Romans & Nouvelles

  • « Certains êtres sont parfois des virtuoses involontaires de l'instrument que nous sommes. Et ils le sont parce qu'un don mystérieux leur a offert un accès immédiat, presque violent, à ce que, d'ordinaire, nous dissimulons.
    Ces êtres, que nous identifions à peine quand le hasard nous met en leur présence, jouent d'instinct de cet instrument, donc de nous-mêmes. Rien, pourtant, ne les a préparés à l'exercice auquel ils vont exceller sans le savoir.
    Parfois, ils y prennent du plaisir. Parfois, ils s'en acquittent sans y songer. Comme des despotes qui se sentent obligés d'être despotiques, par conformité à leur nature, et presque à leur insu.
    Ces êtres sont redoutables car ils vont nous gouverner avant même d'avoir pris la peine de le vouloir.
    Mais nous aimons à la folie l'illusion qu'ils nous procurent d'être compris, ainsi que les doses de ravissement qu'ils ont versées dans notre existence - en même temps qu'ils y ont versé leurs doses de venin.
    Blanche était de ces êtres-là... ».
    J-P. E

  • Max Mills rentre d'un voyage à Rome lorsqu'il réalise que le facchino de l'hôtel s'est trompé de bagage. Cette valise rouge ressemble à la sienne, mais c'est toute une vie de femme qu'elle contient, et notamment le journal intime de la propriétaire, une certaine Marion. Intrigué par la personnalité qu'il devine entre les lignes du carnet, Max va chercher à en rencontrer l'auteur. L'histoire pourrait être banale, mais elle est scandée par une réflexion autant psychologique que romanesque. Max et Marion vont ainsi vivre, sous cet oeil critique, une relation tumultueuse, faite de sentiments si fluctuants qu'on ne sait, au final, s'ils sont sincères ou « hypothétiques

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  • Peut-on, comme Josué, arrêter la course du soleil ? Les morts sont-ils encore jaloux ? Pourquoi Marlon Brando écrivait-il des cartes postales qu'il n'envoyait à personne ? En quelle circonstance un débauché peut-il s'abandonner au fanatisme religieux ? Quels rapports y a-t-il entre Churchill, Alain Delon et un jeune berbère qui voudrait apprendre à nager ? Qui a inventé le monothéisme amoureux ? Et à quel instant, au juste, franchit-on la ligne de démarcation qui sépare la fin de la jeunesse du reste de la vie ? Telles sont, entre beaucoup d'autres, quelques unes des questions que se posent les héros de ce roman dont l'intrigue éclatée va et vient autour d'un lieu unique : le Palais de la Zahia (ce mot, en arabe, désigne la joie), situé quelque part, au sud, près d'un désert. Dans ce Palais - splendide, nécrosé, envahi par la végétation et les souvenirs - quelques amis, plutôt bien traités par l'existence, ont pris l'habitude de se retrouver dans une ambiance rieuse. Il y a là, parmi des créatures sexuellement très diversifiées, deux amis : un narrateur (très influencé par les livres de Stendhal et les films de Maurice Ronet ) et un certain Lewis, riche, célèbre, philosophe et épris d'Irène, son épouse rêveuse. Est-il nécessaire d'en dire davantage ? Ce roman - rythmé par une série d'interrogatoires confiés à un enquêteur énigmatique - revisite ainsi, dans un grand désordre de sensations et de péripéties: 1/ l'histoire d'une amitié 2/ La mémoire d'un Palais trop fréquenté par ses propres fantômes 3/ La chronique d'une passion clandestine avec une jeune veuve qui n'a pas froid aux yeux 4/ la lutte des uns et des autres contre le temps et ses alliés (haine, tempêtes de sable, solitude, vanité, peur, envie.) Bien entendu, il s'agit d'un roman. Et il va de soi que toute ressemblance avec des personnes existantes, etc, etc.

    Indisponible
  • Neuf femmes - neuf muses - font l'objet d'un portrait dans la galerie privée, intime, de Jean-Paul Enthoven. Huit femmes célèbres... et une rencontre amoureuse, relation intime qui vient clore une série de mythes au féminin. Quel homme, enfin ne serait pas effrayé à l'idée de rencontrer sa dernière femme ?
    « Les quelques femmes que je rassemble ici n'ont eu, pour l'essentiel, qu'une existence imaginaire dans ma vie. Le plus souvent elles y ont surgi à leur guise, en des circonstances diverses, comme autant de figures avec lesquelles j'avais d'étranges rendez-vous. Peu importe qu'elles m'aient d'abord déplu ou séduit, lassé ou diverti. Ce qui me trouble, en revanche, c'est que leur manière de s'insinuer dans mon esprit, puis de s'y imposer, ne fut jamais fortuite. » J.-P.E.

  • Aurore

    Jean-Paul Enthoven

    « C'est dans un miroir que j'ai croisé le premier regard d'Aurore. Elle se tenait derrière moi. Nos regards purent ainsi s'attarder avec impudeur, l'un dans l'autre, sans que personne ne s'en avise. Il n'est pas indifférent que ce soit ce miroir qui nous ait, en quelque sorte, rapprochés. Pas indifférent, non plus, que son visage me soit parvenu alors que je lui tournais le dos. J'avais eu, tout de suite, l'impression que cette femme sortait de mon passé et, de ce fait, il me parut naturel de la reconnaître sans l'avoir jamais vue. Tout, dans ce qui s'ensuivit, se déduira de cet enchaînement. En amour, c'est toujours le passé qui donne des ordres... » Le narrateur, piégé par la beauté et le mystère d'Aurore, se lance à corps perdu dans cet amour sublime. Aurore se donne, fuit, louvoie, embrase la vie joyeuse... et disparaît. Qui donc est cette femme aux cents visages ? Putain ? Princesse polonaise ? Femme damnée ? Reine ? Le narrateur enquête sur lui-même, sur la beauté qu'il aimait, méduse au corps multiple, à l'âme fausse - et les mots seuls apaisent le sang blessé.

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