Saint-leger

  • Dans le jardin de mon père Nouv.

    En dépit de sa richesse et des débats qui l'animent depuis le XIXe siècle, l'historiographie johannique n'est pas parvenue à cerner réellement le personnage de Jeanne d'Arc. N'est-ce pas, dès lors, le problème du regard de l'historien qui se pose ? L'esprit rationaliste et l'approche matérialiste de l'histoire conviennent-ils vraiment à cette épopée ? Les chercheurs n'ont-ils pas négligé les domaines fondamentaux auxquels renvoie le parcours de la Pucelle, ceux de la théologie et de l'aventure spirituelle ?Le charisme de Jeanne et la réaction des hommes de son propre camp à son égard sont en effet inséparables de son univers théo-centré. De même, le procès de Rouen qui la condamna apparaît avant tout comme un procès religieux, indépendamment des arrières-pensées politiques des juges. Enfin, ses paroles, si l'on en saisit la nature, montrent leur appartenance au monde de la mystique tel qu'il se manifeste à travers d'autres figures de la fin du Moyen Âge.Jeanne d'Arc n'est donc pas cette personnalité improbable que l'on présente dans ses biographies, inexplicablement sortie de son village pour aller faire sacrer le roi. En elles se conjuguent deux univers distincts que tout semble opposer, celui de la politique et de la guerre et celui de la vie intérieure. Le sens et la portée de l'épopée johannique résident dans cette articulation. L'action de Jeanne sacralise le royaume pris dans le mouvement destructeur du conflit franco-anglais. Elle transforme la nature des événements et substitue à la logique du monde terrestre la prévalence d'un déterminisme spirituel.

    À paraître
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