Isabelle Garo

  • Communisme et stratégie

    Isabelle Garo

    Si la question communiste semble faire retour, l'absence d'une alternative viable au capitalisme la cantonne pour l'heure aux registres de l'utopie et de la nostalgie. Dans un moment où les développements successifs de ce mode de production ne produisent plus que colère et révolte sur fond d'une succession de défaites, la philosophie contemporaine semble en effet réduire cette question à une aspiration intangible ou inaccessible, dont il s'agirait seulement de témoigner.
    Contre cette tendance à théoriser l'impuissance, Isabelle Garo souhaite renouveler l'approche stratégique du communisme, l'envisageant à la suite de Marx comme la recherche d'une voie révolutionnaire au sein d'une situation historique donnée.
    Une telle réhabilitation du concept de stratégie, qui distingue une causalité historique de la logique propre de l'intervention politique, correspond à l'invention d'une dialectique inédite entre les formes et moyens de l'appropriation sociale, d'une part, et les médiations politiques qu'ils requièrent, d'autre part.
    Dans cette perspective, l'anti-étatisme de Badiou, le populisme de Laclau ou la thématisation du commun par Dardot et Laval apparaissent comme les prémisses d'une articulation toujours à reformuler des enjeux liés à la propriété, à l'État, au parti et au travail, seule à même de nourrir le dépassement des rapports de domination.

  • L'idéologie est une notion souvent employée, à droite (« cette grève est idéologique ») comme à gauche (« l'idéologie dominante est l'idéologie de la classe dominante »). Ce livre a pour but de donner une vision plus précise : l'idéologie n'est pas simplement une surface miroitante proposée à des spectateurs-consommateurs définitivement hypnotisés. Mais elle a bien pour fonction de perpétuer, et si possible stabiliser, une hégémonie, dont la crise du capitalisme mondialisé rend plus violent que jamais le maintien. Dans un va-et-vient subtil entre l'oeuvre de Marx (L'Idéologie allemande) et la situation présente, le livre d'Isabelle Garo donne les clefs pour comprendre cette notion essentielle.

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  • La notion d'invention n'est pas un concept central chez Marx. Elle permet pourtant d'analyser deux processus à la fois distincts et indissociables, qui donnent à son oeuvre son originalité : l'invention historique et l'invention théorique.
    En effet, on a encore trop tendance à voir en Marx un penseur déterministe, pour qui l'histoire se déduirait et ne serait que la réalisation d'un programme. Plus gravement encore, on lui impute un économisme, qui relierait de façon rigide des strates sociales et qui donnerait à la base économique de cet édifice le pouvoir d'en conditionner de façon unilatérale les étages supérieurs ainsi que les étapes successives.
    Contre ces stéréotypes, il faut souligner que Marx place la politique et les formes collectives d'innovation et d'invention qui lui appartiennent, au coeur du processus historique. C'est donc la dimension proprement politique de son analyse qu'il s'agit de mettre en évidence, à travers sa réflexion continue sur les formes d'organisation, de transition et de médiation politiques.
    Mais la question de l'invention concerne aussi les procédés de l'analyse théorique, profondément modifiés par une telle conception du cours historique. En effet, la place neuve que Marx confère à l'intervention politique le conduit à forger un arsenal de concepts novateurs et une conception sans précédent du rapport entre théorie et pratique. C'est l'ouverture fondamentale du cours historique sur un devenir à la fois déterminé et non pré-écrit, précisément parce qu'il inclut les luttes sociales et politiques en cours : une saisie dialectique du réel, attentive à ses transformations permanentes mais aussi à la nature d'intervention de la critique révolutionnaire du capitalisme.

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  • Cet ouvrage aborde de façon neuve les oeuvres de Michel Foucault, Gilles Deleuze et Louis Althusser, en les replaçant dans leur contexte et à distance de tous les a priori.
    Leurs rapports à Marx et au marxisme, situés au point de rencontre de l'activité théorique et de l'engagement redéfini est le fil directeur de l'enquête. Cet axe de lecture original révèle et explore l'intrication permanente du philosophique et du politique. C'est pourquoi, à l'heure où ressurgit la question des alternatives au capitalisme et alors que renaît l'intérêt pour Marx, l'analyse critique d'Isabelle Garo prend toute son actualité.

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  • Marx est-il un philosophe ? La question est depuis longtemps classique, mais elle ne cesse pas, pour autant, de demeurer féconde.
    L'oeuvre marxienne développe en effet un nouveau mode de pensée, nommé critique de l'économie politique. Mais cette critique est aussi bien une critique de la philosophie, qui se présente comme une nouvelle définition du travail théorique et comme une nouvelle conception du rapport de la théorie à la pratique. Ce livre s'attache à montrer que l'oeuvre de Marx se structure selon des moments distincts, fortement articulés et ponctués par la constitution de concepts nouveaux.
    Ces concepts se démarquent des notions classiques de l'histoire de la pensée : idéologie, dialectique, luttes de classes, révolution, communisme, mais aussi monnaie, marchandise, travail sont donc autant de concepts originaux qui s'éclairent également par leur fonction polémique à l'égard de théories antérieures ou concurrentes..

  • Marx est un penseur politique majeur, en dépit de préjugés tenaces. Mais en quoi consiste précisément sa pensée politique ? Pour répondre à cette question, ce livre présente des recherches internationales récentes qui renouvellent le regard sur Marx - théoricien, journaliste et militant - et affirment l'actualité de sa pensée. Cet ouvrage collectif aborde divers terrains : philosophie, histoire, économie, théorie politique, question sociale.
    Stathis Kouvélakis montre que la critique de l'Etat conduit Marx à repenser les rapports entre économie et politique. Ellen Meiksins Wood relie critique du capitalisme, analyse des luttes de classe, examen des questions de la démocratie, du genre et de la race, en les replaçant dans une perspective historique de longue durée. Kevin Anderson remet en cause l'idée reçue d'un Marx ethnocentriste et insiste sur sa réflexion concernant les sociétés non occidentales.
    Guillaume Fondu aborde de façon critique l'économie politique hétérodoxe contemporaine. Antoine Artous revient sur la théorie de la valeur en discutant un livre de Moishe Postone qui a fait date. Fenêtre ouverte sur un marxisme contemporain divers et vivace, ce livre montre que l'oeuvre de Marx et ses prolongements sont indispensables pour penser la transformation sociale et l'action politique aujourd'hui.
    Les deux textes anglais sont traduits par Paul Guillibert et Frédéric Monferrand.

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