Langue française

  • éloge de la grève

    Léonard Vincent

    • Seuil
    • 3 Septembre 2020

    Voici un livre-Molotov à l'usage des timides, des affligés et des gueulards. Nous y retraçons l'épopée des grands emmerdeurs, offrant une glissade au pays des têtes dures, de l'âge des mythes à nos jours. Alors apparaît dans sa puissance, dans sa densité de diamant, dans sa désarmante et fascinante simplicité, ce coup de génie qui est venu à nos anciens et qu'ils ont fini par faire écrire dans la loi, histoire d'être bien sûrs que toutes et tous se souviennent de quelle façon le monde est fait - la grève.

    Après tout, pour changer le monde, il faut peut-être commencer, depuis notre rang dans la galère, par tourner le dos au frappeur de tambour ; arracher à la chiourme la façon de penser du rameur. Alors, volte-face ! Profitons-en pour battre le rappel de ceux qui en ont assez et leur raconter d'où vient leur ardeur, de quel inépuisable roman ils sont le dernier chapitre.

  • Un livre bouleversant sur le drame poignant et trop méconnu des réfugiés érythréens fuyant, au péril de leur vie, la pire dictature d'Afrique.
    C'est une contrée qui borde la mer Rouge. Au nord le Soudan, au sud l'Ethiopie. A première vue, le bout du monde parfait. Mais Issaias Afeworki règne sur ce pays, l'Erythrée, depuis vingt ans. Après avoir conduit la guerre d'indépendance, l'homme s'est mué en dictateur alcoolique et paranoïaque. Il dirige son Etat comme une caserne. Chaque parcelle est verrouillée, la police est omniprésente, les prisons sont pleines. Tous cherchent à s'enfuir. Grâce aux trafiquants et quelques centaines de dollars économisés au fil du temps, certains y parviennent. Pour la première fois, dans ce récit d'une grande justesse, les Erythréens ont la parole. Ils lèvent le voile sur un peuple pris en otage. En attendant le jour de la délivrance.

  • Dans une capitale d'Afrique, une Land Rover roule trop lentement, des silhouettes rasent les murs, un homme fait semblant d'écouter la radio. Et le Chef, ce « ge´ant courbe´ avec un sourire irre´sistible, de grands bras affectueux et des yeux de requin », assiste aux cérémonies officielles qu'il méprise souverainement.

    Telle est l'atmosphère glaçante d'une dictature ordinaire : les sourires mièvres et les ors de protocoles minables sont lourds de menaces, le sentimentalisme, l'apparente normalité recèlent une tension sourde et fatale. Une mouche qui vole, la canicule, la transpiration, la paralysie même qui saisit le ministre Omer Hassan et le fonctionnaire Nebsi ont un air de déjà-vu. Léonard Vincent emprunte dans son récit l'imaginaire du roman d'espionnage, mais les ressorts codifiés de la peur contaminent aussi le réel. Chaque jour dans les démocraties occidentales, il arrive de s'asseoir dans le bus à côté de ces « évadés » venus chercher asile et protection, petits soldats hagards de la comédie du pouvoir.

  • Shiftas

    Léonard Vincent

    «?Shifta?» désigne en Érythrée, en Éthiopie, en Somalie et dans d'autres pays d'Afrique de l'Est un bandit, un hors-la loi.

    «?Il suffira d'être assez malins pour transporter tout ça, car tant d'argent ça doit faire de sacrés paquets de linge, d'en laisser une belle tranche à l'oncle millionnaire, d'embraquer dans un petit avion privé pour un aérodrome du Kenya ou du Yémen, de mettre sa part du gâteau en lieu sûr et de tout refaire, tout changer, tout rêver. Dix, vingt, trente millions de dollars, allez savoir, qu'il suffit presque de ramasser. Se faire la belle au fin fond des trous noirs de la planète, être un homme neuf, construit à partir de rien, transfiguré, incompréhensible. Avoir peur de quoi?? Qu'y a-t-il à perdre de si précieux dans nos vies moyennes??» Échoués à Mogadiscio, un déserteur érythréen, le cuistot marseillais d'un pétrolier en rade et un berger somali fraternisent. Lorsqu'ils apprennent la mort d'un chef djihadiste bien connu qui a planqué une fortune dans une ferme abandonnée, ils se lancent dans une course au trésor rocambolesque qui sera pour chacun l'occasion d'accomplir sa révolution.

    Cette cavale de trois pieds-nickelés, sur fond de déménagement perpétuel du monde, a des allures de farce tragique. C'est aussi un éloge de la fuite et de l'amitié, une ode aux déclassés de la mondialisation, portés par l'écriture habitée de Léonard Vincent.

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  • Sibelius

    Léonard Vincent

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  • Le 4 avril 2012, Dimitris Christoulas se suicide sur la place Syntagma d'Athènes. Sans travail, sans illusion, détaché de la « séduction et de la brutalité » de Paris, Max assiste à la scène et commence une exploration d'Athènes, de jour comme de nuit. Ce voyage radical est une quête. Que cherche Max ? La révolution ? La fraternité ? Le calme ? Une des réponses à l'énigme est là : « Ce qu'il abandonne, c'est cet homme coupable qui voulait ressembler aux autres. » Au chaos intérieur de Max fait écho le chaos de la Grèce, et nous voilà plongés dans un roman bien plus étrange qu'un roman réaliste, bien plus envoûtant. Athènes, haut-lieu d'apprentissage.

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