Emmanuel Haymann

  • En 1902, sur les grands boulevards, un panneau lumineux immortalise L'Arriviste, un roman populaire de Félicien Champsaur. Le jeune éditeur qui lance avec tant d'audace sa première production se nomme Albin Michel. Ancien commis-libraire chez Flammarion, il a décidé de voler de ses propres ailes.

    Avec un instinct de chasseur, il flaire les auteurs en devenir. Après la première guerre mondiale, il ouvre sa maison à toute une nouvelle génération d'écrivains et recueille une moisson de prix prestigieux : Goncourt, Académie française, Fémina... Il invente l'ancêtre du Livre de Poche, crée des collections de guides pratiques et s'impose comme un généraliste de l'édition.

    Emmanuel Haymann, auteur de plusieurs biographies (Labiche, Courteline), brosse le joyeux tableau d'une époque où apparaissent Pierre Benoit, Roland Dorgelès, Francis Carco, Romain Rolland, Willy, avec lesquels Albin Michel entretient des rapports d'amitié et de fidélité qui sont pour lui essentiels.

  • Pages juives

    Emmanuel Haymann

    Israël, peuple du livre, peut-il se laisser enfermer et réduire à un seul livre ? devenu une nation sans terre, en un long exil, le judaïsme s'est totalement identifié à l'écrit et à la transmission du texte.
    De ces textes surgissent les questions : qu'est-ce qu'un écrivain juif ? un juif qui écrit ? un romancier yiddish ? un poète hébraïque ? un commentateur talmudique ? un philosophe rationaliste ? quel est le lien ténu capable de relier une maxime tirée du talmud à un roman contemporain ? la pensée d'un moraliste du xixe siècle à un poème en vers libres ? ce fil rouge existe, nous le découvrons dans ces pages juives.
    De rabbi yéhouda hannassi à georges perec, de salomon ibn gabirol à romain gary, nous parvenons à reconnaître dans ses multiples formes un judaïsme changeant et multiple. nous pouvons suivre la pérennité du judaïsme et le déroulement de son expression. expression au sens le plus large, religieuse ou laïque, politique ou poétique, et qui peut même, ici ou là. prendre les chemins plus ou moins détournés du souvenir, de la critique, de l'humour.
    Apparaît alors un kaléidoscope divers et changeant. des extraits de romans aux analyses philosophiques, des combats idéologiques aux témoignages. c'est toute l'histoire et la pensée juives qui se déploient.

  • Lulli

    Emmanuel Haymann

  • Du philosophe grec Posidonius qui, il y a plus de deux mille ans, imaginait les ancêtres des juifs " dartreux et lépreux " jusqu'à l'abbé Pierre qui réactualise, sous forme d'antisionisme, la vieille fable du complot juif international, l'antisémitisme revêt des formes multiples à travers les lieux et les époques.
    Le Juif, ressemblant et pourtant différent, faisait peur. Circonstance aggravante : il voulait se démarquer, il refusait les multiples dieux des peuples qui l'environnaient. Avant l'ère chrétienne, Cicéron plaide déjà contre le judaïsme : " Religion incompatible avec l'éclat de notre Empire, la majesté de notre nom, les institutions de nos ancêtres ". Dès l'avènement du christianisme, l'antisémitisme prend une ampleur mystique.
    Chants, poèmes, homélies vouent le peuple " déicide " aux persécutions et dressent les murs des ghettos. Avec le XIXe siècle, les ghettos disparaissent lentement, la société s'ouvre. Certains auteurs délirent alors sur une imaginaire invasion juive. L'antisémitisme prend les atours d'une répulsion viscérale (les frères Goncourt), d'une éructation de poncifs (Jules Verne), d'une accumulation de fantasmes (Honoré de Balzac), d'une fresque historique (Victor Hugo) ou d'une opposition artistique (Richard Wagner).

  • Au début du XIXe siècle, quelques savants genevois se regroupent pour mettre en commun différents cabinets de curiosités et créer ainsi le Musée académique... institution exclusivement destinée à l'enseignement des sciences, de l'histoire et des arts. Mais ces érudits sont de mauvais gestionnaires. La Ville de Genève, appelée au secours, rachète le Musée en 1820 et l'ouvre au public... C'est le début d'une grande aventure.
    Autour du Musée, établi dans un hôtel particulier de la Vieille-Ville, se regroupent ceux qui font l'excellence et la réputation de la science genevoise, notamment le professeur Henri Boissier, le botaniste Augustin- Pyrame de Candolle, le chirurgien Louis Jurine, le physicien Marc-Auguste Pictet, le biochimiste Nicolas-Théodore de Saussure, le pharmacien Pierre-François Tingry.
    Plus tard, le naturaliste François-Jules Pictet de la Rive métamorphose le vieux Musée académique en un véritable Musée d'histoire naturelle. Il transforme une accumulation d'objets divers en un conservatoire raisonné et organisé. Ce nouveau Musée s'installe en 1872 dans un bâtiment dédié du parc des Bastions...
    Les dons affluent, les achats se multiplient : aux collections locale d'oiseaux et de mammifères naturalisés s'ajoutent des fossiles d'Amérique du Sud, des tuniciers de Méditerranée, des échinodermes de toutes les mers, des coquillages des Antilles et tant d'autres.
    Dès l'entrée dans le XXe siècle, il est évident que la place manque aux Bastions. Les scientifiques et les édiles de la Ville cherchent un emplacement pour construire un Muséum repensé... Il faudra attendre 1966 pour assister à l'inauguration du bâtiment blanc de Malagnou.
    Aujourd'hui, le Muséum d'histoire naturelle de Genève s'exprime en deux chiffres : 5 millions de spécimens - de l'éléphant à la fourmi -, 350 000 visiteurs pas an.
    Au moment de célébrer son bicentenaire, le Muséum se réinvente : le monde change, la biodiversité est menacée, les sciences naturelles évoluent et posent les questions fondamentales. L'urgence de la Terre entre au Muséum...

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