Lucien Sève

  • Ce livre constitue la deuxième partie du dernier tome de la tétralogie Penser avec Marx aujourd'hui du philosophe Lucien Sève, disparu en 2020 alors qu'il travaillait à la finition de son grand oeuvre. Cette deuxième partie aborde de front la question communiste au XXIe siècle, nouveau en drames et menaces comme en possibilités politiques et promesses d'émancipation.

    On trouvera dans cet ultime livre à la fois une discussion critique de thèses récentes sur le communisme (par exemple d'Alain Badiou, Étienne Balibar, Bernard Friot, Isabelle Garo), une analyse des enjeux, notamment écologiques et anthropologiques, et une poursuite de l'explication et de l'actualisation de la « pensée Marx ».

  • Interventions

    Lucien Sève

    • Dispute
    • 23 Octobre 2020

    L'oeuvre de Lucien Sève, disparu en mars 2020 à l'âge de 93 ans, est immense et plurielle. Du communisme à la psychologie, de l'éducation à la bioéthique, nombreux sont les domaines dans lesquels ce philosophe, qui s'appuyait de façon vivante et créative sur ce qu'il nommait la « pensée-Marx », a apporté une décisive contribution. Étrangère à toute recherche purement académique, sa réflexion revêtait le caractère d'une intervention dans des luttes ou des débats en cours. Ce choix de textes brefs, articles ou communications publiques, jamais rassemblés jusqu'ici sous forme de livre, vise à faire découvrir à un large public l'ensemble de sa pensée et de son parcours, des années 1950 jusqu'à aujourd'hui.

  • La richesse à la fois philosophique, historique et politique de ces deux chapitres sur les XIXe et XXe siècles fait qu'à eux seuls ils forment déjà un gros livre, publié comme première partie de ce vaste ouvrage sur le communisme. Est en cours de rédaction la deuxième partie, «Quel communisme pour le XXIe siècle?», dont le contenu à venir est esquissé en conclusion du présent volume.
    La question du communisme a été à nouveau intensément débattue ces dernières années dans le domaine de la philosophie et au sein des théories marxistes. La particularité de l'approche de l'auteur, auteur de travaux marxiens fondamentaux et figure notoire de la refondation communiste, est de l'aborder à partir d'une étude, précise et novatrice, de la signification, du contexte et des usages du terme « communisme » dans le corpus de Marx (et Engels). C'est sur cette base qu'il peut ensuite examiner ce qu'il en a été des prétendus « communismes réels » du XXe siècle - en montrant en détail l'abîme qui les sépare de la visée marxienne. Dans le deuxième chapitre de l'ouvrage, Lucien Sève prolonge ainsi la réflexion initiée dans son dernier ouvrage paru Octobre 1917 : Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un choix de textes de Lénine (Les éditions sociales, 2017). Ce faisant, il intervient également dans les débats historico-politiques, toujours vifs, au sujet de l'héritage des expériences politiques soviétique, cubaine, chinoise, etc. ainsi que des ruptures et continuités au XXe siècle dans les stratégies de la gauche de transformation sociale.
    Cet ouvrage, attendu par les lecteurs des trois premiers tomes et qui pourra aussi rencontrer l'intérêt des plus jeunes lecteurs désireux d'aborder l'oeuvre philosophique majeure de Lucien Sève par son versant directement politique, comporte un index des noms propres et un index des matières détaillés, qui constitueront des outils de travail très utiles pour les militants, chercheurs et étudiants. Comme les autres tomes de la tétralogie, il constitue à la fois une pièce indispensable d'un travail de longue haleine et un ouvrage qui se suffit à lui-même, et peut donc se lire aussi bien comme un premier abord de la philosophie de Lucien Sève que comme une nouvelle étape de son développement, comme une initiation au marxisme ou comme un instrument d'analyse et de réflexion pour la théorie et la pratique du communisme.

  • Octobre 1917

    Lucien Sève

    A propos d'une « désidéologisation » de l'histoire de l'URSS 100 ans après la révolution d'Octobre et 25 après l'effondrement de l'URSS, une part importante de la production historiographique française sur l'Union soviétique penche pour voir en Lénine le précurseur de Staline et dans le bolchévisme une idéologie essentiellement terroriste. Lucien Sève prend l'exemple significatif de Nicolas Werth, historien reconnu, publié aux PUF, pour chercher les origines et les raisons de ces convictions, pour les analyser et les critiquer.
    L'enquête, proposée par Lucien Sève, s'intéresse successivement aux éléments de preuves fournis par Nicolas Werth, dont il montre la légèreté ou l'inanité ;
    Puis à l'enchainement des faits qui amènent la guerre civile, que l'historien ne prend pas en compte ; et encore aux textes de Lénine lui-même où Sève établit à la fois la détermination pacifique de 1917, mais aussi l'exigence de réplique à la terreur blanche ; et enfin, en s'appuyant sur les travaux les plus récents d'historiens anglo-saxons, il montre que l'engrenage des violences les plus extrêmes qu'a connu la Russie de 1918 à 1922 est lié à une volonté terroriste des Blancs et que les bolchéviques (et Lénine particulièrement) s'engage dans une décroissance des violences dès que cela leur semble possible.
    Au terme de cette analyse, ce petit livre tente de réévaluer le mouvement révolutionnaire qui fait sortir la Russie des horreurs de la guerre mondiale, qui distribue la terre aux paysans, qui crée la propriété sociale. Il montre ainsi que ces éléments ne rentrent jamais en ligne de compte dans l'explication que propose Nicolas Werth en réduisant le bolchévisme à une seule composante, le terrorisme. Ce qui rend inutile une explication du stalinisme et de ses crimes puisqu'ils seraient tout entier contenu dans le marxisme bolchévique et cela dès avant la révolution.
    Une histoire qui prétend sortir des ornières de « l'idéologisation » de l'histoire de l'URSS peut-elle ignorer la visée des bolchéviques et ce qu'ils en mettent en place ? N'est-ce pas là tomber dans une nouvelle idéologisation, celle qui prétendrait qu'aucune révolution n'est nécessaire face au capitalisme et que les peuples devraient s'en contenter ?
    Un choix de textes de Lénine de 1917 à 1922 éclaire le débat à quoi nous invite ce petit livre stimulant.

  • L'héritage philosophique de Marx étant souvent réduit à la critique de l'économie capitaliste, cet ouvrage vise à mettre en avant le rapport de Marx à la philosophie, et la manière dont son oeuvre a influencé le sens même du travail philosophique aux XXe et XXIe siècles.

  • Louis Althusser et Lucien Sève se sont connus à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, après la guerre. Le premier était entré à « l'École » ou à « Ulm » comme on disait en 1939 et avait été mobilisé, le second avait 19 ans et avait fait ses études antérieures pendant la guerre.
    L'amitié des deux élèves passa par Hélène, militante communiste, la compagne de Louis Althusser, qui eut un rôle important dans l'adhésion des deux philosophes au PCF. Petit à petit une correspondance, d'abord principalement privée, puis rapidement politique et théorique, s'établit et ne cessera que peu de temps avant la mort de Louis Althusser, en 1990.
    Les lettres présentées ici sont au nombre de 94, certaines très longues, d'autres laconiques. Le plus prolixe est Althusser : 69 courriers de sa plume - pas tous envoyés toutefois - contre vingt-cinq pour Sève. Le « caïman » de la rue d'Ulm est coutumier du fait...Plus du tiers des lettres est concentré sur la période 1960-1973. Les quinze dernières lettres, de 1974 à 1987, sont comme un monologue. Toutes sont d'Althusser, brèves, émouvantes sur la fin, la dernière : « Je voudrais te voir, oui ».
    L'ensemble donne du débat qui les sépare peu à peu, sans rendre compte de leurs rencontres par ailleurs, une image certes très contrastée, mais nous font entrer dans le coeur des oppositions. Le stalinisme, la querelle de l'humanisme, la question de « l'essence humaine », psychanalyse ou théorie de la personnalité, quelques-unes des disputes les plus épiques entre marxistes sont abordées par les deux correspondants. Certaines lettres d'Althusser, non envoyées, sont particulièrement vives et dressent un tableau conflictuel des désaccords. Mais l'essentiel est l'échange des arguments sur des question souvent encore ouvertes, ou du moins qui ont compté dans l'histoire intellectuelle et politique des années 1960 à 1980.
    Les lettres sont annotées par Lucien Sève, pour éclaircir quelques phrases allusives, et par Roger Martelli, auteur d'une postface historique sur l'ensemble de la période, pour présenter les faits et les protagonistes évoqués dans les courriers.

  • La psychologie est-elle cette présentation raisonnée des mouvements des souris dans des labyrinthes ou des liens entre les fonctions mémorielles et les zones du cerveau, ou bien peut-elle nous permettre de comprendre le mouvement et la logique des biographies individuelles, de la formation d'un individu humain tout au cours de son existence ? Le livre de Lucien Sève rassemble la préface à la 4e édition allemande de Marxisme et Théorie de la personnalité à paraître en 2015 .et un texte très court sur les formes d'individualité, concept clé de sa "psychologie", paru dans l'encyclopédie marxiste allemande de 2002.
    A eux deux ils forment une présentation simple de cette science de la biographie à travers 60 ans de travaux, articles et livres. Le premier texte suit la progression chronologique des idées qui, en construisant cette théorie de la personnalité, ont construit la personnalité de son auteur. Il y détaille les débats qui l'ont opposé aux pavloviens, aux psychologues expérimentalistes, aux partisans des "dons", à son ami Louis Althusser, en lui permettant d'affiner sa conception.
    On y croise Marx bien sûr, et aussi Stendhal, Politzer, Vygotski, Freud, Oddone, Clot, S..lay Gould... pour chaque fois, expliquer une notion, faire naitre un concept, éclaircir une question fondamentale. Le second présente l'apport spécifique de Marx à cette réflexion. Toujours considéré comme penseur des formations sociales et de l'histoire, ce qu'il est bien sûr, Marx est aussi du même mouvement penseur des formations individuelles correspondantes, des formes historiques d'individualité, base de cette science psychologique effective.

    Sur commande

  • Commencer par les fins

    Lucien Sève

    • Dispute
    • 18 Novembre 1999

    Gauche de la gauche et n'en prennent pas leur parti. Quelle perspective de révolutionnement social après les désastres du siècle ? Dans l'indispensable reconstruction conceptuelle d'un futur et d'un présent d'émancipation, n'est-il pas temps d'en venir plus hardiment aux esquisses poussées de l'ensemble ? Ce livre prend le risque d'une réponse. En reconfigurant hardiment un concept du communisme en prise sur le temps de la mondialisation libérale. En avançant des propositions iconoclastes pour organiser une force communiste nouvelle, en rupture délibérée avec les dramatiques impasses d'hier, ancrée dans le pour quoi de l'humanité et irriguée par l'initiative des individus. L'exposé théorique rigoureux héberge plus d'une polémique et maints éléments inédits d'autobiographie politique, aussi franchement critiques qu'autocritiques.

  • Penser avec Marx aujourd'hui : projet contradictoire, et cause perdue ? De ce lieu commun Lucien Sève entreprend avec ce Marx et nous une double critique radicale.
    Si Marx, auteur célèbre, est un penseur foncièrement méconnu, c'est que l'oeuvre rendant toujours concevable le dépassement du capitalisme n'a cessé d'être maltraitée exemple, entre autres, chez Luc Ferry, cet omniprésent courtier de la « philosophie de la liberté ». C'est aussi qu'en ses versions si diverses le « marxisme » l'a desservie autant que servie à preuve la critique approfondie d'une lecture majeure de Marx : celle d'Althusser. Il faut repenser Marx aujourd'hui en pensant aujourd'hui avec Marx.
    A travers polémiques serrées, témoignages vécus, analyses novatrices à large spectre philosophique, historique, politique, éthique, esthétique, ce livre est un manifeste concerté, incisif et chaleureux, pour un nouveau rapport productif à Marx.
    Et c'est l'introduction générale à une tétralogie dont les trois tomes suivants exposeront les découvertes longuement travaillées de l'auteur autour de concepts-pièges : « l'homme », « la philosophie », « le communisme ».

    Sur commande

  • Depuis les années 2000, avec l'entrée en crise profonde du capitalisme, Marx est de retour, et particulièrement son concept-clef d'aliénation, objet de nombreuses publications, centre d'un débat toujours vif.
    En mettant en regard textes épuisés et inédits, Lucien Sève prolonge ses derniers travaux sur l'actualité théorique et politique de Marx et prend position dans le champ intellectuel contemporain, en proposant d'articuler cette notion d'aliénation à la perspective d'une émancipation collective, et donc de passer d'une critique des souffrances individuelles au travail à la critique du capitalisme et à son dépassement politique.

  • Des thérapies géniques au clonage humain, nous vivons une révolution biomédicale permanente qui nous confronte tous et chacun à une question bouleversante: quelle humanité voulons-nous être? Et qu'est donc cette personne humaine sans l'exigeant respect de laquelle il n'y a plus de monde civilisé? Membre actif du Comité consultatif national d'éthique de 1983 à 2000, pour lequel il a rédigé en 1981 le rapport ""Recherche biomédicale et respect de la personne humaine ", Lucien Sève aborde ces questions dans une triple perspective: un concept laïque de personne susceptible de faire accord entre tous.
    Une critique aiguë des effets et méfaits d'une financiarisation sans rivage, une exigence radicale de démocratisation de la bioéthique. L'originalité de pensée de Lucien Sève - des apports inattendus de Marx en ces domaines au rôle irremplaçable de l'expérience politique - traverse tout ce petit livre rassemblant cinq textes de haute exigence scientifique et de large accessibilité - le premier. sur la personne humaine, est issu d'une conférence faite aux élèves des classes préparatoires du lycée Lakanal.

    Sur commande

  • Qu'est-ce que l'homme ? Question inlassable, question piégée, car l'homme n'existe pas : existe l'espèce Homo sapiens sapiens, mais toujours et partout déclinée en mondes sociaux et destins individuels singuliers. Sous l'homme, comme l'a révélé Marx, il y a essentiellement l'ensemble des rapports sociaux. Avec ce deuxième tome de Penser avec Marx aujourd'hui, Lucien Sève donne à découvrir la révolution dans l'anthropologie ainsi engagée. Et alors qu'on attend Marx en économie, en sociologie, se révèle ici la fécondité inépuisée de cette perspective pour penser aussi l'individualité humaine et le psychique. Affrontant ce qu'on lui oppose, Nietzsche, Heidegger, la primatologie d'aujourd'hui, empruntant à des oeuvres- clefs, Freud, Politzer, Vygotski, comme au meilleur de la littérature sur le biographique, Sartre, Bourdieu, Le Goff, Bertaux, ce livre- monument explore à neuf les voies d'une indispensable science de la personnalité. Loin au-delà de son ouvrage majeur, Marxisme et théorie de la personnalité (1969), Lucien Sève renouvelle ici l'intelligence de ce qu'est un être humain, des identifications à l'aliénation, des logiques de l'emploi du temps à la dialectique d'un âge comme la vieillesse. Un grand livre de pensée qui s'achève en manifeste. Au point où en est le gâchis mondial de vies humaines, la cause anthropologique n'est pas moins gigantesque ni criante que la cause économique : il y a urgence à sauver la planète homme.

    Sur commande

  • Personne ne peut plus méconnaître que notre mode dominant de production détériore de façon catastrophique les équilibres écologiques de la planète, jusqu'à menacer l'avenir de tous les vivants. Mais on mobilise trop peu l'attention publique sur cet autre fait de même gravité : la détérioration générale des valeurs de la vie humaine civilisée, partout piétinées par les diktats de la rentabilité financière. L'humanité existera-t-elle encore au XXII e siècle ?
    Parer à cette double catastrophe montante exige de changer bien des choses, mais par- dessus tout d'en finir sans délai avec sa source profonde : un capitalisme entré en folie sénile qui sacrifie avec une brutalité inouïe la nature et les humains aux exigences insatiables des profiteurs privés. Ce système à bout de course nous conduit tous dans le mur. Il est de la dernière urgence de lui enlever le volant, et de prendre une autre voie, celle d'un capitalexit, d'une sortie du capitalisme.
    Ce livre d'entretiens, au fil de de sept conversations animées entre fils et père, appelle à retrouver l'audace révolutionnaire - mais de façon tout autre qu'au siècle dernier. Il ne s'agit plus de la révolution d'une classe mais du peuple producteur entier en sa diversité prenant ses affaires en main. Il ne doit plus être question d'insurrection violente mais, moyennant d'intenses luttes d'idées et d'initiatives pratiques, d'une conquête pacifique de l'hégémonie en faveur de réformes révolutionnaires changeant d'emblée la vie du grand nombre. Et le livre appelle non pas à la transformation par en haut sous pilotage autoritaire d'un parti vertical, mais à une appropriation commune, fondée sur l'implication de tous les individus s'autoorganisant horizontalement en inventant les règles d'une société sans classes et hautement développée.
    D'une grande actualité politique, ce livre développe de manière vivante cette proposition novatrice, qui porte à rêver tout en appelant à agir sans retard.

empty