaire. Tel est l'objet de ces répliques. L'auteur, en effet, se prévaut d'une conception libérale de la société et d'une interprétation libérale de l'histoire : elles forment l'arrière-plan théorique et politique de son essai, en orientent les démarches et en guident les conclusions. De fait, le communisme au XXe siècle ne serait rien d'autre qu'une réaction antidémocratique dont l'effondrement ne laisserait subsister que « le répertoire familier de la démocratie libérale ». Si François Furet propose une évocation incisive et des explications stimulantes des vagues successives d'illusions qui ont accompagné l'histoire de l'URSS, il confond dans une même condamnation et sous une même appellation - « l'idée communiste » - des projets et des idéaux (très divers) et des cristallisations historiques (très variées). Que vaut théoriquement et politiquement ce verdict ? Le stalinisme est-il la vérité, sans restes et sans héritage, du communisme ? Quand François Furet s'efforce d'en finir avec l'histoire passée, ses mobiles politiques l'emportent-ils sur ses analyses d'historien ? L'objectif des auteurs est donc double : montrer pourquoi l'ouvrage de François Furet suscite des questions, et en quoi celles-ci appellent souvent d'autres réponses que les siennes.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Mary Shelley et Frankenstein... Quelle plus bizarre rencontre que ces deux noms unis par une postérité littéraire et cinématographique imprévisible ? À dix-huit ans, l'amie de Lord Byron, l'épouse du poète Percy B. Shelley, a écrit son chef-d'oeuvre en toute innocence, ou presque. Née dans une famille d'écrivains « engagés », audacieuse, voire révolutionnaire dans ses écrits, la jeune fille timide n'a pas seulement inventé une créature infernale. Frankenstein sera salué par Walter Scott pour ses qualités d'écriture et pour son message. Car le monstre, à l'image de son époque - et de la nôtre -, est aussi la créature d'un monde où le bien n'est trop souvent que le masque grimaçant du mal. Avec son ouvrage sur Mary Shelley, Cathy Bernheim ne peint pas seulement l'existence mouvementée d'une femme blessée et aimée par la vie. Elle donne aussi le portrait d'un écrivain fulgurant, témoin des mutations d'un siècle peu à peu transformé par l'évolution générale des sciences, les révolutions naissantes de la biologie, et les mutations technologiques et industrielles. Et son regard, pour cela, nous est encore proche et précieux. Romantique, femme de tête et de coeur, Mary Shelley demeure, deux siècles après sa naissance, l'un des auteurs les plus émouvants de la littérature universelle.

  • Comenius est un maître de la pensée européenne. Michelet, enthousiaste, le célébra comme « le Galilée de l'éducation ». Tchèque, né en Bohême en 1 592, mort à Amsterdam en 1670, il met au point un système de réforme ambitieux de l'école qui lui valut une large audience en Angleterre, en Suède, aux Pays-Bas, et en France où Richelieu le sollicita. Une réforme résolument moderne : la classe doit être un lieu d'épanouissement et non un espace austère où l'écolier s'ennuie et finalement prend en aversion l'étude. Pédagogue, théologien protestant, philosophe engagé, défenseur inlassable de la cause tchèque durant les convulsions de la guerre de Trente Ans, Comenius a pensé et vécu dramatiquement ces temps marqués par les conflits religieux où périrent sa famille et nombre de ses amis. Par-delà les troubles de son époque, Comenius imaginait un chemin vers la vérité qui donnerait naissance à un monde réconcilié. Et l'éducation était pour lui la voie royale pour faire naître une humanité meilleure. Cette idée, aujourd'hui évidente mais loin d'être universellement partagée, donne à l'oeuvre de Comenius son étonnante actualité.

  • L'Épopée de Gilgamesh, l'un des plus vieux textes de l'humanité, raconte les aventures du premier héros connu. Gilgamesh, roi d'Ourouk, ne veut pas mourir. Demi-dieu, surhomme frénétique, il se livre à toutes sortes d'excès, dont ses sujets sont victimes. Aussi les dieux lui opposent-ils un rival de même force, Enkidou ; leur affrontement ramène un équilibre, et la paix. Coup de théâtre : Gilgamesh et Enkidou sortent amis de leur duel, et se lancent ensemble dans une suite de « travaux », avec l'idée fixe de conquérir ainsi l'immortalité. Leur démesure et leurs sacrilèges trouvent leur punition dans la mort d'Enkidou, décidée par les dieux. Fou de chagrin et de terreur, Gilgamesh entreprend une quête jusqu'aux confins de la terre, chez « le Lointain », le seul rescapé du Déluge dont il espère obtenir le secret de l'immortalité... Premier des textes fondateurs, de multiples éléments de L'Épopée de Gilgamesh se retrouvent dans la Genèse et la mythologie, sans qu'on puisse toujours tracer leur généalogie. Aussi bien témoigne-t-elle, en termes « mythiques », d'un mécanisme universel : la crise dans la communauté, l'emballement vicieux de la violence, la chasse aux victimes émissaires, jusqu'au lynchage final, le « meurtre fondateur », ritualisé sous forme du sacrifice. « [Gilgamesh] nous a transmis un savoir plus vieux que le Déluge. »

  • Nul titre n'exprime mieux l'esprit profond du Japon. Un livre indispensable pour les hommes d'affaires et les hommes de culture qui veulent comprendre l'âme, l'esprit et l'efficacité de ce prodigieux pays. Les Japonais sont peut-être les « Martiens » de notre planète. Leurs cerveaux et surtout leurs concepts sont en fait extrêmement différents des nôtres. Comment voyager au Japon et surtout percer dans le monde des affaires sans comprendre comment la dynamique quantitative qui fait du Japon une nation ultramoderne repose sur des fondements très subtils. Une loi non écrite mais omniprésente détermine son prodigieux développement autant que son mystère. L'irréversible guerre économique du Japon s'explique par une stratégie immuable à travers l'histoire mais invisible à l'analyse.

  • Février 2000. En Autriche, État membre de l'Union Européenne, les conservateurs s'allient avec le FPÖ de Jorg Haider. Ce parti détient aujourd'hui de nombreux ministères clés comme la Justice et la Défense Nationale. Mais qui est Jrg Haider ? Quelle est la véritable nature du FPÖ qui, malgré ses prises de position xénophobes et nationalistes, essaie de passer pour une formation de la droite traditionnelle ? Jrg Haider, le successeur ? répond à ces questions et donne raison à ceux qui pensent que ce qui se passe en Autriche doit inquiéter tous les démocrates.

  • Mai 1945. L'Armée rouge occupe Berlin. Pour le lieutenant Viktor Ivanovitch Baldine, officier de la 65e brigade des pionniers, la guerre est terminée. Le retour vers la patrie n'est plus un rêve. Mais au bord du lac Wuppersee où son unité a fait halte, le rêve vire au cauchemar. Dans le château de Karnzow, domaine du comte Friedrich von Knigsmarck, esthète, chasseur, grand protecteur des arts, Baldine est mêlé à un vol d'oeuvres de grands maîtres dissimulées dans une cave. De retour en Russie, le pillage découvert, Baldine sera le jouet d'un chantage qui va changer le cours de sa vie. Au même moment, dans les ruines de la capitale du Reich, Kurt Reutti, un sculpteur mis à l'index par la propagande nazie, tente de sauver ce qui peut l'être du patrimoine allemand enfoui sous les décombres, tandis que les sbires de Staline font main basse sur les oeuvres d'art, en compensation des pillages perpétrés en Russie par les hommes de main d'Hitler. Le Musée des pillards est l'histoire d'un individu et celle d'une époque. Dans son dédale évoluent des artistes, des escrocs, mais aussi des hommes de bonne volonté, victimes d'un temps de fer où l'Europe a perdu son âme. Viktor Baldine, soldat de la victoire, et Kurt Reutti, Allemand de la défaite, et bien d'autres personnages, sont les héros de ce récit à multiples rebondissements où l'art et la création sont devenus affaires d'État.

  • Le monde des médias connaît un bouleversement sans précédent. La révolution est à la fois technologique, économique et déontologique. Alain Codros dresse l'état des lieux dans une vaste analyse claire, incisive et impartiale. Sur le plan déontologique, de la morale professionnelle, c'est trop souvent la victoire de l'esbroufe, du spectacle, de la manipulation de l'image, le règne du sexe et du sang, le cynisme. C'est l'alliance sulfureuse et dangereuse de la politique, des médias et de l'argent, avec son cortège d'affaires. C'est la télé poubelle, la radio racoleuse et la presse à sensation. Sur le plan économique, c'est la mondialisation du marché, les fusions d'empires multimédias, et le remplacement de la culture et de la création par l'argent et le profit comme moteur de « l'industrie de la communication », pour le grand péril de l'« exception culturelle française », bien démunie face à la machine hollywoodienne. Sur le plan technologique, c'est l'ère du cyberespace. L'abolition du temps et de l'espace, la multiplication des chaînes de télévision et l'envoi instantané d'images, de sons, de textes partout dans le monde. C'est aussi l'explosion des autoroutes de l'information, Internet et autres réseaux, avec pour conséquence l'enserrement de la planète dans un vaste filet, qui peut rapprocher les hommes, mais aussi les emprisonner encore plus, et creuser le fossé entre pays riches et pays pauvres. Est-ce pour autant l'apocalypse médiatique ? Il n'y a pas de fatalité, conclut Alain Codros au terme d'une enquête sans concessions. Il suffirait en France, et partout ailleurs, d'une résistance concertée des pouvoirs publics, des responsables des médias, et surtout des téléspectateurs citoyens pour que le quatrième pouvoir - un journalisme honnête et responsable - retrouve son véritable rôle de contrepoids, et cesse d'infiltrer, à la manière d'une « cinquième colonne », les autres pouvoirs des sociétés démocratiques, qu'il est censé surveiller.

  • Le nom n'est pas une simple étiquette, c'est un « texte » le plus bref qui soit, qui décrit une personne. Ce faisant, il situe nos origines. Celles d'une région, d'une société, d'une culture. À chacun, il rappelle une histoire lointaine, oubliée, mais qui est son histoire. Outre ce qu'il signifie ou ce qu'il recouvre, le nom invite à se souvenir d'une appartenance à une communauté. C'est un signe qui invite au rapprochement. Et cela est encore plus vrai lorsqu'il s'agit d'une province telle la Bretagne dont les habitants ont été unis par une forte empreinte historique. L'extraordinaire diversité des noms de lieux et de personnes en Bretagne étonne toujours ceux qui, pour la première fois, les découvrent. Cette diversité est d'autant plus complexe qu'elle est aussi faite d'un éventail de variantes, reflets de nos parlers, et d'une grammaire celtique particulièrement originale. L'origine de ces noms puise à des sources fort diverses : les couleurs, les métaux, les fonctions, les hiérarchies, les métiers, les qualités et les défauts, les références au monde animal ou végétal, l'habitat, etc. Auteur de deux ouvrages sur la toponymie celtique, Jean-Marie Plonéis a conçu ce troisième volume avec le souci d'intéresser les spécialistes qui y verront un ouvrage de référence, mais surtout le public très vaste des Bretons qui s'intéressent à leur identité. À la fin de l'ouvrage, une liste alphabétique des noms permettra à chacun de se reporter au chapitre qui le concerne.

  • Coquets les hommes ? Le vêtement n'est plus la chasse gardée des femmes. Couleurs et formes s'émancipent. De nouvelles lignes assouplissent l'allure. Le masculin se libère. Enfin... Une étonnante enquête où, à travers les souvenirs de l'enfance, les poses émancipatrices ou conformistes de l'adolescent, les choix de la maturité, les nouveaux hommes osent enfin avouer leur entrée dans le grand spectacle du paraître. Ces hommes, dont Jane Hervé a reçu les confidences, évoquent la mère qui se veut leur premier guide, le père qui est leur modèle secret, les amantes exigeantes, etc. Ils se mettent à nu, non sans drôlerie et émotion, pudeur ou provocation. Une galerie de portraits avec ses personnalités affirmées : l'homme Cendrillon, sous son beau costume, se croit au bal du prince ; le samouraï est protégé par son armure d'étoffe ; le littéraire s'inspire des habits des écrivains adulés ; l'amoureux croit que le succès s'obtient grâce à une tenue magique ; le chien de salon intègre les normes de son milieu, le sac à patates n'y parvient pas ; l'épouvantail s'affuble de résidus vestimentaires... Et tous, sous le regard amusé des femmes.

  • Le mythe de Dracula n'est pas dû à la seule imagination de Bram Stoker. Son origine se perd dans la nuit des âges. Peut-être faut-il la situer dans les traditions préhistoriques des prédateurs cannibales qui buvaient le sang de leurs ennemis pour s'approprier leur force. Le personnage de Bram Stoker et ses multiples métamorphoses littéraires et cinématographiques nous entraînent dans un irréel où nos peurs, parfois extatiques, s'évanouissent à la clarté du jour. Mais Dracula s'est aussi incarné. Sous les traits de dangereux psychopathes comme Gilles de Rais, la Comtesse sanglante, Erzsébet Báthory, le Vampire de Hanovre, ou le Vampire de Londres, John Haig, arrêté en 1949 pour les meurtres vampiresques de neuf personnes. Et l'horreur s'amplifie, monstrueuse, lorsque Dracula prend le pouvoir. Avec les tyrannies sanglantes de Vlad l'Empaleur, d'Ivan le Terrible, de Staline, Hitler, Pol Pot... des hommes, des femmes, des enfants disparaissaient dans les convulsions de l'histoire. Par millions.

  • « Dans la mort, je ne meurs pas, c'est le temps qui meurt en moi. » Ces mots de José Echeverria, cités par Jean Chevalier, indiquent ce que pourrait être la conclusion de cette passionnante enquête sur l'au-delà. Ainsi que Jean Chevalier le met en évidence, les révélations des religions, les pensées des philosophes, des rationalistes et des savants convergent vers cette assurance : la mort ne se comprend qu'en relation avec la vie, elle s'inscrit dans la relativité complexe de l'univers.

  • Avec l'allongement de la durée de la vie et les métamorphoses de la famille, les relations entre générations sont bouleversées. Être grand-père ou grand-mère autour de la cinquantaine - et même jusqu'à quatre-vingt-dix-sept ans - comme il est de plus en plus fréquent, a redistribué les rôles traditionnels. Véronique Châtel a donné la parole à ces grands-parents qui prennent leur destin en main. C'est un nouveau dialogue entre les âges qu'elle met à jour dans ce livre, en bouleversant les clichés sur l'art d'être grands-parents. Son enquête originale, documentée, et non sans humour, permet de saisir la photographie d'une époque en mutation. Aventuriers de la retraite active, ou flâneurs impénitents, tous annoncent une autre société, et ouvrent la voie à leurs enfants et petits-enfants. Mais « Demain les grands-parents » n'est pas un simple constat. C'est aussi l'annonce d'un futur proche, où, dans une France qui vieillit - certains s'en inquiètent -, la fonction grand-parentale revisitée sera le signe d'un nouveau temps. Il faudra concilier les vertus du passé et les gages de l'avenir, reconnaître et assurer, à chaque période de la vie, la même valeur et la même dignité.

  • Au XVIe siècle, avec la même ferveur que dans le Nouveau Monde, trois cents ans plus tard, les monts Métallifères de Bohême furent le théâtre d'une course inattendue vers la richesse. Ce ne fut pas une « fièvre de l'or » mais une « ruée vers l'argent ». L'aventure de Joachimsthal mobilisa des mineurs et des ingénieurs, des théologiens et des médecins... Elle suscita l'intérêt jaloux des monarques et des banquiers. Car cette fièvre est à l'origine de la création d'une monnaie commune : le thaler d'argent. Et d'une étrange maladie... Avec cette saga de la « civilisation de l'argent », Philippe Flandrin fait surgir les figures des mutins du Batavia, le calvaire de Rimbaud au Harrar, rappelle les rivalités entre chrétienté et islam et les conflits du capitalisme naissant... Le thaler - d'où dérive le mot dollar -, qui s'imposera comme la valeur de référence du Saint-Empire germanique, conquiert les pays du Rhin, l'Autriche mais aussi la Pologne et la Scandinavie. Il devient, par le jeu des relations commerciales, la monnaie d'échange entre l'Europe et l'Empire ottoman, les Indes, puis l'Afrique et certains pays d'Orient. Une diffusion ininterrompue jusqu'à nos jours puisque, au début des années 1980, certains pays envisagèrent de lui faire rejouer un rôle monétaire majeur. Le thaler d'argent ? Une clé précieuse pour comprendre l'essor économique occidental.

  • Et si l'on faisait la révolution... Pourquoi pas ? Mais pourquoi faudrait-il la faire ? Comment, et pour quel projet ? Joseph Poli n'est pas un va-t'en guerre... Il n'appelle pas aux armes, certes non. Mais cette fin de siècle l'agace et le trouble. Trop de richesses d'un côté et trop de détresse de l'autre. D'où l'idée de ce dialogue entre un grand-père, Joseph Poli, et son petit-fils, un adolescent passionné par l'actualité. De questions faussement naïves en réponses frappées au coin du bon sens, comme tout citoyen témoin et acteur de son temps, Joseph Poli fait le portrait de la société française, de sa richesse et de ses injustices. Il s'attaque aux faux-semblants du discours politique, fait le compte des promesses non tenues, s'interroge sur la cohabitation, la grève des routiers, la montée des extrémismes, le rôle des médias... Et trace des chemins d'avenir. Avec toute la pertinence et l'expérience d'un observateur de la vie politique, simplement et sincèrement, Joseph Poli écrit aujourd'hui ce qu'il n'a pas dit à la télévision. Il emprunte les habits d'Utopie, réclame un authentique chambardement et montre pourquoi la jeunesse doit faire entendre sa voix et être écoutée.

  • Comment peut-on être Belge ? Vaste question ! Qui ne reçoit souvent que des réponses distraites, agrémentées de quelques histoires drolatiques, distillées sous l'accent bruxellois... Le pays de Magritte, d'Émile Verhaeren et de tant d'autres peintres, écrivains et poètes mérite bien mieux que des images frappées d'humour et d'à-peu-près. L'exception belge reste à découvrir. Petit mode d'emploi de la Belgique contemporaine, l'ouvrage de Claude Haim remonte le temps jusqu'à l'origine de la Belgica romaine. Une riche histoire au coeur du concert européen depuis César. Au gré des alliances et des partages de territoires, placée tour à tour sous la domination des ducs de Bourgogne, sous la coupe des Habsbourg, conquise par les idées de la Révolution, annexée à la France, la Belgique fut aussi la terre de Waterloo, où chuta l'Empereur. Entre catholiques et libres penseurs, socialistes et royalistes, Flamands et Wallons, la Belgique est une sorte de microcosme où passé et présent se conjuguent, parfois plus qu'ailleurs, avec violence et passion. La Belgique mise à nu, avec érudition et irrévérence, renouvelle la connaissance de ce « plat pays » qui ne manque pas de reliefs...

  • 30 000 femmes souffrent chaque année d'un cancer du sein, et les prévisions des experts laissent supposer qu'une femme sur dix en serait atteinte au seuil de l'an 2000. Au-delà des statistiques, fondé sur des entretiens, cet ouvrage essaie de montrer que conjointement aux multiples facteurs qui l'induisent, le cancer du sein est la marque d'un mal-être, conséquence d'un ou de plusieurs chocs subis par ces femmes blessées. « Cancer et sein, ces vocables associés restent, malgré le nombre croissant de guérisons, une malédiction pour les femmes. C'est justement cette malédiction et cet opprobre que nous avons voulu démystifier, écrit Betty Hania, en débusquant la genèse de cette maladie, et en analysant ses mécanismes psychologiques. C'est en nous attachant au pourquoi d'une féminité prise de court et battue en brèche que nous formions le voeu d'offrir, dans ce livre, un antidote rationnel contre la peur par essence irrationnelle, voire la phobie des femmes face à cette maladie. » « Voici un livre vivant sur le cancer du sein. Un livre témoignage, témoin non pas d'une seule histoire, mais d'un bouquet d'histoires de femmes. Elles ont chacune leur parcours, leur vécu, leurs expressions, mais Betty Hania a su mettre en avant avec intuition et intelligence le dénominateur commun à tous ces événements, sans se mettre à la place du médecin, ni du psychothérapeute. Elle a su ne pas tomber dans une pensée trop psychologisante. Elle a su rendre à chaque femme qui témoigne dans ce livre son authenticité. Nous retrouvons dans ces récits un condensé de ce que nous rencontrons dans notre pratique médicale. » Docteur Sylvain Mimoun, extraits de la préface

  • L'amour sublime est un dépassement de la réalité de l'acte amoureux. S'intégrant aux forces cosmiques, il donne au temps de l'étreinte une dimension d'éternité. Il pourrait s'agir de l'amour fou si nous n'étions pas conviés à aller plus loin. Vers une véritable fusion de l'un dans l'autre. Les mythes, porteurs de vérités essentielles, nous le proposent en idéal. Ils indiquent que les dieux du commencement étaient androgynes. Dans l'univers, un et un faisaient un. L'unité était antérieure à toute chose. Et comme les dieux, les premières créatures humaines étaient doubles : homme et femme à la fois. La séparation en deux sexes a été une punition divine. Depuis, chaque homme et chaque femme possède dans son inconscient le désir de l'unité perdue. L'union sexuelle ainsi réalisée dans « une certaine disposition essentielle de l'esprit » permet le retour à la condition première. La conscience individuelle se fond dans la conscience universelle. Des rituels sumériens à Tristan et Iseult, L'Amour sublime invite à un véritable voyage initiatique pour une transcendance de l'amour sexuel. Afin que l'étreinte atteignant à l'extase « témoigne de l'incorruptible essence du divin ». L'amour est ainsi affirmé comme la loi suprême du monde.

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