Aude de Kerros

  • Le XXIe siècle a fait de l'Art contemporain un marqueur de puissance, mesurant le degré d'émancipation d'un pays, son pouvoir d'attraction et sa place dans le monde. Étudiant en profondeur le rôle des différents acteurs (artistes, collectionneurs et musées), Aude de Kerros analyse l'évolution des liens entre arts plastiques et géopolitique, de 1945 à nos jours. Elle décrit notamment avec précision les événements marquants de la dernière décennie et leurs conséquences : la mondialisation des transactions, la transparence du marché de l'art - dévoilé par les nouvelles technologies de l'information -, l'entrée sur le marché du monde non occidental, toutes choses troublant l'ordre établi et défiant les prédictions d'une uniformisation pacifique et rentable de l'art par le monde occidental.

    /> Cet ouvrage très documenté produit une réflexion vivante : il souligne l'évolution des méthodes d'influence des différentes puissances tout en décrivant la construction du système international de l'art, parvenu au contrôle complet du marché, mais aussi le processus de son dépérissement, dû à l'enfermement. Comment résister à la permanence des civilisations et à leur capacité d'adaptation, en même temps qu'à la révolution technologique qui permet l'émergence d'autres connections ? C'est d'un nouveau monde de l'art dont il est question, aux contours inédits.

  • "L'Art contemporain" (AC) n'est pas l'art d'aujourd'hui.

    C'est un label qui estampille une production particulière : l'art conceptuel, promu par le réseau international des grandes institutions financières et, en France, par l'Etat.

    Apparu dans les années 60, il s'impose à partir des années 80 comme seule pratique légitime à la place de l'art. A partir des années 90, il devient un "Financial art" planétaire dont les cotes sont fabriquées par les réseaux des collectionneurs. L'hypervisibilité de l'AC, fruit du marketing, rend invisible l'art. Celui-ci foisonne cependant, divers et méconnu, derrière les écrans médiatiques.

    Cet essai très documenté, mis à jour et augmenté pour la présente édition, explicite l'histoire et la nature de "l'Art contemporain". Il retrace les péripéties de la controverse, le plus souvent souterraine, qui agite le milieu de l'art depuis plusieurs décennies, jusqu'à ses tout derniers épisodes. Il dévoile l'art dissident, que l'art officiel cache.

  • Le livre évoque une controverse artistique et intellectuelle qui traverse notre époque sous l'angle particulier du lien qui existe entre la création, l'art et le sacré.
    Depuis plusieurs décennies existent des relations nouvelles entre le religieux, le sacré et l'art subventionné par l'Etat. C'est au départ une querelle de clercs, mais elle apparaît aujourd'hui de façon récurrente dans les grands médias. Trois scandales récents ont entraîné des réactions de la rue.
    Le livre commence par l'évocation des affaires « Piss Christ », Castellucci (« Sur le visage du Christ ») et Garcia (« Golgotha picnic »)...
    Un art, subventionné par l'Etat, fondé sur le choc, le blasphème et la provocation, pose désormais problème. Le phénomène dépasse le milieu de l'art de l'Eglise et du Ministère de la culture et rejoint les préoccupations de l'homme ordinaire. Ces spectacles sont très visibles grâce à l'argent public et remettent en cause les valeurs, les croyances et l'imaginaire de chacun.

    Sur commande
  • Les artistes contemporains les plus médiatiques sont capables de tout sauf de peindre, de sculpter ou de graver. A en croire la terminologie officielle, ils "installent", "conceptualisent" et "subvertissent" ; allant jusqu'à "détourner" tous les objets du quotidien, déchets compris. De cet ensemble disparate, l'on ne retiendrait qu'un effet de mode, qu'un caprice du goût assez anodin, s'il n'obéissait à une véritable "révolution culturelle" soigneusement institutionnalisée : visant à éradiquer les arts plastiques traditionnels au motif qu'ils seraient dépassés et donc voués à disparaître.
    Aussi n'est-ce pas un hasard si les réalisations contemporaines qui "revisitent" les oeuvres majeures du patrimoine culturel en effacent systématiquement la facture d'origine. De quoi remettre en cause la thèse du déclin historique au profit du scénario rigoureusement inverse : c'est bien d'un complot planifié en haut lieu, aux puissantes motivations mercantiles, que meurent la peinture, la sculpture et la gravure.
    Tout aurait commencé voici trente ans... Trois artistes ont uni leurs efforts pour explorer le progrès d'un insidieux travail d'endoctrinement aux répercussions sans précédent sur la théorie et le marché de l'art. Une salutaire opération de dessillement.

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