Littérature générale

  • « Certains êtres sont parfois des virtuoses involontaires de l'instrument que nous sommes. Et ils le sont parce qu'un don mystérieux leur a offert un accès immédiat, presque violent, à ce que, d'ordinaire, nous dissimulons.
    Ces êtres, que nous identifions à peine quand le hasard nous met en leur présence, jouent d'instinct de cet instrument, donc de nous-mêmes. Rien, pourtant, ne les a préparés à l'exercice auquel ils vont exceller sans le savoir.
    Parfois, ils y prennent du plaisir. Parfois, ils s'en acquittent sans y songer. Comme des despotes qui se sentent obligés d'être despotiques, par conformité à leur nature, et presque à leur insu.
    Ces êtres sont redoutables car ils vont nous gouverner avant même d'avoir pris la peine de le vouloir.
    Mais nous aimons à la folie l'illusion qu'ils nous procurent d'être compris, ainsi que les doses de ravissement qu'ils ont versées dans notre existence - en même temps qu'ils y ont versé leurs doses de venin.
    Blanche était de ces êtres-là... ».
    J-P. E

  • «Le Prince de Ligne partageait-il quelques états d'âme avec Hamlet et Romain Gary ? Chamfort et Brummell avaient-ils beaucoup à se dire ? Le Baron Denon aurait-il pactisé avec Stendhal contre le sombre Benjamin Constant ? Et fallait-il imposer un nouveau rendez-vous à des frères ennemis - Berl et Drieu la Rochelle, Hemingway et Fitzgerald - qui, de leur vivant, s'étaient déjà trop fréquentés ?
    Si, dans ce livre, je les ai pourtant tous convoqués, puis mêlés, c'est parce qu'ils forment, ensemble, une tribu qui ne m'est pas étrangère. C'est aussi, peut-être, parce que mon existence a souvent, par l'imagination, beaucoup emprunté à la leur que ces enfants de Saturne sont devenus des compagnons dont je ne saurais me passer - et auxquels je dois de curieuses aventures».
    Jean-Paul Enthoven.

  • Max Mills rentre d'un voyage à Rome lorsqu'il réalise que le facchino de l'hôtel s'est trompé de bagage. Cette valise rouge ressemble à la sienne, mais c'est toute une vie de femme qu'elle contient, et notamment le journal intime de la propriétaire, une certaine Marion. Intrigué par la personnalité qu'il devine entre les lignes du carnet, Max va chercher à en rencontrer l'auteur. L'histoire pourrait être banale, mais elle est scandée par une réflexion autant psychologique que romanesque. Max et Marion vont ainsi vivre, sous cet oeil critique, une relation tumultueuse, faite de sentiments si fluctuants qu'on ne sait, au final, s'ils sont sincères ou « hypothétiques

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  • « Depuis longtemps - depuis toujours ? - je m'efforce d'être, à la fois, éditeur et critique littéraire.
    A ce titre, j'ai publié, en une trentaine d'années, et aussi bien dans des magazines réputés (Le Nouvel Observateur, Le Point) que dans d'innombrables revues aux tirages confidentiels, une grande quantité d'études, d'articles, de commentaires qui, si on les considère rétrospectivement, composent un paysage assez fidèle de la vie intellectuelle française entre les seventies et aujourd'hui.
    C'est, pour l'essentiel, une partie de ces textes que j'ai rassemblés dans ces Saisons de papier.
    J'y ai ajouté (pour un tiers environ) des études inédites et des entretiens très personnels avec des écrivains - de J.L Borges à V. Jankélévitch, Claude Lévi-Strauss ou Michel Tournier - qui, au fil d'une vie, m'ont intrigué, déçu ou séduit.
    L'ensemble propose un panorama idéologique et affectif d'où n'est pas absente une certaine nostalgie, à l'heure des écrans triomphants, de l'agonie de la presse de qualité - et, hélas, d'une critique littéraire désormais réduite à peau de chagrin.
    Ces textes ont été distribués sous huit rubriques :
    1/ Dandysmes 2/ Mélancolie 3/ Les grands Vivants 4/ La mauvaise réputation 5/ Héroïnes 6/ Amours et amitiés 7/ Leurs figures 8/ Idées, idéologies. » J-P. E

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  • Peut-on, comme Josué, arrêter la course du soleil ? Les morts sont-ils encore jaloux ? Pourquoi Marlon Brando écrivait-il des cartes postales qu'il n'envoyait à personne ? En quelle circonstance un débauché peut-il s'abandonner au fanatisme religieux ? Quels rapports y a-t-il entre Churchill, Alain Delon et un jeune berbère qui voudrait apprendre à nager ? Qui a inventé le monothéisme amoureux ? Et à quel instant, au juste, franchit-on la ligne de démarcation qui sépare la fin de la jeunesse du reste de la vie ? Telles sont, entre beaucoup d'autres, quelques unes des questions que se posent les héros de ce roman dont l'intrigue éclatée va et vient autour d'un lieu unique : le Palais de la Zahia (ce mot, en arabe, désigne la joie), situé quelque part, au sud, près d'un désert. Dans ce Palais - splendide, nécrosé, envahi par la végétation et les souvenirs - quelques amis, plutôt bien traités par l'existence, ont pris l'habitude de se retrouver dans une ambiance rieuse. Il y a là, parmi des créatures sexuellement très diversifiées, deux amis : un narrateur (très influencé par les livres de Stendhal et les films de Maurice Ronet ) et un certain Lewis, riche, célèbre, philosophe et épris d'Irène, son épouse rêveuse. Est-il nécessaire d'en dire davantage ? Ce roman - rythmé par une série d'interrogatoires confiés à un enquêteur énigmatique - revisite ainsi, dans un grand désordre de sensations et de péripéties: 1/ l'histoire d'une amitié 2/ La mémoire d'un Palais trop fréquenté par ses propres fantômes 3/ La chronique d'une passion clandestine avec une jeune veuve qui n'a pas froid aux yeux 4/ la lutte des uns et des autres contre le temps et ses alliés (haine, tempêtes de sable, solitude, vanité, peur, envie.) Bien entendu, il s'agit d'un roman. Et il va de soi que toute ressemblance avec des personnes existantes, etc, etc.

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  • Neuf femmes - neuf muses - font l'objet d'un portrait dans la galerie privée, intime, de Jean-Paul Enthoven. Huit femmes célèbres... et une rencontre amoureuse, relation intime qui vient clore une série de mythes au féminin. Quel homme, enfin ne serait pas effrayé à l'idée de rencontrer sa dernière femme ?
    « Les quelques femmes que je rassemble ici n'ont eu, pour l'essentiel, qu'une existence imaginaire dans ma vie. Le plus souvent elles y ont surgi à leur guise, en des circonstances diverses, comme autant de figures avec lesquelles j'avais d'étranges rendez-vous. Peu importe qu'elles m'aient d'abord déplu ou séduit, lassé ou diverti. Ce qui me trouble, en revanche, c'est que leur manière de s'insinuer dans mon esprit, puis de s'y imposer, ne fut jamais fortuite. » J.-P.E.

  • Les raisons du coeur Nouv.

    Par quelle alchimie une peine de coeur peut-elle se transformer en accident cardiaque ?
    Que se passe-t-il secrètement dans un coeur ardent et vivant qui, d'un coup, se brise ?
    Tel est le mystère que tente d'éclaircir ce récit véridique, drolatique et fantasmagorique.
    On y croise des balles de tennis et le chat de Schrödinger, des femmes fatales et un héros virgilien, une Thunderbird rutilante et des effluves d'outremer, Françoise Sagan et Michel Berger, des amitiés salvatrices, quelques doses de morphine et des souvenirs embrouillés de rêves.
    Une saison en enfer ? Un aller-retour dans le néant ? Certainement pas.
    Voici plutôt la confession d'un homme allégé, réconcilié, détaché, libéré, qui choisit d'en finir avec sa part de comédie.
    Et de se raconter, soudain, à coeur ouvert.

    À paraître
  • Aurore

    Jean-Paul Enthoven

    « C'est dans un miroir que j'ai croisé le premier regard d'Aurore. Elle se tenait derrière moi. Nos regards purent ainsi s'attarder avec impudeur, l'un dans l'autre, sans que personne ne s'en avise. Il n'est pas indifférent que ce soit ce miroir qui nous ait, en quelque sorte, rapprochés. Pas indifférent, non plus, que son visage me soit parvenu alors que je lui tournais le dos. J'avais eu, tout de suite, l'impression que cette femme sortait de mon passé et, de ce fait, il me parut naturel de la reconnaître sans l'avoir jamais vue. Tout, dans ce qui s'ensuivit, se déduira de cet enchaînement. En amour, c'est toujours le passé qui donne des ordres... » Le narrateur, piégé par la beauté et le mystère d'Aurore, se lance à corps perdu dans cet amour sublime. Aurore se donne, fuit, louvoie, embrase la vie joyeuse... et disparaît. Qui donc est cette femme aux cents visages ? Putain ? Princesse polonaise ? Femme damnée ? Reine ? Le narrateur enquête sur lui-même, sur la beauté qu'il aimait, méduse au corps multiple, à l'âme fausse - et les mots seuls apaisent le sang blessé.

    Sur commande
  • Pour chaque « entrée », les auteurs ont également pris le parti de ne pas revenir sur les aspects classiques du proustisme (il existe de nombreux dictionnaires qui s'acquittent déjà, et admirablement, de cette mission), mais de pointer des bizarreries, des « angles », des « curiosa » inédites : de « A » comme Agonie, à « Z » comme « Zinedine de Guermantes », de « Datura » à « Rhinogoménol », de « Kabbale » à « Asperge », de « Plotin » à « Schopenhauer » ou « Walter Benjamin », ils se sont ainsi amusés à parler du Proust qu'ils vénèrent depuis toujours, de sa biographie autant que de son génie d'écrivain, veillant chaque fois à apporter de la « valeur ajoutée » à leur texte. Les proustiens de coeur y trouveront leur compte, ainsi que les proustologues de tête. De nombreux extraits de correspondance et de l'oeuvre elle-même sont reproduits dans ce « D.A » volontairement facétieux, érudit et, espérons-le, aussi savant que divertissant.

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