Jean-Louis Margolin

  • Singapour est aujourd'hui au coeur des controverses internationales sur l'avenir du Tiers-Monde. Selon les défenseurs du libéralisme, c'est un modèle, peut-être le modèle. La cité-Etat démontrerait à la fois la supériorité de la voie du capitalisme de marché pour sortir du sous-développement, et la possibilité de battre un communisme puissant, avec des méthodes moins brutales, mais plus efficaces que celles employées au Vietnam.

    Voire... Si le PNB par habitant équivaut aujourd'hui à celui de l'Italie, c'est qu'un Etat puissant et efficace a en permanence planifié, stimulé, encadré, financé le marché. Si le Cuba asiatique redouté en 1959 est devenu une Suisse en mer de Chine, le prix à payer est lourd en termes d'ordre moral, de muselage des dissidences et de surexploitation des travailleurs de l'« entreprise Singapour ». Empire de l'économique, le « petit dragon » est aussi une tyrannie du consensus : Orwell s'y serait mieux retrouvé qu'Adam Smith ou Tocqueville...
    La réalité reste là, incontournable : l'emporium colonial misérable d'il y a trente ans est aujourd'hui un pays industriel avancé. Alors s'impose la nécessité d'une approche historique, originale aussi, car synthétique et dialectique : l'économie n'est pas à côté de l'histoire politique, mais au coeur de celle-ci - et réciproquement. On comprendra ainsi par quels cheminements un gouvernement de gauche nationaliste s'est résolu à un mariage de raison - ô combien réussi - avec les sociétés multinationales, liquidant au passage ses références socialisantes.
    Un certain provincialisme hexagonal a jusqu'ici entravé l'arrivée en France des informations et des débats sur le « cas » Singapour. Cet ouvrage a pour objet de commencer à combler cette lacune.

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  • Massacres en masse de prisonniers de guerre, notamment à Nankin ; asservissement de millions d'Asiatiques et d'Occidentaux, entre camps de la faim et chantiers de la mort ; atmosphère de terreur à l'échelle d'un quasi-continent ; débauche de crimes sexuels et prostitution forcée ; utilisation de cobayes humains ; pillage généralisé ; intoxication par la drogue de populations entières. Cela dura huit ans et toucha 400 millions d'êtres humains. Ce terrifiant volet de la Seconde Guerre mondiale n'avait jamais fait l'objet jusqu'à présent d'une étude approfondie et globale. Les pratiques meurtrières de l'armée de l'Empereur du Japon sont minutieusement décrites, afin d'en comprendre les mécanismes. Comment en arriva-t-on là, dans un pays qui était apparu comme un modèle de modernité ? Les explications, trop simples, par la culture ou le contexte ne tiennent pas. C'est la conquête d'une armée par l'ultranationalisme, puis la conquête d'un pays par le militarisme qui sont en cause. Au-delà, c'est l'ère du fascisme, des totalitarismes, du triomphe de la brutalité qui trouva au Japon un formidable point d'appui. Ces horreurs des années 1937-1945 restent aujourd'hui au coeur des mémoires et des controverses historiques au Japon, en Chine, ainsi que dans les autres pays asiatiques. Pour comprendre à la fois les totalitarismes d'hier et l'Asie d'aujourd'hui, il était indispensable de mettre en lumière ces violences massives et méconnues.

  • Ce recueil de poèmes est un récit qui relate les relations intimes que l'auteur entretient avec sa mère, depuis le sein maternel jusqu'à ce moment où l'inspiration lui vient de rendre hommage amplement mérité à cette femme. C'est donc un livre de souvenirs qui viennent de son être profond, avec une insistance sur les douleurs de l'enfantement, l'engagement socio-professionnel. Au-delà, c'est un vibrant hommage à toutes les femmes.

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  • massacres en masse de prisonniers de guerre, notamment à nankin ; asservissement de millions d'asiatiques et d'occidentaux, entre camps de la faim et chantiers de la mort ; atmosphère de terreur à l'échelle d'un quasi-continent ; débauche de crimes sexuels et prostitution forcée ; utilisation de cobayes humains ; pillage généralisé ; intoxication par la drogue de populations entières.
    cela dura huit ans et toucha 400 millions d'hommes. ce terrifiant volet de la seconde guerre mondiale en asie n'avait jamais fait l'objet jusqu'à présent d'une étude approfondie et globale. les pratiques de guerre de l'armée de l'empereur du japon sont minutieusement décrites afin d'en comprendre les mécanismes. comment en arriva-t-on là ? les explications, trop simples, par la culture ou le contexte ne tiennent pas.
    c'est la conquête d'une armée par l'ultranationalisme, puis la conquête d'un pays par son armée qui sont en cause. au-delà, c'est l'ère du fascisme, des totalitarismes, du triomphe de la brutalité qui trouva au japon un formidable point d'appui. ces horreurs des années 1940 restent encore au coeur des mémoires des années 2000. le japon s'est-il assez repenti ? la chine est-elle fondée à s'offusquer des manuels scolaires de son voisin ? et qu'en pensent les autres asiatiques, dont l'attitude à l'égard de l'occupant nippon fut loin d'être unanime ? pour comprendre à la fois les totalitarismes d'hier et l'asie d'aujourd'hui, il était indispensable de mettre en lumière ces violences massives et méconnues.


  • Les lndes? Ce sont l'Asie du Sud (lnde, Pakistan, Bangladesh, Népal, Bhoutan, Ceylan et Maldives) et l'Asie du Sud-Est (péninsule dite «indochinoise», Birmanie comprise, guirlande insulaire de Sumatra jusqu'aux Moluques - lndonésie, Philippines, Brunei, Timor -, Malaisie et Singapour constituant une zone de transition).
    Pourquoi connecter en une seule histoire l'Europe et ces deux sous-régions, si différentes entre elles? Les relations culturelles et commerciales qui reliaient étroitement les pays d'Asie méridionale, en particulier le commerce des tissus indiens qui servaient de monnaie d'échange, renforcent chez les Européens, lorsqu'ils arrivent et installent des comptoirs à partir de la fin du XVe siècle, la perception qu'il n'y a là qu'une seule région. lls l'appellent désormais les lndes.
    Alors, c'est l'histoire d'une rencontre? Au milieu du XVIIIe siècle, la présence européenne revêt une autre dimension avec la colonisation anglaise de l'lnde, espagnole des Philippines, hollandaise de Java. Mais l'Asie du Sud-Est dans sa masse ne passe sous I'imperium de l'Europe qu'à la fin du XIXe siècle. Événement devenu majeur au fil des siècles, cette colonisation donne lieu en Europe à une connaissance anthropologique des langues, grammaires, religions et civilisations asiatiques. En Asie, très précocement, les métissages entremêlent peuples et cultures, et la complexité des interactions interdit à l'historien toute opposition binaire entre 0rient et 0ccident. Les sociétés coloniales elles-mêmes sont la production, commune et conflictuelle, des Européens et des autochtones. Écrire l'histoire de cette rencontre et de ses modalités si variées, tout en rompant avec des historiographies étroitement nationales, est un défi que relèvent Jean-Louis Margolin et Claude Markovits.

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