Annette Becker

  • Les messagers du désastre

    Annette Becker

    • Fayard
    • 17 Janvier 2018

    Dès 1941, une poignée d'hommes, dont Raphael Lemkin, un juriste juif, et Jan Karski, un catholique résistant, perçurent l'ampleur de la destruction des Juifs au sein des crimes de la Seconde Guerre mondiale. Mais ils ne rencontrèrent qu'incompréhension et rejet. Forte de son regard de spécialiste de la Grande Guerre, Annette Becker éclaire d'une façon inédite l'un des points les plus sensibles de l'histoire : comment convaincre de l'impensable ? Pendant la Première Guerre mondiale, les Arméniens avaient déjà été victimes d'une extermination comparable.
    Pourquoi alors n'a-t-on pas voulu voir ce que Lemkin cherchait à nommer et faire reconnaître depuis les années vingt et trente jusqu'à l'adoption par l'ONU en 1948 de la " Convention pour la prévention et la punition du crime de génocide " ? Ce livre replace dans le temps long, jusqu'aux films et fictions littéraires récentes - telles celles de Claude Lanzmann ou Yannick Haenel , le combat de ces hommes qui, du génocide des Arméniens à celui des Juifs, se sont battus pour faire voir au monde et condamner l'abominable.
    Depuis 1945, au vu de tant d'événements tragiques, avons-nous réellement compris leurs messages ?Dès 1941, une poignée d'hommes, dont Raphael Lemkin, un juriste juif, et Jan Karski, un catholique résistant, perçurent l'ampleur de la destruction des Juifs au sein des crimes de la Seconde Guerre mondiale. Mais ils ne rencontrèrent qu'incompréhension et rejet. Forte de son regard de spécialiste de la Grande Guerre, Annette Becker éclaire d'une façon inédite l'un des points les plus sensibles de l'histoire : comment convaincre de l'impensable ? Pendant la Première Guerre mondiale, les Arméniens avaient déjà été victimes d'une extermination comparable.
    Pourquoi alors n'a-t-on pas voulu voir ce que Lemkin cherchait à nommer et faire reconnaître depuis les années vingt et trente jusqu'à l'adoption par l'ONU en 1948 de la " Convention pour la prévention et la punition du crime de génocide " ? Ce livre replace dans le temps long, jusqu'aux films et fictions littéraires récentes - telles celles de Claude Lanzmann ou Yannick Haenel , le combat de ces hommes qui, du génocide des Arméniens à celui des Juifs, se sont battus pour faire voir au monde et condamner l'abominable.
    Depuis 1945, au vu de tant d'événements tragiques, avons-nous réellement compris leurs messages ?

  • Ce livre renouvelle en profondeur l'étude de la Grande Guerre. Fondé sur l'exploitation d'archives inédites, en particulier celles du Vatican et du CICR, il retrace les souffrances éprouvées par les populations civiles et les prisonniers de guerre, et les interventions humanitaires qui cherchent à les protéger.
    Il révèle ainsi que la Grande Guerre ne fut pas seulement la guerre des tranchées mettant aux prises les combattants du front, mais qu'elle fut bien une guerre totale, pesant en profondeur sur les sociétés et enrôlant des populations entières. Elle fut la première des guerres du XXe siècle, annonçant par bien des traits les atrocités de la Seconde Guerre mondiale, dont elle constitue en quelque sorte la matrice.
    Par l'une des spécialistes incontestées du premier conflit mondial, un livre important qui a marqué une inflexion dans la vision de la guerre et est venu donner corps aux intuitions d'un George Mosse sur la brutalisation des sociétés européennes (De la grande guerre au totalitarisme, « Pluriel » août 2003).

  • Ce livre est un manifeste d'historienne. Pour dire la guerre mondiale, souvent totale, il prouve que d'autres ressources que celles de l'écrit sont nécessaires, d'où ce récit placé à hauteur d'oeil, dans le regard des regards des années de guerre. Qu'ont perçu les combattants et les civils du monde entier des fronts militaires et des fronts domestiques ? Qu'ont fait passer de la tragédie globale et des tragédies singulières, dessinateurs, cinéastes, peintres, photographes, artisans d'objets de guerre ? Nous saisissons le conflit à travers les images, celles qui furent publiées ou exposées comme celles qui demeurèrent dans la sphère privée. Trois chapitres construits autour de la photographie et du cinéma, des caricatures et du camouflage militaire - paradoxalement né en partie autour des avant-gardes - réactivent souffrances, consentements, désespoirs, refus, courages.
    De nombreux contemporains pensaient que la douleur serait infinie ; le quatrième chapitre, « Deuils » permet de suivre le prolongement des images du temps de guerre dans le siècle : les pratiques commémoratives ont transformé les paysages et les espaces mentaux, jusqu'aux artistes les plus résolument contemporains.
    Un écrivain, Pierre Bergounioux, conclut le récit.

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  • Du Pas-de-Calais à la Moselle, dans les campagnes de la Somme et de Belgique comme dans les usines des Ardennes, du Nord ou de Wallonie, des millions de gens ont vécu à l'heure allemande entre 1914 et 1918. Mais de cette « outre-guerre » derrière les tranchées, on ne parle pas plus qu'on ne s'en souvient.C'est à ces invasions, à ces occupations et à leur cortège d'exactions, de déportations, de privations qu'Annette Becker consacre ce livre. Grâce aux multiples journaux intimes écrits pendant les faits et utilisés ici pour la première fois, aux dessins comme aux archives, elle rend perceptible ce que fut le quotidien d'une guerre totale.Professeure à l'université de Paris-Ouest-Nanterre et membre senior de l'Institut universitaire de France, Annette Becker est spécialiste des deux guerres mondiales et travaille au sein de l'Historial de la Grande Guerre et du Mémorial de la Shoah. Après un 14-18. Retrouver la guerre (avec Stéphane Audoin-Rouzeau, Gallimard), qui fait autorité, son dernier ouvrage s'intitule Apollinaire, une biographie de guerre, 1914-1918 (Tallandier, 2009).

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  • « Ah Dieu que la guerre est jolie » écrira Apollinaire, exprimant ainsi non pas une apologie de ce terrible conflit, mais l'incroyable force de la vie dans la mort. Ce poète combattant dessine une guerre qui est bien à lui mais qui appartient à tous. Guillaume Apollinaire en guerre, c'est un intellectuel qui découvre l'expérience de l'engagement et du combat, mais également la blessure et les combattants ordinaires.
    Si nous croisons ici Picasso et Cendrars, Duchamp et Picabia, Breton, Eluard, Derain, Chagall et Delaunay ou Cocteau, Max Jacob, Vlaminck, Léger, Braque et Ernst, nous rencontrons également des anonymes, volontaires et embusqués, patriotes et neutres... En un jeu de miroir, le poète en guerre, combattant à la fois extraordinaire et banal, permet de mieux comprendre le conflit. Si sa vision de la guerre est construite à l'aune de ses certitudes, de ses angoisses et de ses rejets, elle appartient cependant à tous. Car il en nourrit son oeuvre d'écrivain et de critique d'art.
    C'est donc à l'aune de la personnalité d'Apollinaire qu'Annette Becker nous fait traverser la Première Guerre mondiale : la souffrance, l'occupation du Nord de la France, le front, le patriotisme teinté de pointes d'antisémitisme et de xénophobie, le rejet scandalisé des embusqués. Blessé à la tête, Apollinaire deviendra une icône personnifiant la violence du conflit. Il décédera de la grippe espagnole en 1918.
    La mémoire de son engagement et de sa blessure hanteront des générations d'écrivains et d'artistes français et étrangers qui s'interrogent sur ce que fut la Grande Guerre.

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  • L'immontrable ; des guerres et des violences extrêmes dans l'art et la littérature Nouv.

    L'historienne Annette Becker propose un essai d'histoire culturelle et suit les linéaments d'une exploration de ce que Camus nommait en 1965 « la douleur de l'histoire toute fraîche ». Elle rassemble ici des réflexions qui ont émaillé son parcours intellectuel et sensible de femme dans l'histoire. Spécialiste reconnue de la Grande Guerre et des violences extrêmes qui ont marqué le « court xxe siècle » (de Sarajevo à Sarajevo), elle a entrepris dans un réel engagement aux côtés d'autres historiennes et historiens de faire l'histoire et de lire les mémoires des conflits de notre temps, des génocides et des guerres coloniales, de l'Arménie au Rwanda.
    Autant de douleurs et de cicatrices que l'historienne décrypte et déchiffre dans les formes les plus diverses de la création (peinture, sculpture, arts visuels, musique et poésie). Ces tableaux successifs de situations traumatiques sont autant de possibilités et de nécessités offertes pour mesurer autrement et pour mieux comprendre les dévastations physiques et mentales subies par les êtres humains en temps de paroxysmes : qu'ils soient militaires ou non, femmes ou hommes, civils de tous âges et de toutes origines. Avec une certitude : l'horreur et l'effroi sont et représentables et historicisables, malgré le topos paresseux selon lequel le choc des souffrances les plus dures serait devenu intransmissible ou inaudible. Tout au contraire l'auteure affirme ici, avec détermination (le déterminant « l' » a toute son importance que la question ne se pose pas) : l'immontrable est bien représentable.
    Comment raconter, porter à la conscience ces vécus non partagés, comment retrouver ces expériences et les ré-historiciser, alors que les media nous bombardent - à juste titre mais souvent sans recul - des drames d'aujourd'hui ?
    Aussi Annette Becker a-t-elle voulu exhumer dans cet ouvrage des oeuvres et des sources, écrites, visuelles, sonores, saisies au moment de la blessure du corps ou de l'âme, juste avant la mort, pendant la cruauté et la terreur, le chagrin, le sang, les larmes. Elle est et reste persuadée que l'essentiel est de porter un regard qui croise sciences sociales, écriture et art, sans frein ; l'interprétation est essentielle, même si elle est éphémère ou controversée.
    Cet ouvrage montre l'importance et l'absolue nécessité de prendre en compte les expressions artistiques et littéraires pour analyser et restituer des périodes ou des phénomènes historiques en voie de disparition dans l'oubli. La liste des artistes et écrivains forme en soi un corpus intéressant, une matière à penser : on y retrouve entre autres Apollinaire, Max Jacob, Claude Debussy, Dada, Julien Gracq, Jean Lurçat, Mark Rothko, Pierre Buraglio, Christian Boltanski...

  • Guillaume Apollinaire en guerre, c'est la rencontre entre un poète et l'expérience de l'engagement, du combat, de la blessure ; la rencontre entre la tragédie de l'existence de l'auteur de Calligramme, poèmes de la paix et de la guerre 1913-1916, et la tragédie de l'évènement : la Première Guerre mondiale. " J'ai tant aimé les Arts que je suis artilleur ", dira-t-il dès 1915.
    Le lecteur suit ainsi un homme aux identités multiples, un engagé volontaire dès 1914, un écrivain combattant, un apatride patriote, un soldat au nom étrange, étranger : Wilhelm de Kostrowitzky. On croise, entre autres, Picasso et Cendrars, Duchamp, Breton, Éluard, Chagall et Delaunay, Jean Cocteau, des Français et des étrangers, des engagés volontaires et des embusqués, des patriotes et des neutres...
    L'être en guerre d'Apollinaire perçoit, intériorise, réfracte les nouveautés exceptionnelles de ce temps de violences, de cruautés et de souffrances. Dans l'unicité apparente du conflit, il partage " l'outillage mental " de tous, à commencer par les hommes de son escouade. Mais en tant qu'écrivain et journaliste, et même, pour un temps, censeur (!), il participe à la mise en forme publique, à la construction et la reconstruction de l'immense événement 14-18 dans ces temps de mémoire et d'oubli.
    La correspondance de l'écrivain, ses écrits divers ne sont largement connus ou rétablis que depuis quelques années et le récit de la guerre dans lequel il avait été enfermé depuis les années vingt doit se transformer. Les écrits, les dessins, les enregistrements sonores d'Apollinaire sont traités ici comme sources nouvelles dans le contexte du renouvellement historiographique des cultures de guerre. En un jeu de miroirs, le poète en guerre permet de mieux comprendre le conflit, et la connaissance, sans cesse plus fine, de l'histoire des guerres offre de nouveaux aperçus sur ce combattant extraordinaire et banal à la fois. Le suivre c'est construire à la fois une guerre bien à lui, à l'aune de ses certitudes, de ses anxiétés, de ses rejets, et une guerre qui appartient à tous.

  • Maurice Halbwachs (1877-1945) est l'un des plus grands sociologues français. Il a consacré de nombreux travaux à la mémoire, on lui doit par exemple l'invention de l'expression « mémoire collective ». Référence obligée dès lors que l'on se penche sur les politiques de commémoration, Maurice Halbwachs fut aussi un grand témoin de son époque, visionnaire à bien des égards.
    Auteur des Cadres sociaux de la mémoire (1925), Mémoire et société (1949, posthume), il a travaillé sur la sociologie de la mort, le suicide, l'expérience religieuse, la déportation. Cité en exemple, il reste cependant très peu connu du grand public et il est temps de lui consacrer la place qui est la sienne dans le paysage intellectuel du XXe siècle.
    Annette Becker relit la vie et l'oeuvre de Maurice Halbwachs. Ni biographie traditionnelle, ni strict parcours intellectuel, cet ouvrage part d'une question : comment la guerre, par deux fois, a rencontré Halbwachs, comment, par deux fois, il l'a vécue, comprise.
    Cet ouvrage est un essai historique qui retrace un parcours personnel, qui restitue l'intimité d'un homme, l'impact de son oeuvre fondatrice injustement oublié. Par ce travail, l'auteur nous fait réfléchir à la violence des deux guerres mondiales, au rapport entre Juifs et des non-Juifs dans la société française.

    Historienne, Annette Becker est professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris X, Nanterre.

  • Cet essai explore une intuition : les différentes croyances furent un des éléments majeurs des cultures de guerre, des années des combats à celles du deuil, dans le consentement pour Dieu et la patrie, et aussi à l'inverse dans le refus, celui d'un esprit pacifique allant jusqu'à la dénonciation de la guerre comme signe du péché. Tous les contemporains étaient en effet persuadés qu'ils tenaient pour une façon de voir le monde opposée à celle de leurs ennemis. Ces hommes et ces femmes ici des Français mais pas seulement étaient persuadés de participer à une lutte de civilisation où la foi était cruciale. Foi en la patrie, en la victoire, réactivée par la foi en Dieu, parfois peu orthodoxe, innervée de prophéties et superstitions. Catholiques, protestants, juifs connaissent ainsi une mobilisation par la foi, qui a fait croire à un réveil religieux en France, en particulier à certains observateurs américains séduits par cette « religion de guerre ». L'esprit de sacrifice est canalisé par les aumôniers du front et les desservants de l'arrière, exalté par les convertis.
    Ce livre se présente comme un triptyque : la mort dans le sacrifice, le désir de consolation devant les horreurs des fronts et la multiplication exponentielle des morts, la mémoire de l'épreuve. L'omniprésence du culte des morts prolonge les ferveurs de guerre. L'obsession de cette commémoration recrée un nouveau paysage physique et mental où cérémonies devant les monuments aux morts, ossuaires et vitraux du souvenir permettent d'exorciser le vide de la génération perdue, de se persuader que les sacrifices et les souffrances n'ont pas été vains. La foi fut recherche de sens dans le désastre de la guerre.

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  • Tandis que disparaissent les derniers combattants, la Grande Guerre nous revient, dans une tout autre lumière, comme la matrice d'où sont sortis tous les désastres du XXe siècle. Romans, films, recueils de lettres et documents, collections d'objets, sites historiques : une curiosité nouvelle s'exprime de la part des jeunes générations pour ce qui apparaît comme l'énigme d'un suicide collectif de l'Europe.
    Du côté historien, c'est une équipe internationale réunie autour d'une expérience de terrain, l'Historial de la Grande Guerre de Péronne, dans la Somme. Stéphane Audouin-Rouzeau et Annette Becker s'en font ici les interprètes et les porte-parole. Il ne s'agit plus de savoir, comme autrefois, qui porte la responsabilité de la guerre ou comment se sont déroulées les opérations, mais d'explorer une culture de la violence, d'analyser un nationalisme de croisade, de mesurer la profondeur d'un deuil peut-être non terminé.
    Il s'opère aujourd'hui sur la guerre de 14 le même type de subversion du regard que sur la Révolution française dix ans plus tôt. Le phénomène mérite attention : en peu d'années, deux des plus gros massifs de l'histoire nationale auront connu ainsi un basculement comparable et, dans des conditions différentes, un renouvellement du même ordre.

  • 2 août 1914 : les puissances européennes entrent en guerre. Par le jeu des alliances, le conflit se transforme en affrontement mondial. La guerre est totale : non seulement militaire, mais aussi économique et culturelle. Sur les fronts, bientôt stabilisés, s'installent les tranchées, qui mèneront les armées aux extrêmes limites de l'épuisement. A l'arrière, tous participent à l'effort, armant ou nourrissant les combattants.
    Le 11 novembre 1918, l'armistice est signé à Rethondes. Suivent les traités qui imposent réparations aux vaincus et démantèlent les empires. La paix, certes, mais l'effroyable bilan : près de 10 millions de morts, 30 à 40 millions de blessés. Et combien d'orphelins, de veuves, de mutilés ? Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker éclairent d'un jour nouveau les années 1914-1918, qui, en ébranlant le monde, ont orienté dans un sens infiniment tragique le destin du XXe siècle.

  • Comment notre société traite-t-elle de son passé à travers les souvenirs de ses drames? Comment aborde-t-elle le difficile travail d'historicisation des souffrances causées par les violences des guerres en particulier ? Comment les dire, comment les montrer, peut-on les dire en les montrant ? Est-il possible de créer à partir de ce qui reste, d'Auschwitz aux poignées de terres rapportées du Viet Nam ? Peut-on faire une théorie de la violence, théoriser l'existence ? Peut-on prétendre partager ce qui relève dans nos sociétés aujourd'hui, la plupart du temps d'un non-vécu ?
    Pour tenter de répondre à ces questions, cet ouvrage rassemble les travaux d'artistes, muséographes, scénographes, conservateurs, architectes, historiens, anthropologues et philosophes, autant de confrontations de mots, de sons, de sensations, d'objets et d'images.

  • Le génocide des Arméniens. Un siècle de recherche (1915-2015) est publié à l'occasion de la tenue à Paris, du 25 au 28 mars 2015, du colloque international « Le génocide des Arméniens de l'Empire ottoman dans la Grande Guerre. 1915-2015 : cent ans de recherche ». Il réunit les contributions scientifiques présentées à la Sorbonne, au Mémorial de la Shoah, à l'École des hautes études en sciences sociales et à la Bibliothèque nationale de France. Ce colloque introduit par le président de la République est organisé par le Conseil scientifique international pour l'étude du génocide des Arméniens (CSI), avec le soutien de la Mission du centenaire 2015 et de nombreuses institutions savantes.
    Un siècle après le déclenchement à Constantinople, le 24 avril 1915, de l'extermination des Arméniens ottomans par l'État unioniste, la recherche internationale démontre par cette publication l'étendue de la connaissance scientifique sur le premier génocide contemporain. Cet ouvrage s'inscrit dans le mouvement des études sur les génocides, en plein développement en France comme dans le monde. Le centenaire de 1915 marque un tournant dans la résonnance publique des savoirs scientifiques les plus élevés et l'affirmation d'une conscience internationale de prévention des génocides.

  • Pierre Buraglio, proche du mouvement Supports/Surfaces, a très tôt voulu se débarrasser des instruments traditionnels de la peinture et refusé de succomber à l'idée qu'une oeuvre serait uniquement le fruit d'un savoir-faire hérité de la seule tradition picturale. Dans le sillage des grands mouvements artistiques qui ont vu le jour dans la première moitié du XXe siècle, il se devait de déconstruire la peinture, d'en démonter tous les rouages, pour l'aborder de façon nouvelle.
    Son histoire c'est aussi celle d'une génération qui a vu le jour en même temps que la Seconde guerre mondiale. Une guerre qui a laissé des traces indélébiles dans sa conscience et lui a permis d'ouvrir les yeux sur cette folie meurtrière et l'importance du jeu politique.

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  • Cet ouvrage, aux dimensions artistique, littéraire et historique, est une invitation à (re)prendre contact avec l'oeuvre incontournable de Maurice Genevoix sur la Grande Guerre : le livre Ceux de 14.
    Les photographes Fabrice Dekoninck et Sylvain Demange ont arpenté les Éparges, avec Ceux de 14 en tête. Dans cette partition visuelle silencieuse, plusieurs régimes d'images se côtoient. Elles montrent ce paysage paradoxal, apaisé mais encore bouleversé par les traces visibles des combats, dans lequel résonne encore le sourd murmure de tant de vies enfouies. Elles invitent à scruter ce que la nature a reconquis ou a altéré et font entrevoir l'extrême violence de la guerre.
    Au cours de leur enquête, ils ont rencontré des habitants gardiens de la mémoire dans leurs intérieurs chargés de souvenirs, des jeunes pour qui ces paysages sont aussi un fabuleux terrain d'aventures, des passionnés d'histoire militaire, des élus locaux, des descendants des combattants et des proches de l'écrivain. Ces personnes sont présentes dans le livre par leur portrait, leurs lieux et leurs objets ou en situation : chez eux, marches en forêt, instants plus solennels de la commémoration.
    Fabrice Dekoninck signe un texte sensible sur sa découverte de l'oeuvre de Genevoix en lien avec sa propre histoire familiale. Julien Larère-Genevoix rend un hommage avec tendresse à son illustre grand-père. Enfin, l'historienne Annette Becker analyse la pratique de la photographie par les combattants, à travers Ceux de 14.

    Livre relié, de type « carnet ». Couverture en simili cuir, marquage à chaud argenté, coins arrondis, demi-jaquette. Impression quadrichromie. Papiers de création avec deux dépliants. 50 photographies environ.

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  • Jacques Péré a réalisé cette série de photographies en une seule saison et sur un seul lieu : un champ de tournesols après la moisson. Cette suite photographique a fait alors un étrange écho avec la lecture des lettres d'Etienne Vernaz, membre de sa famille et combattant de la Grande Guerre entre août et décembre 1914 (date à laquelle il a été tué).
    Les photographies ne prennent sens que dans leur ensemble, qui fonctionnent comme un petit film : sorte de court métrage évocateur du champ de bataille. De fait, les images objectives des restes d'une moisson deviennent le symbole d'une armée décimée, une armée de fantômes.
    Ce n'était pas le projet de l'auteur que d'" illustrer " ces extraits de lettres de combattant, mais l'analogie est apparue après coup. Cet ouvrage se présente comme un poème visuel très construit.
    Le livre, dans cette collection expérimentale, L'Animal fabuleux, témoigne de ce moment de recueillement et de lente révélation.

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