Florent Guénard

  • Comment en est-on venu à considérer que la démocratie pouvait être exportable ? Qu'il suffisait de renverser un régime autoritaire pour que la démocratie s'installe, voire, comme en Irak en 2003, d'envahir un pays pour le libérer ? En quel sens peut-on dire que la démocratie est le « modèle » de régime qui correspond le mieux à certaines aspirations fondamentales de l'humanité ?

    Pour répondre à ces questions, Florent Guénard remonte aux présupposés philosophiques qui sous-tendent les théories de l'expansion démocratique et dégage les différentes façons d'appréhender ce qu'est un modèle politique. Un tournant ressort de cette enquête : avant la Révolution française et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, qui ont donné naissance à l'universalisme démocratique, la démocratie occidentale est un modèle politique qui n'est généralisable qu'à certaines conditions. À partir du XIXe siècle, elle est conçue comme étant le sens même de l'histoire : il faut dès lors travailler à son expansion, quitte à faire usage de la force.

    L'universalisme démocratique, mal interprété, peut conduire aux contradictions les plus flagrantes et aux conséquences politiques les plus dramatiques. Cet ouvrage entend nous prémunir contre ces dérives et redonner à cette belle idée sa complexité et sa profondeur.

  • Pour comprendre nos sociétés démocratiques toujours en quête d'elles-mêmes, explique Pierre Rosanvallon, il faut articuler l'histoire de l'âge moderne et l'analyse du monde contemporain. Et pour cela inventer la méthode et les outils conceptuels qui permettent à la fois de tirer parti de l'étude du passé et de saisir ce qui nous en sépare. C'est ce à quoi son ouvre, de L'Âge de l'autogestion (1976) à La Société des égaux (2011), n'a cessé de travailler, s'attachant à mesurer les évolutions de notre temps et à saisir ce qui peut permettre aux promesses de liberté et d'égalité d'être tenues. La démarche est originale, en grande partie inclassable et incontestablement féconde. Elle convoque une pluralité de savoirs, invite les disciplines à dialoguer, appelle la discussion.
    C'est à cette intention que répond le présent ouvrage, tiré du colloque de Cerisy qui s'est tenu en septembre 2014 autour de l'ouvre de Pierre Rosanvallon. Réunissant historiens, sociologues, politistes, philosophes, il se veut à la fois une réflexion sur la singularité d'un travail dont les effets sont sensibles dans le monde intellectuel, et une discussion des thèses autour desquelles l'ouvre de celui-ci se structure.

    Avec les contributions de Sarah Al-Matary, Yohann Aucante, Bruno Bernardi, Alain Chatriot, Nicolas Delalande, Nicolas Duvoux, Chloé Gaboriaux, Florent Guénard, Justine Lacroix, Françoise Mélonio, Jean-Claude Monod, Samuel Moyn, Daniel Sabbagh.

    Sur commande
  • Il n'y a peut-être pas, en théorie politique, de notion plus controversée que celle de peuple. A ceux qui, afin de justifier le gouvernement démocratique, l'invoquent et expliquent la manière dont il forme une unité, répondent ceux qui ne voient là qu'un agrégat d'individus sans compétence politique, une foule gouvernée par les passions et prête à suivre les leaders qui la flattent ; et à ceux qui, sans nier qu'il ait pu exister un demos dans les démocraties anciennes, doutent de la pertinence d'un tel principe dans le monde contemporain, répondent ceux qui considèrent qu'il doit rester un fondement intangible de la souveraineté.
    Qu'en est-il réellement du peuple ? Faut-il réaffirmer son existence, alors que les instances post-nationales de pouvoir sont toujours plus nombreuses et les individus toujours plus différents ? Le populisme est-il la vérité d'un régime démocratique qui n'a jamais réellement su donner un statut politique au "peuple", ou sa caricature la plus profonde ? Croisant les approches politiques, philosophiques et historiques, ce livre s'interroge sur la réalité de ce qu'on a, dans l'histoire de la pensée, invoqué sous le nom de peuple et sur les relations complexes que le populisme entretient avec la démocratie.

    Sur commande
  • Le ressentiment est une passion sociale qui exprime la puissance de l'affect dans la vie politique. Cet ouvrage montre l'histoire du ressentiment et il entend construire une critique des interprétations traditionnelles pour restituer à cette passion son éminente complexité. Il souhaite enfin organiser une analyse du dynamisme dont le ressentiment est l'expression, en mettant à profit la richesse que signifie en la matière une approche pluridisciplinaire. Car cette passion est réaction émotionnelle face à l'inachèvement de l'égalité dont nos sociétés démocratiques sont pourtant la promesse.

    Sur commande
empty