Jacques Jouet

  • « Dos, pensée (poème), revenant » forme le troisième volume d'une entreprise d'écriture poé- tique hors du commun entreprise par Jacques Jouet depuis le 1er avril 1992 : écrire un poème tous les jours. Le jour passé, le poème ne doit pas être corrigé. Chaque poème est daté et localisé du jour.
    Avec ces milliers de poèmes, Jacques Jouet veut apporter une pierre à la motivation d'une pro- position de Raymond Queneau : « Le véritable poète n'est jamais inspiré, il l'est toujours. » Les quatre premières années ont été publiées en 1999 (trois volumes). C'était : Navet, Linge, oeil de vieux. Les quatre suivantes en 2013 dans le volume Du jour. Séries de natures mortes, poèmes-portraits, poèmes adressés, poèmes sur écoute musicale, etc... D'années en années, les procédures ont varié, des séries se sont accumulées : contraintes pragmatiques ou formes fixes, investigations formelles, poèmes de rencontres...
    Les poèmes de Dos, pensée (poème), revenant ont été composés du 6 mars 2000 au 6 mai 2004.
    Durant ces quatre années, le point de départ de la composition était une gravure sur bois de Paul Gauguin Manao Tupapau « Elle pense au revenant ; le revenant pense à elle ». Dans le manuscrit Noa Noa, Gauguin raconte qu'il rentre dans sa maison à Tahiti, à une heure du matin. Son amie est couchée, terrifiée par le fétiche, figure des ancêtres morts. Une reproduction de cette gravure accompagnait, jour après jour, l'auteur.

  • Promenons-nous dans Paris... mais avec des poèmes. Ou plutôt, laissons-nous accompagner ; la poésie de Paris est concrète, truffée des rues dans lesquelles nous déambulons, des lieux dans lesquels nous nous trouvons. Quelle chance ! D'autant plus que la proximité ne se limite pas à la géographie ; nos goûts, nos humeurs- amoureuses, sombres, nonchalantes, nostalgiques, gaies... - y trouvent aussi leur écho. Et la fréquentation des poètes, davantage encore, nous fait ressentir comme la nôtre cette ville que nous parcourons inlassablement.

  • Un À supposer. est un poème en prose composé d'une phrase unique très développée, initiée par la formule :
    « À supposer qu'on me demande ici de. » L'origine est moins proustienne que mallarméenne : maints sonnets de Mallarmé sont clairement des défis à n'y faire qu'une seule phrase.
    Les À supposer. font partie d'une famille de textes à démarreur propices à la série. Joe Brainard et ses I remember, Georges Perec et ses Je me souviens sont les fleurons les plus récents de ce mode d'écriture.
    Pas de ponctuation forte au milieu de la phrase, qui laisserait entendre qu'il y a plusieurs phrases.
    Un À supposer. sérieux compte au moins 1 000 signes (200 mots).
    J'ai d'abord pensé que les À supposer. étaient surtout des poèmes en prose. Je le pense toujours, mais ce sont aussi des essais. C'est la première manière que j'ai trouvée pour contraindre l'écriture de l'art de l'essai, et peut-être créer une forme.

  • à supposer...

    Jacques Jouet

    • Nous
    • 27 Octobre 2007

    à supposer qu'on me demande ici d'arrêter de commencer mes poèmes par le démarreur " à supposer.
    " supposé agacer les nerfs de l'occidental comme toute espèce de répétition, je répondrais, non que le sens commun doit avoir une forme commune, car le sens n'a pas de forme (et c'est le verbe " avoir " qui est, ici, inopérant), mais que, là-dessus je suis formel, le sens commun formel de ce poème est une promenade en voiture et en langue, libre dans la démesure de son règlement, dans la voiture qu'est ce poème lui-même, et que ce poème roule, fait de cailloux et de grains dans la bouche du rhéteur entraîné, ce qui entre nous soit dit ne se fait pas tout seul, ne se fait pas que pour soi, ne se fait pas pour tout le monde - et ce n'est pas une affaire d'élite car la question de l'élitisme est une question toujours poli-tique, jamais esthétique -, promenade justement avec un début qui ne souffre pas d'hésitation, la fin étant connue en terme de dernière ponctuation mais en terme de dernier mot, point.

  • Ce court roman (qui n'est pas un roman oulipien, hormis peut-être ce sujet d'un " projet de vie "), est celui d'une figure de femme, aujourd'hui, ni pudibonde ni romantique, plutôt simplement décidée.
    Victoire a un projet, qui est un projet de vie, qui est un projet de vie amoureuse : elle connaîtra dans sa vie un amour et un seul, ni plus ni moins. Avec cet amour, elle fera l'amour une fois et une seule.
    Rien ne dit que Victoire réussira son projet.

    Sur commande
  • Le livre est né d'une performance réalisée à Beyrouth en avril 2009 : en direct et en public, Jacques Jouet a écrit et Zeina Abirached illustré, durant 24 heures reparties en 3 jours, 24 épisodes du roman-feuilleton potentiellement infini Mek-Ouyes. Les deux auteurs ont mélé leurs univers : Agatha de Win'theuil, présidente du gouvernement du Monde-Mondes, devenant pour l'occasion Agatha de Beyrouth, va rencontrer deux des habitants du 38 rue Youssef Semaani : Choucri, le chauffeur de taxi, et Ernest Chalita, le professeur de Lettres. L'intrigue a pour cadre la Maison Jaune, haut lieu historique situé sur l'ancienne ligne de démarcation entre Beyrouth Est et Ouest.
    Texte et dessin se répondent dans ce livre au ton enlevé, où la cocasserie des situations domine, même si les cicatrices d'un ville martyrisée par la guerre affleurent.

  • La dernière France

    Jacques Jouet

    Ce roman est l' hi s toire d'un homme, Lémoni, un Françai s, aujourd'hui. C'est un roman linéaire et non oulipien.
    Il est donné dans le li vre même, en deux v er sion s, la v er sion longue (le gigot), au sein de laquelle est gli ss ée la v er sion courte (la souris ? la farce? la gou ss e d'ail? dan s une proportion de 1 à 12) Ça se pa ss e de nos jour s. Lémoni et sa s oeur Clotilde perdent leur père et mère simultanément. Il s en s ont tri s te s et héritent du couple de commerçants mode s te s et banalement républicains. Leur héritage se compose de quelques biens ordinaires et d'une chose qui ne l'est pas : une bibliothèque cachée, trè s orien- tée, un « enfer ». C'est une bibliothèque trè s complète (inachevée) de la pens ée et de l'activisme éditorial et journalistique d'extrême droite en France depuis Edouard Drumont jusqu'à Vichy Cette collection, li vrée par le s parents s an s commentaire, est embarra ss ante. Le s héritiers n'ont aucun indice pour l'expliquer.
    C'est le sujet du roman: la façon dont le s protagonis te s, Clotilde et Lémoni, v ont se débrouiller de ce fardeau, tout en « entrant dans la v ie » à la fa v eur du deuil.
    Clotilde y entre en femme d'affaires volontaire et fonçeuse qui ne craint pas de prendre des coups. Sa carrière entrepreneuriale est racontée de façon burlesque. Lémoni y entre à reculons, manifes tement inca- pable de s'intére ss er le moins du monde au tra v ail, à l'argent. à l'entrepris e, à l'action, à la France, à l'Europe, à la réu ss ite. Il ob s er v e. La lecture de la bibliothèque dont il a hérité parsème le roman tout au long - car il se sent in vesti par une s orte de dev oir de lecture: s 'il ne jette pa s son héritage à la décharge ou au feu , alors il doit le boire jusqu'à la lie, ce qui ne veut pas dire en épous er le s idées, bien au contraire.
    Au cour s du roman, on saura tout de ses amour s succe ss ives, de sa s en sibilité forte à la culture alle- mande, de sa pa ss ion soudaine pour une pratique théâtrale puris te et radicale, le théêtre, théorisé et pratiqué par l'artis te dramatique Pierre-Germain Dizerbo, lequel est soutenu dans son tra v ail par Nurinber, un conseil- ler régional membre du Front national.
    On rencontrera au ss i, en Amérique du Sud, une autre « bibliothèque brune » qui a été constituée par un trè s v ieil homme (plus de 120 an s) et sa fille, le squels tenteront de fournir à Lémoni quelques hypothèses s ur la signification du ges te parental. Lémoni et Clotilde, s' intére ssa nt à l'éducation de Léa, la jeune enfant de Clotilde, seront abandonnés par le roman à leur quasi-non-activité nullement parasitaire mai s critique de la marche du monde fondée s ur l'univ er selle concurrence et s ur l' iné galité des groupes humains (thèmes d'extrême droite s' il en est).
    La dernière F ronce, est un roman ample, fourmillant, curieux de tout, un hy per roman, comme dirait Cal v ino, tant il attrape d'histoires et de forme s, tant il est in ventif et s' auto-génère constamment.

    Sur commande
  • Le marché

    Jacques Jouet

    • Esse que
    • 24 Février 2020

    - Régler, c'est le mot juste. Il faut régler la question des régulations et des règlements. Réguler, réguler, non, il ne faut pas réguler, pas rêver réguler, la régulation se fait toute seule, c'est la règle, les règlements ne régulent rien, ils ne font que dérégler ce que la dérégulation dérègle, l'aigle a besoin d'espace, pas de règles. Est-ce qu'une femme enceinte a des règles ? Elle qui porte un client de plus. Bientôt dix milliards ! Mais, dix milliards de clients, c'est parfait ! Qui va se plaindre ? Le dérèglement climatique, excellent ! comme tout dérèglement.

  • On ne sait jamais où est Mek-Ouyes. Mek-ouyes est une savonnette qu'aurait avalée une anguille. On ne sait jamais par où prendre Mek-Ouyes. Mek-Ouyes est insaisissable. D'aucun le disent ingérable.
    Qui est Mek-Ouyes ? Mek-Ouyes avait été le fondateur-président-citoyen unique de la République de Mek-Ouyes. Mek-Ouyes avait été élu président du Monde-Mondes. Il est officiellement toujours en poste. Mek-Ouyes avait aimé Agatha de Win'theuil.
    Or, Agatha de Win'theuil en a par-dessus la tête que Mek-Ouyes lui échappe perpétuellement. Aussi décide-t-elle de se venger. Et sa vengeance, oh alors, sa vengeance est tellement vindicative qu'elle va même lui péter dans les doigts ! À la suite de manipulations génétiques particulièrement sauvages, Mek-Ouyes récupère pour lui tout seul toute la libido du monde, le reste du monde s'en trouvant simultanément dépourvu.
    De cette vengeance, nos héros sortiront-ils indemnes ?

    Plus tard, Agatha de Win'theuil cherche à se marier, et pas qu'une seule fois ! Elle est véritablement l'icône de la polygamie heureuse. Est-ce une pulsion envisageable dans le Monde-Mondes ?

    Plus tard, Agatha de Win'theuil visite Paris où elle retrouve un Mek-Ouyes en mission secrète.

    Sur commande
  • Un dernier mensonge

    Jacques Jouet

    Bernardine, qui hante les souvenirs du narrateur, revient un soir dans sa vie pour une sorte de cauchemar provoqué par un petit mensonge qui va en entraîner beaucoup d'autres. Le mensonge de confort (comme on dit un « médicament de confort ») va prendre des proportions aussi inattendues que peu souhaitées.
    Ce court roman (qui n'est pas un roman oulipien), est celui d'une figure de femme, soixante-huitarde et post-, puisque le narrateur la retrouve une vingtaine d'années après le joli mai. C'est une battante, une fille dure et exigeante, une violente à l'occasion. Elle ne transige pas avec ses engagements et ni avec la vérité.

  • L'histoire poèmes

    Jacques Jouet

    • P.o.l
    • 2 Décembre 2010

    La poésie a une histoire, aussi vrai que la poésie est dans l'Histoire. Et puisque la poésie est dans l'Histoire, il convient que, de temps à autre, l'Histoire soit dans la poésie. La poésie fait donc, ici, de l'Histoire. Elle saisit, principalement dans des livres, des faits petits ou grands, des personnes obscures ou fameuses, afin de les évoquer, de les peser (de les glorifier, rarement). Si ce livre n'est pas à proprement parler une histoire de la poésie, du moins emprunte-t-il à celle-ci plusieurs de ses formes que la potentialité - seule alternative possible à la modernité naïve - affirme vivaces.

  • Trois pontes

    Jacques Jouet

    II faut prendre au mot les coquilles typographiques, par exemple celle-ci, lue un jour dans un journal : " Les Trois contes de Gustave Flaubert sont l'un des sonnets de la littérature universelle. " Trois pontes ont été déduits, de manière ouvertement oulipienne, de cette bourde.
    Le coeur simple de la Marie Basmati d'Une mauvaise maire y est devenu plus coriace sous les apparence d'Une bonne maire; Héraclès, esprit libre et laïc, y court le sanglier; Armand-Gaston Camus, conventionnel, figure avec dignité la Ire République trahie, en 1793, par le général Dumouriez.

  • Les amours de Mina de Vanghel, fille d'un général comte prussien vainqueur des armées napoléoniennes, usurpent le pluriel. Mais la seule fois de l'amour, dont elle est une hérone extrême, en fait une figure de décision et de fermeté fatales que Jacques Jouet admire au point qu'il l'a empruntée à Stendhal, comme Stendhal luimême affirmait l'avoir empruntée à Adam Oehlenschlager. Du père à la fille se pose aussi la question des conquêtes : Un peuple atil le droit de changer la manière intime et rationnelle suivant laquelle un autre peuple veut régler son existence matérielle et morale? (Stendhal), devenant : Un être atil le droit de changer la manière intime et pas toujours rationnelle suivant laquelle un être différent paraît avoir réglé son existence affective et sexuelle? Vanghel est une pièce de théâtre en trois actes et une soixantaine de personnages.

  • Extraits de la préface de Jacques Jouet :
    « Je n'avais pas d'abord d'autre intention que de « traduire » en alexandrins la fin de la scène 4 de l'acte II du Bourgeois gen- tilhomme pour la drôlerie du paradoxe formel qui s'ensuit. [...] Sans trop le dire, j'avais en tête de faire la pièce entière, ayant du mal à me décider, pressentant l'ampleur de la tâche. Comme on l'apprend dans une note de La Princesse d'Élide, écrire en vers prend plus de temps qu'écrire en prose. C'est Molière qui le dit : « Le dessein de l'auteur était de traiter ainsi toute la comédie. Mais un commandement du Roi qui pressa cette affaire l'obligea d'achever tout le reste en prose (...). » [...] L'alexandrin, ici, est majoritairement classique, sans être pour autant archéologique. En toute connaissance de cause, il tient par- fois compte de Hugo, de Mallarmé, de Rostand, de Queneau ou de Roubaud, parce qu'il serait absurde d'ignorer la continuité d'Alexandre.
    Ainsi, le maître de philosophie fera la diérèse, mais pas Monsieur Jourdain. Dorimène aussi.
    [...] On comprendra que je tiens l'alexandrin pour un vers actif, aujourd'hui, parmi d'autres, et non des moindres, aussi vrai que la « cadence nationale », comme dit Mallarmé, est dans la mémoire de la langue française, à mon avis inarrachable, quel que soit le pouvoir de la merdonité.
    C'est ici une traduction, de français en français mais de prose en vers. Thomas Corneille avait fait cela avec le Dom Juan du même Molière (Le Festin de pierre, comédie, mise en vers sur la prose de M. de Molière, 1683) en se sentant obligé « d'adou- cir certaines expressions qui avaient blessé les scrupuleux » - il supprime le « deux et deux sont quatre » et bien entendu la scène du pauvre - « de faire parler des femmes » - il ajoute des scènes d'intrigue -, tandis que Houdart de La Motte avait « traduit » la première scène du Mithridate de Racine, de vers en prose, afin de démontrer la supériorité de cette dernière ou l'inutilité des premiers. Là encore, cela fait une continuité. À noter que Thomas Corneille ne néglige pas les scènes paysannes et qu'il s'y permet force libertés qui sont incroyables dans l'alexandrin classique : « J't'aime aussi comme il faut, pourquoi donc qu'tu t'étonnes » (Charlotte), « Gag' que non, sm'a-t-il fait. Oh margué, gag' que si » (Pierrot)... sans toutefois aller jusqu'à la césure épique.
    C'est pourquoi, Nicole, elle aussi, aura le privilège d'avoir des libertés. »

  • Le cocommuniste

    Jacques Jouet

    La scène se passe : en banlieue parisienne dans les années 1970 puis en URSS entre la mort de Lénine et celle de Staline puis dans le bassin creillois entre 1950 et 2010 puis dans une "démocratie populaire" après la destruction du rideau de fer puis en France avant Karl Marx puis en Amérique latine aujourd'hui et puis encore, pour finir, en banlieue parisienne aujourd'hui. Le communisme dans l'idée ; le communisme dans le concret.
    Vains dieux, la confrontation !

    Sur commande
  • Une mauvaise maire

    Jacques Jouet

    La vie quotidienne dans une mairie de gauche et de banlieue au temps de Chirac est un mélange d'affaires courantes et de situations cocasses.
    Marie Basmati, qui n'est pas indienne, est madame la maire. C'est une femme adorable, amoureuse, citoyenne, honnête, pleine de générosité et d'initiative, totalement dévouée au bien public. Dans « sa » ville et dans son bureau, elle vit pleinement ses convictions et ses amours.
    Nous la suivons pendant quelques jours, jusqu'à l'éclatement d'un scandale au centre duquel elle va bien malgré elle se retrouver.
    On peut dire de ce roman qu'il est actuel, inscrit dans une réalité sociale que nous connaissons tous, au moins pour en avoir entendu parler. On peut dire encore qu'il s'agit d'un très beau roman d'amour. Et, dans les deux cas, on aura raison. Mais il est aussi l'émouvant portrait d'une femme d'aujourd'hui.
    La fluidité de la phrase de Jacques Jouet, sa mobilité, cette faculté qu'elle a de tout attrapper harmonieusement de la réalité la plus triviale aus émois les plus secrets, font de ce texte bref un joyau romanesque.

    Sur commande
  • Sur commande
  • Forte

    Jacques Jouet

    Sur commande
empty