Eric Alter

  • "Le diable parmi vous" n'est pas seulement le récit d'un périple à travers les Etats-Unis d'Amérique. Dans ce road trip de Cole et Jesse vers l'Ouest, on est plongé dans l'histoire tumultueuse des Etats-unis des années 1960 : la présidence de Nixon, les manifestations contre la guerre du Vietnam, le mouvement des Black Panther, les revendications LGBT, les voyages sur la lune.

  • «Maintenant, laissez-moi ajouter ceci avant que je n'oublie, avant que ce que j'ai vu, de mes yeux vu, ne s'qJace de ma mémoire. Je me sens si volatile. Comme si on voulait m'arracher mes souvenirs, ou ce qui en reste, leur place, leur résonance, les extirper de moi. Peut-être que beaucoup d'entre eux n'ont aucune importance, peut-être que je Jerais mieux de les oublier tout à fait, mais ceux qui sont là, les images qu'ils continuent de faire naître et qui reviennent tout le temps?
    Elles sont mes obsessions. Elles me font veiller tard, m'empêchent de dormir.
    Ma vie est une série d'instantanés photographiques que je regarde comme s'ils avaient été pris par quelqu'un d'autre, comme s'ils mettaient en scène des situations qui n'avaient rien à voir avec moi. » Elle est jeune, belle, riche et célèboe. Actrice, elle pourrait être l'héroïne d'un roman d'été.
    Ou alors l'une de ces VIP qui se détruisent à force d'excès, incapable de supporter la vacuité de leur existence, l'absence de valeurs à honorer comme de défis à relever. Or son cheval de bataille, c'est précisément la justice sociale, et elle entend user de sa notoriété pour mieux la faire triompher.

    Révulsée par l'injustice, trop fragile pour lutter vraiment, toujours en quête d'amour, et pas seulement celui de ses fans, Dana est la cible rêvée des activistes sans scrupules, des services secrets mais aussi de son grand écrivain de mari. Loin de savoir se défendre, elle ne fait, au contraire, que douter d'elle-même ..
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    Librement inspiré de la vie deJean Seberg, dont la mort n'a jamais été pleinement élucidée, ce roman n'est pas seulement l'histoire d'une déchéance. Sensible et attachante, Dana se livre peu à peu et prend vie au fil des pages. Un personnage entièrement à part, dont l'incapacité à vivre est aussi le reflet de notre solitude à tous.

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  • Une distance folle

    Eric Alter

    Tout a toujours réussi à Damien jusqu'à ce que Claire le quitte. Cette rupture, qu'il ne s'explique pas va faire s'écrouler le reste du brillant édifice qu'est sa vie - ou plutôt va vider celle-ci de sa logique et de sa substance. Damien pourrait réagir, mais pour sauver quoi ? Ne serait-ce pas plutôt l'occasion de réfléchir, de mettre les choses à plat ? De savoir enfin ce qui vaut vraiment la peine, ce qu'on est vraiment, ce qu'on veut finalement ?
    Ce n'est même pas ce que tente le héros, novice du chagrin balloté par un quotidien souvent hostile. Tout juste s'il se rend compte, juste, de cette hostilité...Ce qui l'entoure, tout simplement, a perdu son sens, sa saveur. Il n'est pas sûr que Claire lui manque ; son absence est l'image du vide général et l'espoir bien mince de son retour, celui que le monde se remette en place.
    Le récit, court, mené par Damien lui-même, narrateur aussi attachant qu'irritant, est troué d'ellipses et de souvenirs, mais dépourvu de toute pesanteur. C'est avec humour et détachement que se dessinent les contours d'une attente croissante, d'un vide exponentiel, nénuphar envahissant le blanc des pages non encore écrites.

  • Etre acteur, c'est bien évidemment ne jamais être soi-même et se prêter au jeu social étrangement répétitif, qui déforme et fige les individus. Les malheurs de Norman, acteur éternellement confiné dans les rôles secondaires, débutent à Nice sur le tournage d'un remake de Certains l'aiment chaud de Billy Wilder. Il est vite suspendu parce que la star féminine du film, Merri-Lee (déformation de Marylin) s'est cassé une dent et qu'il faut attendre le retour de son dentiste personnel parti en vacances au bout du monde pour lui redonner bonne apparence. S'ensuit une sorte d'En attendant Godot entre Norman et Tim, qui tient le rôle-titre du film, et, quand il ne tourne pas, joue à être le meilleur ami dudit Norman. Norman rêverait de preuves d'amitié plus sérieuses mais Tim incarne le parfait acteur à succès sans scrupules. Comme l'illustrent ses aventures amoureuses aux lendemains ubuesques : Tim vient invariablement tambouriner à la porte de Norman pour lui reprocher d'avoir passé la nuit « avec la fille qui lui revenait ».
    Cette situation intenable est à son comble, lors de l'étrange enlèvement de Tim à son hôtel 5 étoiles tandis qu'une jeune inconnue se charge de délivrer le message de rançon à Norman. La police intervient cependant très vite et tout rentre dans l'ordre. Dolorès est emprisonnée ainsi que ses comparses et Tim libéré dans l'heure. Cet incident, somme toute assez distrayant, frappe plus l'esprit de Norman qu'il ne le croit. L'image de Dolorès le hante un ou deux jours puis la vie (d'acteurs) avec son lot de disputes, de jalousies et de problèmes techniques l'accapare à nouveau. Mais Norman couve une dépression et parle même de quitter la profession. Toute l'équipe du tournage s'en émeut et discute de la meilleure solution pour le persuader d'abandonner ses idées noires (lui arranger une rencontre, lui accorder une maquilleuse personnelle, lui offrir un animal de compagnie...) Le lieu de tournage en extérieur se confond avec une plage qui, excepté les jours où Merri-Lee, remise en état, consent à quelques apparitions et attire des masses de groupies déchaînées, fait surtout usage de salle d'attente de plein air pour les acteurs qui n'ont pas de scène à jouer.
    Un soir pourtant, Norman fait la rencontre d'un illuminé qui lui propose un pendentif capable de le faire accéder à l'harmonie dans son existence, mieux : au moment magique qu'il ne se souvient même pas d'avoir connu. Norman, sceptique et désabusé comme toujours, tente à plusieurs reprises de se débarrasser du bijou mais il refait toujours surface même lorsque Tim tente de s'en emparer. Deux jours plus tard, deux jeunes femmes apparaissent, mandées par l'agent pour Dieu sait quel "rôle" sur le tournage. L'une d'elle, Laura, rappelle à Norman son amour d'antan en tous points : une femme grave, lointaine et douloureuse. Leur histoire d'amour se déroule comme s'ils obéissaient à un appel mystérieux, indépendant de leurs volontés. Serait-ce enfin l'occasion pour Norman de vivre enfin quelque chose qui lui appartienne en propre ? Mais un homme jadis aimé occupe encore les pensées de Laura . Un mot d'elle retrouvé sur sa table de chevet lui apprend également qu'elle "connaissait" le pendentif. Et pour cause, c'est l'homme qu'elle aime toujours qui l'a confié à Norman. Entretemps, ce dernier s'est remis au cinéma mais avec plus d'exigence : il a composé un scénario de film d'auteur. Hélas, là aussi, il est victime de la même fatalité : outre les problèmes de financement à résoudre, il doit affronter Tim qui, bien décidé à lui faire de l'ombre jusqu'au bout, s'empare du projet... Heureusement la vie d'acteur ne manque pas d'ironie. Les journalistes en arrivent à confondre Norman avec une vraie célébrité puis lui prêtent des propos qu'il n'a jamais tenus mais qui, à sa propre stupéfaction, lui attirent enfin des propositions de rôles substantiels.

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