Jean Gayon

  • Très vite après sa parution en 1992, ce livre a été reconnu comme l'ouvrage de référence sur l'histoire du darwinisme et de ses relations avec la génétique. Aujourd'hui, c'est toujours une somme incontournable et une formidable leçon d'histoire des sciences. Sa traduction aux États-Unis quelques années plus tard et le renom mondial qu'elle a immédiatement conféré à son auteur invitent à le considérer comme un classique. Mais il méritait d'être réédité, car il comportait des erreurs et les figures étaient pour la plupart illisibles.
    Jean Gayon y soutient que les historiens et les biologistes n'ont pas assez distingué la théorie de l'hypothèse de sélection naturelle. En tant que théorie générale de l'histoire de la vie, la doctrine de la sélection naturelle a sans aucun doute eu un immense impact sur les sciences et la culture de son temps. L'hypothèse centrale de cette théorie a été très vite exposée à des difficultés redoutables, venues en grande partie des généticiens. La sélection darwinienne n'était pas compatible en effet avec toutes les hypothèses concevables sur l'hérédité. Ce livre a pour objet de reconstituer cette longue crise de l'hypothèse de sélection naturelle, les étapes décisives de sa résolution et les traits majeurs du darwinisme théorique rénové qui en a émergé. De Darwin à Kimura, l'histoire de l'hypothèse de sélection est ici reconstruite sous l'angle partiel mais crucial de son rapport à l'hérédité. Il s'agit de savoir en quoi l'hypothèse darwinienne était compatible avec les connaissances disponibles sur l'hérédité et la variation, comment elle pouvait être quantifiée, comment la quantification statistique et l'interprétation génétique de la sélection naturelle ont modifié le sens de l'hypothèse, comment l'hypothèse ainsi reformulée était testable et de savoir quel genre de théorie de la sélection des populations la génétique a finalement produit.
    Ce livre inaugure les très nombreux travaux scientifiques et philosophiques dans lesquels Jean Gayon s'est intéressé à la portée explicative de la théorie de l'évolution par sélection naturelle. Il est l'un des piliers majeurs de l'exploration des mondes darwiniens.

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  • On ne saurait réduire la question de l'identité aux seuls problèmes des identités nationale, de classe, de genre, de race... À un moment où les revendications identitaires sont légion, il faut revenir en amont d'une tendance courante qui galvaude un concept initialement philosophique pour le mobiliser sur le seul terrain idéologique et politique. Qui suis-je ? Aucune discipline scientifique n'oserait à elle seule penser, affronter et circonscrire cette vieille question métaphysique... et enfantine. En mettant en oeuvre une interdisciplinarité effective, les auteurs ont ici pour ambition d'éclairer cette énigme de l'identité personnelle. L'identité fait l'objet de réflexions plus ou moins rigoureuses dans différents contextes : philosophique, juridique, administratif, social, politique ou encore scientifique. Chacun des domaines a pu prendre position par le passé sur ce qui « constituerait » l'identité. Pensée comme individuelle, l'identité serait tour à tour personnelle, psychologique, sexuelle, génétique, narrative voire imaginaire ; pensée comme collective, elle serait sociale, ethnique, générationnelle, familiale, genrée, linguistique ou encore nationale. Leur constat s'est révélé bien différent : on ne peut penser l'identité à travers un seul prisme, une seule pensée, un seul regard disciplinaire. Définir et comprendre l'identité, nos identités, nécessite de faire des ponts entre ces différents domaines et peut-être aussi de voir leurs incompatibilités ou incohérences. En les ayant ainsi rassemblés, ce collectif espère que ces différents regards portés sur l'identité permettront au lecteur de se faire son propre chemin dans les méandres de cette notion afin, peut-être, d'acquérir une autonomie de pensée sur la question.

  • Épistémologie française, cela peut signifier deux choses. C'est d'une part une entité géographique (l'ensemble des épistémologues de langue et de culture française), d'autre part le nom d'une forme de pensée spécifique, qui affirme la solidarité de problèmes (allant de la théorie des fondements de la connaissance à la philosophie des sciences) que d'autres traditions tendent à dissocier.
    Les études rassemblées ici ont un double objectif. Le premier est d'identifier les écoles de pensée et les institutions. L'attitude adoptée par des penseurs français tels que Pierre Duhem, Henri Poincaré, Louis Rougier relativement au positivisme est étudiée, mais aussi l'influence d'auteurs tels que ce même Duhem et Emile Meyerson sur la philosophie américaine des sciences (Quine, Kuhn). Sont aussi examinés les auteurs qui ont établi un dialogue entre épistémologie et histoire des sciences, et les institutions qui ont favorisé ce dialogue.
    Le second objectif a trait aux grandes figures de la philosophie des sciences en France. On examine d'abord les auteurs qui ont présenté des vues générales sur la science, avant et après l'apparition du mot « ?épistémologie » : Auguste Comte, Antoine-Augustin Cournot, Claude Bernard, Gaston Bachelard. Puis sont considérées les contributions à la philosophie des sciences spéciales? : logique et mathématiques (Jacques Herbrand, Jean Nicod, Jean Cavaillès), sciences physiques et chimiques (Henri Poincaré, Emile Meyerson, Alexandre Kojève, Jean-Louis Destouches), biologie et médecine (Félix Ravaisson, Georges Canguilhem), enfin le droit (Charles Eisenman).

  • Omniprésente dans l'ensemble des sciences de la vie, la catégorie de fonction a les allures d'un scandale épistémologique : attribuer une fonction à une structure ou à un processus biologique, c'est en effet suggérer qu'on l'explique par ses effets.
    Cet ouvrage, sans précédent en langue française examine les débats philosophiques contemporains sur les fonctions depuis une trentaine d'années, et propose de nouvelles voies d'analyse. Il confronte ces débats à l'usage de la notion de fonction dans un large spectre de disciplines biologiques, psychologiques et médicales. Il soulève aussi la question de savoir si cette notion, aussi ancienne dans l'histoire des techniques que dans celle des sciences de la vie, y a le même sens.

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  • La connaissance de la vie aujourd'hui présente la pensée de Jean Gayon, philosophe majeur des sciences en France et reconnu outre-Atlantique, tout particulièrement pour ses travaux en philosophie et histoire des sciences de la vie.

    L'ouvrage traite des rapports entre philosophie et histoire des sciences, et des principales questions d'histoire et de philosophie de la biologie qui ont jalonné l'itinéraire intellectuel de Jean Gayon : Darwin, la biologie évolutive, la génétique et la biologie moléculaire, l'évolution humaine et divers aspects des rapports entre biologie et société à l'époque contemporaine (racisme, eugénisme, biotechnologies, biomédecine).

    Jean Gayon offre des synthèses personnelles, en réponse aux questions que Victor Petit lui adresse sans concession. Cette démarche associe rigueur scientifique et prise de risques dans des réponses qui vont à l'essentiel.

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  • " Voici un livre singulier dont l'intérêt déborde de beaucoup l'objectif déclaré. Ses maîtres d'oeuvre avaient décidé de procéder à un recensement systématique de toutes les traductions des ouvrages de Gaston Bachelard. Ils ont demandé de surcroît que les résultats de cette enquête bibliographique soient accompagnés d'une analyse du contexte philosophique et culturel qui, dans chaque cas, a pu décider du choix de tel ou tel titre, qui a pu déterminer l'accueil réservé à ces textes et orienter les effets qu'ils ont produits. Immense travail à la mesure du retentissement de la pensée bachelardienne qui a touché au fil de quelques décennies une quarantaine de pays, dont seize ont été ici retenus - du Japon aux pays arabes en passant par les Etats-Unis et la Russie.
    On aurait pu craindre de n'obtenir au bout du compte qu'un document informatif, précieux sans aucun doute pour les spécialistes mais dénué par lui-même de portée philosophique. Il n'en va pas du tout ainsi. Et le bénéfice du rigoureux parti pris méthodique adopté se révèle vraiment surprenant. [ ... ] Ce livre, non content de nous éclairer sur les deux versants - épistémologique et poétique - de l'oeuvre de Bachelard, nous offre un tableau vivant de la philosophie mondiale et de son histoire au XXe siècle. Au prisme de Bachelard, c'est en effet tout le spectre de cette philosophie qui se dessine et s'anime. " Dominique Lecourt.

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  • Autour de 1800, la pensée du naturaliste français Jean-Baptiste Lamarck effectue une mutation remarquable qui fondera ce que l'on nommera plus tard le transformisme.
    L'analyse proposée ici décline, cette mutation, suivant quatre dimensions remarquables, chacune associée à des termes qui furent exceptionnellement importants pour Lamarck. : les transformations de sa " philosophie ", l'échec de son projet d'une " biologie ", c'est-à-dire d'une " physique spécifique de la vie ", la place centrale qu'il accorda aux " générations spontanées " et la " transmission des modifications acquises ", pièce cardinale de sa pensée transformiste.
    Curieusement, Lamarck n'a jamais utilisé le terme " hérédité " ; S'il a assurément repris une notion fort ancienne d'hérédité des caractères acquis, ce n'est qu'après sa mort que l'expression même d' " hérédité des caractères acquis " est apparue, au terme d'une histoire dans laquelle il a joué un rôle important sans en avoir été pour autant le seul acteur.

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