Les Belles Lettres éditions

  • Trésor pour l'éternité, la mythologie des Grecs et des Romains nous appartient. Ces récits venus de la nuit des temps vivent dans nos songes, animent notre for intérieur. Les lectures ne cessent de s'ajouter aux lectures, les critiques aux explications, les déconstructions aux déconstructions. Nous ne cessons de recevoir et de nous approprier cette mythologie et toujours de nous demander quelle est sa signification profonde, elle qui nous touche, nous trouble et nous émeut intimement. Grecs et Romains se posaient la même question. Poètes, écrivains, artistes, historiens, philosophes, théologiens de l'Antiquité nous ont laissé des ouvrages - toujours puissants et lumineux - qui ne cessent de grossir une marée montante de savoirs, de réflexions, d'idées, d'interprétations aussi géniales que singulières, aussi étonnantes que convaincantes, fulgurantes et pourtant tant de fois méconnues. Ce livre leur donne la parole et fait partager le bonheur d'une découverte au fond infinie. Sans rien concéder au vertige de la distance ethnologique, il montre que les récits mythiques de l'Antiquité s'accommodent d'une proximité aujourd'hui oubliée, peut-être perdue, mais possible, et merveilleuse.

  • Divers est un choix de textes, d'entretiens et d'interventions parus dans la presse imprimée de 1984 à 2019. On peut le lire comme la suite et le complément de Littérature interdite (1972), de Vivre (1984), d'Explications (2000), et d'Humains par hasard (2016). Né en 1940 à Bourg-Argental (Loire), Pierre Guyotat est l'auteur de l'une des oeuvres majeures de la langue française : la puissance de son verbe et l'audace de ses fictions, depuis Tombeau pour cinq cent mille soldats en 1967 et Éden, Éden, Éden censuré en 1970, jusqu'à Joyeux Animaux de la misère 1 et 2 en 2014 et 2016, exercent fascination et influence en France et à l'étranger. Ses dessins sont exposés à Paris, Berlin, Londres, Rome, New York et Los Angeles. En 2010, il reçoit le Prix de la Bibliothèque nationale de France ; en 2018, le Prix Médicis, le Prix de la langue française ainsi que le Prix spécial du Jury Femina pour Idiotie.

  • À la différence des pensées antiques qui, invitant à se connaître soi-même, détachent l'âme du corps, la pensée chrétienne élabore une conception du corps étroitement solidaire de l'âme : celle-ci n'est tout à fait elle-même qu'unie au corps qu'elle anime. Or la médecine sait à quel point la vie intérieure du corps nous échappe. Si la Renaissance est ardemment attentive à l'anatomie, de grandes pensées expriment de fortes réserves sur la validité de ce savoir qui pourrait bien n'être qu'un trompe-l'oeil. Plus généralement comment définir le rapport de l'âme et du corps ? Les métaphores qui tentent de le décrire sont aussi nombreuses qu'imparfaites, comme est vif l'intérêt pour ces individus qui vivent ce rapport dans l'incertitude, l'instabilité ou l'inquiétude : le lycanthrope, qui, comme on dit alors, « se met en loup », l'ensorcelé, le fou. À défaut de pouvoir scruter l'intimité des corps, d'être en état d'en franchir la clôture, il faut mettre en place des procédures indirectes d'observation, édifier un complexe savoir conjectural qui sache repérer et croiser les signes. Nous n'avons pas complètement renoncé à ces représentations.

  • Les medecins se montrent souvent desarmes devant cet « entre-deux » qu'on appelle « convalescence » : periode floue, hesitante. Ce n'est plus la maladie, ce n'est pas encore la sante recouvree. Blesse, le chevalier medieval attend avec impatience le moment de remonter a cheval.
    Ce repos force inquiete les moralistes et les familles bourgeoises car il oublie les bonheurs de la vie active. Mais son tresor de sensations enchante les romanciers, comme on le voit bien chez Jane Austen, Madame de Stael, Zola, Henry James, Rilke, Proust, Thomas Mann et tant d'autres. La convalescence preside aussi a des experiences amoureuses, dont certaines frolent l'interdiction. La paix de la chambre ou l'effort demande par la societe ? Goethe hesite.
    Religion et societe benissent la convalescence quand elle permet des revisions de vie, voire des conversions dont le roman du xixe siecle a ete friand et dont les plus exemplaires se trouvent dans le roman russe, notamment chez Tolstoi.
    Le xxe siecle leur porte un coup de grace. Nous sommes et nous restons de grands malades. Du meme coup, nous voila devenus plus sensibles, plus attentifs, comme l'avait dit Nietzsche, a des bonheurs aussi intenses que, parfois, minuscules. Car les conforts de la convalescence ne resistent pas aux catastrophes des temps modernes, ce que montrent bien les romanciers les plus tragiques (Doblin, Celine).

  • Autonome, inventif, persévérant, la tradition classique fait d'Ulysse un idéal d'humanité tourné tout entier vers l'accomplissement de sa mission et la perfection de soi. Mais cette lecture laisse dans l'ombre toute la « matière anthropologique » que l'Odyssée transforme en récit épique, à savoir l'attachement ambivalent de l'homme au plaisir. Car l'Odyssée est bien l'épopée des plaisirs. La réussite d'Ulysse ne repose pas sur des choix rationnels guidés par la maîtrise de soi et des autres. Ulysse polutropos, complexe, insaisissable, parvient à ses fins parce qu'il s'appuie sur les effets que produisent ses récits ; il est efficace car il plaît et prend un plaisir immodéré à plaire. Culturellement exceptionnelle, l'Odyssée contredit l'idée profondément ancrée dans la pensée occidentale selon laquelle le plaisir serait assimilé au seul souci de soi. Dans l'Odyssée, le plaisir peut provenir de l'insouciance dangereuse de l'oubli (les Sirènes), de l'obéissance aux recommandations (Circé), de la soumission à une épreuve (signes de reconnaissance de Pénélope), de la confusion physique et intellectuelle. Cette désorientation causée par le plaisir est potentiellement destructrice. Elle est aussi, pour Ulysse, la possibilité d'une intelligence augmentée, acquise dans la fréquentation d'êtres et de lieux qu'il ne maîtrise pas. Anthropologiquement fécond, cet essai interroge le sens de l'efficacité dans un univers changeant et imprévisible. Il met en lumière différents aspects de la pensée classique délaissés par la tradition des Humanités, comme le lien entre intelligence et plaisir, le rapport à l'altérité, ou encore le désir de chacun de nous de ponctuer son existence de mots, de récits et de fiction.

  • Une vie, une mémoire. Une vie passée à séjourner auprès de quelques poèmes aussi bien français qu'anglais, italiens qu'allemands à la recherche de cette « musique savante » qui saurait faire résonner le sens de l'existence. Depuis le jour où, adolescent un peu à la dérive, il a été saisi par un sonnet de Baudelaire, John E. Jackson n'a cessé de s'interroger sur ce qu'était la poésie et de demander aux poètes de l'aider à mieux saisir les faits les plus simples de la vie, qui sont aussi les plus fondamentaux : l'amour, l'amitié, la tristesse, le sentiment du vide ou de l'absence comme aussi celui de la joie. Ces pages, où l'on croise Dante, Du Bellay, Shakespeare, Goethe, Hölderlin, Kleist, Nerval, Rimbaud, Mallarmé, Yeats, Eliot, Celan ou Bonnefoy, interrogent les facettes d'une vie où la mémoire est moins un pas en arrière que le mouvement à partir duquel s'élancer en direction d'un sens toujours à venir.

  • Nous n'aimons guère le spirituel républicain. Un spectre, dira-t-on, vestige de gloires révolues, épouvantail obsolète d'un imaginaire laïque passablement décharné. Forgé dans l'atelier conceptuel de la Révolution française, irriguant le dialogue de la philosophie et des sciences sociales naissantes, le problème du gouvernement des esprits est le point névralgique du XIXe siècle. Et telle est la distance qui nous sépare d'auteurs apparemment aussi hétérogènes que Comte, Michelet, Tocqueville ou Pierre Leroux : rendre effective la liberté des modernes suppose d'abord d'affronter l'énigme du pouvoir spirituel. Heureux émancipés ou mélancoliques vitupérants, nous sommes les héritiers d'une sacralité républicaine qui fut conjointement cernée de tragique et ourlée d'espoirs. Ce livre retrace l'histoire d'une contrariété.

  • La nécessité des lois sociales s'agence mal avec les prétentions du libéralisme politique. En partant du traumatisme provoqué par la Révolution française, dont il suit les effets jusqu'au milieu du XIXe siècle, cet ouvrage fait la généalogie de notre situation actuelle, où se nouent en un dispositif qui n'a rien d'accidentel la disparition silencieuse du politique et l'impuissance bruyante de la critique. À travers la redécouverte de la tradition sociale française du XIXe siècle, si étrangement ignorée, La Raison du Peuple raconte la naissance de la nouvelle science politique, dont la connaissance des lois de la société avait pour but de donner son sens effectif à la promesse d'autonomie. Frédéric Brahami est directeur d'études à l'EHESS (Centre de Recherches Historiques). Il a publié Le Scepticisme de Montaigne (1997), Le Travail du scepticisme. Montaigne, Bayle, Hume (2001), Introduction au Traité de la nature humaine de David Hume (2003). Il a dirigé notamment les volumes Les Affections sociales (2008), et L'Énigme du régicide : institution et rupture du politique, Incidence (2011).

  • Cet ouvrage met au jour un pan jusqu'alors méconnu de notre littérature moderne : le roman français à sujet romain contemporain. Apparu au début du XIXe siècle, sous la plume de Madame de Staël, avec Corinne (1807), il s'est développé au travers des deux cents dernières années, avec des oeuvres aussi importantes que Madame Gervaisais des Goncourt (1869), la Rome de Zola (1896), Les Caves du Vatican de Gide (1913), ou La Modification de Michel Butor (1957). Examinant ces oeuvres clefs du répertoire français, aussi bien que d'autres textes qui firent époque, Donatien Grau s'emploie à dégager la généalogie d'un genre, suite du récit de Voyage dans une ville dont la population fut multipliée par trente pendant la période, qui passa de l'état de désert à celui de métropole moderne, et du statut de capitale des États pontificaux à celui de capitale de l'Italie unifiée. Il met en évidence une lecture française de Rome - Paris et Rome étant les seules villes jumelées l'une à l'autre. Le roman, genre anti-religieux par excellence, doit s'y confronter à l'omniprésence du catholicisme ; et la fiction doit affronter la présence étouffante de l'histoire, qui avait, pendant des générations, empêché toute fiction contemporaine. Par ce biais, il nous offre un aperçu sur un rare moment où le temps se rend sensible à lui-même, dans la Ville éternelle.

  • De la littérature après la fin du temps, suivi de Manifeste du maxencéisme

  • Tout est symbolique pour Léon Bloy : l'histoire de l'humanité, sa propre vie, les contes sortis de son imagination offrent tous une image de Dieu sous des dehors inattendus. Il ne lui suffit pas de pourfendre le positivisme qui domine dans l'opinion de son époque : à la religion de la Science il oppose une vision du monde dans laquelle le moindre événement, réel ou imaginaire, exprime la Parole divine à l'instar de la Bible. Ainsi, toute réalité est textuelle sous le regard de cet écrivain qui, dans le divers de l'existence, aperçoit, par fragments, la même fiction transcendante. Cet ouvrage explore l'étonnante pratique de la littérature qui résulte de ce parti-pris apologétique risqué. Le roman, l'historiographie, le pamphlet, le journal intime n'y sont jamais que des textes de seconde main : des réécritures déconcertantes qui, selon des conventions différentes, ont la Bible pour matrice et tentent d'en faire résonner les échos intempestifs à l'oreille des contemporains.
    Pierre Glaudes, professeur à Sorbonne Université, a procuré une édition du Journal de Léon Bloy (1999, 2 vol.). On lui doit aussi diverses éditions d'oeuvres de l'écrivain : Histoires désobligeantes (1997), Sueur de Sang (2000), Les Funérailles du Naturalisme (2001) et Le Désespéré (2010).

  • D'Érasme à Rousseau, cet essai traverse trois siècles d'histoire de la philosophie, à la recherche d'une réponse à la question « Pourquoi voyager ? ». Si la question ne se pose guère aujourd'hui, elle fut pourtant, pendant trois siècles, l'objet de disputes complexes : car il était bien loin d'aller de soi que l'on pût voyager sans raison, pour le simple plaisir « d'aller voir ailleurs ». Entre le milieu du XVIe siècle et la fin du XVIIIe siècle, la République des Lettres devient ainsi la scène d'une controverse sur l'utilité des voyages, notamment en matière d'éducation. Y a-t-il de bonnes raisons de voyager, lorsque rien ne nous y contraint ? Quelle est l'utilité d'une pratique qui procède inévitablement de ce plaisir ambigu qu'est celui de la curiosité ou de l'attrait pour la nouveauté ? L'époque classique voit ainsi naître une réflexion sur les voyages dont les enjeux philosophiques sont évidents : elle montre l'importance que prend, dans la culture moderne, la question de l'éducation et son lien à une conception de l'homme en devenir, dont la formation ne repose plus seulement sur les mots, mais exige l'expérience du monde et le détour par les choses, exigence que manifeste par excellence la présence de la métaphore du livre du monde. Seules les études littéraires et historiques semblent avoir pris au sérieux la question des voyages et l'étude de ce phénomène original dans l'histoire de la pensée européenne qu'est la profusion des « arts de voyager » à l'âge classique. Cet essai étudie les enjeux philosophiques de ce qui fut autant un objet de disputes qu'un défi pour la pensée. Juliette Morice, agrégée et docteure en philosophie, est maîtresse de conférences en littérature et philosophie des XVIIe et XVIIIe siècles à l'université du Maine (Le Mans).

  • « Avant de quitter cet ouvrage, le dernier, sans doute, que nous proposerons au public, nous voudrions aussi remercier les lecteurs et les auditeurs qui, depuis plus d'un demi-siècle, ont bien voulu nous conserver leur attention et dont certains sont devenus des amis. Peut-être auront-ils remarqué, à travers tous ces textes, une orientation, d'abord tâtonnante, puis de plus en plus consciente vers une étoile unique que nous appelons Singularité. À défaut d'autre mérite, cette aimantation donne à notre humble vie un axe et une certaine cohérence. Et nunc dimittis servum tuum, Domine. » J.-F. Marquet Professeur émérite à la Sorbonne, lauréat du Grand Prix de Philosophie de l'Académie française, Jean-François Marquet est l'auteur d'une oeuvre inclassable, aussi érudite qu'élégante, aussi puissante qu'inexplicablement claire, dont le propos rare fait résonner le timbre d'une voix d'exception.

  • Des bergers et des bergères, des moutons et des eaux claires, le vent qui frémit dans les arbres : tout cela concerne-t-il encore notre temps ? Si le désir de beauté n'est pas mort, la réponse ne fait pas de doute. D'autant que les personnages de ces romans de la Renaissance sont à l'unisson des lieux où ils vivent. Chez Sannazar, Montemayor et D'Urfé, règnent la politesse et les belles manières. Chez Cervantès lui-même, volontiers ironique, la courtoisie réussit à contenir la violence des passions. Les dieux sont morts, même si certains cultes essaient encore de donner le change. Reste ce beau devoir de l'humanité qui s'appelle la bienveillance. Quand un inconnu se présente, on écoute son histoire et on essuie ses larmes, car il est presque toujours malheureux, même en Arcadie. Mieux : on l'invite à chanter et à jouer de la musique, suprême consolation.
    Les plus belles sociétés utopiques de la Renaissance ne sont pas celles qu'ont inventées Thomas More ou Campanella, singulièrement dépourvues de liberté. Ce sont ces petites réunions de pasteurs, parfaitement improbables, où ne règne aucune autorité. Des duègnes mystérieuses ou des druides vénérables se contentent de réconforter les bergères en pleurs à la recherche d'un amant infidèle. Ils n'imposent aucune loi. Chez d'Urfé, le plus magistral des quatre auteurs ici étudiés, il revient à chacun de trouver sa voie et personne ne peut faire l'économie du temps. Comme, bientôt, chez Corneille et Descartes.
    Daniel Ménager est professeur émérite à l'Université de Paris- Nanterre. Ses principaux travaux portent sur Ronsard, qu'il a édité dans la « Bibliothèque de La Pléiade », avec Jean Céard et Michel Simonin (deux volumes, 1993 et 1994). Il a en outre publié : La Renaissance et le rire (1995), La Renaissance et la nuit (2005), La Renaissance et le détachement (2011), L'Ange et l'ambassadeur (2013), et, aux Belles Lettres, L'Incognito, d'Homère à Cervantès (2009) et Le Roman de la bibliothèque (2014).

  • La question du médium est au centre de cet essai. D'une part, le médium des artefacts visuels traditionnellement considérés comme des « images » (dessins, tableaux, estampes, etc.) est défini par la nature de leurs supports. En appliquant aux oeuvres d'art le même traitement qu'à tout autre objet, la photographie n'a pas fait qu'élargir la famille des images, elle en est devenue le paradigme, de sorte que la reproduction d'une oeuvre d'art qui n'est pas une image est une image. La condition définitoire de ce qui fait image s'en trouve dès lors modifiée. D'autre part, on donne le nom de « médium » à une personne que ses pouvoirs suprasensibles mettent en communication avec les « esprits ». Parce qu'ils situent l'image au confluent de ces deux grandes déterminations (le renvoi et la transmission), les textes de Pascal Quignard peuvent nous éclairer sur les pouvoirs qui lui sont attribués. L'hypothèse est la suivante : non seulement toute image actuelle a un médium, mais toute image, en tant qu'elle est image de ce qui est sans image (« image qui manque à nos jours »), est un médium. La médialité (les « supports ») est aussi une affaire de médiumnité (les « transports »). Médée, l'infanticide, la magicienne, empoisonneuse et guérisseuse, dotée des pouvoirs d'un médium (d'une chamane), est précisément la figure générale de la médiation.
    Bernard Vouilloux, professeur de littérature française à la Faculté des Lettres (Paris IV) de Sorbonne Université, a centré ses recherches sur les rapports entre le verbal et le visuel, littérature et peinture, poétique et esthétique. Outre de très nombreux articles, il a publié une vingtaine d'ouvrages.

  • Chaque année qui passe le confirme un peu plus : Pierre Jean Jouve (1887-1976) est l'un des plus grands poètes et romanciers français du XXe siècle. Son oeuvre poétique, d'une haute exigence, se double d'un ensemble de romans qui, de Paulina 1880 au Monde désert, sont devenus des classiques.
    Mais qui était Jouve ? Premier écrivain en France à recourir à la psychanalyse, il a revendiqué haut et fort dans En miroir la nature autobiographique de son oeuvre. En fait, réalité et fiction s'entrelacent étroitement dans son mythe personnel.
    Le livre de Jean-Paul Louis-Lambert se présente comme une enquête quasi policière (une fiction détective, dit l'auteur) pour retrouver les éléments qui ont permis l'édification de ce mythe, avec son singulier cortège de figures féminines. Rencontrée en 1909 puis en 1933, Lisbé est une troublante créature érotique stigmatisée. Chantée en 1935 et 1936, Hélène de Sannis est la sublime initiatrice qui meurt pour accoucher de l'artiste. Sont-elles les héroïnes d'une histoire ? d'un mythe ? d'un roman ? Plongé dans ses fantasmes en fusion, Jouve a recréé ses amours avec la femme-mère Caroline, la femme-soeur Andrée, d'intrigantes amies, et avec Blanche Reverchon, la femme qui est tout à la fois la mère et la soeur, une amante adultère et une épouse dévouée, une mystique discrète et une psychanalyste qui a rencontré Freud.
    C'est cette mystérieuse galaxie qu'explore cet essai-enquête documentaire qui constitue aussi une lumineuse introduction à la lecture de Jouve.

    Jean-Paul Louis-Lambert, naguère professeur dans un grand établissement scientifique de la Région Parisienne, est un lecteur, amateur d'objets culturels, littéraires et artistiques. Il a contribué à de nombreuses revues (Esprit, La Revue des Revues, L'Atelier du roman, Loxias, Quarto...) et aux sites Poezibao, Brasil Azur et Le Nouveau Recueil. En collaboration avec la Société des Lecteurs de Pierre Jean Jouve, il a créé et anime le site www.pierrejeanjouve.org.

empty